Retraite des Algériens en France : droits, pensions et démarches complètes
- Dzaïr Zoom / 1 heure
- 6 juin 2026

Résumé — l’essentiel sur la retraite des algériens en France
Les travailleurs algériens ayant cotisé en France ont droit à une retraite française versée par la CNAV ou la Carsat — exactement comme tout salarié ayant travaillé en France. La convention franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980 permet de totaliser les trimestres cotisés en France et en Algérie pour ouvrir droit à la pension. La pension algérienne (versée par la CNR — Caisse Nationale des Retraites algérienne) est en théorie due aux Algériens résidant en France — mais en pratique, la CNR refuse de verser les pensions aux ressortissants algériens résidant hors d’Algérie, invoquant le principe de territorialité. Ceux qui ne touchent pas assez de retraite française peuvent bénéficier de l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées, anciennement « minimum vieillesse »). Un certificat de vie annuel est obligatoire pour maintenir le versement des pensions. Les pensions françaises et algériennes sont imposables en France.
Introduction : des millions de retraités algériens concernés
La première génération d’immigrants algériens arrivée en France dans les années 1960-1970 — les fameux « travailleurs immigrés » qui ont construit les routes, les immeubles et les usines de la France des Trente Glorieuses — est aujourd’hui une génération de retraités. Leurs enfants et petits-enfants, nés en France, sont aussi confrontés au sujet de la retraite avec une double appartenance franco-algérienne.
Les questions autour de la retraite des Algériens en France sont parmi les plus complexes et les plus mal comprises du droit social franco-algérien. Entre la convention bilatérale de 1980, les refus de la CNR de verser les pensions hors d’Algérie, les complications du certificat de vie, la fiscalité double et les droits à l’ASPA — il faut naviguer dans un maquis administratif que ce guide s’efforce de démêler complètement.
Pour les aspects liés au séjour et au statut administratif en France, notre guide sur les titres de séjour pour les Algériens en France et notre article sur la convention fiscale franco-algérienne sont les ressources complémentaires incontournables.
La convention franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980
Le texte fondateur est la Convention générale de sécurité sociale entre la France et l’Algérie, signée le 1er octobre 1980, complétée par un Arrangement Administratif Général du 28 octobre 1981. Cette convention a été conclue dans la continuité des accords franco-algériens de 1968 qui régissent la circulation des personnes entre les deux pays.
La convention couvre les branches suivantes de la protection sociale :
- Assurance vieillesse (retraite)
- Assurance invalidité
- Assurance maladie-maternité
- Accidents du travail et maladies professionnelles
- Allocations familiales
Ce que la convention ne couvre pas : l’assurance chômage est expressément exclue du champ de la convention.
Les principes fondamentaux de la convention
| Principe | Application concrète |
|---|---|
| Égalité de traitement | Les ressortissants algériens en France et les ressortissants français en Algérie bénéficient des mêmes droits que les nationaux |
| Totalisation des périodes | Les trimestres cotisés en France et en Algérie s’additionnent pour ouvrir droit à la pension dans chaque pays |
| Exportabilité des droits | En théorie, les pensions acquises dans un pays peuvent être versées dans l’autre — c’est le point le plus contesté |
| Règle du pro rata | Chaque pays verse la part de pension proportionnelle aux cotisations effectuées sur son territoire |
La totalisation des trimestres : comment ça marche
C’est le mécanisme central pour les travailleurs ayant eu une carrière dans les deux pays. La totalisation permet d’additionner les périodes d’assurance accomplies en France et en Algérie pour atteindre le nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une retraite à taux plein.
Exemple concret : Ahmed a travaillé 17 ans en Algérie avant d’immigrer en France, où il a travaillé 18 ans. Au moment de sa retraite en France, il a 144 trimestres français (18 ans × 4 trimestres). Pour obtenir le taux plein (167 trimestres selon son année de naissance), la convention lui permet de comptabiliser ses 17 années algériennes — soit 68 trimestres algériens. Il peut alors atteindre le nombre requis et obtenir sa retraite à taux plein en France.
Ce que la totalisation change et ce qu’elle ne change pas :
- Elle ouvre des droits : elle permet d’atteindre le seuil de trimestres pour obtenir une pension
- Elle ne double pas la pension : chaque pays ne verse que la part correspondant aux cotisations effectuées sur son territoire (calcul au prorata)
- Elle s’applique à la demande : vous devez explicitement demander la totalisation auprès de votre caisse de retraite française en signalant votre période de travail en Algérie
Comment signaler ses années de travail en Algérie à la CNAV
- Lors de votre demande de retraite en France, indiquez explicitement vos périodes de travail en Algérie
- Fournissez une attestation de carrière algérienne délivrée par la CNAS (Caisse Nationale des Assurances Sociales des travailleurs salariés en Algérie) ou par votre ancien employeur algérien
- La CNAV française contactera les organismes algériens pour vérifier les périodes déclarées
- En cas de difficulté pour obtenir les attestations algériennes, les services de la CNAV peuvent prendre contact directement avec le CLEISS (Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale), l’organisme de liaison français
La retraite française pour les Algériens : CNAV, Carsat, MSA
Tout travailleur algérien ayant cotisé au régime général de sécurité sociale français a droit à une pension de retraite française exactement dans les mêmes conditions que n’importe quel salarié en France. La nationalité n’a aucune incidence sur les droits à la retraite française : seul compte le fait d’avoir cotisé.
Les caisses de retraite françaises concernées :
- CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) — pour les salariés du secteur privé en Île-de-France
- Carsat (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail) — pour les salariés du secteur privé en régions
- MSA (Mutualité Sociale Agricole) — pour les travailleurs agricoles
- AGIRC-ARRCO — retraite complémentaire obligatoire pour tous les salariés du secteur privé
- Régimes spéciaux pour les fonctionnaires, artisans, commerçants selon la situation
Âge légal de départ à la retraite en France : 64 ans depuis la réforme des retraites de 2023 (pour les générations nées à partir de 1968). Pour les générations antérieures, des règles transitoires s’appliquent.
Nombre de trimestres requis pour le taux plein : entre 167 et 172 trimestres selon l’année de naissance.
La pension française est versée en euros, directement sur le compte bancaire du retraité, en France ou à l’étranger. Il n’y a aucune restriction de versement liée à la résidence pour la pension française — un retraité algérien qui retourne vivre en Algérie continue de toucher sa retraite française sur son compte.
La retraite algérienne (CNR) versée depuis la France
La CNR (Caisse Nationale des Retraites) est l’organisme algérien qui gère les pensions de vieillesse des travailleurs algériens. Les Algériens ayant cotisé au régime algérien ont en principe droit à une pension algérienne, même s’ils résident en France.
Conditions d’ouverture du droit à la retraite algérienne :
- Âge de départ : 60 ans en Algérie (55 ans pour certaines professions pénibles)
- Durée minimale de cotisation : 15 ans (60 trimestres) pour ouvrir droit à la pension de retraite complète
- En dessous de 15 ans de cotisation, une allocation de retraite (montant réduit) peut être versée
Montants des pensions algériennes en 2026 : après les revalorisations historiques annoncées par le gouvernement algérien, les pensions CNR ont été augmentées de +10 à +15 % en 2026. Le minimum de pension versé par la CNR est d’environ 20 000 DA/mois (≈ 130-140 €). Une pension moyenne se situe entre 30 000 et 60 000 DA selon les années de cotisation et le dernier salaire.
La plateforme REVAL : depuis 2024-2025, la CNR met à disposition une plateforme numérique (REVAL) permettant aux pensionnés résidant à l’étranger de consulter leur situation de retraite algérienne en ligne, de faire leur déclaration annuelle et de suivre leurs droits sans devoir se déplacer en Algérie.
Le problème concret : la CNR refuse de payer depuis la France
C’est le point le plus douloureux et le plus injuste de la situation des retraités algériens en France — et il est officiellement documenté au plus haut niveau de l’État français.
En violation de la convention franco-algérienne de 1980, la CNR algérienne refuse systématiquement de verser les pensions aux ressortissants algériens résidant en France. L’Algérie invoque le principe de territorialité de sa législation nationale : pour la CNR, seuls les travailleurs migrants retournant vivre en Algérie ont droit à leur pension algérienne.
Cette situation a été dénoncée publiquement au niveau parlementaire français. En octobre 2025, le député Charles Rodwell (Ensemble pour la République) a remis un rapport à l’Assemblée nationale sur cette question, révélant que :
- Des milliers de retraités algériens et binationaux résidant en France se voient refuser leur pension CNR malgré des années de cotisation en Algérie
- La France continue de verser seule les prestations de substitution (ASPA notamment), supportant les conséquences financières du refus algérien
- La France conteste officiellement cette interprétation depuis plusieurs années, sans aboutir à un accord avec la partie algérienne
Que faire si la CNR refuse votre pension ?
- Déposer une demande formelle écrite auprès de la CNR algérienne (en recommandé), en citant explicitement la convention franco-algérienne du 1er octobre 1980 et son article 33
- En cas de refus explicite ou d’absence de réponse, saisir le consulat algérien de votre région en France pour signaler la situation
- Contacter le CLEISS (Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale — cleiss.fr) qui est l’organisme de liaison officiel français et peut intervenir auprès des autorités algériennes
- Si vous êtes dans une situation de précarité, demander l’ASPA (voir section suivante) qui vous garantit un revenu minimum
L’ASPA (minimum vieillesse) pour les retraités algériens en France
L’ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) — anciennement appelée « minimum vieillesse » — est une prestation versée par la France pour garantir un revenu minimum aux personnes âgées de plus de 65 ans (ou 62 ans en cas d’inaptitude) dont les ressources sont insuffisantes.
Montant de l’ASPA en 2026 :
- Pour une personne seule : environ 1 012 € par mois
- Pour un couple : environ 1 571 € par mois
Conditions pour les ressortissants algériens :
- Avoir plus de 65 ans (ou 62 ans en cas d’inaptitude reconnue)
- Résider en France de manière stable et régulière — c’est la condition essentielle
- Pour les ressortissants étrangers non-européens : justifier d’une résidence régulière en France depuis au moins 10 ans avec un titre de séjour valide
- Ressources totales inférieures au plafond ASPA
Point important : les ressortissants algériens bénéficiant d’un certificat de résidence algérien (titre de séjour spécifique à l’accord de 1968) peuvent accéder à l’ASPA sous les mêmes conditions que les autres ressortissants étrangers réguliers. Notre article sur le certificat de résidence 10 ans pour les Algériens détaille les conditions de ce titre de séjour.
Attention à la clause de récupération sur succession : l’ASPA est récupérable sur la succession du bénéficiaire si le montant de l’actif net successoral dépasse un certain seuil (environ 39 000 €). Cela signifie que les sommes perçues au titre de l’ASPA peuvent être réclamées aux héritiers lors du décès. C’est un point souvent ignoré et qui peut créer de mauvaises surprises pour les familles.
Revalorisation des pensions algériennes en 2026
L’année 2026 marque un tournant significatif pour les retraités algériens, qu’ils soient en Algérie ou en France. Le gouvernement algérien a annoncé une revalorisation historique des pensions CNR :
| Niveau de pension | Revalorisation 2026 | Exemple avant/après |
|---|---|---|
| Pensions basses (minimum) | +15 % | 17 400 DA → 20 000 DA (≈ 133 €) |
| Pensions moyennes | +10 à +12 % | 40 000 DA → 44 000-45 000 DA |
| Pensions élevées | +10 % | 80 000 DA → 88 000 DA |
Cette revalorisation s’ajoute aux hausses déjà accordées en 2024 (+2 à +10 %). Pour les retraités algériens en France qui perçoivent effectivement leur pension CNR (ceux qui ont maintenu une adresse en Algérie ou dont la situation est régularisée), l’augmentation est réelle — même si convertie en euros, la pension algérienne reste modeste.
Le certificat de vie : procédure et pièges
Le certificat de vie (attestation de vie) est un document obligatoire que tout retraité résidant à l’étranger doit fournir annuellement à sa caisse de retraite pour maintenir le versement de sa pension. Son absence entraîne la suspension des paiements.
Pour la retraite française (CNAV/Carsat)
La CNAV envoie automatiquement un formulaire de certificat de vie aux retraités résidant à l’étranger. Ce formulaire doit être :
- Signé devant une autorité habilitée à certifier l’identité (mairie française, consulat français en Algérie, notaire)
- Renvoyé à la CNAV dans les délais indiqués (généralement 3 mois après réception)
Pour les retraités résidant en Algérie qui touchent leur retraite française : le certificat de vie peut être établi par le consulat français en Algérie ou par une mairie algérienne habilitée selon la procédure consulaire.
Pour la retraite algérienne (CNR)
La CNR exige un certificat de vie annuel selon ses propres procédures. Les retraités algériens résidant en France peuvent faire établir ce certificat :
- Par la mairie de leur commune de résidence en France (cachet officiel)
- Par le consulat algérien de leur ressort territorial
- Via la plateforme REVAL pour la déclaration numérique (depuis 2025)
Problème fréquent : la CNR suspend ou annule les pensions en cas de retard dans l’envoi du certificat de vie, sans toujours notifier clairement le pensionné. Si votre pension algérienne est suspendue, fournissez immédiatement le certificat de vie — la CNR est obligée de rétablir la pension avec effet rétroactif à la date de suspension.
Fiscalité des pensions de retraite franco-algériennes
La fiscalité des pensions est régie par la convention fiscale franco-algérienne, que notre article sur la convention fiscale France-Algérie couvre en détail. Les points clés pour les retraités :
| Situation | Imposition |
|---|---|
| Retraité algérien résidant en France, pension française | Imposable en France selon le barème de l’impôt sur le revenu — abattement de 10 % sur le montant de la pension |
| Retraité algérien résidant en France, pension algérienne CNR | Imposable en France. La pension algérienne doit être déclarée sur la déclaration de revenus française (case revenus de source étrangère) |
| Retraité algérien résidant en Algérie, pension française CNAV | En principe imposable en Algérie si résidence fiscale en Algérie. Convention fiscale : évite la double imposition |
| Réforme fiscale 2026 | Remplacement de la déduction spécifique par un forfait unique de 2 000 € par foyer pour les pensions de source étrangère — à vérifier selon l’état d’avancement législatif |
Point pratique : les retraités algériens en France qui perçoivent à la fois une pension française et une pension algérienne doivent déclarer les deux sur leur déclaration de revenus française. La pension algérienne est à reporter dans la case des revenus de source étrangère imposables en France. Pour éviter la double imposition, la convention fiscale franco-algérienne prévoit un mécanisme de crédit d’impôt. Notre article sur la déclaration de revenus franco-algérienne détaille la procédure.
Couverture maladie des retraités algériens en France
La couverture maladie des retraités algériens résidant en France dépend de leur situation :
- Retraités ayant cotisé au régime français : ils sont affiliés à l’Assurance Maladie française exactement comme tout retraité ayant travaillé en France. Ils bénéficient de la Carte Vitale et du remboursement des soins. Ce droit est totalement indépendant de leur nationalité — seule compte la cotisation française.
- Retraités résidant en France, titulaires d’une pension algérienne uniquement : la convention franco-algérienne de 1980 leur permet de bénéficier de la couverture maladie française au titre de leur retraite algérienne. Ils doivent s’adresser à la CPAM de leur lieu de résidence avec leur attestation de pension algérienne.
- Retraités sans droits ouverts en France ni en Algérie : ils peuvent bénéficier de la Protection Universelle Maladie (PUMa) sur critère de résidence régulière en France, ou de la CSS (Complémentaire Santé Solidaire) sous conditions de ressources.
Les démarches pratiques pour faire valoir ses droits
Constituer son dossier de retraite en France avec des années algériennes
- Rassembler les preuves de travail en Algérie
Bulletins de salaire, contrats de travail, attestations d’employeurs algériens, livret de travail algérien si disponible. Si ces documents sont perdus, demander une attestation de carrière à la CNAS (Caisse Nationale des Assurances Sociales) en Algérie, ou via le consulat algérien en France.
- Ouvrir un espace personnel sur info-retraite.fr
La plateforme française inter-régimes permet de visualiser l’ensemble de vos droits à retraite en France et de simuler le montant de votre pension. Elle permet également de signaler des périodes de travail à l’étranger.
- Déposer votre demande de retraite avec mention de la convention franco-algérienne
Mentionnez explicitement votre demande de totalisation des périodes franco-algériennes dans votre dossier de retraite. Joignez toutes les preuves de vos années de travail en Algérie. La CNAV est tenue de prendre en compte ces périodes.
- Demander simultanément votre retraite algérienne à la CNR
Adressez une demande écrite formelle à la CNR algérienne. Joignez vos attestations de carrière algérienne, votre état civil complet, et citez la convention franco-algérienne du 1er octobre 1980 comme base juridique de votre droit au versement depuis la France.
- En cas de refus de la CNR : saisir le CLEISS
Le CLEISS (Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale — cleiss.fr) est l’organisme de liaison officiel français pour l’application des conventions internationales de sécurité sociale. Il peut intervenir auprès des autorités algériennes pour faire respecter la convention.
Les organismes de contact utiles
| Organisme | Rôle | Contact |
|---|---|---|
| CNAV | Retraite de base française (régime général) | lassuranceretraite.fr |
| Carsat (selon région) | Retraite de base française en régions | Par région |
| AGIRC-ARRCO | Retraite complémentaire salariés privés | agirc-arrco.fr |
| CLEISS | Liaison internationale conventions sécu sociale | cleiss.fr |
| CNR Algérie | Pension de retraite algérienne | cnr.dz / plateforme REVAL |
| CNAS Algérie | Attestations de carrière salariale algérienne | cnas.dz (ou consulat) |
| Consulat algérien | Certificat de vie, état civil, liaison CNR | Selon région de résidence |
FAQ — Retraite des Algériens en France
Un Algérien ayant travaillé en France a-t-il droit à la retraite française ?
Oui, absolument. Tout travailleur qui a cotisé au régime général de sécurité sociale français a droit à une pension de retraite française, quelle que soit sa nationalité. La retraite française est un droit lié aux cotisations versées, pas à la nationalité. Un travailleur algérien ayant cotisé 30 ans en France a exactement les mêmes droits à la retraite française qu’un travailleur français ayant la même carrière.
Peut-on cumuler une retraite française et une retraite algérienne ?
En principe oui — la convention franco-algérienne de 1980 prévoit que chaque pays verse la part de pension correspondant aux cotisations effectuées sur son territoire. En pratique, la CNR algérienne refuse de verser les pensions aux ressortissants algériens résidant en France. Les Algériens concernés perçoivent donc généralement uniquement leur retraite française, éventuellement complétée par l’ASPA si leur pension est insuffisante.
Comment faire valider ses années de travail en Algérie pour la retraite française ?
Il faut demander à la CNAV ou à la Carsat la prise en compte de ces périodes via la totalisation prévue par la convention franco-algérienne. Fournissez une attestation de carrière délivrée par la CNAS algérienne ou votre ancien employeur en Algérie. En cas de difficulté à obtenir ces documents, le CLEISS peut aider à les récupérer auprès des organismes algériens.
Qu’est-ce que l’ASPA et les Algériens y ont-ils droit ?
L’ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) garantit un minimum de ressources aux personnes de plus de 65 ans dont les pensions sont insuffisantes. En 2026, elle s’élève à environ 1 012 € par mois pour une personne seule. Les ressortissants algériens résidant légalement et stablement en France depuis au moins 10 ans y ont droit sous conditions de ressources. Attention : l’ASPA est récupérable sur la succession si l’actif successoral net dépasse environ 39 000 €.
Un retraité algérien qui retourne vivre en Algérie continue-t-il à toucher sa retraite française ?
Oui. La retraite française continue d’être versée quel que soit le pays de résidence du bénéficiaire. La CNAV peut verser la pension sur un compte en France ou à l’étranger (virement SWIFT international). En revanche, l’ASPA, elle, est conditionnée à la résidence en France — elle cesse d’être versée en cas de départ définitif d’Algérie.
À quel âge peut-on partir à la retraite en France quand on est algérien ?
Les mêmes règles s’appliquent à tous : depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal de départ est de 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Des départs anticipés sont possibles pour carrière longue (début de travail avant 16 ou 18 ans), incapacité permanente ou inaptitude. Le taux plein est obtenu avec 167 à 172 trimestres selon l’année de naissance.
Les pensions de retraite sont-elles imposées en France pour les Algériens ?
Oui. La pension française est imposable en France selon le barème classique de l’impôt sur le revenu, avec un abattement de 10 %. La pension algérienne CNR perçue par un résident en France est également déclarable en France comme revenu de source étrangère. La convention fiscale franco-algérienne évite la double imposition. Notre article sur la convention fiscale franco-algérienne détaille les mécanismes.
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- Algérien en France : guide complet des démarches
Sources : Convention générale de sécurité sociale franco-algérienne du 1er octobre 1980 (texte consolidé — cleiss.fr) | Arrangement Administratif Général franco-algérien du 28 octobre 1981 | CLEISS — Fiche Algérie : retraite et couverture maladie (cleiss.fr/particuliers) | Assemblée nationale française — Question écrite n°11418, rapport Rodwell (décembre 2025 — réponse JO février 2026) | CNAV / lassuranceretraite.fr — Droits à la retraite acquis hors UE | CFDT Retraités — Droits à la retraite acquis hors de l’espace européen | Demarchesdz.com — Comment toucher sa retraite algérienne en France, décembre 2025 | Service-Public.fr — ASPA allocation de solidarité personnes âgées
































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































