Hantavirus : symptômes, transmission, traitement et risques
- Dzaïr Zoom / 3 heures
- 12 mai 2026

Résumé : ce qu’il faut savoir en 30 secondes
Le hantavirus est une famille de virus transmis principalement par les rongeurs sauvages (souris, rats, campagnols). Il provoque deux formes graves chez l’humain : la fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR), répandue en Europe et Asie, et le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS), propre aux Amériques, avec un taux de mortalité atteignant 38 % dans les formes sévères.
En mai 2026, un foyer d’infection à virus des Andes — souche sud-américaine — a été identifié à bord du navire de croisière MV Hondius, parti d’Ushuaia (Argentine) le 1er avril 2026. Au 11 mai 2026, on dénombre trois morts, au moins six cas confirmés et deux cas suspects. Les passagers ont été évacués à Tenerife le 10 mai 2026.
Le virus des Andes est le seul hantavirus connu capable de se transmettre d’homme à homme, bien que cette transmission reste rare et limitée aux contacts étroits et prolongés. L’OMS a clairement indiqué le 7 mai 2026 que cet épisode ne représente pas le début d’une épidémie ou d’une pandémie. Il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral validé contre les hantavirus. La prévention repose sur l’élimination du contact avec les rongeurs.
Introduction : pourquoi le hantavirus fait la une en 2026
Le nom hantavirus était presque tombé dans l’oubli du grand public. Puis, début mai 2026, un navire de croisière strié au milieu de l’Atlantique Sud a changé la donne. Le MV Hondius, bateau de la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, parti d’Ushuaia en Argentine vers l’Antarctique et plusieurs îles isolées de l’Atlantique Sud, est devenu le théâtre d’une flambée d’infections à hantavirus qui a tenu le monde en haleine pendant plusieurs semaines.
Trois morts. Des passagers de 23 nationalités coincés en pleine mer. Des pays incapables de s’entendre sur où faire accoster le navire. Et, dans les médias et sur les réseaux sociaux, une question qui résonnait comme un écho douloureux de 2020 : sommes-nous à l’aube d’une nouvelle pandémie ?
La réponse courte est non. La réponse longue mérite un article complet — documenté, factuel, sans alarmisme inutile mais sans minimisation. C’est l’ambition de ce guide : vous expliquer ce qu’est vraiment le hantavirus, comment il se transmet, ce qu’il fait au corps humain, et ce que l’épisode du MV Hondius révèle sur nos vulnérabilités collectives face aux zoonoses émergentes.
Qu’est-ce que le hantavirus ?
Le terme hantavirus (ou, scientifiquement, Orthohantavirus) désigne une large famille de virus à ARN monocaténaire de polarité négative, appartenant à la famille des Hantaviridae. Ils circulent naturellement chez les rongeurs sauvages — souris, rats, campagnols, hamsters — qui en sont les réservoirs naturels permanents sans jamais tomber malades eux-mêmes. L’humain n’est qu’un hôte accidentel.
Le nom « hantavirus » vient de la rivière Hantaan, en Corée du Sud, où le virus de Hantaan a été isolé pour la première fois en 1978, lors d’une enquête sur des fièvres hémorragiques qui avaient touché des soldats américains pendant la guerre de Corée (1950-1953). On dénombre aujourd’hui plus de 38 souches différentes réparties sur l’ensemble des continents, chacune associée à une ou plusieurs espèces de rongeurs spécifiques.
Ces virus sont classés par l’OMS parmi les agents pathogènes prioritaires pour la recherche et la préparation aux pandémies, en raison de leur potentiel de gravité et de l’absence de traitements validés.
Les différents types de hantavirus dans le monde
La classification géographique des hantavirus est importante pour comprendre leurs effets sur la santé humaine. Elle distingue deux grandes familles :
| Groupe | Zones concernées | Principaux virus | Maladie provoquée | Transmission interhumaine |
|---|---|---|---|---|
| Ancien Monde | Europe, Asie, Afrique | Hantaan, Seoul, Puumala, Dobrava | Fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR) | Non documentée |
| Nouveau Monde | Amériques (Nord et Sud) | Sin Nombre, Andes, Black Creek Canal | Syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS) | Uniquement pour le virus des Andes (rare) |
En Europe, notamment en France, Belgique, Allemagne et Scandinavie, c’est le virus Puumala (transmis par le campagnol roussâtre) qui est le plus répandu. Il provoque une FHSR généralement de sévérité modérée, rarement mortelle. En France, des dizaines à quelques centaines de cas sont signalés chaque année, principalement dans les régions forestières de l’Est et du Nord-Est.
Comment se transmet le hantavirus ?
La transmission à l’être humain se fait essentiellement par contact indirect avec des rongeurs sauvages infectés. Il n’est pas nécessaire d’être mordu ou de toucher un rongeur pour être contaminé. Les trois voies principales sont :
- Inhalation d’aérosols (voie principale) : les rongeurs excrètent le virus dans leur urine, leurs déjections et leur salive. Lorsque ces matières sèchent et se fragmentent en fines poussières, elles peuvent être inhalées sans que la personne s’en rende compte. Cette situation se produit typiquement dans les greniers, granges, cabines forestières, caves ou tout espace où des rongeurs ont été présents.
- Contact direct : toucher des rongeurs morts ou leurs excréments, ou se faire mordre par un rongeur infecté, peut provoquer une contamination par contact cutané ou muqueux.
- Ingestion : consommer des aliments ou de l’eau contaminés par des déjections de rongeurs. Cette voie est moins fréquente.
La période d’incubation varie de 1 à 6 semaines (parfois jusqu’à 8 semaines pour le virus des Andes), ce qui complique considérablement la traçabilité des cas. Cette longue fenêtre explique pourquoi, dans l’affaire du MV Hondius, l’OMS a prévenu que de nouveaux cas pourraient encore être signalés dans les semaines suivant le débarquement.
Le hantavirus est-il contagieux d’une personne à l’autre ?
C’est LA question que tout le monde pose depuis l’affaire du MV Hondius. La réponse est nuancée et fondamentale pour comprendre pourquoi cet épisode ne représente pas un risque de pandémie.
Pour la quasi-totalité des hantavirus — notamment le virus Puumala présent en Europe — la transmission interhumaine n’a jamais été documentée. On attrape le hantavirus en étant exposé à des rongeurs infectés, pas en côtoyant une personne malade.
Le virus des Andes fait exception. C’est le seul hantavirus connu capable de se transmettre d’homme à homme, et ce phénomène a été observé pour la première fois en 1996 dans le sud de l’Argentine. Mais cette transmission reste :
- Rare : elle n’a été documentée que dans un nombre limité de cas sur plusieurs décennies.
- Limitée aux contacts étroits et prolongés : les partenaires sexuels, les soignants sans protection adéquate, ou les membres du foyer vivant très proches du malade.
- Possible par voie aérienne (aérosols) lors de la phase dite prodromique, quand la personne commence à être contagieuse mais n’est pas encore hospitalisée.
Selon l’OMS, le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a déclaré le 7 mai 2026 que l’épisode du MV Hondius «ne représente pas le début d’une épidémie ou d’une pandémie» et que le risque de propagation au-delà des cas contacts proches est très faible.
Quels sont les symptômes du hantavirus ?
Les symptômes varient selon la souche virale, mais l’infection se déroule généralement en deux phases distinctes.
Phase prodromique (3 à 5 jours)
Les premiers symptômes ressemblent à ceux d’une grippe classique, ce qui peut conduire à une erreur de diagnostic initial :
- Fièvre élevée (38,5 °C à 40 °C), souvent d’apparition brutale
- Fatigue intense et courbatures
- Maux de tête sévères
- Symptômes gastro-intestinaux : nausées, vomissements, diarrhées (plus fréquents avec le virus des Andes)
- Éventuellement : frissons, douleurs abdominales, dorsalgies
Phase cardiopulmonaire ou rénale (selon la souche)
La maladie peut évoluer rapidement, parfois en quelques heures, vers une forme grave :
| Forme clinique | Organes touchés | Symptômes graves | Mortalité estimée |
|---|---|---|---|
| HCPS (Nouveau Monde) | Poumons, cœur | Pneumonie sévère, syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), état de choc | 20 à 50 % (jusqu’à 38 % selon les études) |
| FHSR (Ancien Monde) | Reins | Insuffisance rénale aiguë, baisse du débit urinaire, protéinurie | 0,1 à 5 % selon la souche |
Dans l’affaire du MV Hondius, les passagers infectés par le virus des Andes ont présenté de la fièvre et des symptômes gastro-intestinaux qui ont rapidement évolué vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc. La rapidité de la dégradation clinique est caractéristique de l’HCPS.
Quand consulter en urgence ? Toute personne ayant été exposée à des rongeurs dans les semaines précédentes et présentant fièvre + difficultés respiratoires doit être évaluée médicalement sans délai. Ne pas attendre. En France, le 15 (SAMU) doit être appelé en cas de détresse respiratoire.

Quel est le taux de mortalité du hantavirus ?
Le taux de mortalité varie considérablement selon la souche et l’accès aux soins intensifs :
| Virus | Région | Maladie | Taux de mortalité |
|---|---|---|---|
| Virus des Andes | Argentine, Chili | HCPS | 25 à 50 % |
| Virus Sin Nombre | États-Unis | HCPS | 36 à 50 % |
| Virus Hantaan | Asie | FHSR sévère | 1 à 15 % |
| Virus Puumala | Europe du Nord | FHSR légère | 0,1 à 0,4 % |
| Virus Dobrava | Europe des Balkans | FHSR | 1 à 12 % |
Sur le MV Hondius, au 11 mai 2026, on dénombrait 3 morts pour environ 8 cas confirmés ou probables, soit un taux de mortalité apparent d’environ 37 % — ce qui correspond aux données épidémiologiques connues pour le virus des Andes en milieu non hospitalier ou chez des patients pris en charge tardivement.
Traitement et prise en charge
Il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement antiviral spécifique validé contre les hantavirus. La prise en charge est donc essentiellement symptomatique et de soutien :
- Hospitalisation en soins intensifs dès les premiers signes de détresse respiratoire.
- Oxygénothérapie à haut débit ou ventilation mécanique en cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë.
- Support hémodynamique (traitement de l’état de choc) si nécessaire.
- Dialyse rénale en cas d’insuffisance rénale aiguë sévère (formes FHSR).
La ribavirine, un antiviral, a été utilisée de façon ponctuelle dans certains cas de FHSR, avec des résultats mitigés. Pour le syndrome cardiopulmonaire, son efficacité n’est pas scientifiquement prouvée par des études complètes, selon l’infectiologue Imad Kansau (hôpital Antoine-Béclère, Clamart). La recherche est active : l’INSERM et l’ANRS MIE financent plusieurs projets sur les chaînes de transmission et la biologie moléculaire des hantavirus.
La prise en charge précoce en réanimation est le facteur pronostique le plus important. Les patients qui arrivent à un stade avancé de détresse respiratoire ont un pronostic nettement plus sombre que ceux pris en charge dès les premiers symptômes.
Affaire MV Hondius : la chronologie complète (avril-mai 2026)
Le MV Hondius est un navire de croisière de la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, spécialisée dans les expéditions polaires et vers des îles isolées. Il transportait environ 150 passagers et 72 membres d’équipage de 23 nationalités différentes, principalement espagnols, français, britanniques et américains.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er avril 2026 | Le MV Hondius quitte Ushuaia (Argentine) pour l’Antarctique et des îles isolées de l’Atlantique Sud. L’index case, un ressortissant néerlandais de 70 ans, était à bord. Selon l’enquête du ministère argentin de la santé, il avait effectué un road trip de 4 mois (novembre 2025 – avril 2026) au Chili, Uruguay et Argentine avant d’embarquer. |
| 11 avril 2026 | Le passager néerlandais, premier cas identifié, décède à bord. Il avait présenté des symptômes grippaux puis une défaillance respiratoire rapide. |
| 24 avril 2026 | Le corps du premier défunt et son épouse (69 ans, également malade) sont transportés à Sainte-Hélène, puis évacués par avion vers Johannesburg, Afrique du Sud. |
| 25 avril 2026 | Deux vols partent avec des passagers du navire. Des cas contacts sont identifiés parmi les voyageurs. En France, 22 cas contacts seront finalement déclarés. |
| 26 avril 2026 | L’épouse du premier défunt décède à l’hôpital de Johannesburg. |
| 2 mai 2026 | Un troisième passager (une ressortissante allemande) décède à bord du navire. |
| 3 mai 2026 | L’OMS annonce officiellement l’existence d’un foyer d’infection à hantavirus à bord du MV Hondius. Le navire arrive à Praia (Cap-Vert) mais ne peut accoster, les autorités locales ne disposant pas des moyens pour une évacuation sanitaire sécurisée. |
| 6 mai 2026 | Le virus des Andes est confirmé comme responsable de l’épidémie. Le navire fait route vers les Canaries après l’approbation de l’Espagne, malgré les objections du président des Canaries. Des ressources médicales supplémentaires sont envoyées à bord. |
| 7 mai 2026 | Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, déclare que l’épisode ne représente pas le début d’une épidémie ou d’une pandémie. Le CDC américain classe l’événement en réponse d’urgence de niveau 3. |
| 8 mai 2026 | L’OMS recense 6 cas confirmés et 2 cas suspects. Des passagers sont hospitalisés en Afrique du Sud, Pays-Bas, Allemagne, Sainte-Hélène, Espagne et Suisse. Le Royaume-Uni annonce un cas suspect supplémentaire. |
| 10 mai 2026 | Le MV Hondius arrive au port de Granadilla, Tenerife (Canaries) vers 5h30. Les passagers, équipés de protections individuelles, sont regroupés par nationalités et évacués par bus militaires vers l’aéroport de Tenerife-Sud. |
| 11 mai 2026 | 22 cas contacts déclarés en France (parmi les passagers des vols du 25 avril). Les cinq passagers français rapatriés sont pris en charge à l’hôpital Bichat (Paris). Le génome de la souche isolée d’un cas suisse est publié en open access sur virological.org sous la désignation ANDV/Switzerland/Hu-3337/2026. |
Le virus des Andes : la seule souche à transmission interhumaine
Le virus des Andes (ANDV) est une souche de hantavirus endémique en Argentine et au Chili, principalement transmise par le Oligoryzomys longicaudatus, un rongeur sauvage commun en Patagonie et dans la cordillère des Andes. C’est aussi, parmi les 38 souches connues, la seule pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée.
Cette particularité, observée pour la première fois en 1996 en Argentine du Sud, a été confirmée par plusieurs études épidémiologiques. La transmission entre humains s’effectue :
- Par contact étroit et prolongé avec une personne en phase prodromique de la maladie — typiquement des partenaires de vie ou des soignants sans équipement de protection.
- Potentiellement par voie aérienne (aérosols) dans des espaces très confinés, selon les études les plus récentes.
- La transmissibilité est maximale au début de la maladie, avant l’hospitalisation.
L’Argentine est le pays américain avec le plus grand nombre de cas enregistrés en 2025 selon l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS/PAHO) : 66 cas en 2025, contre 48 en Bolivie et 35 au Chili. Ces chiffres restent faibles à l’échelle mondiale, confirmant la rareté de la maladie.
Risque d’épidémie ou de pandémie : ce que dit l’OMS
La question s’imposait d’elle-même après la pandémie de COVID-19 : le hantavirus peut-il déclencher une nouvelle crise mondiale ? Les experts s’accordent sur plusieurs points :
- Le virus des Andes ne se transmet pas facilement : même dans les foyers familiaux où un proche était infecté, la transmission n’est pas systématique. Elle requiert une exposition étroite et prolongée.
- Pas de transmission par gouttelettes ordinaires (comme la grippe ou le COVID) : les interactions sociales normales — conversations, transports en commun, restaurants — ne présentent pas de risque.
- Le virus ne mute pas rapidement : contrairement aux coronavirus ou aux virus grippaux, les hantavirus sont relativement stables génétiquement. Le risque d’émergence soudaine d’une souche à haute transmissibilité interhumaine est jugé faible par les virologues.
- Le nombre de cas mondiaux reste très limité : quelques centaines par an en Amérique du Sud pour le virus des Andes, quelques milliers pour l’ensemble des hantavirus dans le monde.
L’OMS a envoyé 2 500 kits de dépistage depuis l’Argentine vers cinq pays pour permettre un suivi rigoureux des cas contacts. L’agence a activé ses mécanismes de coordination internationale mais n’a pas déclenché d’alerte sanitaire mondiale. La Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) suit l’épisode de près.
Comment se protéger du hantavirus ?
En l’absence de vaccin, la prévention repose intégralement sur la réduction du contact avec les rongeurs sauvages et leurs déjections.
À la maison et dans les espaces ruraux
- Sceller les entrées potentielles pour les rongeurs : fissures dans les murs, espaces autour des tuyaux, fentes sous les portes.
- Stocker les aliments dans des contenants hermétiques, y compris les aliments pour animaux.
- Dératiser régulièrement les greniers, caves, granges et remises.
- Ne jamais balayer à sec dans un espace qui a été occupé par des rongeurs. Humidifier d’abord avec de l’eau javellisée (1 volume d’eau de Javel diluée), attendre, puis nettoyer avec des gants et un masque.
- Porter gants et masque FFP2 lors du nettoyage de locaux anciennement occupés par des rongeurs.
En plein air et en randonnée
- Éviter de toucher les rongeurs morts ou vivants.
- Ne pas dormir à même le sol dans des zones connues pour la présence de rongeurs sauvages.
- Traiter l’eau avant de la consommer dans la nature.
- Porter des gants pour manipuler des objets potentiellement souillés.
Pour les professionnels exposés (forestiers, agriculteurs, spéléologues)
Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité du travail recommande le port de respirateurs homologués (type P100 ou FFP3) lors d’interventions dans des espaces à risque, ainsi qu’une surveillance épidémiologique des travailleurs exposés.
Comment savoir si on a été contaminé par une souris ?
C’est l’une des questions les plus posées après avoir nettoyé un grenier, une cave ou un chalet de montagne non occupé depuis longtemps. Voici les points clés :
- Les premiers symptômes apparaissent entre 1 et 6 semaines après l’exposition. Il n’y a pas de manifestation immédiate.
- Si vous avez nettoyé un espace rempli de déjections de rongeurs sans protection (masque, gants), vous êtes potentiellement exposé.
- Les premiers signes à surveiller : fièvre apparaissant brutalement, maux de tête intenses, courbatures sévères. En Europe, avec le virus Puumala, des douleurs lombaires et une baisse de la diurèse (moins d’urines) peuvent survenir.
- Consultez un médecin et signalez l’exposition aux rongeurs : des tests PCR spécifiques permettent de diagnostiquer une infection à hantavirus en France.
- En France, le numéro de Santé publique France (0 800 130 000) peut être contacté pour obtenir des conseils en cas d’exposition.
Important : ne pas attendre l’apparition de difficultés respiratoires pour consulter. Plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic.
FAQ — Questions fréquentes sur le hantavirus
Comment se transmet le hantavirus ?
Le hantavirus se transmet principalement par inhalation de poussières contaminées par les urine, déjections ou salive de rongeurs sauvages infectés. Il peut également être transmis par contact direct (morsure, toucher des excréments) ou ingestion d’eau ou d’aliments souillés. La transmission interhumaine est quasi inexistante, sauf pour le virus des Andes, et uniquement dans des cas de contact très étroit.
Quels sont les symptômes du hantavirus ?
Les symptômes débutent par une phase pseudo-grippale : fièvre élevée d’apparition brutale, fatigue intense, courbatures, maux de tête, parfois nausées et diarrhées. Cette phase peut évoluer rapidement — en 24 à 48 heures — vers une atteinte pulmonaire grave (essoufflement, SDRA) pour les souches américaines, ou une insuffisance rénale aiguë pour les souches européennes et asiatiques.
Quel est le taux de mortalité du hantavirus ?
Il varie selon la souche. Le syndrome cardiopulmonaire causé par le virus des Andes ou Sin Nombre (Amériques) a un taux de mortalité de 20 à 50 %. En Europe, avec le virus Puumala, le taux de mortalité est très faible : 0,1 à 0,4 %. La prise en charge précoce en réanimation améliore significativement le pronostic.
Le hantavirus est-il contagieux ?
Pour les souches européennes et la grande majorité des hantavirus : non, il n’est pas contagieux d’une personne à l’autre. Le virus des Andes, présent en Amérique du Sud, est le seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine a été documentée — rare, limitée aux contacts étroits et prolongés, et jamais observée en Europe ni en Amérique du Nord.
Pourquoi le hantavirus ne devient pas une pandémie comme le COVID-19 ?
Trois raisons principales : il se transmet essentiellement par les rongeurs, pas d’humain à humain ; le virus des Andes, seule exception, ne se transmet que dans des contacts très étroits, pas par les interactions sociales ordinaires ; et le virus est génétiquement stable, sans la capacité d’adaptation rapide des coronavirus. L’OMS a expressément indiqué que l’épisode du MV Hondius ne représente pas le début d’une épidémie.
Existe-t-il un vaccin contre le hantavirus ?
Non. Il n’existe pas de vaccin homologué contre le hantavirus à ce jour. Des recherches sont en cours, notamment coordonnées par l’ANRS MIE (agence de l’Inserm) et le réseau CORC de l’OMS. La prévention repose exclusivement sur l’élimination du contact avec les rongeurs sauvages.
Qu’est-ce que le virus des Andes, responsable des décès sur le MV Hondius ?
Le virus des Andes est une souche de hantavirus endémique en Argentine et au Chili, transmise par un rongeur sauvage (Oligoryzomys longicaudatus). C’est la seule souche parmi les 38 connues à pouvoir se transmettre entre humains, de façon rare et limitée. Il provoque le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS), potentiellement mortel dans 25 à 50 % des cas graves. En mai 2026, il a causé 3 décès parmi les passagers du MV Hondius.
Hantavirus au Québec et au Canada : faut-il s’inquiéter ?
Au Canada, le hantavirus est transmis par la souris sylvestre (Peromyscus maniculatus), porteuse du virus Sin Nombre. Des cas ont été signalés dans les Prairies, en Colombie-Britannique et au Québec, notamment dans des chalets et granges ruraux. Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada publient des recommandations de prévention. La surveillance des cas contacts du MV Hondius est coordonnée par l’Agence de santé publique, qui a déclaré 7 Canadiens en isolement après le débarquement.
Comment se protéger contre le hantavirus lors du nettoyage d’un grenier ou d’une cave ?
Portez un masque FFP2 ou FFP3 et des gants imperméables. Humidifiez les surfaces avec de l’eau javellisée diluée avant de les essuyer — ne jamais balayer à sec. Aérez abondamment le local avant d’entrer. Éliminez les rongeurs vivants ou morts avec des gants. Ces recommandations sont détaillées sur le site de la province du Manitoba et de Santé publique France.
Sources : OMS — Communiqué hantavirus MV Hondius, mai 2026 | INSERM / ANRS MIE — « 8 questions sur l’hantavirus », 3 mai 2026 | Franceinfo — Couverture de l’affaire MV Hondius, mai 2026 | CDC (Centers for Disease Control and Prevention) — Hantavirus (cdc.gov) | Santé Canada (canada.ca) — Causes d’infection au hantavirus | Centre canadien d’hygiène et de sécurité du travail (cchst.ca) | Organisation panaméricaine de la santé — Rapport hantavirus décembre 2025


































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































