Hériter d’une maison ou d’un terrain sans acte en Algérie : régularisation et titre de propriété
- Dzaïr Zoom / 1 semaine
- 16 juillet 2026

Réponse rapide : que faire avant toute vente ou tout partage ?
- Ne signez aucune vente, donation ou répartition familiale avant d’avoir identifié la situation foncière exacte.
- Obtenez la frédha et reconstituez toutes les successions si plusieurs générations sont décédées.
- Demandez une fiche immobilière ou un certificat négatif afin de vérifier si un droit est déjà publié.
- Interrogez le cadastre, la conservation foncière, les domaines et la commune sur la nature juridique et la localisation du bien.
- Rassemblez tous les titres et indices de possession : acte ancien, livret, décision, taxes, plans, factures, permis, attestations et témoignages.
- Faites mesurer le bien par un géomètre-expert foncier lorsque l’enquête foncière ou une délimitation est envisagée.
- Demandez au notaire de qualifier la voie adaptée : attestation après décès, publication d’un titre existant, enquête foncière, rectification, partage ou action judiciaire.
- Vérifiez que le bien n’appartient pas au domaine national, ne constitue pas une ancienne terre arch et n’est pas un bien wakf.
- Informez tous les héritiers et voisins concernés afin de réduire le risque d’opposition tardive.
- Ne payez un intermédiaire qu’en échange d’un devis, d’un mandat précis et de récépissés.
| Situation découverte | Voie à examiner | Erreur à éviter |
|---|---|---|
| Livret foncier ou acte publié au nom du défunt | Attestation de transmission par décès, publication aux héritiers puis partage éventuel | Lancer inutilement une enquête foncière |
| Acte ancien non publié ou situation familiale non mise à jour | Analyse de la chaîne de titres, régularisation notariale ou judiciaire | Présumer que l’ancien papier suffit à vendre |
| Bien non cadastré, sans titre, possédé durablement | Enquête foncière selon la loi n° 07-02 si le bien entre dans son champ | Présenter des factures comme un titre définitif |
| Certificat de possession | Vérifier sa validité, son titulaire, le cadastre et la voie vers le titre | Le confondre avec un livret foncier |
| Papier privé de vente | Identifier le vendeur, la date, le bien, la possession et les droits des tiers | Revendre par un second papier privé |
| Bien au nom d’un ancêtre | Reconstituer chaque succession et tous les héritiers | Faire une seule frédha au nom du dernier occupant |
| Terrain du domaine public, arch ou wakf | Consulter l’administration et un avocat sur le régime spécifique | Demander un titre par enquête foncière ordinaire |
Pour comprendre la différence entre les documents immobiliers, consultez le guide sur le livret foncier, l’acte notarié et le certificat négatif en Algérie.
« Sans acte » peut désigner six situations différentes
Avant toute démarche, il faut remplacer l’expression familiale « il n’y a pas d’acte » par un diagnostic précis.
1. L’acte existe, mais la famille ne l’a jamais retrouvé
Le défunt peut avoir détenu :
- un acte notarié ;
- un livret foncier ;
- une décision judiciaire ;
- un acte administratif ;
- une concession ;
- une attestation de transmission par décès ;
- un titre ancien conservé dans des archives.
Avant d’entamer une régularisation coûteuse, recherchez les références auprès du notaire, de la conservation foncière et des archives.
2. Le bien est publié, mais toujours au nom d’un ancêtre
La famille occupe la maison depuis plusieurs décès sans avoir publié les transmissions successives. Le problème n’est pas l’absence de titre initial, mais l’absence de mise à jour de la chaîne successorale.
3. Un acte ancien existe sans refléter la situation actuelle
La superficie, les limites, les occupants ou les divisions réelles peuvent différer du document. Un titre antérieur au 1er mars 1961 peut, dans certaines conditions prévues par la loi n° 07-02, entrer dans le champ de l’enquête foncière s’il ne correspond plus à la situation foncière actuelle.
4. Le défunt ne disposait que d’un certificat de possession
Ce document administratif concerne la possession d’un terrain non cadastré. Il ne doit pas être présenté comme un livret foncier ni comme une preuve universelle permettant toute vente.
5. La famille détient uniquement des preuves d’occupation
Factures, taxes, permis, témoignages et travaux montrent que la famille a utilisé le bien. Ils peuvent soutenir une enquête, mais leur valeur dépend de leur date, de leur continuité, de leur cohérence et des droits des tiers.
6. Le bien est juridiquement indisponible à la propriété privée
Une construction peut se trouver sur un terrain du domaine national, une ancienne terre arch, un bien wakf ou une emprise publique. L’occupation prolongée ne permet pas automatiquement d’en obtenir le titre.
La frédha ne prouve pas la propriété du défunt
La frédha identifie les héritiers et leurs parts successorales. Elle ne transforme pas automatiquement en propriété un bien que le défunt occupait sans titre.
Deux démonstrations distinctes
Les héritiers doivent prouver :
- que le défunt détenait un droit transmissible sur le bien ;
- qu’ils sont les personnes appelées à recueillir ce droit.
La frédha répond principalement à la seconde question. Le titre, la décision, l’enquête foncière ou les éléments de possession répondent à la première.
Exemple
Une frédha mentionne une veuve et quatre enfants. Elle n’indique pas que la maison familiale appartenait au défunt à 100 %. Le terrain peut :
- appartenir à son père encore inscrit au fichier immobilier ;
- avoir été acheté avec son frère ;
- relever du domaine de l’État ;
- être occupé en vertu d’un contrat de location ;
- avoir été construit par le conjoint sur une parcelle familiale ;
- faire l’objet d’un litige de limites.
Conséquence sur les parts
Les fractions de la frédha s’appliquent uniquement au droit appartenant réellement au défunt. S’il détenait la moitié indivise du terrain, les héritiers se partagent cette moitié, pas l’intégralité du bien.
Le diagnostic foncier à réaliser en premier
Le diagnostic doit être fait avant de choisir une procédure.
| Question | Service ou document à interroger | Résultat recherché |
|---|---|---|
| Un droit est-il déjà publié ? | Conservation foncière, fiche immobilière | Nom du titulaire, charges, superficie et références |
| Le secteur est-il cadastré ? | Cadastre et conservation foncière | Section, groupe de propriété et plan cadastral |
| Le terrain relève-t-il du domaine national ? | Domaines et commune | Nature juridique et éventuelle affectation publique |
| Existe-t-il un ancien acte ? | Notaires, archives, famille | Chaîne de propriété et date du titre |
| Qui possède matériellement le bien ? | Visite, voisins, factures et constats | Durée, continuité, limites et absence de violence |
| Quelles sont les limites réelles ? | Géomètre-expert foncier | Plan topographique et riverains |
| Existe-t-il une opposition ? | Voisins, héritiers, conservation, tribunal | Conflit de propriété, de limite ou de succession |
| La construction est-elle régulière ? | Commune et urbanisme | Permis, conformité et éventuelles infractions |
Demander des réponses écrites
Une phrase entendue au guichet — « ce terrain n’est pas cadastré » ou « il n’y a rien au fichier » — ne suffit pas. Demandez les documents ou attestations correspondant aux recherches effectuées.
Ne pas confondre absence de publication et absence de propriétaire
Un certificat négatif indique l’absence du droit recherché dans la base ou le fichier consulté selon son objet. Il ne prouve pas que le terrain est sans propriétaire et disponible à l’appropriation.
Cas 1 : un titre existe déjà au nom du défunt
Lorsque le défunt dispose d’un acte publié ou d’un livret foncier, il n’est généralement pas nécessaire de recourir à l’enquête foncière.
Étapes principales
- obtenir une copie authentique du titre ;
- vérifier la fiche immobilière et les charges ;
- établir la frédha ;
- rechercher un testament ;
- faire dresser l’attestation de transmission par décès ;
- accomplir l’enregistrement et la publicité foncière ;
- maintenir l’indivision ou organiser le partage.
Effet du décès et publicité
La législation foncière reconnaît que les transmissions par décès prennent effet au jour du décès. Cela ne rend pas inutiles les formalités : les nouveaux titulaires doivent faire mettre à jour la situation pour disposer d’un titre exploitable face aux tiers.
Vérifier les hypothèques et saisies
Un livret foncier ne signifie pas que le bien est libre de toute charge. Demandez une fiche récente avant le partage ou la vente.
Cas 2 : un acte ancien existe mais n’est plus à jour
Un acte ancien peut constituer un point de départ sans suffire à lui seul.
Situations fréquentes
- le propriétaire inscrit est décédé depuis plusieurs générations ;
- la superficie actuelle dépasse celle de l’acte ;
- le terrain a été divisé sans acte ;
- la maison a été construite sur une partie indéterminée ;
- les noms des lieux ont changé ;
- le titre mentionne des limites naturelles disparues ;
- un acte antérieur au 1er mars 1961 ne reflète plus la situation.
Reconstituer la chaîne
Rassemblez :
- tous les actes anciens ;
- les actes de décès ;
- les frédhas successives ;
- les partages ou donations ;
- les plans ;
- les décisions administratives ;
- les publications éventuelles.
Lorsque plusieurs générations sont concernées, le guide sur la succession franco-algérienne aide à déterminer la loi applicable à chaque décès et les documents étrangers nécessaires.
Cas 3 : bien non cadastré et dépourvu de titre
C’est le cœur du dispositif de la loi n° 07-02 du 27 février 2007.
La procédure concerne les immeubles :
- non soumis aux opérations de cadastre général ;
- dont les propriétaires ne détiennent pas de titre ;
- ou couverts par un titre établi avant le 1er mars 1961 qui ne reflète plus la situation actuelle.
Ce que cette règle ne permet pas
Elle ne permet pas de régulariser automatiquement :
- n’importe quelle construction sans permis ;
- un terrain cadastré appartenant à une autre personne ;
- un bien du domaine national ;
- une ancienne terre arch ;
- un bien wakf ;
- une occupation récente obtenue par violence ou clandestinité ;
- une parcelle dont les limites sont volontairement gonflées.
Possession juridiquement utile
L’enquête recherche si la possession et les autres éléments permettent la reconnaissance du droit de propriété par prescription acquisitive selon le Code civil. Elle ne se limite donc pas au nombre d’années invoqué oralement : l’administration examine les faits, les témoignages, les documents, les limites et les droits des tiers.
À quoi sert l’enquête foncière de la loi n° 07-02 ?
L’enquête foncière a quatre fonctions principales :
- constater le droit de propriété et les autres droits réels ;
- identifier les charges et servitudes ;
- déterminer la superficie et procéder au bornage ;
- représenter le bien sur un plan établi par un géomètre-expert foncier.
Une enquête individuelle peut être ouverte à tout moment
La loi prévoit une enquête individuelle à l’initiative d’une personne concernée. Des enquêtes collectives peuvent également être ouvertes dans le cadre de programmes d’aménagement ou de construction.
Autorité compétente
La demande individuelle est adressée au directeur de la conservation foncière de la wilaya territorialement compétente, contre récépissé.
Résultat possible
Si l’enquête établit une possession permettant l’acquisition de la propriété et qu’aucune contestation ne bloque la procédure, une décision d’immatriculation peut être publiée et un titre de propriété délivré.
Les biens exclus de l’enquête foncière
La loi exclut expressément :
- les immeubles du domaine national, y compris les anciennes terres arch ;
- les biens wakfs.
Domaine national
Un terrain utilisé par la famille peut appartenir à l’État, à la wilaya ou à la commune. Des constructions, taxes ou raccordements ne suffisent pas à le transformer en propriété privée.
Anciennes terres arch
Leur régime historique et juridique nécessite une analyse spécifique. Elles ne peuvent pas être régularisées par la simple procédure de la loi n° 07-02.
Bien wakf
Un bien affecté durablement à une finalité religieuse, charitable ou familiale selon le régime des wakfs ne devient pas une propriété privée par occupation prolongée.
Comment vérifier ?
Demandez des réponses à :
- la direction des domaines ;
- la conservation foncière ;
- le cadastre ;
- la commune ;
- l’administration des affaires religieuses lorsqu’un wakf est suspecté ;
- un avocat en cas de contradiction.
Qui peut demander l’ouverture de l’enquête après un décès ?
La loi autorise la personne physique ou morale qui exerce une possession, directement ou par l’intermédiaire d’une autre personne, ou qui détient un titre ancien entrant dans le champ légal, à demander l’enquête.
Après le décès du possesseur, la difficulté consiste à articuler :
- le droit ou la possession exercée par le défunt ;
- la continuité de cette possession ;
- la qualité des héritiers ;
- l’indivision successorale ;
- les pouvoirs du représentant qui dépose le dossier.
Agir au nom de tous les ayants droit
La solution prudente consiste à présenter la frédha et à identifier tous les héritiers. Un seul enfant ne doit pas demander un titre à son seul nom en dissimulant ses frères, sœurs ou le conjoint survivant.
Indivision
Le décret d’application prévoit expressément que le demandeur peut agir comme possesseur ou propriétaire individuel ou en indivision. Lorsqu’un titre est délivré en indivision, il peut être remis à l’un des co-indivisaires sur déclaration écrite des autres devant l’autorité compétente ou sur procuration notariée.
Plusieurs décès successifs
Si le possesseur initial est décédé, puis l’un de ses héritiers également, il faut produire les deux chaînes successorales. Le titre ne doit pas être établi sur une photographie familiale incomplète.
Documents et preuves à réunir
Le décret n° 08-147 exige notamment une requête indiquant l’identité du demandeur, sa qualité, les charges et servitudes connues, accompagnée d’un plan topographique et de tous les documents invoqués à l’appui du droit.
| Bloc | Documents utiles | Ce qu’ils démontrent |
|---|---|---|
| Succession | Actes de décès, frédhas, testament, actes de naissance et mariage | Identité de tous les ayants droit |
| Titre ancien | Acte notarié, jugement, concession, acte administratif, livret ancien | Origine juridique revendiquée |
| Possession | Taxes, factures, baux, récoltes, travaux, assurances, constats | Continuité et comportement de possesseur |
| Limites | Plan topographique, bornes, noms des voisins, photos aériennes | Localisation, superficie et riverains |
| Urbanisme | Permis, conformité, plans, décisions de régularisation | Situation de la construction, non la propriété à elle seule |
| Administration | Certificat cadastral, fiche immobilière, certificat négatif, réponses des domaines | Cadastre, publication et nature du terrain |
| Conflits | Mises en demeure, jugements, oppositions, PV de conciliation | Existence et portée des contestations |
| Étranger | Apostilles, traductions, procurations et actes consulaires | Utilisabilité des pièces étrangères |
Classer chronologiquement
Créez un tableau indiquant pour chaque preuve :
- la date ;
- le nom figurant sur le document ;
- l’adresse ou la parcelle ;
- la nature de la dépense ou du droit ;
- le lien avec le défunt ;
- l’original disponible.
Quelle valeur ont les factures, taxes et témoignages ?
Aucun de ces éléments ne doit être présenté isolément comme un titre absolu.
Factures d’électricité, d’eau ou de téléphone
Elles démontrent généralement qu’un abonnement ou un usage existait à une adresse. Elles ne prouvent pas à elles seules que l’abonné possédait le terrain.
Taxes foncières
Le paiement régulier peut soutenir la possession et la bonne foi du dossier, mais l’administration fiscale ne tranche pas nécessairement la propriété civile.
Permis de construire
Il autorise une opération d’urbanisme dans les conditions du dossier. Il ne remplace pas la chaîne de propriété.
Témoignages des voisins
Ils peuvent confirmer :
- la durée de l’occupation ;
- les limites anciennes ;
- les cultures ou travaux ;
- l’absence de contestation ;
- la transmission familiale de la possession.
Leur crédibilité diminue s’ils sont vagues, contradictoires ou émanent uniquement de personnes intéressées.
Photos et images aériennes
Elles peuvent dater une construction ou l’exploitation d’un terrain, mais doivent être rattachées avec certitude à la parcelle.
Plan topographique et géomètre-expert foncier
La demande d’enquête individuelle doit être accompagnée d’un plan topographique et d’un état descriptif établis par un géomètre-expert foncier, aux frais du demandeur.
Contenu attendu
L’état descriptif mentionne notamment :
- la nature de l’immeuble ;
- sa superficie ;
- son évaluation ;
- les noms des occupants limitrophes ;
- sa position par rapport à la section cadastrale.
Ne pas demander au géomètre de trancher la propriété
Le géomètre mesure et représente le bien. Il ne décide pas à lui seul qui en est propriétaire et ne peut effacer une opposition successorale ou un titre concurrent.
Vérifier avant le relevé
Remettez-lui :
- tous les plans anciens ;
- les références cadastrales voisines ;
- les documents d’urbanisme ;
- les limites revendiquées ;
- les coordonnées des voisins ;
- les zones litigieuses.
Procédure d’enquête foncière, étape par étape
- Préparer la requête avec l’identité, la qualité du demandeur et les charges connues.
- Faire établir le plan topographique et l’état descriptif.
- Joindre toutes les preuves de possession et les documents successoraux.
- Déposer la demande auprès de la direction de la conservation foncière de wilaya contre récépissé.
- Ouverture de l’enquête et désignation de l’enquêteur.
- Vérifications administratives auprès de la conservation, du cadastre, des domaines, des services fiscaux et des autres administrations utiles.
- Transport sur les lieux, examen de la possession et recueil des déclarations.
- Établissement d’un procès-verbal provisoire.
- Publicité et période d’opposition.
- Conciliation si une contestation est formulée.
- Procès-verbal définitif si le dossier peut aboutir.
- Bornage selon les conclusions retenues.
- Décision d’immatriculation ou refus motivé.
- Publication foncière de la décision.
- Délivrance du titre de propriété.
Délais internes prévus par le décret
Le décret prévoit notamment :
- l’ouverture de l’enquête au plus tard un mois après la demande ;
- une date de transport sur les lieux fixée dans un délai rapproché ;
- un procès-verbal provisoire après le transport ;
- une publicité et une période d’opposition ;
- des délais particuliers en cas de contestation.
Ces délais procéduraux ne garantissent pas que chaque dossier recevra son titre dans un nombre fixe de mois. Les oppositions, erreurs de plan, recherches administratives et actions judiciaires peuvent prolonger fortement la procédure.
Publicité, opposition des voisins et conciliation
L’enquête foncière protège les droits des tiers. Elle ne se déroule pas uniquement entre le demandeur et l’administration.
Procès-verbal provisoire et affichage
Le décret prévoit un procès-verbal provisoire, une publicité pendant trente jours et une période permettant aux personnes concernées de formuler une opposition.
Qui peut s’opposer ?
- un voisin contestant la limite ;
- un autre possesseur ;
- un titulaire d’un ancien titre ;
- un cohéritier omis ;
- un bénéficiaire d’une servitude ;
- une administration ;
- tout prétendant à un droit réel.
Conciliation
L’enquêteur organise une tentative de conciliation. Un accord doit être consigné dans un procès-verbal clair et être compatible avec les droits des héritiers et des tiers.
Échec de la conciliation
Lorsque la conciliation échoue, la partie opposante dispose d’un délai légal de deux mois pour saisir la juridiction compétente. La procédure d’enquête est suspendue, et la requête judiciaire doit faire l’objet de la publicité foncière prévue.
Immatriculation et délivrance du titre
Lorsque l’enquête reconnaît le droit, la décision d’immatriculation est publiée au fichier immobilier provisoire.
Point de départ du droit publié
Le décret indique que cette publicité forme le point de départ du droit de propriété consacré par la décision d’immatriculation.
Titre de propriété
Après la publication, le conservateur foncier établit le titre conforme au modèle réglementaire.
Cas de l’indivision
Lorsque plusieurs héritiers sont titulaires, le titre concerne l’indivision. Le fait qu’un seul héritier conserve matériellement le document ne le rend pas seul propriétaire.
Étape suivante
Après l’obtention du titre, les héritiers peuvent :
- rester en indivision ;
- organiser un partage amiable ;
- demander un partage judiciaire ;
- vendre ensemble ;
- attribuer le bien à l’un avec soulte ;
- mettre à jour les contrats et assurances.
Le guide sur le partage d’un héritage immobilier en Algérie explique ces options.
Que faire en cas de refus d’immatriculation ?
Le refus doit être motivé et notifié au demandeur.
Causes possibles
- bien hors du champ de la loi ;
- parcelle déjà cadastrée ou publiée au nom d’un tiers ;
- preuves insuffisantes ;
- possession non démontrée ;
- contradictions de superficie ;
- opposition non résolue ;
- domaine national, arch ou wakf ;
- identité ou qualité des requérants incertaine ;
- documents irréguliers.
Recours
La loi prévoit un recours devant la juridiction administrative contre la décision de refus d’immatriculation.
Le délai de six mois souvent mal compris
La loi prévoit la notification de la décision de refus dans un délai maximal calculé à partir de la demande. Cela ne signifie pas qu’un titre positif doit obligatoirement être délivré à tous les demandeurs dans les six mois.
Avant le recours
Demandez à l’avocat :
- si le refus est définitif ou si le dossier peut être complété ;
- quelle date déclenche le délai de recours ;
- quelles pièces manquent ;
- si le litige relève de la juridiction administrative ou d’une contestation civile entre particuliers ;
- si une publication foncière est nécessaire.
Fausses déclarations et documents falsifiés
La loi prévoit qu’une immatriculation obtenue sur la base de fausses déclarations ou de documents falsifiés peut faire l’objet d’une action en annulation et d’une plainte.
Fraudes fréquentes à éviter
- omettre volontairement un cohéritier ;
- faire signer un faux accord de voisinage ;
- modifier une ancienne superficie ;
- produire une facture au nom d’une autre personne comme preuve de propriété ;
- déclarer une occupation continue alors que le terrain était abandonné ou loué ;
- présenter un bien du domaine public comme familial ;
- utiliser une procuration révoquée ou trop générale.
Responsabilité des héritiers
Un héritier ne doit pas signer une déclaration préparée par un intermédiaire sans vérifier chaque fait. Le titre obtenu frauduleusement n’offre pas la sécurité recherchée et peut fragiliser une vente ultérieure.
Les signaux d’alerte sont détaillés dans le guide sur les arnaques immobilières en Algérie.
L’ancien acte de notoriété acquisitive est-il encore valable ?
Le décret n° 08-147 a abrogé le décret n° 83-352 du 21 mai 1983 qui instituait une procédure de constatation de la prescription acquisitive et d’établissement d’un acte de notoriété prouvant la reconnaissance de propriété.
Conséquence
Ne demandez pas aujourd’hui à un notaire d’ouvrir une nouvelle procédure sous l’ancien décret de 1983.
Actes anciens déjà établis
Un acte délivré avant l’abrogation doit être examiné comme un document existant : sa date, sa publication, son contenu et son opposabilité doivent être vérifiés. L’abrogation de la procédure ne signifie pas nécessairement que tous les actes régulièrement établis auparavant deviennent inexistants.
Vocabulaire trompeur
Certains intermédiaires continuent d’utiliser l’expression « acte de notoriété » pour désigner des documents différents. Demandez toujours :
- le texte juridique invoqué ;
- la date de l’acte ;
- le nom de l’autorité ;
- la preuve de publication ;
- la nature exacte du droit reconnu.
Certificat de possession : utilité et limites
Le ministère de l’Intérieur présente le certificat de possession comme une démarche fondée sur l’article 39 de la loi n° 90-25 et le décret exécutif n° 91-254, pour la possession d’un terrain non cadastré.
Dossier administratif indiqué
Il comprend notamment :
- un plan de masse ;
- un rapport d’expert foncier ;
- un certificat cadastral ;
- un certificat d’existence.
Le dépôt est effectué auprès de la commune, au service compétent, avec une possibilité de démarche numérique selon les services disponibles.
Ce que le certificat ne doit pas devenir
Il ne faut pas le présenter comme :
- un livret foncier ;
- une vente notariée ;
- la preuve que le possesseur détient toutes les limites revendiquées ;
- un document permettant de supprimer les droits des autres héritiers ;
- une garantie d’obtention future du titre.
Après le décès du titulaire
Demandez à la commune, à la conservation foncière et au notaire :
- si le certificat est toujours en vigueur ;
- comment la qualité des héritiers est enregistrée ;
- si le secteur a depuis été cadastré ;
- si une enquête foncière ou une autre procédure est nécessaire ;
- quels droits le document permet réellement d’exercer.
Certificat négatif et certificat de possession : ne pas confondre
| Document | Objet | Ce qu’il ne prouve pas |
|---|---|---|
| Certificat négatif | Résultat d’une recherche indiquant l’absence d’une publication ou inscription selon la demande | Que le terrain est sans propriétaire et peut être approprié |
| Certificat de possession | Constat administratif d’une possession dans les conditions du régime applicable aux terrains non cadastrés | Une propriété publiée équivalente au livret foncier |
| Livret foncier | Titre issu du système cadastral et de publicité foncière | L’absence de charges sans fiche récente |
| Frédha | Identification des héritiers et de leurs parts | Que le défunt possédait le bien revendiqué |
Papier sous seing privé ou vente familiale
De nombreux biens ont été « vendus » par une reconnaissance manuscrite, un reçu, une attestation communale ou un engagement entre familles.
Questions à poser
- Qui a signé comme vendeur ?
- Était-il réellement propriétaire ?
- Le prix a-t-il été payé ?
- Le bien est-il identifiable ?
- La possession a-t-elle été remise ?
- Existe-t-il des témoins ?
- Le document a-t-il une date certaine ?
- Un acte authentique ultérieur était-il prévu ?
- Le vendeur ou l’acheteur est-il décédé ?
Valeur possible
Le papier peut constituer un élément de preuve de la transaction ou de la possession. Il ne faut toutefois pas l’assimiler automatiquement à un transfert de droit réel immobilier opposable à tous.
Ne pas multiplier les papiers privés
Revendre le bien par un nouveau document manuscrit ajoute un acheteur au conflit sans résoudre le défaut initial. La bonne stratégie consiste à régulariser la chaîne avant la vente.
Bien encore au nom d’un grand-parent ou arrière-grand-parent
Une maison peut être titrée, mais apparaître « sans acte » aux yeux des petits-enfants parce qu’aucune transmission n’a été publiée depuis cinquante ans.
Reconstituer chaque succession
Pour chaque décès, réunissez :
- acte de décès ;
- frédha ;
- testament ;
- mariage et divorce ;
- donations ;
- actes de partage ;
- héritiers décédés ensuite.
Effet multiplicateur
Un propriétaire initial peut laisser quatre enfants. Cinquante ans plus tard, les droits peuvent appartenir à plusieurs dizaines de descendants. Aucun groupe familial ne doit publier le bien à son seul nom en omettant les autres branches.
Décès en France ou au Canada
Les héritiers d’une personne décédée à l’étranger peuvent nécessiter des actes étrangers, une traduction et une analyse de la loi applicable. Faites coordonner les professionnels plutôt que de fabriquer une frédha simplifiée.
Maison construite sur un terrain non régularisé
La construction et le terrain doivent être analysés ensemble, mais leurs régimes ne sont pas identiques.
Questions essentielles
- À qui appartient juridiquement le sol ?
- Qui a financé la construction ?
- Existe-t-il un permis ?
- La construction figure-t-elle sur les plans ?
- Le terrain est-il divisible ?
- Une partie empiète-t-elle sur le voisin ou le domaine public ?
- La maison est-elle assurée ?
Travaux réalisés par un enfant
Le fait qu’un enfant ait financé un étage ne lui donne pas automatiquement la propriété de cet étage. Il peut disposer d’une créance ou d’un accord à prouver, mais un lot immobilier autonome exige une organisation et une publication adaptées.
Construction irrégulière
La régularisation foncière ne règle pas automatiquement les infractions d’urbanisme. Inversement, une régularisation de construction ne prouve pas nécessairement la propriété du terrain.
Permis de construire et certificat de conformité ne sont pas des titres
Les actes d’urbanisme contrôlent le projet ou la construction. Ils ne remplacent pas la preuve du droit réel.
Permis de construire
Le ministère de l’Intérieur indique que la demande peut être déposée notamment par le propriétaire, le mandataire ou, selon les cas, une personne autorisée, avec un acte de propriété, un certificat de possession ou un acte administratif.
Cette possibilité montre précisément que le permis et le document foncier sont distincts.
Certificat de conformité
Il atteste la conformité d’une construction aux autorisations applicables. Il ne transforme pas un terrain appartenant à un tiers en propriété du constructeur.
Facture Sonelgaz
Le raccordement prouve un service et une occupation, pas la chaîne de titre.
Peut-on partager le bien avant sa régularisation ?
Un accord familial peut organiser provisoirement l’usage, mais un partage définitif portant sur un droit immobilier mal identifié est fragile.
Risques
- superficie réelle différente ;
- limites contestées ;
- terrain non divisible ;
- partie appartenant à un tiers ;
- héritier omis ;
- charges ou servitudes inconnues ;
- lot non conforme à l’urbanisme ;
- valeurs très déséquilibrées.
Ordre recommandé
Identifier le droit → régulariser ou publier le titre → mettre à jour les héritiers → évaluer → partager.
Convention d’occupation provisoire
En attendant, les héritiers peuvent formaliser :
- qui occupe ;
- qui paie les charges ;
- comment les loyers sont encaissés ;
- quels travaux sont autorisés ;
- la durée ;
- l’absence de renonciation aux droits.
Peut-on vendre un bien hérité sans titre ?
Une vente immobilière sûre exige un droit identifiable, un acte authentique et les formalités de publicité.
Pourquoi le notaire peut refuser
Le notaire doit vérifier :
- l’identité du propriétaire ;
- l’origine de propriété ;
- la désignation du bien ;
- les charges ;
- les pouvoirs des vendeurs ;
- la situation successorale ;
- les formalités fiscales et foncières.
Sans titre fiable, il ne peut pas garantir à l’acheteur que les vendeurs transmettent le droit annoncé.
Promesse avant régularisation
Une promesse conditionnelle peut parfois être envisagée par un professionnel, mais elle doit définir :
- la condition d’obtention du titre ;
- le délai ;
- le sort de l’acompte ;
- les oppositions ;
- l’échec de la régularisation ;
- les héritiers devant signer.
Les étapes d’une vente régulière sont détaillées dans le guide vendre un bien immobilier en Algérie.
Donation ou testament portant sur un bien non titré
Donation
Le donateur ne peut transmettre plus de droits qu’il n’en possède. Une donation authentique exige donc une origine de propriété suffisamment établie.
Le guide sur la donation franco-algérienne explique pourquoi la forme et la publication sont essentielles.
Testament
Le testament peut viser un bien que le testateur possède ou est appelé à posséder avant son décès, mais le légataire devra encore démontrer que ce bien faisait réellement partie du patrimoine et respecter les limites successorales.
Consultez le guide sur le testament en Algérie depuis la France ou le Canada.
Bien inexistant juridiquement dans la désignation
Léguer « l’étage du haut » ne crée pas automatiquement un lot indépendant. Le titre, la copropriété ou le partage doivent individualiser le droit.
Crédit bancaire, hypothèque et assurance
Une banque exige généralement une garantie juridiquement exploitable.
Sans titre publié
Il devient difficile de :
- constituer une hypothèque ;
- obtenir un crédit immobilier classique ;
- vendre le bien financé ;
- assurer la valeur juridique complète de la garantie.
Crédit ancien du défunt
Recherchez :
- le contrat de prêt ;
- l’hypothèque ;
- le capital restant dû ;
- l’assurance emprunteur ;
- les échéances ;
- les documents ayant servi à garantir le financement.
Assurance habitation
Même pendant la régularisation, la construction reste exposée à l’incendie, au dégât des eaux, au séisme et à la responsabilité civile. Vérifiez avec l’assureur quelles preuves d’intérêt et de possession sont acceptées.
Le guide sur l’assurance habitation en Algérie pour la diaspora présente les clauses de vacance et de catastrophes naturelles.
Occupation par un héritier et loyers pendant la régularisation
Le défaut de titre final ne permet pas à un héritier d’accaparer les revenus.
Occupation gratuite
Les cohéritiers doivent documenter :
- l’accord d’occupation ;
- sa durée ;
- les charges ;
- les travaux ;
- une éventuelle indemnité ;
- l’accès des autres au bien.
Loyers
Les loyers doivent être encaissés sur un circuit traçable et intégrés aux comptes de l’indivision. Conservez :
- contrat de location ;
- reçus ;
- virements ;
- dépenses ;
- taxes ;
- assurance.
Travaux réalisés sans accord
Un héritier ne doit pas engager des transformations lourdes en espérant obtenir ensuite une part plus grande. Toute créance éventuelle doit être prouvée et ne remplace pas le calcul successoral.
Conflit entre héritiers ou avec un voisin
L’enquête foncière peut révéler un conflit ancien que la famille ignorait.
Conflit de limites
Demandez au géomètre de représenter :
- la limite revendiquée par chaque partie ;
- les bornes ;
- les murs ;
- les chemins ;
- les constructions ;
- les superficies en litige.
Conflit de propriété
Un voisin peut produire un titre, une décision ou une possession concurrente. L’administration tente une conciliation, mais le juge tranche si aucun accord n’intervient.
Conflit entre héritiers
Un héritier peut contester :
- la qualité du demandeur ;
- la superficie ;
- la dissimulation de sa branche familiale ;
- un accord de partage ;
- la possession exclusive invoquée par un frère ;
- une procuration.
Pour sortir d’une indivision après régularisation, utilisez les méthodes du guide sur le partage successoral, sans confondre conflit de propriété initiale et partage entre propriétaires reconnus.
Héritier omis pendant la régularisation
Faire délivrer le titre au nom de quelques héritiers seulement peut déplacer le litige sans le résoudre.
Réaction immédiate
L’héritier omis doit :
- obtenir la frédha utilisée ;
- prouver sa qualité ;
- notifier la conservation foncière et le notaire ;
- formuler une opposition dans les délais ;
- demander une mesure conservatoire si une vente est imminente ;
- publier l’action lorsque le litige porte sur un droit immobilier.
Le guide sur l’héritier omis de la frédha détaille la rectification, les recours et la récupération de la part.
Mineur omis
Un parent ne peut renoncer ou laisser attribuer les droits du mineur aux autres sans les contrôles judiciaires requis.
Démarches depuis la France ou le Canada
La majorité du dossier peut être préparée à distance, mais la qualité du représentant est déterminante.
Équipe utile
- notaire algérien ;
- avocat en cas de conflit ;
- géomètre-expert foncier ;
- mandataire local ;
- traducteur officiel ;
- notaire français ou québécois pour certains actes.
Documents à obtenir à l’étranger
- actes de naissance et mariage ;
- actes de décès ;
- jugements de divorce ;
- procurations ;
- certificats successoraux ou actes notariés ;
- preuves d’identité et de résidence.
Suivi à distance
Demandez systématiquement :
- récépissé de dépôt ;
- copie de la requête ;
- plan signé ;
- convocations ;
- procès-verbaux ;
- preuves d’affichage ;
- décision ;
- preuve de publication ;
- copie du titre final.
Le rôle de chaque professionnel est expliqué dans le guide sur le notaire algérien pour une succession depuis la France.
Quelle procuration établir ?
Une procuration générale autorisant à « gérer tous mes biens » est trop large pour une régularisation sensible.
Pouvoirs à prévoir selon le dossier
- obtenir les documents administratifs ;
- déposer la requête d’enquête ;
- recevoir les convocations ;
- accompagner le géomètre ;
- assister aux opérations sur les lieux ;
- formuler des observations ;
- participer à une conciliation ;
- retirer le titre ;
- mandater un avocat.
Pouvoirs à exclure sauf accord conscient
- modifier les limites ;
- reconnaître la propriété d’un tiers ;
- abandonner une opposition ;
- donner ou vendre ;
- encaisser le prix ;
- partager définitivement ;
- renoncer aux recours.
La procuration consulaire peut servir à certaines formalités. Une opération de vente exige généralement une procuration immobilière spéciale.
Apostille, traduction et concordance des identités
Depuis le 9 juillet 2026, l’Algérie applique le système de l’apostille pour les documents publics entrant dans le champ de la Convention de La Haye et provenant des États concernés.
Apostille
Elle authentifie principalement :
- la signature ;
- la qualité du signataire ;
- le sceau ou timbre.
Elle ne prouve pas que le contenu foncier est exact ni que la personne est propriétaire.
Documents français
Des dispenses conventionnelles peuvent s’appliquer à certaines catégories d’actes franco-algériens. Faites vérifier la formalité exacte avant de commander une apostille inutile.
Traduction
Les documents destinés à une procédure ou à une administration peuvent nécessiter une traduction officielle en arabe.
Concordance des noms
Traitez en amont :
- accents et translittérations ;
- nom marital ;
- prénom composé ;
- date de naissance divergente ;
- ordre nom-prénom ;
- erreurs dans le nom du père ou de la mère.
Le guide sur l’acte de naissance algérien depuis la France aide à obtenir les pièces de base.
Coûts et délais : ce qu’il est possible d’annoncer
Il n’existe pas un prix ou un délai identique pour toutes les régularisations.
Coûts possibles
- géomètre-expert foncier ;
- copies et certificats ;
- notaire ;
- enregistrement et publicité ;
- traduction et apostille ;
- procuration ;
- avocat et huissier ;
- expertise ;
- déplacement ;
- taxes et frais administratifs.
Facteurs de délai
- cadastre disponible ou non ;
- nombre d’héritiers ;
- décès successifs ;
- documents étrangers ;
- limites physiques ;
- opposition d’un voisin ;
- appartenance possible au domaine national ;
- recours judiciaire ;
- erreur d’état civil ;
- charge ou hypothèque.
Demander un budget par phase
Exigez une estimation séparant :
- diagnostic et recherches ;
- plan topographique ;
- dossier administratif ;
- acte notarié ;
- contentieux éventuel ;
- partage ou vente après titre.
Les frais d’une acquisition ou mutation régulière sont détaillés dans le guide sur les frais de notaire pour un bien immobilier en Algérie, mais une régularisation litigieuse peut engendrer des coûts supplémentaires.
Six cas pratiques
Cas 1 — Maison familiale sans aucun titre connu
Le père a construit en 1985 sur un terrain non cadastré. Les héritiers possèdent des factures, un permis et des taxes.
Méthode : vérifier la nature juridique du terrain, rechercher toute publication, faire établir un plan, produire la frédha et examiner l’éligibilité à l’enquête foncière. Les factures et le permis soutiennent le dossier sans constituer seuls le titre.
Cas 2 — Terrain encore au nom du grand-père
Le grand-père disposait d’un acte publié. Ses trois enfants sont décédés, et les petits-enfants disent que le bien est « sans papier ».
Méthode : obtenir le titre existant, établir les trois chaînes successorales, publier les transmissions et seulement ensuite partager ou vendre. L’enquête foncière n’est probablement pas la première voie.
Cas 3 — Certificat de possession au nom de la mère
La mère décède en laissant cinq enfants. Le secteur a depuis été cadastré.
Méthode : demander à la commune et à la conservation le statut actuel du certificat, vérifier le cadastre, présenter la frédha et déterminer la procédure de mise à jour ou d’immatriculation.
Cas 4 — Vente manuscrite de 1978
Le père avait acheté le terrain par reçu privé, payé le prix et occupé sans contestation.
Méthode : retrouver le vendeur et ses héritiers, vérifier les titres et le cadastre, documenter la possession, puis choisir entre régularisation amiable, enquête foncière ou action judiciaire.
Cas 5 — Frère demandant le titre à son seul nom
Il habite la maison depuis vingt ans et affirme que les autres ont abandonné le bien.
Méthode : produire la frédha, notifier l’indivision, s’opposer dans les délais et rappeler que l’occupation d’un cohéritier ne supprime pas automatiquement les droits des autres.
Cas 6 — Terrain familial partiellement sur le domaine public
Le plan révèle qu’une partie de la maison empiète sur une emprise publique.
Méthode : ne pas demander un titre sur l’ensemble comme si la limite était certaine. Faire distinguer la partie potentiellement privée, consulter les domaines et l’urbanisme, puis traiter séparément l’empiètement.
Procédure complète recommandée
- Obtenir l’acte de décès et la frédha.
- Reconstituer les décès antérieurs et postérieurs.
- Rechercher un testament et des donations.
- Inventorier tous les documents fonciers familiaux.
- Demander une fiche immobilière ou un certificat négatif adapté.
- Vérifier le cadastre et la section cadastrale.
- Interroger les domaines sur la nature du terrain.
- Vérifier l’absence de régime arch ou wakf.
- Inspecter les actes d’urbanisme.
- Reconstituer la possession année par année.
- Identifier tous les voisins et opposants potentiels.
- Choisir un notaire indépendant.
- Mandater un géomètre-expert foncier.
- Faire comparer le plan avec les documents anciens.
- Déterminer la voie : publication successorale, rectification, enquête ou procès.
- Obtenir l’accord ou la procuration de tous les héritiers nécessaires.
- Déposer le dossier contre récépissé.
- Suivre les vérifications et le transport sur les lieux.
- Contrôler l’affichage et les délais d’opposition.
- Répondre aux oppositions avec des preuves.
- Publier toute action judiciaire requise.
- Obtenir la décision finale.
- Vérifier sa publication foncière.
- Recevoir le titre et contrôler chaque nom et fraction.
- Assurer le bien et mettre à jour les contrats.
- Évaluer le bien avant tout partage.
- Formaliser le partage, la vente ou la conservation en indivision.
- Conserver l’intégralité du dossier original.
Les erreurs qui bloquent ou fragilisent le dossier
- Présenter la frédha comme un titre de propriété.
- Lancer une enquête alors qu’un titre publié existe déjà.
- Confondre certificat négatif et terrain sans propriétaire.
- Confondre certificat de possession et livret foncier.
- Utiliser l’ancien décret de 1983 comme procédure actuelle.
- Omettre un héritier ou une branche familiale.
- Déclarer une superficie plus grande que la possession réelle.
- Ignorer le domaine national, les terres arch ou les wakfs.
- Payer un intermédiaire sans récépissé.
- Faire établir un plan sans remettre les titres concurrents au géomètre.
- Vendre par papier privé avant la régularisation.
- Construire davantage pendant le conflit.
- Laisser expirer le délai d’opposition ou de recours.
- Donner une procuration générale autorisant la vente.
- Présumer que le permis de construire prouve la propriété.
- Partager des étages non individualisés juridiquement.
- Ignorer les loyers perçus pendant la procédure.
- Clôturer le dossier sans vérifier la publication du titre.
Checklist avant de régulariser
| Contrôle | Statut |
|---|---|
| La frédha est complète et tous les décès successifs sont traités | □ Vérifié □ À vérifier |
| Un testament ou une donation a été recherché | □ Vérifié □ À vérifier |
| La conservation foncière a été interrogée | □ Fait □ À faire |
| La situation cadastrale est connue | □ Oui □ Non |
| La nature juridique du terrain est confirmée | □ Oui □ Non |
| Le bien n’est pas du domaine national, arch ou wakf | □ Vérifié □ À vérifier |
| Tous les anciens titres ont été recherchés | □ Fait □ À faire |
| La possession est documentée chronologiquement | □ Oui □ Non |
| Les limites sont connues et non gonflées | □ Vérifié □ À vérifier |
| Un géomètre-expert foncier a établi le plan | □ Oui □ Non |
| Les voisins et opposants potentiels sont identifiés | □ Oui □ Non |
| Les permis et la situation de la construction sont vérifiés | □ Sans objet □ Vérifié □ À vérifier |
| La voie juridique correcte est choisie | □ Oui □ Non |
| Le dossier est déposé contre récépissé | □ Oui □ Non |
| Les délais d’affichage et d’opposition sont suivis | □ Oui □ Non |
| Les pouvoirs du mandataire sont limités | □ Sans objet □ Vérifié □ À corriger |
| Les documents étrangers sont utilisables en Algérie | □ Sans objet □ Vérifié □ À faire |
| Une action judiciaire a été publiée si nécessaire | □ Sans objet □ Fait □ À faire |
| La décision finale est publiée au fichier immobilier | □ Pas encore □ Vérifié |
| Le titre final mentionne tous les titulaires et fractions corrects | □ Pas encore □ Vérifié |
| Aucun partage ou vente n’est signé avant cette vérification | □ Confirmé □ À sécuriser |
FAQ
Peut-on hériter d’une maison sans acte en Algérie ?
On peut hériter du droit ou de la possession transmissible que détenait réellement le défunt, mais la frédha ne crée pas le titre. Il faut identifier et, si nécessaire, régulariser le droit avant de vendre ou partager.
La frédha suffit-elle pour obtenir un livret foncier ?
Non. Elle prouve la qualité des héritiers. Il faut aussi un titre existant, une décision d’immatriculation ou une autre base foncière reconnue.
Comment savoir si un acte existe déjà ?
Interrogez le notaire, la conservation foncière, le cadastre, les archives et la famille. Une fiche immobilière permet de vérifier les droits publiés lorsque le bien est identifiable.
Qu’est-ce que l’enquête foncière ?
C’est une procédure administrative destinée à constater un droit de propriété sur certains immeubles non cadastrés sans titre, ou couverts par un titre antérieur au 1er mars 1961 ne reflétant plus la situation actuelle.
Tous les terrains sans acte sont-ils éligibles ?
Non. Le bien doit entrer dans le champ de la loi. Le domaine national, les anciennes terres arch et les biens wakfs sont notamment exclus.
Où déposer la demande d’enquête foncière ?
La demande individuelle est adressée à la direction de la conservation foncière de la wilaya territorialement compétente, contre récépissé.
Quels documents faut-il fournir ?
La requête doit notamment être accompagnée d’un plan topographique, d’un état descriptif et de tous les documents invoqués pour prouver le droit ou la possession. En succession, ajoutez les actes de décès et les frédhas.
Une facture d’électricité prouve-t-elle la propriété ?
Non. Elle peut soutenir la preuve d’occupation, mais ne remplace pas un titre de propriété.
Le paiement de la taxe foncière suffit-il ?
Non. Il constitue un indice parmi d’autres. L’administration doit examiner l’ensemble des documents, la possession et les droits des tiers.
Un permis de construire est-il un acte de propriété ?
Non. Il concerne l’autorisation d’urbanisme. Le terrain doit être justifié par un acte, un certificat de possession ou un autre document admis selon le dossier.
Qu’est-ce qu’un certificat de possession ?
C’est un document administratif lié à la possession d’un terrain non cadastré dans les conditions de la loi foncière. Il ne doit pas être confondu avec un livret foncier.
Un certificat négatif signifie-t-il que le terrain n’a pas de propriétaire ?
Non. Il indique seulement le résultat d’une recherche déterminée. Un propriétaire, un droit ancien ou le domaine national peuvent encore être concernés.
L’ancien acte de notoriété acquisitive est-il toujours délivré ?
La procédure du décret n° 83-352 a été abrogée par le décret n° 08-147. Les actes anciens déjà établis doivent être analysés individuellement, mais on ne doit pas ouvrir aujourd’hui une nouvelle procédure sur cette base abrogée.
Un seul héritier peut-il demander le titre à son nom ?
Il ne doit pas dissimuler l’indivision successorale. La frédha et les pouvoirs doivent identifier tous les ayants droit. Un titre obtenu par fausse déclaration peut être contesté.
Que faire si un voisin s’oppose ?
L’opposition est examinée et une conciliation est organisée. En cas d’échec, le contestataire dispose d’un délai légal pour saisir la juridiction, ce qui suspend la procédure.
Peut-on vendre avant d’obtenir le titre ?
Une vente immobilière sûre exige une origine de propriété vérifiable et les formalités authentiques. Vendre par papier privé avant la régularisation expose l’acheteur et les héritiers à un litige important.
Peut-on partager la maison entre les enfants avant la régularisation ?
Une convention provisoire d’usage est possible, mais un partage définitif est risqué tant que la superficie, le droit et les lots ne sont pas juridiquement établis.
Combien de temps dure l’enquête foncière ?
Les textes prévoient plusieurs délais internes, mais aucun délai unique ne garantit le titre. Une opposition, une erreur de plan ou une procédure judiciaire peut prolonger le dossier.
Peut-on faire toutes les démarches depuis la France ?
Une grande partie peut être confiée à un notaire, un avocat ou un mandataire disposant d’une procuration spéciale. Les opérations sur les lieux et certaines signatures nécessitent une organisation locale.
Que faire si le terrain appartient au domaine de l’État ?
La procédure ordinaire d’enquête foncière de la loi n° 07-02 ne s’applique pas. Consultez les domaines, la commune et un avocat pour identifier le régime et les éventuelles voies administratives spécifiques.
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Avertissement : cet article est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un avis juridique, foncier, fiscal ou notarial personnalisé. La procédure dépend de la nature juridique du terrain, du cadastre, des titres, de la possession, des héritiers, des oppositions et des actes déjà publiés. Ne signez aucune vente, donation, renonciation ou reconnaissance de limite avant l’analyse des documents originaux par les professionnels compétents.
Sources officielles vérifiées en juillet 2026 :
Journal officiel — loi n° 07-02 du 27 février 2007 relative à l’enquête foncière et aux titres de propriété |
Journal officiel — décret exécutif n° 08-147 du 19 mai 2008 fixant les modalités de l’enquête foncière |
Journal officiel — modification de l’article 15 relatif à la publicité foncière et aux transmissions par décès |
Ministère de l’Intérieur — certificat de possession et actes d’urbanisme |
Ministère de la Justice — missions et devoir de conseil du notaire |
Ministère de l’Intérieur — mise en œuvre de l’apostille à compter du 9 juillet 2026.

























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































