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Héritage en Algérie quand on vit en Suisse : succession et fiscalité

Recevoir un héritage en Algérie alors que l’on vit en Suisse ne signifie pas automatiquement payer un impôt successoral dans les deux pays. Il faut d’abord distinguer trois éléments : le dernier domicile du défunt, le lieu où se trouvent les biens et le canton suisse dans lequel réside l’héritier. La succession algérienne reste, en pratique, structurée autour de la Frédha établie par un notaire en Algérie, tandis que la fiscalité suisse des successions est cantonale et non fédérale.

Autre point essentiel : la convention fiscale Suisse–Algérie en vigueur concerne les impôts sur le revenu et sur la fortune. Elle ne constitue pas une convention sur les successions. Il ne faut donc pas utiliser ses règles sur l’immobilier ou la fortune pour conclure automatiquement qu’un éventuel impôt successoral suisse ou algérien sera neutralisé.

Le bon ordre consiste à identifier les héritiers et leurs droits en Algérie, faire établir la Frédha, inventorier et valoriser les biens, accomplir les formalités fiscales algériennes, vérifier le rattachement éventuel à un canton suisse puis déclarer les biens hérités dans la fiscalité suisse annuelle à partir du moment où ils entrent dans votre patrimoine.

À retenir
  • La Frédha, établie par un notaire en Algérie, identifie les héritiers et la quote-part de chacun ; elle est indispensable pour traiter la succession algérienne.
  • L’Algérie soumet les mutations par décès à des droits d’enregistrement : le Code de l’enregistrement prévoit actuellement un taux général de 5 % de la part nette, réduit à 3 % pour les ascendants, descendants et époux.
  • Les héritiers en ligne directe et le conjoint survivant bénéficient, sous les conditions du Code, d’une exonération sur l’habitation individuelle occupée par le défunt et ses dépendances immédiates.
  • La déclaration de succession algérienne doit, en principe, être enregistrée dans un délai de un an à compter du décès.
  • La Suisse ne prélève aucun impôt fédéral sur les successions. L’imposition éventuelle dépend des cantons.
  • Le seul fait que l’héritier habite en Suisse ne suffit pas nécessairement à créer un impôt successoral cantonal. Dans les cantons consultés, le dernier domicile du défunt et la situation d’un immeuble sont des critères centraux.
  • La convention fiscale Suisse–Algérie de 2006 porte sur le revenu et la fortune, pas sur les droits de succession.
  • Depuis le 9 juillet 2026, l’Algérie applique la Convention Apostille de La Haye ; un certificat algérien d’apostille est actuellement soumis à un droit de timbre de 1 500 DZD.
  • Après la succession, un immeuble ou un compte algérien devenu votre propriété peut devoir être déclaré dans votre déclaration fiscale suisse annuelle, même si aucun impôt successoral suisse n’a été dû.
  • Un résident fiscal hors d’Algérie peut être concerné par l’impôt algérien sur la fortune sur ses biens situés en Algérie si la valeur nette taxable dépasse le seuil légal ; les biens d’héritage encore en indivision successorale sont actuellement exonérés pendant la liquidation.
  • La vente ultérieure d’un bien hérité est une opération fiscale distincte : pour la plus-value algérienne, la valeur vénale au jour de la succession remplace la valeur d’acquisition.
Sommaire
  1. Héritage Algérie–Suisse : quelles règles regarder en premier ?
  2. Frédha : le document central de la succession algérienne
  3. Quels documents préparer depuis la Suisse ?
  4. Apostille 2026 : ce qui change entre l’Algérie et la Suisse
  5. Droits de succession en Algérie : 5 %, 3 % et exonérations
  6. Quel délai pour déclarer une succession en Algérie ?
  7. Faut-il payer un impôt successoral en Suisse ?
  8. Pourquoi le canton et le domicile du défunt comptent plus que le domicile de l’héritier
  9. Existe-t-il une convention successorale Suisse–Algérie ?
  10. Trois scénarios de succession Algérie–Suisse
  11. Hériter d’un appartement ou d’un terrain en Algérie
  12. Hériter d’un compte bancaire ou de liquidités en Algérie
  13. Après l’héritage : que déclarer chaque année en Suisse ?
  14. Impôt sur la fortune algérien pour un héritier vivant en Suisse
  15. Vendre ensuite un bien hérité : nouvelle fiscalité
  16. Peut-on régler la succession sans se déplacer en Algérie ?
  17. Exemple : un enfant vivant à Genève hérite d’un appartement à Alger
  18. Checklist succession Algérie–Suisse
  19. Les erreurs les plus fréquentes
  20. Questions fréquentes

Héritage Algérie–Suisse : quelles règles regarder en premier ?

Une succession internationale ne se résout pas avec le seul lieu de résidence de l’héritier. Commencez par identifier :

  • où le défunt avait son dernier domicile ;
  • où sont situés les biens : immeuble, compte bancaire, parts sociales, véhicule, créances ;
  • où réside fiscalement chaque héritier et, pour la Suisse, dans quel canton.

Dans le cas le plus simple — parent domicilié en Algérie, appartement et comptes en Algérie, enfant domicilié en Suisse — le traitement de la succession s’effectue d’abord en Algérie. La résidence suisse de l’enfant devient surtout importante pour vérifier un éventuel rattachement fiscal cantonal et pour la déclaration future des biens reçus.

Le dossier devient plus complexe si le défunt vivait en Suisse, détenait des biens dans les deux pays, avait rédigé un testament à l’étranger ou possédait plusieurs nationalités. La Suisse a d’ailleurs révisé ses règles de droit international privé en matière successorale à compter du 1er janvier 2025 afin de mieux coordonner les successions internationales. Dans un dossier mixte, un notaire ou avocat connaissant les deux systèmes est donc préférable à une règle simplifiée trouvée en ligne.

Frédha : le document central de la succession algérienne

Le Consulat général d’Algérie à Genève rappelle que les successions sont régies par le Livre III du Code algérien de la famille et que les qualités d’héritier reposent notamment sur la parenté et le mariage.

La Frédha — ou acte de succession — est délivrée par un notaire en Algérie. Elle identifie les personnes appelées à hériter et fixe la quote-part revenant à chacune. Elle devient le socle des démarches auprès des administrations, banques et organismes détenant des biens du défunt.

Cela signifie qu’un certificat d’héritier suisse ou un document familial étranger ne remplace pas automatiquement la Frédha pour débloquer un bien situé en Algérie. Inversement, lorsqu’un acte successoral algérien doit produire des effets en Suisse, les autorités suisses peuvent examiner sa reconnaissance et demander des formalités documentaires adaptées.

Quels documents préparer depuis la Suisse ?

La liste exacte dépend du patrimoine et du notaire. Pour un dossier courant, préparez au minimum :

  • acte de décès ;
  • actes de naissance, mariage ou documents établissant la filiation des héritiers ;
  • pièces d’identité des héritiers ;
  • livret de famille ou documents d’état civil utiles ;
  • titres de propriété, livret foncier ou références cadastrales des immeubles ;
  • coordonnées et relevés des comptes bancaires ;
  • statuts et titres lorsqu’il existe des parts de société ;
  • testament ou acte de dernière volonté s’il en existe un ;
  • procuration spéciale si un héritier souhaite se faire représenter.

Un document délivré en Suisse peut nécessiter une traduction et une authentification avant son utilisation en Algérie. Demandez au notaire algérien la forme précise exigée avant de faire traduire ou apostiller plusieurs documents, afin d’éviter des frais inutiles.

Apostille 2026 : ce qui change entre l’Algérie et la Suisse

Depuis le 9 juillet 2026, l’Algérie applique la Convention de La Haye de 1961 supprimant l’exigence de la légalisation diplomatique des actes publics étrangers entre États parties.

Lorsqu’elle s’applique, l’apostille remplace la chaîne classique de légalisation consulaire par une formalité unique d’authentification de l’origine du document. Côté algérien, la DGI fixe actuellement le droit de timbre à 1 500 DZD par certificat d’apostille.

Le ministère algérien de l’Intérieur cite notamment l’acte de décès parmi les actes d’état civil pouvant recevoir l’apostille dans le dispositif qu’il gère. Il précise aussi que si une traduction doit elle-même être authentifiée, elle peut nécessiter une apostille distincte.

L’apostille ne règle pas la succession. Elle authentifie l’origine d’un acte public. Elle ne détermine ni les héritiers, ni les quotes-parts, ni les droits fiscaux et ne remplace pas la Frédha algérienne.

Droits de succession en Algérie : 5 %, 3 % et exonérations

La succession peut générer des droits de mutation par décès en Algérie. Le Code de l’enregistrement publié par la DGI pour 2026 prévoit à l’article 236 :

SituationTaux indiqué par le Code
Taux général sur la part nette de chaque ayant droit5 %
Ascendants, descendants et époux3 %
Actifs immobilisés d’une entreprise lorsque les cohéritiers poursuivent l’exploitation, sous conditions3 %

Le même article prévoit également une exonération pour les héritiers en ligne directe ascendante ou descendante et le conjoint survivant sur l’habitation individuelle occupée par le défunt ainsi que ses dépendances immédiates. Il faut faire confirmer au notaire et au service de l’enregistrement que le bien remplit réellement les conditions : une résidence locative, une résidence secondaire ou plusieurs logements ne doivent pas être assimilés automatiquement à cette exonération.

L’assiette est la part nette revenant à l’héritier après les règles d’évaluation et les dettes admises par le Code. Les successions internationales peuvent être délicates car certaines dettes ou décisions étrangères ne sont pas automatiquement déductibles si elles n’ont pas d’effet juridique en Algérie.

Quel délai pour déclarer une succession en Algérie ?

L’article 65 du Code de l’enregistrement prévoit, sauf cas particuliers, un délai de un an à compter du décès pour l’enregistrement de la déclaration des biens transmis par décès.

Ce délai ne doit pas être confondu avec le temps nécessaire pour régler définitivement une indivision, vendre un immeuble ou transférer des fonds. Une succession peut rester matériellement ouverte plus longtemps, mais les obligations fiscales d’enregistrement ont leur propre calendrier.

Un retard peut entraîner des pénalités. Dès que le décès est connu, il est donc préférable d’ouvrir le dossier chez un notaire algérien, même si tous les héritiers vivent à l’étranger.

Faut-il payer un impôt successoral en Suisse ?

Pas automatiquement. Il n’existe aucun impôt fédéral suisse sur les successions. Ce domaine appartient aux cantons, avec de grandes différences de taux, d’exonérations et de compétence territoriale.

Le portail officiel ch.ch rappelle que tous les cantons sauf Obwald et Schwyz prélèvent un impôt successoral, mais que les conjoints, partenaires enregistrés et descendants sont généralement exonérés dans la majorité des cantons.

Cependant, dire « mon canton taxe les successions, donc je dois payer parce que j’y habite » serait trop rapide. Il faut encore vérifier si ce canton possède le droit de taxer cette succession internationale.

Pourquoi le canton et le domicile du défunt comptent plus que le domicile de l’héritier

Les règles cantonales consultées montrent que le rattachement fiscal d’une succession repose fréquemment sur le dernier domicile du défunt, le lieu d’ouverture de la succession et le lieu de situation d’un immeuble suisse.

À Fribourg, par exemple, la loi soumet notamment la succession si le défunt avait son dernier domicile dans le canton, si la succession y est ouverte ou si un immeuble fribourgeois est transmis. Zurich applique une logique comparable : dernier domicile du défunt / ouverture de la succession ou immeuble situé dans le canton.

Ainsi, dans le scénario courant où le parent décédé vivait en Algérie, la succession est ouverte en Algérie et les biens sont en Algérie, le simple fait que l’enfant héritier habite à Genève, Lausanne, Fribourg ou Zurich n’est généralement pas le critère territorial principal de taxation successorale suisse.

Cette conclusion doit toutefois être confirmée auprès de l’administration fiscale de votre canton, surtout si la succession comporte un immeuble suisse, des avoirs suisses importants, un défunt anciennement domicilié en Suisse ou une structure patrimoniale particulière.

Existe-t-il une convention successorale Suisse–Algérie ?

La Suisse et l’Algérie ont bien une convention fiscale entrée en vigueur en 2009. Mais son intitulé officiel est sans ambiguïté : elle vise les impôts sur le revenu et sur la fortune.

Elle ne constitue donc pas une convention bilatérale sur les droits de succession. En cas de véritable double imposition successorale, il ne faut pas présumer qu’un article de la convention revenu/fortune accordera automatiquement un crédit ou une exemption.

Le portail suisse ch.ch confirme d’ailleurs que la Suisse n’a conclu des accords successoraux qu’avec un certain nombre de pays. La page officielle de l’Administration fédérale des contributions consacrée à l’Algérie ne répertorie pour sa part que la convention revenu/fortune et l’ancien accord aérien.

Pour la fiscalité annuelle des revenus et du patrimoine algériens, la convention reste en revanche importante ; consultez le guide sur la fiscalité Suisse–Algérie et la double imposition.

Trois scénarios de succession Algérie–Suisse

ScénarioAlgérieSuisse
Défunt domicilié en Algérie + biens algériens + héritier en SuisseFrédha, déclaration successorale, droits algériens selon le patrimoine et le lien familialVérifier le canton ; le domicile suisse de l’héritier seul n’est généralement pas le nexus principal dans les cantons étudiés
Défunt domicilié en Suisse + immeuble en AlgérieFormalités locales indispensables pour l’immeuble et éventuels droits de mutationLe dernier domicile suisse du défunt peut créer une compétence cantonale ; coordination internationale nécessaire
Patrimoine partagé entre Suisse et AlgérieBiens algériens à identifier, valoriser et transmettre selon les règles localesSuccession suisse + fiscalité cantonale + reconnaissance des actes étrangers à coordonner

Hériter d’un appartement ou d’un terrain en Algérie

Un bien immobilier est souvent l’actif qui bloque le plus longtemps une succession familiale. Avant de parler de vente ou de location, assurez-vous que le titre est clair : acte notarié, livret foncier ou autre titre reconnu, identité du propriétaire et absence de litige.

La Frédha fixe les droits des héritiers, mais l’existence de plusieurs héritiers crée souvent une indivision. Tant que le partage n’est pas réalisé, chacun détient une quote-part successorale et ne peut pas traiter seul le bien comme s’il lui appartenait intégralement.

Une fois la propriété héritée consolidée, le résident suisse doit regarder la fiscalité annuelle de son nouveau patrimoine. Le traitement détaillé est expliqué dans le guide pour déclarer un bien immobilier en Algérie lorsqu’on réside en Suisse.

Hériter d’un compte bancaire ou de liquidités en Algérie

Une banque algérienne ne libère normalement pas les fonds du défunt sur simple présentation d’un passeport étranger. Elle doit identifier les ayants droit, leurs quotes-parts et les personnes habilitées à agir.

Le Consulat général d’Algérie à Genève cite, pour certaines démarches successorales relevant de son service, l’original de la Frédha, sa traduction française, une procuration notariale spéciale des héritiers désignant un mandataire et les coordonnées d’un compte en devise en Algérie. La liste applicable à un compte situé directement en Algérie doit être demandée à la banque concernée.

Une fois les fonds juridiquement attribués, le transfert vers la Suisse est une opération bancaire distincte. Conservez Frédha, acte de décès, justificatifs fiscaux, relevé de liquidation et preuve du virement : la banque suisse peut demander l’origine des fonds, surtout pour un montant élevé.

Si vous conservez un compte algérien après la succession, vérifiez aussi vos obligations suisses grâce au guide pour déclarer un compte bancaire algérien lorsqu’on vit en Suisse.

Après l’héritage : que déclarer chaque année en Suisse ?

L’absence éventuelle d’impôt suisse au moment du décès ne signifie pas que le bien hérité disparaît de votre fiscalité suisse future.

Une fois le patrimoine acquis, votre déclaration annuelle peut devoir intégrer :

  • la valeur d’un immeuble algérien ;
  • les loyers qu’il produit ;
  • les avoirs d’un compte algérien ;
  • les intérêts bancaires ;
  • des participations ou autres actifs financiers reçus.

Le mode exact d’imposition dépend du canton et de la convention Suisse–Algérie pour les impôts sur le revenu et la fortune. Pour certains actifs étrangers, la Suisse les prend en compte dans la répartition internationale ou pour déterminer le taux applicable plutôt que de les imposer de la même manière qu’un actif suisse.

Notez la valeur du patrimoine à la date du décès et conservez les justificatifs d’évaluation. Ils pourront servir pour les déclarations suisses futures et pour calculer une éventuelle plus-value lors d’une cession ultérieure en Algérie.

Impôt sur la fortune algérien pour un héritier vivant en Suisse

L’Algérie applique actuellement un impôt sur la fortune lorsque la valeur nette taxable dépasse 100 000 000 DZD. Une personne physique dont le domicile fiscal est hors d’Algérie peut être imposable à raison de ses biens imposables situés en Algérie.

La DGI prévoit toutefois expressément l’exonération des biens d’héritage en instance de liquidation, c’est-à-dire l’indivision successorale. Cette exonération ne doit pas être comprise comme une exonération permanente de tout bien hérité : après liquidation et attribution, il faut réexaminer le patrimoine détenu en Algérie.

Pour un appartement familial ordinaire, ce seuil peut rendre le sujet sans effet pratique. Pour plusieurs immeubles, un terrain de grande valeur ou un patrimoine important, il mérite une vérification spécifique.

Vendre ensuite un bien hérité : nouvelle fiscalité

La vente n’est pas la continuation fiscale automatique de la succession. C’est une nouvelle opération.

Pour la plus-value immobilière algérienne, la DGI précise qu’en cas de bien reçu par donation ou succession, la valeur vénale du bien au jour de la succession remplace le prix d’acquisition. Cette valeur devient donc une donnée essentielle à conserver dès le règlement de l’héritage.

La DGI prévoit aussi une exonération spécifique dans certaines ventes de biens indivis issus d’une succession lorsque la cession est nécessaire pour sortir de l’indivision et que l’impossibilité de partager physiquement ou juridiquement le bien est dûment justifiée.

Les démarches de vente, la Frédha, la fiscalité et le transfert du produit sont détaillés dans le guide pour vendre un bien hérité en Algérie lorsqu’on vit à l’étranger.

Peut-on régler la succession sans se déplacer en Algérie ?

Une partie importante des démarches peut être réalisée par représentation, à condition d’utiliser une procuration suffisamment précise et acceptée par le notaire, la banque ou l’administration concernée.

Le mandat doit distinguer clairement les pouvoirs : obtenir des documents, représenter l’héritier chez le notaire, effectuer des démarches fiscales, agir auprès d’une banque, signer un partage ou vendre un bien sont des actes de portée différente.

Évitez une procuration générale improvisée lorsque le patrimoine est important. Le fonctionnement complet est expliqué dans le guide sur la procuration pour une succession en Algérie depuis l’étranger.

Exemple : un enfant vivant à Genève hérite d’un appartement à Alger

Imaginons un parent domicilié à Alger au jour de son décès. Son enfant vit et paie ses impôts dans le canton de Genève. Le patrimoine comprend un appartement à Alger et un compte bancaire algérien.

1. Algérie : un notaire établit la Frédha et identifie tous les héritiers et leurs quotes-parts.

2. Fiscalité successorale : les droits algériens sont calculés sur la part nette de l’héritier selon l’article 236 ; si l’enfant est descendant, le taux de référence est 3 %, sous réserve des exonérations applicables et de la nature exacte des biens.

3. Suisse : le simple domicile genevois de l’enfant ne suffit pas à conclure qu’un impôt successoral genevois s’applique à une succession ouverte en Algérie portant sur des biens algériens. Il faut faire confirmer le rattachement par l’administration cantonale.

4. Après la succession : l’appartement et le compte deviennent des éléments du patrimoine de l’enfant et doivent être examinés dans sa déclaration suisse annuelle.

5. Si l’appartement est vendu : une nouvelle analyse fiscale s’ouvre en Algérie et en Suisse ; la valeur vénale à la date de succession devient notamment importante pour la plus-value algérienne.

Cet exemple montre pourquoi « succession » et « fiscalité annuelle après succession » sont deux questions différentes. On peut ne pas avoir d’impôt successoral suisse tout en ayant ensuite des obligations de déclaration du patrimoine et des revenus en Suisse.

Checklist succession Algérie–Suisse

  1. Identifiez le dernier domicile du défunt et tous les pays où se trouvent des biens.
  2. Rassemblez les actes d’état civil et les pièces d’identité.
  3. Choisissez un notaire en Algérie pour établir la Frédha et piloter le dossier local.
  4. Inventoriez tout le patrimoine : immeubles, comptes, véhicules, sociétés et dettes.
  5. Demandez les exigences d’apostille et de traduction avant d’engager les formalités en Suisse.
  6. Faites valoriser les biens à la date du décès et conservez les justificatifs.
  7. Vérifiez les droits de mutation algériens et les éventuelles exonérations.
  8. Respectez le délai d’un an applicable en principe à la déclaration successorale algérienne.
  9. Interrogez votre canton suisse sur le rattachement successoral si le dossier présente un lien avec la Suisse.
  10. Ne comptez pas sur la convention Suisse–Algérie revenu/fortune pour résoudre automatiquement un impôt successoral.
  11. Préparez la déclaration suisse annuelle postérieure pour les actifs et revenus hérités.
  12. Avant toute vente ou transfert important, préparez séparément le dossier fiscal et bancaire de sortie.

Les erreurs les plus fréquentes

1. Penser qu’habiter en Suisse signifie automatiquement payer un impôt successoral suisse.
La compétence fiscale dépend du canton et du lien de la succession avec ce canton.

2. Utiliser la convention fiscale Suisse–Algérie comme une convention successorale.
Elle couvre le revenu et la fortune, pas les droits de succession.

3. Attendre la vente du bien pour faire la Frédha.
La Frédha est le document de base pour identifier les héritiers et leurs droits.

4. Confondre la Frédha avec un partage.
Identifier les quotes-parts ne signifie pas nécessairement que chaque bien a déjà été attribué matériellement à un héritier.

5. Faire légaliser tous les documents avec l’ancienne procédure sans vérifier l’apostille 2026.
Depuis juillet 2026, le cadre d’authentification a changé pour les actes publics couverts.

6. Oublier le délai fiscal algérien parce que l’indivision dure plusieurs années.
La déclaration de succession et le partage définitif n’ont pas le même calendrier.

7. Ne pas documenter la valeur du bien au jour de l’héritage.
Cette valeur peut devenir essentielle pour une vente ultérieure et pour les déclarations fiscales.

8. Recevoir un compte ou un immeuble puis ne rien déclarer en Suisse les années suivantes.
L’absence d’impôt successoral n’efface pas la fiscalité annuelle du patrimoine.

9. Donner à un proche une procuration trop large.
Une succession immobilière ou bancaire justifie des pouvoirs précisément définis.

10. Transférer une grosse somme vers la Suisse sans dossier d’origine des fonds.
Conservez toute la chaîne documentaire de la succession et du virement.

Questions fréquentes

Dois-je payer des droits de succession en Algérie si je vis en Suisse ?

Le fait de vivre en Suisse ne supprime pas les droits de mutation algériens lorsqu’une succession entre dans leur champ. Le Code de l’enregistrement prévoit actuellement 5 % en règle générale et 3 % pour les ascendants, descendants et époux, avec certaines exonérations.

La Suisse taxe-t-elle automatiquement un héritage reçu d’Algérie ?

Non. Il n’existe pas d’impôt fédéral sur les successions et la compétence est cantonale. Le dernier domicile du défunt, le lieu d’ouverture de la succession et la présence d’un immeuble suisse sont notamment déterminants dans plusieurs cantons. Vérifiez votre situation auprès de votre canton.

Qu’est-ce que la Frédha ?

C’est l’acte de succession établi par un notaire en Algérie. Il identifie les héritiers et leurs quotes-parts et sert de base aux démarches successorales algériennes.

Quel est le délai pour déclarer une succession en Algérie ?

Le Code de l’enregistrement prévoit en principe un délai d’un an à compter du décès, sauf dispositions particulières.

Existe-t-il une convention fiscale de succession entre la Suisse et l’Algérie ?

La convention fiscale bilatérale actuellement répertoriée par l’Administration fédérale des contributions concerne les impôts sur le revenu et sur la fortune. Elle ne couvre pas les droits de succession.

Faut-il encore légaliser les documents algériens pour la Suisse en 2026 ?

Depuis le 9 juillet 2026, l’Algérie applique la Convention Apostille de La Haye. Lorsqu’elle s’applique au document et au pays de destination, l’apostille remplace la légalisation diplomatique ou consulaire classique. Vérifiez néanmoins le document exact demandé par l’autorité ou le notaire.

Dois-je déclarer en Suisse l’appartement algérien dont j’hérite ?

En principe, un résident suisse doit intégrer son patrimoine étranger dans sa situation fiscale selon les règles de son canton et de la convention applicable. Le traitement précis de l’immeuble est distinct de l’impôt successoral et doit être vérifié dans la déclaration annuelle.

Puis-je transférer en Suisse l’argent reçu en héritage en Algérie ?

Le transfert peut être possible une fois les droits successoraux établis et les formalités bancaires et fiscales accomplies. La banque peut demander la Frédha, les justificatifs de liquidation de la succession, les preuves fiscales et l’origine des fonds.

Peut-on vendre immédiatement un appartement hérité en Algérie ?

Il faut d’abord que les droits des héritiers soient établis et que la situation juridique du bien permette la vente. En présence de plusieurs héritiers, l’indivision et le partage doivent être traités. La vente déclenche ensuite ses propres règles fiscales.

Lire aussi

Sources officielles consultées

Informations vérifiées le 17 août 2026. Les successions internationales dépendent du dernier domicile du défunt, de la nature et de la localisation des biens, de la nationalité, du canton suisse concerné et des actes existants. Les taux et règles générales présentés ici ne remplacent pas l’examen du dossier par le notaire algérien et, lorsqu’un lien fiscal suisse existe, par l’administration fiscale cantonale ou un spécialiste des successions internationales.