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Ouvrir un cabinet médical ou dentaire en Algérie : guide complet des démarches

Résumé — l’essentiel

Ouvrir un cabinet médical ou dentaire en Algérie nécessite d’obtenir une décision d’ouverture délivrée par la Direction de la Santé et de la Population (DSP) de la wilaya, sur la base d’un dossier administratif complet. Les étapes clés sont : l’inscription à l’Ordre des médecins (CNOM) ou à l’Ordre des chirurgiens-dentistes, le choix et l’aménagement d’un local aux normes sanitaires réglementaires, la constitution du dossier DSP, et l’affiliation à la CNAS (Caisse Nationale des Assurances Sociales) pour pouvoir soigner les assurés sociaux. Les honoraires dans le secteur libéral algérien sont fixés par une grille du CNOM mise à jour en janvier 2025 : entre 40 et 55 DA pour un généraliste et entre 55 et 85 DA pour un spécialiste — auxquels s’ajoutent les dépassements d’honoraires non remboursés par la CNAS. Le budget d’ouverture d’un cabinet médical correct varie de 500 000 DA à 3 millions de DA selon la spécialité et la wilaya.

Introduction : pourquoi ouvrir un cabinet privé en Algérie ?

Le secteur de la santé privée en Algérie connaît une expansion rapide et durable. Avec plus de 46 millions d’habitants, un système hospitalier public sous pression chronique, et une classe moyenne croissante disposée à payer pour des soins de qualité dans un cadre confortable, les conditions d’un exercice libéral rentable sont réunies. Les cabinets médicaux et dentaires privés sont aujourd’hui parmi les activités libérales les plus stables et les plus rentables d’Algérie.

Trois profils cherchent principalement ce type d’information :

  • Les jeunes médecins et dentistes algériens qui viennent de terminer leur service civil et souhaitent s’installer en libéral
  • Les médecins algériens de la diaspora (France, Canada, Belgique) qui envisagent de rentrer en Algérie pour y exercer, partiellement ou totalement
  • Les investisseurs qui souhaitent créer ou co-financer un cabinet ou une clinique privée sans nécessairement exercer eux-mêmes (association avec un praticien)

Ce guide couvre l’ensemble du processus : conditions légales, dossier administratif, normes du local, équipement, inscription à l’Ordre, convention CNAS, honoraires et budget réaliste. Pour les aspects liés aux revenus dans le secteur de la santé, notre article sur les meilleures cliniques et hôpitaux privés en Algérie donne un aperçu de l’écosystème de santé privé national.

Le cadre légal de l’exercice libéral en Algérie

L’exercice privé de la médecine et de la chirurgie dentaire en Algérie est régi par deux textes fondamentaux :

  • La loi n° 85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé, modifiée et complétée par la loi n° 88-15 du 3 mai 1988 — texte de base qui autorise l’exercice libéral des professions de santé
  • Le Code de déontologie médicale — qui définit les obligations éthiques et les conditions d’exercice, notamment les articles 204 et 205 relatifs à l’inscription à l’Ordre et aux conditions d’installation

L’instruction du MSPRH du 6 septembre 2011, modifiée et complétée par l’instruction n° 000004/SG/MSPRH du 19 février 2012, fixe les procédures actuelles d’ouverture, de fermeture et de transfert des cabinets médicaux spécialisés.

Principe fondamental : tout médecin ou chirurgien-dentiste souhaitant exercer à titre privé en Algérie doit obligatoirement :

  1. Être de nationalité algérienne ou d’un pays avec lequel l’Algérie a un accord de réciprocité
  2. Être titulaire d’un diplôme reconnu par l’État algérien
  3. Être inscrit à l’Ordre professionnel compétent
  4. Ne pas être fonctionnaire d’État à temps plein (incompatibilité avec l’exercice libéral simultané dans la majorité des cas)
  5. Avoir accompli le service civil obligatoire (pour les spécialistes)

Conditions préalables obligatoires

Le service civil pour les spécialistes

Les médecins spécialistes nouvellement diplômés des facultés de médecine algériennes sont soumis au service civil obligatoire — une affectation dans le secteur public (essentiellement dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux) d’une durée variable selon la zone :

  • Zone 1 (zones favorisées) : 1 an
  • Zone 2 (zones intermédiaires) : 2 ans
  • Zone 3 (Sud, Hauts-Plateaux) : 3 à 4 ans

L’ouverture d’un cabinet libéral n’est pas possible avant la fin du service civil. Cette règle est strictement appliquée — la DSP refuse d’instruire tout dossier d’un médecin spécialiste n’ayant pas l’attestation de fin de service civil.

Diplôme et reconnaissance

Le diplôme doit être délivré par une université algérienne agréée par le MSPRH, ou par une université étrangère dont les diplômes sont reconnus en Algérie. Pour les médecins algériens formés en France ou au Canada souhaitant exercer en Algérie, leur diplôme étranger doit faire l’objet d’une équivalence officiellement accordée par le ministère de l’Enseignement supérieur algérien avant toute demande d’inscription à l’Ordre.

Le dossier d’ouverture pour les médecins généralistes

La demande d’ouverture d’un cabinet de médecine générale se dépose auprès de la Direction de la Santé et de la Population (DSP) de la wilaya d’installation souhaitée.

DocumentPrécisions
Demande manuscrite adressée au Directeur de la SantéPrécisant la nature du cabinet, l’adresse du local, la spécialité
Copie du diplôme de médecinCertifiée conforme
Copie de la carte d’inscription à l’Ordre (CNOM)En cours de validité
Certificat médical de bonne santéDélivré par un médecin agréé ou une commission médicale désignée
Casier judiciaire (bulletin n°3)Datant de moins de 3 mois
Titre de propriété ou contrat de bail du localAu nom du praticien ou en son nom propre pour usage professionnel
Plan du local avec description des piècesSigné par un architecte ou technicien agréé
Engagement écrit de respect des normes sanitairesSur papier libre, signé du praticien
Attestation de fin de service civilPour les médecins ayant effectué le service civil
Deux photos d’identitéFormat administratif

Le dossier d’ouverture pour les médecins spécialistes

Pour les médecins spécialistes, la procédure est légèrement différente et plus stricte. Depuis l’instruction MSPRH de 2011-2012, la décision d’ouverture d’un cabinet spécialisé est délivrée au niveau central (MSPRH) pour certaines spécialités, et au niveau de la DSP de wilaya pour d’autres — selon les dispositions en vigueur au moment de la demande.

Document spécifique aux spécialistesPrécisions
Attestation de fin de service civilObligatoire — délivrée par l’établissement d’affectation et visée par la DSP
Diplôme de spécialité (DES ou équivalent)Certifié conforme
Attestation de spécialité délivrée par la facultéEn complément du diplôme
Engagement de non-cumul avec un emploi publicPour les médecins souhaitant maintenir un mi-temps hospitalier tout en ouvrant un cabinet (sous conditions)
Plan détaillé du cabinet spécialiséPlus exigeant selon la spécialité (ex. : salle de réveil obligatoire pour les chirurgiens, système de radiologie pour les radiologues…)

Spécialités avec normes particulièrement strictes : chirurgie (bloc opératoire si actes chirurgicaux), cardiologie (salle d’écho), radiologie (local blindé plomb selon catégorie d’équipement), gynécologie-obstétrique (salle d’accouchement si consultations prénatales avancées), ophtalmologie (matériel ophtalmique spécifique).

Le dossier d’ouverture pour les chirurgiens-dentistes

La procédure pour les chirurgiens-dentistes est gérée conjointement par la DSP de la wilaya et l’Ordre Régional des Médecins Dentistes (SORMD) compétent. Les articles 204 et 205 du Code de déontologie médicale fixent les conditions d’inscription et les pièces requises.

DocumentPrécisions
Diplôme de chirurgie dentaireCertifié conforme
Inscription à l’Ordre Régional des DentistesPréalable obligatoire à toute ouverture
Plan du cabinet dentaireDoit inclure salle d’attente, salle de soins, salle de stérilisation, sanitaires
Salle de stérilisation conformeObligatoire — autoclave validé, traçabilité de stérilisation
Casier judiciaire + certificat médicalIdem médecins
Titre de propriété ou bailUsage professionnel exclusif ou mixte selon dispositions locales

Normes spécifiques aux cabinets dentaires :

  • Salle d’attente : obligatoire, séparée de la salle de soins
  • Salle de soins : équipée d’un fauteuil dentaire, unit complet, éclairage scialytique, aspiration
  • Salle de stérilisation : autoclave de classe B validé, séparée de la zone de soins
  • Sanitaires : obligatoires pour patients et personnel
  • Surface minimale : non fixée réglementairement pour les cabinets individuels, mais estimée entre 40 et 80 m² pour respecter toutes les normes en pratique

Choisir et aménager son local

Le choix du local est une décision stratégique majeure. En Algérie, les cabinets médicaux et dentaires sont souvent installés dans des immeubles résidentiels à usage mixte (logements + commerces), dans des locaux commerciaux au rez-de-chaussée, ou dans des cités médicales qui se développent dans les grandes villes.

Critères essentiels pour le local

CritèreRecommandation
SurfaceMédecin généraliste : minimum 35-50 m² | Spécialiste : 60-100 m² | Dentiste : 50-80 m²
AccessibilitéRez-de-chaussée ou 1er étage avec ascenseur — les patients âgés et handicapés doivent pouvoir accéder
QuartierZone résidentielle dense, proche d’une pharmacie, d’un laboratoire d’analyses — la proximité de services complémentaires génère un flux naturel de patients
StationnementImportant — les patients algériens viennent souvent en voiture
Usage du localLe bail ou titre de propriété doit mentionner l’usage professionnel ou médical — un local strictement résidentiel ne peut pas légalement accueillir un cabinet
Installation électriqueTableau électrique conforme, puissance suffisante pour l’équipement médical, prises médicales pour les spécialistes
Eau et assainissementPoint d’eau dans la salle de soins, système d’évacuation des déchets médicaux

Prix des locaux commerciaux en Algérie

Ville / ZoneLoyer mensuel (DA) — 50-80 m²Prix achat approximatif
Alger (centre, Hydra, Ben Aknoun)80 000 – 200 000 DA15 – 40 millions DA
Alger (périphérie)40 000 – 80 000 DA8 – 15 millions DA
Oran (centre)50 000 – 100 000 DA10 – 20 millions DA
Constantine / Annaba30 000 – 60 000 DA6 – 12 millions DA
Autres grandes villes20 000 – 50 000 DA4 – 10 millions DA

Équipement médical obligatoire

L’équipement d’un cabinet médical algérien doit être conforme aux normes techniques fixées par le MSPRH. Les équipements doivent également être accompagnés de leur documentation technique (fiches techniques, certificats de conformité le cas échéant).

Cabinet de médecine générale — équipement minimum

  • Table d’examen médicale avec papier déroulant
  • Bureau médical, chaises pour patient et médecin
  • Stéthoscope, tensiomètre, thermomètre, otoscope, ophtalmoscope
  • Marteau à réflexe, mètre ruban, balance médicale avec toise
  • Électrocardiographe (ECG) — fortement recommandé, souvent obligatoire
  • Matériel de petite chirurgie (sutures, pansements, injections)
  • Frigidaire médicale pour vaccins et médicaments thermosensibles
  • Poubelles médicales à couvercle (déchets infectieux et déchets courants)

Cabinet dentaire — équipement minimum

  • Fauteuil dentaire avec unit complet (eau, aspiration, air, lumière)
  • Scialytique (lampe opératoire)
  • Turbine et contre-angle avec pièces à main
  • Système de radiographie dentaire (panoramique ou rétro-alvéolaire selon activité)
  • Autoclave de classe B pour la stérilisation — obligatoire
  • Bac à ultrasons pour le nettoyage des instruments
  • Compresseur médical sans huile
  • Matériaux dentaires de base (composite, amalgame, ciment, empreinte)

L’équipement médical en Algérie provient principalement de fournisseurs locaux (Alger, Oran, Constantine) qui distribuent du matériel européen (France, Allemagne, Italie) ou asiatique. Les prix varient considérablement selon les marques et l’origine. La tendance actuelle dans les cabinets modernes est d’aller vers des équipements européens de milieu de gamme, durables et disposant de SAV local.

L’inscription à l’Ordre des médecins (CNOM)

L’inscription à l’Ordre des médecins (CNOM — Conseil National de l’Ordre des Médecins) ou à l’Ordre des chirurgiens-dentistes est préalable et obligatoire à toute ouverture de cabinet. Sans cette inscription, le dossier DSP n’est pas recevable.

L’inscription se fait auprès du conseil régional de l’Ordre compétent pour la wilaya d’installation. Il existe des sections ordinales dans chaque grande région.

Documents requis pour l’inscription à l’Ordre :

  • Diplôme original + copie certifiée conforme
  • Pièce d’identité nationale
  • Casier judiciaire (bulletin n°3)
  • Certificat médical d’aptitude physique
  • Photos d’identité
  • Attestation de fin de service civil (spécialistes)
  • Paiement de la cotisation ordinale annuelle

La carte d’inscription à l’Ordre est renouvelable annuellement et conditionne le droit d’exercice. Un médecin radié de l’Ordre ne peut légalement plus exercer.

La convention avec la CNAS

La CNAS (Caisse Nationale des Assurances Sociales des travailleurs salariés) est l’organisme de sécurité sociale algérien qui rembourse les soins des travailleurs salariés et de leurs ayants droit. S’affilier à la CNAS en tant que praticien libéral permet d’élargir considérablement sa clientèle potentielle — la grande majorité des Algériens actifs sont couverts par la CNAS.

La procédure de conventionnement CNAS :

  1. Présenter le dossier d’ouverture de cabinet (décision DSP + inscription Ordre)
  2. Déposer une demande de conventionnement auprès de l’agence CNAS de votre wilaya
  3. Signature d’une convention qui fixe les tarifs de remboursement des actes
  4. Attribution d’un numéro de praticien conventionné

Important : les tarifs de remboursement CNAS sont largement inférieurs aux honoraires réels pratiqués dans le secteur libéral. La CNAS rembourse les patients à hauteur de 80 % du tarif de la sécurité sociale (hors dépassements d’honoraires). Les dépassements d’honoraires pratiqués par les médecins libéraux ne sont pas remboursés par la CNAS — c’est la principale critique faite au système.

Les honoraires médicaux en Algérie : grille CNOM 2025-2026

En janvier 2025, le CNOM a publié une nouvelle fourchette d’honoraires pour le secteur libéral algérien — la première révision significative depuis plusieurs années. Ces tarifs s’appliquent dans le secteur privé et constituent la base de référence pour les remboursements CNAS, même si les praticiens peuvent pratiquer des dépassements.

Type de consultationFourchette d’honoraires (DA)Équivalent € approximatif
Médecin généraliste — consultation40 – 55 DA0,27 – 0,38 €
Médecin spécialiste — consultation55 – 80 DA0,38 – 0,55 €
Neurologue / Psychiatre60 – 85 DA0,41 – 0,59 €
Consultation nuit / jour fériéDouble du tarif normal×2

Attention : ces tarifs CNOM sont des tarifs en dinars algériens, qui semblent dérisoires convertis en euros. Mais il faut les lire dans leur contexte économique algérien : le SMIG est à 20 000 DA, un salaire moyen est entre 40 000 et 80 000 DA, et le coût de la vie est proportionnel. En pratique, les médecins libéraux algériens appliquent très souvent des dépassements d’honoraires substantiels sur les tarifs CNOM — et c’est là que se construit réellement leur revenu.

Les dépassements d’honoraires réels pratiqués

En pratique, les honoraires réels dans le secteur privé algérien sont très différents des tarifs CNOM officiels. Selon les villes, les spécialités et la réputation du praticien :

SpécialitéTarif réel pratiqué (DA)Tarif Alger / grandes villes
Médecin généraliste1 000 – 2 500 DA2 000 – 3 000 DA
Pédiatre2 000 – 4 000 DA3 000 – 5 000 DA
Cardiologue3 000 – 6 000 DA5 000 – 8 000 DA
Dermatologue2 500 – 5 000 DA4 000 – 7 000 DA
Gynécologue2 500 – 5 000 DA4 000 – 7 000 DA
Ophtalmologue2 500 – 5 000 DA4 000 – 7 000 DA
Dentiste (consultation)1 500 – 3 000 DA2 500 – 5 000 DA
Dentiste (soin + couronne)15 000 – 60 000 DA selon acte30 000 – 100 000 DA

Budget d’ouverture : estimations réalistes

Ouvrir un cabinet médical en Algérie représente un investissement initial significatif. Voici des estimations réalistes selon le type de cabinet :

Poste de dépenseCabinet médecin généralisteCabinet spécialisteCabinet dentaire
Aménagement local (travaux)150 000 – 400 000 DA300 000 – 800 000 DA300 000 – 700 000 DA
Équipement médical200 000 – 600 000 DA500 000 – 2 000 000 DA800 000 – 2 500 000 DA
Mobilier et informatique100 000 – 200 000 DA150 000 – 300 000 DA100 000 – 250 000 DA
Dépôt de garantie / avance loyer80 000 – 300 000 DA80 000 – 300 000 DA80 000 – 300 000 DA
Frais administratifs (Ordre, DSP, CNAS)30 000 – 60 000 DA50 000 – 100 000 DA40 000 – 80 000 DA
Fonds de roulement (3 mois)200 000 – 400 000 DA300 000 – 600 000 DA300 000 – 500 000 DA
TOTAL ESTIMÉ760 000 – 2 millions DA1,4 – 4 millions DA1,6 – 4,3 millions DA

Note : les équipements d’imagerie médicale (scanner, IRM, mammographe…) pour les cliniques ou cabinets spécialisés en imagerie représentent un investissement d’un tout autre ordre — de 5 à 50 millions DA selon l’équipement.

Sources de financement possibles

  • Fonds propres — la solution la plus courante pour les cabinets de petite taille
  • Crédit bancaire — les banques algériennes (BNA, CPA, BEA) proposent des crédits professionnels pour les professions libérales de santé, avec des taux variables selon les périodes
  • ANSEJ / ANADE — dispositifs de soutien à la création d’emploi, accessibles aux jeunes promoteurs sous conditions
  • Association avec un confrère — partager les coûts d’ouverture et d’équipement dans le cadre d’un cabinet de groupe (réglementé par le Code de déontologie)
  • Fonds de la diaspora — pour les médecins ou leurs familles résidant à l’étranger qui souhaitent investir dans le secteur de la santé en Algérie. Notre guide sur investir en Algérie pour la diaspora et notre article sur la création d’entreprise en Algérie pour les expatriés donnent les cadres juridiques applicables.

Médecins algériens de France ou du Canada qui rentrent : cas particulier

C’est un profil de plus en plus fréquent : des médecins algériens formés ou établis en France, en Belgique ou au Canada qui envisagent un retour partiel ou total en Algérie pour y exercer. La situation administrative est complexe mais gérable.

Reconnaissance du diplôme étranger en Algérie

Un médecin titulaire d’un diplôme français (Docteur en médecine, DES de spécialité) ou canadien doit faire reconnaître son diplôme par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique algérien. La procédure passe par le dépôt d’un dossier d’équivalence. Les diplômes des facultés françaises sont généralement bien reconnus, mais la procédure prend du temps (6 à 18 mois).

Service civil pour les médecins spécialistes formés en France

Les médecins algériens formés à l’étranger (France, Canada) et souhaitant s’installer en Algérie sont-ils soumis au service civil ? La réponse dépend de leur situation : s’ils n’ont jamais été titulaires dans le secteur public algérien, la question de l’application du service civil à leur égard est traitée au cas par cas par le MSPRH. Il est fortement conseillé de se renseigner directement auprès du ministère ou d’un conseil de l’Ordre avant d’engager toute procédure.

Exercice à temps partiel Algérie/France

Certains médecins de la diaspora optent pour un modèle hybride : exercice libéral en France (quelques jours par semaine) et cabinet en Algérie confié à un associé ou à un remplaçant le reste du temps. Ce modèle est techniquement possible mais requiert une gestion administrative rigoureuse des deux côtés — autorisation de remplacement en France, gestion du cabinet algérien à distance.

Passer du cabinet à la clinique privée : la prochaine étape

Pour les praticiens qui souhaitent aller au-delà du cabinet individuel, la clinique privée représente l’étape suivante. En Algérie, les cliniques privées sont soumises à une réglementation encore plus stricte (loi n° 85-05 modifiée, arrêté du 4 août 2008 pour les cliniques dentaires, arrêtés sectoriels selon les spécialités).

Les cliniques privées doivent notamment :

  • Obtenir une autorisation de réalisation puis une autorisation d’exploitation distinctes
  • Disposer d’un directeur technique médical (médecin désigné, responsable devant les autorités)
  • Répondre à des normes de superficie, d’équipement et de personnel bien supérieures aux cabinets
  • Pour les cliniques dentaires : capacité minimale de 4 fauteuils dentaires

Notre article sur les meilleures cliniques et hôpitaux privés en Algérie donne un panorama des établissements existants et du marché de la santé privée nationale. Pour les aspects entrepreneuriaux généraux, nos guides sur créer une entreprise en Algérie et sur les meilleures idées business en Algérie couvrent le contexte entrepreneurial général.

FAQ — Ouvrir un cabinet médical ou dentaire en Algérie

Quelles sont les conditions pour ouvrir un cabinet médical en Algérie ?

Les conditions obligatoires sont : être titulaire d’un diplôme de médecine reconnu par l’État algérien, être inscrit au Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), avoir accompli le service civil obligatoire pour les spécialistes, disposer d’un local aux normes sanitaires, et obtenir la décision d’ouverture délivrée par la Direction de la Santé et de la Population (DSP) de la wilaya d’installation.

Peut-on ouvrir un cabinet médical en Algérie avec un diplôme français ?

Oui, sous conditions. Le diplôme français doit d’abord faire l’objet d’une reconnaissance (équivalence) par le ministère de l’Enseignement supérieur algérien. Une fois l’équivalence obtenue, la procédure d’inscription à l’Ordre et d’ouverture de cabinet est identique à celle des médecins diplômés en Algérie. La procédure d’équivalence peut prendre de 6 à 18 mois.

Combien coûte l’ouverture d’un cabinet dentaire en Algérie ?

Le budget total d’ouverture d’un cabinet dentaire correct en Algérie varie entre 1,6 et 4,3 millions de DA, soit environ 11 000 à 30 000 € au taux officiel. Ce budget couvre les travaux d’aménagement, l’équipement (fauteuil, autoclave, radiologie), le mobilier, les frais administratifs et un fonds de roulement de 3 mois. À Alger, les budgets sont généralement dans le haut de la fourchette en raison des loyers élevés.

Combien gagne un médecin libéral en Algérie ?

Les revenus d’un médecin libéral algérien dépendent de la spécialité, de la ville et de la réputation du praticien. En pratique, un généraliste bien installé peut réaliser 30 à 60 consultations par jour à 1 000-2 500 DA chacune — soit entre 30 000 et 150 000 DA par jour, et plusieurs millions par mois pour les spécialistes très demandés. Un cardiologue ou un dermatologue bien établi à Alger peut dégager des revenus mensuels de 500 000 à 2 000 000 DA. Ces chiffres doivent être lus en tenant compte du coût de la vie local.

Est-il obligatoire d’être conventionné avec la CNAS ?

Non, le conventionnement avec la CNAS n’est pas obligatoire. Un médecin peut exercer uniquement en secteur non conventionné (secteur privé pur, sans remboursement CNAS pour les patients). Cependant, en pratique, la majorité des médecins libéraux algériens cherchent à se conventionner car cela élargit leur patientèle — beaucoup de patients algériens font attention au remboursement partiel de la CNAS, même si celui-ci est modeste.

Un médecin peut-il exercer à la fois dans le public et en libéral en Algérie ?

En théorie, la loi algérienne prévoit des conditions strictes pour le cumul public-libéral. En pratique, de nombreux médecins hospitaliers gèrent un cabinet privé — une situation tolérée mais réglementairement encadrée. Les médecins en poste à plein temps dans un établissement public doivent en principe obtenir une autorisation de leur administration avant d’ouvrir un cabinet privé. La réglementation sur ce point évolue régulièrement.

Lire aussi sur Zoom Algérie :


Sources : Loi n° 85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé (texte consolidé) | Instruction MSPRH du 06/09/2011 et instruction n°000004/SG/MSPRH du 19/02/2012 — procédures d’ouverture de cabinets médicaux | SORMD Alger (sormdalger.com) — Démarches ouverture cabinet dentaire | Code de déontologie médicale algérien, articles 204 et 205 | CNOM Algérie — Nouvelle grille des honoraires médicaux, janvier 2025 (letemps.news, janvier 2025) | SantéMaghreb.com — Les établissements de santé du secteur libéral en Algérie | eTabib.dz — Dossier d’installation cabinet médical en Algérie, décembre 2023 | APRIL International — L’assurance santé en Algérie