Carrière France-Algérie : faire compter ses années de travail pour la retraite
- Dzaïr Zoom / 19 heures
- 5 septembre 2026

Oui, les années travaillées en Algérie peuvent compter pour votre retraite française, mais elles ne s’additionnent jamais directement à vos trimestres français : la convention franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980 permet de les totaliser pour ouvrir ou compléter un droit à pension, tandis que chaque pays continue de calculer et de verser sa propre part, au prorata des seules périodes accomplies sur son territoire. Concrètement, la France peut s’appuyer sur vos années algériennes pour vous accorder le taux plein, sans que la CNAV ou une caisse Carsat ne vous verse un centime de plus pour ces années : c’est à la Caisse nationale des retraites (CNR) ou à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) algérienne de régler la part correspondante. Encore faut-il signaler ces périodes vous-même, avec les bonnes preuves, au bon moment.
L’essentiel : la convention franco-algérienne du 1er octobre 1980 organise la totalisation des périodes d’assurance entre la France et l’Algérie pour l’assurance vieillesse (articles 26 à 34). Elle permet d’additionner les années travaillées dans les deux pays pour atteindre le nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein, sans jamais faire payer à un pays les cotisations dues par l’autre. Chaque régime calcule ce qu’il vous devrait si toute la carrière avait été faite chez lui, puis réduit ce montant au prorata de la durée réellement accomplie sous sa législation. La démarche n’est pas automatique : il faut la demander explicitement lors du dépôt du dossier de retraite français, fournir une attestation de carrière algérienne (délivrée par la CNAS ou l’ancien employeur) et transiter par le formulaire de liaison prévu par la convention. Les indépendants, les fonctionnaires et certains régimes spéciaux (mines, chemins de fer) suivent des règles différentes, et les périodes travaillées en Algérie avant le 1er juillet 1962 par des Français obéissent à un texte à part, le protocole n° 3 de 1965, toujours en vigueur.
- La convention franco-algérienne : le texte qui organise la totalisation
- Qui est concerné, et qui ne l’est pas
- Les trois cas de figure de l’article 27
- Comment se calcule concrètement le montant proratisé
- Les règles anti-doublon quand des périodes se chevauchent
- Le cas particulier des années travaillées avant le 1er juillet 1962
- Mines, chemins de fer, régimes spéciaux : une totalisation à part
- La procédure étape par étape pour faire valoir ses années algériennes
- Ce que la totalisation change, et ce qu’elle ne change pas
- Vivre au Canada, en Belgique ou en Suisse avec une carrière France-Algérie
- Erreurs fréquentes et points de blocage réels
- Cas pratiques
- Checklist des documents à réunir
- Questions fréquentes
- Sources officielles et références
La convention franco-algérienne : le texte qui organise la totalisation
Le mécanisme repose sur un texte précis : la convention générale de sécurité sociale entre la France et l’Algérie du 1er octobre 1980, entrée en vigueur le 1er février 1982, qui a remplacé une première convention de 1965. Le chapitre consacré à l’assurance vieillesse et à l’assurance décès (pensions de survivants) regroupe les articles 26 à 34, complétés par un arrangement administratif du 28 octobre 1981 qui fixe les formulaires et les procédures. Ce n’est donc pas une pratique administrative informelle : c’est un texte bilatéral qui s’impose aux deux régimes.
Le principe directeur figure à l’article 26 : les conditions de résidence que la législation d’un pays pourrait opposer à un travailleur étranger ne sont pas opposables aux bénéficiaires de la convention. L’article 27, lui, décrit la mécanique de calcul pour « le travailleur salarié français ou algérien qui, au cours de sa carrière, a été soumis successivement ou alternativement, sur le territoire des deux États contractants, à un ou plusieurs régimes d’assurance vieillesse ». C’est le cœur du dispositif décrit plus bas.
Un point mérite d’être clarifié dès maintenant, car il est souvent mal compris : la convention ne transfère aucune cotisation d’un pays à l’autre. La France ne paie jamais de pension pour des années travaillées en Algérie, et l’Algérie n’a jamais à payer pour des années travaillées en France. La totalisation sert uniquement à vérifier si vous remplissez la condition de durée d’assurance pour ouvrir un droit ; une fois ce droit ouvert, chaque institution calcule et verse sa propre part.
Qui est concerné, et qui ne l’est pas
L’article 3 de la convention limite son champ d’application personnel aux travailleurs salariés ou assimilés ayant exercé une activité sur le territoire de l’autre État, ainsi qu’à leurs ayants droit. Sont explicitement exclus du champ de la convention :
- les travailleurs non salariés (artisans, commerçants, professions libérales) ;
- les fonctionnaires civils et militaires et les personnels assimilés ;
- les agents diplomatiques ou consulaires de carrière.
Concrètement, si vous avez été salarié en Algérie (secteur public ou privé, y compris certaines administrations selon les catégories visées par l’article 5) avant ou après votre arrivée en France, ces périodes entrent en principe dans le champ de la totalisation. Si vous avez exercé en Algérie comme indépendant (relevant en Algérie de la CASNOS plutôt que de la CNAS), la situation est différente : ces périodes ne relèvent pas de la même mécanique conventionnelle, et il est prudent de faire confirmer leur traitement exact par la CNAV avant de bâtir un projet de retraite dessus.
La convention couvre aussi, à l’article 5, les principaux régimes de sécurité sociale des deux pays (salariés non agricoles, salariés agricoles, accidents du travail, prestations familiales), mais exclut certains régimes spéciaux comme la SNCF côté français ou la SNTF et Sonelgaz côté algérien, qui suivent des règles de coordination différentes évoquées plus loin.
Les trois cas de figure de l’article 27
L’article 27 de la convention distingue trois situations selon que le droit à pension est déjà ouvert, ou non, dans chacun des deux pays au regard de sa seule législation nationale.
| Situation | Ce qui se passe côté français | Ce qui se passe côté algérien |
|---|---|---|
| Cas I — Vous réunissez seul, dans chaque pays, la durée d’assurance requise pour une pension (sans avoir besoin des périodes de l’autre pays) | La CNAV/Carsat calcule votre pension française sur vos seules années françaises | La CNR calcule votre pension algérienne sur vos seules années algériennes |
| Cas II — Vous ne réunissez, ni en France ni en Algérie, la durée minimale requise pour ouvrir un droit dans l’un ou l’autre pays pris isolément | La France totalise vos années françaises et algériennes pour vérifier l’ouverture du droit, puis calcule une pension « fictive » complète qu’elle réduit au prorata de vos seules années françaises | L’Algérie applique le même raisonnement, en sens inverse, au prorata de vos seules années algériennes |
| Cas III — Vous réunissez la durée requise dans un seul des deux pays | Le pays où le droit est déjà ouvert applique le calcul du cas I ; l’autre applique le calcul du cas II | Idem, en miroir |
Dans la pratique de la diaspora franco-algérienne, le cas II est le plus fréquent : un travailleur qui a partagé sa carrière entre les deux pays n’atteint généralement seul, ni les 15 ans de cotisation exigés en Algérie pour une pension CNR, ni le nombre de trimestres requis en France pour le taux plein, sans faire appel à la totalisation.
Comment se calcule concrètement le montant proratisé
Le calcul en cas II se déroule en deux temps, décrits précisément par l’article 27-II de la convention.
- Totalisation des périodes : les périodes d’assurance (ou reconnues équivalentes) accomplies dans les deux pays sont additionnées, à condition qu’elles ne se superposent pas, pour vérifier si le nombre de trimestres requis pour un droit à pension est atteint.
- Liquidation proratisée : si le droit est ouvert grâce à cette addition, chaque institution calcule d’abord la pension qu’elle vous devrait si toute votre carrière avait été accomplie sous sa seule législation, puis réduit ce montant « au prorata de la durée des périodes d’assurance […] accomplies sous sa propre législation, par rapport à l’ensemble des périodes accomplies dans les deux pays » (article 27-II-b).
Un exemple chiffré permet de visualiser le mécanisme, en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une illustration théorique et non d’un résultat garanti : un salarié a travaillé 10 ans en Algérie puis 15 ans en France, soit 25 ans (100 trimestres) au total, ce qui lui permet d’atteindre le seuil requis pour le taux plein en France. Si le régime français calcule que sa pension serait de 1 200 € par mois pour une carrière complète, il ne lui versera pas ce montant intégral : il le réduira au prorata de ses 15 années françaises sur les 25 années totales, soit environ 60 % de 1 200 €, c’est-à-dire environ 720 €. Les 10 années algériennes ne sont ni payées ni compensées par la France : elles servent uniquement à ouvrir le droit au taux plein et à éviter une décote ; c’est à l’Algérie de calculer et de verser, séparément, sa propre part correspondant à ces 10 années.
L’article 32 précise par ailleurs que, lorsque le calcul français repose sur un salaire annuel moyen, ce salaire est déterminé exclusivement à partir des rémunérations perçues en France : le régime français ne reconstitue jamais un salaire algérien fictif pour calculer sa propre part de pension.
Les règles anti-doublon quand des périodes se chevauchent
L’article 28 de la convention prévoit trois règles pour éviter qu’une même période ne soit comptée deux fois lors de la totalisation :
- si une période reconnue « équivalente » à une période d’assurance par la législation d’un pays coïncide avec une véritable période d’assurance accomplie dans l’autre pays, seule cette dernière est retenue ;
- si une même période est reconnue équivalente à la fois par la législation française et par la législation algérienne, elle est retenue par le pays où l’intéressé a été assuré obligatoirement en dernier lieu avant cette période ;
- si une période d’assurance obligatoire dans un pays coïncide avec une période d’assurance volontaire dans l’autre, seule la période obligatoire est prise en compte.
L’article 29 ajoute une précision utile : si la durée totale des périodes accomplies dans un pays n’atteint pas une année, ce pays n’est en principe pas tenu de vous verser une prestation au titre de ces seules périodes — mais elles restent utilisables pour la totalisation qui ouvre un droit dans l’autre pays. Une brève période algérienne mal documentée n’est donc jamais totalement perdue : elle peut suffire à faire basculer un dossier français vers le taux plein, même si l’Algérie elle-même ne vous verse rien pour cette période isolée.
Le cas particulier des années travaillées avant le 1er juillet 1962
Un point historique, souvent ignoré, concerne les personnes ayant travaillé en Algérie avant l’indépendance. Le protocole n° 3 du 19 janvier 1965, expressément maintenu en vigueur par l’article 70 § 3 de la convention de 1980, règle une situation née des circonstances de l’indépendance : les institutions algériennes ont été exonérées de leurs obligations envers les ressortissants français résidant en France au titre de périodes d’assurance vieillesse accomplies en Algérie avant le 1er juillet 1962. En contrepartie, ce sont les institutions françaises qui valident directement ces périodes anciennes, comme si elles avaient été accomplies en France.
Concrètement : si vous êtes de nationalité française et que vous (ou un parent) avez travaillé en Algérie avant l’indépendance, ces années ne relèvent pas du mécanisme de totalisation franco-algérienne décrit plus haut — elles doivent être directement validées par votre caisse de retraite française. Il est indispensable de le signaler explicitement, car ce cas déroge à la logique générale de la convention et peut être méconnu des agents traitant un dossier standard.
Mines, chemins de fer, régimes spéciaux : une totalisation à part
L’article 30 de la convention pose une règle de cohérence : quand un pays réserve un avantage particulier aux périodes accomplies dans une profession soumise à un régime spécial (les mines, par exemple), les périodes accomplies dans l’autre pays ne sont prises en compte pour cet avantage que si elles relèvent d’un régime correspondant, ou à défaut de la même profession. À défaut, ces périodes basculent dans le calcul du régime général, sans tenir compte de leur spécificité d’origine.
Plusieurs accords distincts, antérieurs ou complémentaires à la convention de 1980, organisent par ailleurs la coordination de régimes spécifiques : un accord du 16 décembre 1964 pour les régimes complémentaires de retraite, ou des échanges de lettres de 1985 pour les clercs et employés de notaires, les fonctionnaires et agents de la Banque d’Algérie, ou les agents des anciens chemins de fer secondaires. Si votre carrière algérienne s’est déroulée dans l’un de ces secteurs très spécifiques, il est utile d’en informer explicitement votre caisse : le traitement peut différer du cas général décrit dans cet article.
La procédure étape par étape pour faire valoir ses années algériennes
La totalisation n’a rien d’automatique : elle doit être expressément demandée, et elle repose sur des pièces que vous devez réunir vous-même.
- Signalez vos années algériennes dès le dépôt de votre dossier de retraite français, auprès de la Cnav, de votre Carsat, de la CGSS ou de la MSA selon votre régime — jamais après coup. C’est cette déclaration qui déclenche la procédure de totalisation ; une caisse qui n’a pas connaissance de vos années algériennes liquidera votre pension sur vos seules années françaises.
- Réunissez une attestation de carrière algérienne, délivrée par la CNAS (pour les périodes salariées) ou, à défaut, par votre ancien employeur algérien. L’arrangement administratif du 28 octobre 1981 prévoit précisément un formulaire dédié à cet effet, intitulé « Attestation concernant la carrière d’assurance » (référencé SE 352-15 dans la nomenclature des formulaires franco-algériens).
- La caisse française transmet le dossier via un formulaire de liaison à l’institution algérienne compétente. Selon que le droit est déjà ouvert ou non au regard de la seule législation française (cas I ou cas II de l’article 27), l’institution utilise l’un des deux formulaires prévus par la convention : « Instruction d’une demande de pension de vieillesse ou de survivants — liquidation séparée » (SE 352-13) ou « — liquidation par totalisation » (SE 352-14).
- L’institution algérienne complète et retourne le formulaire avec le relevé des périodes qu’elle reconnaît, permettant à la caisse française de finaliser son propre calcul au prorata.
- Chaque pays notifie sa décision séparément, avec ses propres voies de recours en cas de désaccord sur les périodes retenues.
La convention elle-même ne fixe pas de délai légal contraignant pour cette instruction transfrontalière (contrairement à certaines démarches de soins de santé, encadrées par des délais précis). Dans la pratique, les retours d’expérience rapportés par des associations de retraités font état de délais de traitement longs, de demandes répétées des mêmes pièces et d’un manque de coordination entre les caisses des deux pays — un point à anticiper en déposant le dossier bien avant l’âge légal de départ, et en conservant une copie de chaque pièce transmise.
Ce que la totalisation change, et ce qu’elle ne change pas
- Elle ouvre des droits : elle permet d’atteindre le seuil de trimestres nécessaire pour bénéficier d’une pension à taux plein, sans décote.
- Elle ne double jamais la pension : chaque pays ne verse que la part correspondant aux cotisations effectivement versées sur son territoire.
- Elle s’applique à la demande : rien ne se déclenche automatiquement, il faut la solliciter.
- Elle ne garantit pas le paiement effectif de la part algérienne : atteindre le taux plein grâce à la totalisation est une chose ; obtenir le versement effectif de la pension CNR correspondant aux années algériennes une fois installé hors d’Algérie en est une autre, comme le détaille l’article consacré à la retraite des Algériens en France.
- Elle influe indirectement sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco : cette dernière ne totalise pas elle-même les périodes algériennes — son calcul reste fondé sur les seuls points acquis par les cotisations versées en France — mais le fait d’atteindre le taux plein au régime général grâce à la totalisation évite en principe l’application d’un coefficient de minoration lié à des trimestres manquants au régime de base. Les modalités précises de ce mécanisme, et son articulation avec l’âge de départ, sont détaillées dans notre article sur la retraite Agirc-Arrco en Algérie.
Vivre au Canada, en Belgique ou en Suisse avec une carrière France-Algérie
La convention franco-algérienne est un accord bilatéral : elle ne concerne que les rapports entre la France et l’Algérie, et ne s’applique pas si vous résidez dans un troisième pays. Un Franco-Algérien installé au Canada, en Belgique ou en Suisse, qui a travaillé successivement en Algérie puis en France avant d’émigrer une seconde fois, doit malgré tout s’adresser à la caisse française compétente — généralement la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (Cnav) pour les non-résidents, via le CLEISS comme organisme de liaison — pour faire jouer la totalisation de ses années françaises et algériennes. La résidence dans un pays tiers ne prive pas de ce droit, mais elle ne le simplifie pas non plus : il faut generalement transmettre les mêmes pièces (attestation de carrière algérienne, relevé de carrière français) par courrier ou via les services en ligne dédiés aux résidents à l’étranger, sans pouvoir se présenter en agence.
Si vous avez par ailleurs cotisé dans ce troisième pays, ces périodes-là suivent leurs propres règles de coordination (convention bilatérale de ce pays avec la France, le cas échéant), totalement indépendantes de la convention franco-algérienne. Il n’existe pas de mécanisme « à trois » qui totaliserait automatiquement Algérie, France et Canada dans un seul calcul : chaque paire de pays applique sa propre convention, séparément.
Erreurs fréquentes et points de blocage réels
- Ne pas signaler spontanément les années algériennes, en pensant qu’elles seront retrouvées automatiquement par la caisse française : elles ne le sont pas, faute d’échange automatisé d’informations entre les deux administrations.
- Confondre « trimestres qui ouvrent le droit au taux plein » et « trimestres qui augmentent le montant de la pension française » : la totalisation joue sur le premier point, jamais sur le second — le montant français reste calculé sur les seules années françaises.
- Attendre le dépôt du dossier de retraite pour commencer à chercher les preuves algériennes, alors que réunir une attestation de carrière ou retrouver un ancien employeur peut prendre plusieurs mois.
- Ignorer la distinction entre salarié et indépendant en Algérie : une carrière de commerçant ou d’artisan ne suit pas le même circuit conventionnel qu’une carrière salariée, et ce point doit être clarifié avant de bâtir un projet de départ à la retraite dessus.
- Sous-estimer les délais : la coordination internationale entre deux administrations peut prendre plusieurs mois, avec parfois des demandes répétées des mêmes documents ; mieux vaut engager les démarches bien avant l’âge de départ envisagé.
Cas pratiques
Ces scénarios sont des illustrations construites pour éclairer des situations typiques ; ils ne remplacent pas une étude individuelle du dossier par la caisse compétente.
- Carrière classique de la diaspora : Karim a travaillé 12 ans en Algérie comme salarié avant d’immigrer en France, où il a travaillé 20 ans. Seul, il n’atteint le seuil requis ni en Algérie ni en France. En signalant ses années algériennes et en fournissant l’attestation CNAS, il atteint le taux plein en France (calculé sur 20 ans, réduit au prorata), et perçoit séparément une pension CNR proportionnelle à ses 12 années algériennes.
- Français ayant travaillé en Algérie avant 1962 : Georges, de nationalité française, a travaillé 8 ans en Algérie avant l’indépendance puis 30 ans en France. Ses années algériennes antérieures au 1er juillet 1962 ne passent pas par la totalisation franco-algérienne classique : elles sont directement validées par sa caisse française, en application du protocole n° 3 de 1965.
- Ancien commerçant en Algérie : Nadia a été salariée en France pendant 18 ans après avoir été commerçante indépendante en Algérie pendant 10 ans, affiliée à la CASNOS. Son statut d’indépendante en Algérie ne relève pas du même cadre conventionnel que le régime des salariés : elle doit faire vérifier au cas par cas par sa caisse française comment, ou si, ces années peuvent être prises en compte.
- Trajectoire Algérie-France-Canada : Yacine a travaillé 9 ans en Algérie, 11 ans en France, puis s’est installé au Canada où il a cotisé 15 ans avant de demander sa retraite. Pour ses années françaises et algériennes, il doit s’adresser à la caisse française compétente pour les non-résidents afin de faire jouer la convention franco-algérienne ; ses années canadiennes suivent séparément la convention bilatérale franco-canadienne, sans lien automatique avec les deux premières.
Checklist des documents à réunir
Les administrations concernées ne publient pas de liste unique et figée : la nature exacte des pièces demandées peut varier selon la caisse et la situation individuelle. Il est prudent de faire confirmer la liste exacte auprès de l’organisme compétent avant de réunir des documents à durée de validité courte. À titre indicatif, les pièces généralement utiles sont :
- le relevé de carrière français, disponible sur le compte retraite en ligne ;
- une attestation de carrière ou d’affiliation délivrée par la CNAS, ou à défaut par l’ancien employeur algérien, précisant les dates d’embauche et de fin de contrat ;
- les bulletins de salaire ou contrats de travail algériens conservés, en complément de l’attestation ;
- une pièce d’identité et un justificatif d’état civil ;
- pour les personnes concernées par le protocole n° 3 de 1965, tout document attestant d’une activité en Algérie avant le 1er juillet 1962 et de la nationalité française à cette période.
Questions fréquentes
La totalisation augmente-t-elle le montant de ma pension française ?
Non. Elle sert uniquement à ouvrir le droit au taux plein en complétant le nombre de trimestres requis. Le montant de la pension française reste calculé sur les seules années travaillées en France.
Dois-je demander la totalisation en France et en Algérie séparément ?
Non, une seule démarche suffit en principe : vous la déclenchez auprès de votre caisse de résidence (française si vous résidez en France), qui transmet le dossier à l’institution de l’autre pays via le formulaire de liaison prévu par la convention.
Que se passe-t-il si je ne signale pas mes années algériennes ?
Votre pension française sera liquidée sur vos seules années françaises, sans totalisation, ce qui peut entraîner une décote si vous n’atteignez pas seul le nombre de trimestres requis. Une révision ultérieure reste théoriquement possible, mais mieux vaut le signaler dès le dépôt du dossier.
La convention couvre-t-elle les travailleurs indépendants ayant exercé en Algérie ?
Le champ de la convention est en principe limité aux salariés et assimilés. Les périodes d’activité indépendante en Algérie (CASNOS) suivent un traitement différent, à faire confirmer au cas par cas.
Mes années de service militaire en Algérie comptent-elles ?
Cela dépend des règles propres à chaque régime concerné et de la période. Pour les régimes spéciaux comme celui des mines, l’arrangement administratif prévoit des règles précises d’affectation des périodes de service militaire ; pour le régime général, la question doit être posée directement à la caisse compétente avec les justificatifs disponibles.
Puis-je bénéficier de la totalisation si je n’ai pas la nationalité française ni algérienne ?
La convention vise les ressortissants des deux États contractants. Une situation de nationalité différente doit être examinée au cas par cas par la caisse compétente.
Combien de temps faut-il pour obtenir une réponse une fois la demande transmise à l’Algérie ?
La convention ne fixe pas de délai contraignant pour cette procédure. Les délais réels peuvent être longs ; il est conseillé d’engager la démarche largement avant l’âge de départ souhaité et de conserver une trace de chaque échange.
Si mes années algériennes sont inférieures à un an, sont-elles perdues ?
Non. Même si elles n’atteignent pas la durée minimale d’un an que l’Algérie exigerait pour vous verser une prestation à ce seul titre, elles peuvent toujours être utilisées pour la totalisation qui ouvre votre droit côté français.
La totalisation s’applique-t-elle aussi à la pension de réversion de mon conjoint ?
L’article 34 de la convention étend par analogie les règles de l’assurance vieillesse aux droits des conjoints et enfants survivants. Les règles spécifiques de partage en cas de plusieurs conjoints successifs ou simultanés relèvent toutefois de dispositions distinctes qu’il convient d’examiner séparément.
Faut-il faire traduire les documents algériens pour la caisse française ?
La convention prévoit des formulaires bilingues normalisés pour l’essentiel des échanges entre institutions ; pour les pièces annexes (contrats, bulletins de salaire), il est prudent de demander à l’avance à votre caisse si une traduction est exigée, la pratique pouvant varier.
Que faire si la CNAS ne répond pas à ma demande d’attestation de carrière ?
Signalez la difficulté à votre caisse française : dans le cadre de la procédure conventionnelle, c’est en principe à l’institution française d’instruction de relancer l’institution algérienne via le formulaire de liaison, plutôt qu’à vous seul de faire aboutir la demande.
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Sources officielles et références
- CLEISS — Accords de sécurité sociale entre la France et l’Algérie (convention générale du 1er octobre 1980, protocole n° 3 du 19 janvier 1965, arrangement administratif du 28 octobre 1981) : articles 3, 5, 26 à 34 pour le mécanisme de totalisation et de calcul au prorata, article 70 § 3 pour le maintien du protocole n° 3, articles 46 à 53 de l’arrangement administratif pour la procédure et les formulaires SE 352-13 à SE 352-15 — utilisé pour vérifier le champ d’application personnel, les trois cas de liquidation, les règles anti-doublon et le cas des périodes antérieures à 1962.
- CLEISS — page dédiée à la convention franco-algérienne — utilisée pour confirmer la date d’entrée en vigueur et le rôle du CLEISS comme organisme de liaison pour les résidents hors de France.
- Agirc-Arrco — documentation sur le calcul de la retraite complémentaire et le coefficient de minoration lié aux trimestres manquants — utilisée pour préciser que la retraite complémentaire ne totalise pas elle-même les périodes étrangères mais reste sensible à l’atteinte du taux plein au régime de base.










































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































