Kamel Daoud
- Dzaïr Zoom / 4 jours
- 20 février 2026

Littérature Algérienne
Kamel Daoud : La Plume Libre de l’Algérie
Premier écrivain algérien lauréat du prix Goncourt, il a fait de l’écriture une arme contre l’oubli et le silence
« On a toujours besoin de trois choses pour écrire : une table, une chaise et un pays. »
📋 Carte d’identité
Nom : Kamel Daoud
Naissance : 17 juin 1970, Mesra (Mostaganem), Algérie
Nationalités : Algérienne et française (naturalisé 2020)
Profession : Écrivain, journaliste, chroniqueur
Résidence : Paris (depuis 2023)
Traductions : Plus de 47 langues
Distinctions : Prix Goncourt 2024, Prix Goncourt du premier roman 2015
Œuvres majeures : Houris, Zabor, Meursault contre-enquête
Chronique : Raïna Raïkoum (Quotidien d’Oran, 1997-2022)
Enseignement : Sciences Po Paris (écriture créative)
L’enfant de Mostaganem : entre livres et religion
Kamel Daoud naît le 17 juin 1970 à Mesra, un village de la wilaya de Mostaganem, dans l’ouest algérien. Il est l’aîné d’une fratrie de six enfants. Son père est gendarme, sa mère issue de la bourgeoisie terrienne locale. Élevé principalement par ses grands-parents dans leur village, l’enfant développe très tôt une passion dévorante pour les livres, grâce à la bibliothèque villageoise et à l’amitié d’un libraire qui lui ouvre les portes de la littérature.
Les premières lectures marquantes du jeune Kamel incluent John Steinbeck et Naguib Mahfouz, écrivains qui lui révèlent la puissance de la fiction pour dire le monde. Adolescent, il traverse une phase religieuse intense entre 14 et 17 ans, période où il devient même l’imam de son village et fréquente les milieux islamistes. À 18 ans cependant, il cesse de prier et s’éloigne définitivement de la pratique religieuse — une évolution qui marquera profondément sa pensée et son œuvre.
Seul de sa fratrie à poursuivre des études supérieures, Kamel Daoud passe un baccalauréat scientifique avant de s’orienter vers des études de lettres françaises à l’université d’Oran. Ce choix du français comme langue d’écriture sera déterminant.
« La langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue. »
Le chroniqueur du Quotidien d’Oran
La carrière journalistique de Kamel Daoud débute dans des circonstances tragiques. En 1994, alors que la guerre civile fait rage en Algérie, il entre au journal Détective, version algérienne du magazine de faits divers français. Cette « formidable école de journalisme », selon ses mots, l’amène à écumer les commissariats, les tribunaux, les scènes de crimes, et à sillonner un pays en proie à la violence terroriste. Des places de journalistes se sont libérées après des assassinats, expliquera-t-il des décennies plus tard.
La même année 1994, il rejoint la rédaction du Quotidien d’Oran, troisième quotidien national francophone d’Algérie. Trois ans plus tard, en 1997, il lance sa chronique « Raïna Raïkoum » (« Notre opinion, votre opinion »), qui deviendra la rubrique la plus lue d’Algérie pendant près de deux décennies.
📰 La chronique Raïna Raïkoum
Pendant près de 20 ans, Kamel Daoud publie plus de 2000 chroniques, abordant sans détour les questions politiques, sociales et religieuses. Sa liberté de ton lui vaut d’être rédacteur en chef du journal pendant huit ans, tout en conservant son indépendance éditoriale. Ses articles sont repris dans Le Monde, Libération, Courrier international et le New York Times. À partir de 2014, il tient une chronique hebdomadaire au magazine Le Point.
Le 12 février 2011, Kamel Daoud est brièvement arrêté lors d’une manifestation dans le cadre du printemps arabe. Cet engagement citoyen ne l’empêche pas de poursuivre son travail de chroniqueur jusqu’à ce que le journal Liberté, où il tenait également une rubrique intitulée « L’Autre Algérie », cesse de paraître en 2022.
Meursault contre-enquête : la révélation littéraire
Si Kamel Daoud publie dès 2002 des récits en Algérie (La Fable du nain, Raïna Raïkoum en recueil), c’est avec Meursault contre-enquête, paru en octobre 2013 aux éditions Barzakh à Alger, qu’il accède à la notoriété internationale. Le livre est repris en France par Actes Sud en mai 2014, avec un tirage initial modeste de 3000 exemplaires.
Le roman propose une réécriture audacieuse de L’Étranger d’Albert Camus. Le narrateur, Haroun, est le frère de « l’Arabe » tué anonymement par Meursault sur une plage d’Alger en 1942. Soixante-dix ans après les faits, le vieil homme rumine sa colère dans un bar d’Oran, nuit après nuit. Il redonne enfin un nom — Moussa — et une histoire à cette victime restée sans identité dans le roman de Camus.
« Cet homme qui soliloque dans un bar, nuit après nuit, c’est le frère de l’Arabe tué par un certain Meursault dans un célèbre roman du XXe siècle. »
Le succès est fulgurant : plus de 100 000 exemplaires vendus en quelques mois, traduction dans plus de 35 langues. L’ouvrage reçoit le Prix François-Mauriac 2014 et le Prix des cinq continents de la Francophonie. Finaliste du prix Goncourt 2014, il manque la récompense suprême d’une seule voix face à Pas pleurer de Lydie Salvayre. La consécration viendra l’année suivante avec le Prix Goncourt du premier roman en 2015.
📚 L’hommage à Camus
Contrairement à ce que beaucoup ont cru en Algérie, Daoud ne règle pas ses comptes avec Camus mais lui rend hommage. « Je me suis emparé de L’Étranger parce que Camus est un homme qui interroge le monde. J’ai voulu m’inscrire dans cette continuation. […] J’ai surtout voulu rendre un puissant hommage à La Chute, tant j’aime ce livre. »
La fatwa et le prix de la liberté
Le succès de Meursault contre-enquête et les prises de position de Kamel Daoud dans les médias français déclenchent une violente réaction en Algérie. Le 13 décembre 2014, invité de l’émission « On n’est pas couché » sur France 2, il critique ouvertement le rapport des musulmans à leur religion, déclarant : « La question religieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer. »
Trois jours plus tard, le 16 décembre 2014, l’imam salafiste Abdelfatah Hamadache Zeraoui, chef du Front de l’éveil islamique salafiste, lance une fatwa sur sa page Facebook. Il accuse Daoud d’être un « apostat » et un « ennemi de l’islam » et appelle les autorités algériennes à le condamner à mort et à l’exécuter publiquement.
⚠️ Une fatwa qui réveille les traumatismes
Cette menace de mort ravive le douloureux souvenir des années 1990, lorsque des dizaines d’intellectuels algériens furent assassinés à la suite de fatwas proclamant que « ceux qui nous combattent par la plume doivent périr par l’épée ».
Une vague d’indignation internationale s’élève. Kamel Daoud dépose plainte et déclare : « Je trouve ça dramatique dans un pays qui a beaucoup souffert, mais il ne faut pas y accorder plus d’importance que cela. Abdelfatah Hamadache est un simple clown islamiste. »
Le 8 mars 2016, dans un jugement qualifié de « sans précédent », le tribunal d’Oran condamne l’imam à six mois de prison, dont trois ferme, et 50 000 dinars d’amende. Cette décision est toutefois annulée en juin 2016 par la cour d’appel pour « incompétence territoriale ». L’affaire illustre la fragilité de la protection des intellectuels en Algérie.
Zabor : le pouvoir salvateur de l’écriture
Après le tourbillon médiatique de Meursault et la fatwa, Kamel Daoud publie en 2017 son deuxième roman, Zabor ou Les Psaumes, aux éditions Barzakh et Actes Sud. Le titre fait référence au Zabûr, le livre des Psaumes révélé au prophète David (Daoud en arabe) — un clin d’œil à son propre patronyme.
Le roman met en scène Zabor, un jeune homme solitaire dans un village aux portes du désert. Orphelin de mère, rejeté par son père, il s’est découvert un don surnaturel : s’il écrit, il repousse la mort. Celui ou celle qu’il enferme dans les phrases de ses cahiers gagne du temps de vie. Une nuit, son demi-frère haï vient frapper à sa porte : leur père est mourant, et seul Zabor peut peut-être retarder la fatale échéance.
« De tous les miens je suis le seul à avoir entrevu la possibilité du salut en écrivant. »
Cette « fable, parabole, confession vertigineuse » célèbre la nécessité de la fiction face aux textes sacrés. Telle une Shéhérazade masculine, Zabor échappe au vide en sauvant ses semblables par « la puissance suprême de l’écriture » et « l’iconoclaste vérité de l’imaginaire ». Le roman reçoit le Prix Transfuge du meilleur roman de langue française et le Prix Méditerranée en 2017.
Houris et le prix Goncourt 2024
Sept ans séparent Zabor de Houris, le troisième roman de Kamel Daoud. Publié en août 2024 chez Gallimard, l’ouvrage marque un tournant. Il plonge dans les abîmes de la « décennie noire » algérienne (1992-2002), cette guerre civile entre l’armée et les groupes islamistes qui fit entre 100 000 et 200 000 morts, selon les estimations officielles.
L’héroïne, Aube, est une jeune coiffeuse de 26 ans, seule rescapée de sa famille massacrée. Elle porte sur son corps la trace de l’horreur : une grave cicatrice à la gorge, souvenir du 31 décembre 1999, quand un islamiste lui trancha la gorge. Muette depuis, elle s’adresse à l’enfant qu’elle porte et a choisi de ne pas garder. Dans un pays qui interdit de parler des « blessures de la tragédie nationale », Aube incarne le silence imposé aux victimes.
🏆 Consécration au restaurant Drouant
Le 4 novembre 2024, Kamel Daoud reçoit le prix Goncourt dès le premier tour de scrutin, avec six voix sur dix. Il devient ainsi le premier écrivain algérien à remporter le plus prestigieux prix littéraire français. « Je suis très heureux, c’est cliché, mais pas d’autres mots », déclare-t-il au restaurant Drouant.
L’Académie Goncourt salue « un livre où le lyrisme le dispute au tragique, et qui donne voix aux souffrances liées à une période noire de l’Algérie, celle des femmes en particulier. Ce roman montre combien la littérature, dans sa haute liberté d’auscultation du réel, trace aux côtés du récit historique d’un peuple, un autre chemin de mémoire. »
« C’est votre rêve, payé par vos années de vie. À mon père décédé. À ma mère encore vivante, mais qui ne se souvient plus de rien. »
L’exil en France
Jusqu’en 2022, malgré les menaces et les controverses, Kamel Daoud reste enraciné à Oran, sa ville de cœur. Il entretient même des relations cordiales avec le pouvoir : en juin 2021, il est reçu au palais présidentiel d’El-Mouradia pour un entretien exclusif avec le président Abdelmadjid Tebboune.
Tout bascule le 26 août 2022. Lors de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie, Kamel Daoud invite le président français à un dîner privé à l’hôtel Liberté d’Oran, étape non prévue dans l’agenda officiel. Cette initiative personnelle provoque la fureur des autorités algériennes, qui se sentent humiliées. Les représailles sont immédiates : l’hôtel est fermé sur ordre de la wilaya quelques semaines plus tard, et des pressions croissantes s’exercent sur l’écrivain.
En 2023, Kamel Daoud s’installe définitivement à Paris avec sa famille. Il enseigne l’écriture créative à Sciences Po, où il est le premier titulaire d’une nouvelle chaire d’écrivain créée en 2019. Cette installation en France fait suite à une naturalisation obtenue en janvier 2020, publiée au Journal officiel français.
« J’ai le syndrome d’Apollinaire, je suis plus français que les Français. »
Pour une partie de l’opinion et de l’intelligentsia algériennes, Kamel Daoud porte désormais l’étiquette de « traître ». Lui se définit comme un « exilé par la force des choses », écrivant pour un pays qu’il n’a pas voulu quitter.
La controverse Houris et les mandats d’arrêt
Le prix Goncourt n’apaise pas les tensions, bien au contraire. Houris est interdit en Algérie car il contrevient à la loi sur la réconciliation nationale de 2005, qui punit de trois à cinq ans de prison « quiconque, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale ». Les éditions Gallimard sont écartées du Salon international du livre d’Alger en novembre 2024.
Une nouvelle polémique éclate en novembre 2024. Saâda Arbane, une femme rescapée d’un massacre durant la décennie noire, affirme sur la chaîne algérienne One TV que Kamel Daoud a utilisé son histoire personnelle pour créer le personnage d’Aube, sans son consentement. Elle accuse l’écrivain et son épouse, qui aurait été sa psychologue, de violation du secret médical. Des plaintes sont déposées en Algérie et en France.
⚠️ Deux mandats d’arrêt internationaux
En mai 2025, la situation s’aggrave dramatiquement. Kamel Daoud est visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par la justice algérienne — une première pour un lauréat du prix Goncourt.
L’écrivain dénonce « une forme de persécution judiciaire » et « une façon de l’enfermer dans un labyrinthe de procédures ». Son avocate, Me Jacqueline Laffont, conteste ces mandats auprès d’Interpol, les qualifiant de « manifestement abusifs » et « politiquement motivés ».
Kamel Daoud maintient que Houris est une œuvre de fiction inspirée par son travail de journaliste au Quotidien d’Oran dans les années 1990. L’affaire illustre les tensions persistantes entre liberté littéraire, vie privée et mémoire collective dans les sociétés post-conflit.
Une écriture entre deux rives
L’œuvre de Kamel Daoud se caractérise par un style lyrique et incisif, mêlant la chronique journalistique à la méditation philosophique. Il écrit en français, langue qu’il considère comme un espace de liberté, un « territoire de résurrection » face aux pesanteurs du sacré.
🖋️ Les thèmes récurrents
La religion : Critique de l’islamisme politique, interrogation du rapport au sacré, défense de la liberté de conscience.
L’identité algérienne : Refus du « récit national » figé, questionnement de l’héritage colonial, regard lucide sur les tabous sociaux.
Le corps et les femmes : Dénonciation de la misère sexuelle dans le monde arabe, défense de l’émancipation féminine.
L’écriture comme salut : La fiction comme antidote à la mort, à l’oubli, au silence imposé.
Au-delà des romans, Kamel Daoud a publié des essais et recueils de chroniques. Mes indépendances (2017) rassemble près de 200 textes écrits entre 2010 et 2016, des prémices du printemps arabe à la crise des réfugiés. Le Peintre dévorant la femme (2018) relate sa nuit passée seul au musée Picasso de Paris, méditation sur le désir et le regard. Avant qu’il ne soit trop tard – Chroniques 2015-2025 (2025) poursuit sa réflexion sur la France et l’exil.
« Chercher les mots justes, écrire jusqu’à contraindre les objets à devenir consistants et les vies à avoir un sens est une magie douce, l’aboutissement de ma tendresse. »
Héritage et influence
À 54 ans, Kamel Daoud s’inscrit dans la lignée des grands écrivains algériens de langue française, aux côtés de Kateb Yacine, Albert Camus, Mouloud Mammeri, Assia Djebar ou Yasmina Khadra. Son œuvre, traduite dans plus de 47 langues, dépasse les frontières de l’Algérie pour interroger des questions universelles : le rapport à la mémoire, à l’identité, à la foi, à la liberté d’expression.
🏅 Principales distinctions
- 2008 — Prix Mohammed Dib pour L’Arabe et le vaste pays de Ô
- 2014 — Prix François-Mauriac et Prix des cinq continents de la Francophonie
- 2015 — Prix Goncourt du premier roman
- 2016 — Prix Lagardère du meilleur journaliste
- 2017 — Prix Transfuge et Prix Méditerranée pour Zabor, Prix Livre et Droits de l’Homme
- 2018 — Grande Médaille de la Francophonie de l’Académie française
- 2020 — Prix international de la Laïcité
- 2024 — Prix Landerneau des lecteurs et Prix Goncourt pour Houris
Figure polarisante, adulé par les uns pour son courage et sa liberté de parole, conspué par les autres comme « traître » ou « bon Arabe de service », Kamel Daoud assume sa position de franc-tireur. « Je ne suis ni communiste, ni décolonial encarté, ni antifrançais », résume-t-il. Son œuvre, entre deux rives de la Méditerranée, pose une question fondamentale : comment dire les blessures d’un pays sans être réduit au silence par ceux qui préfèrent l’oubli ?
📚 Bibliographie sélective
Romans
- Houris — Gallimard, 2024 (Prix Goncourt 2024)
- Zabor ou Les Psaumes — Barzakh/Actes Sud, 2017 (Prix Méditerranée, Prix Transfuge)
- Meursault contre-enquête — Barzakh 2013 / Actes Sud 2014 (Prix Goncourt du premier roman 2015)
Recueils de nouvelles
- Le Minotaure 504 — Sabine Wespieser, 2011
- La Préface du nègre — Barzakh, 2008 (Prix Mohammed Dib)
- La Fable du nain — Dar El Gharb, 2003
Essais et chroniques
- Avant qu’il ne soit trop tard – Chroniques 2015-2025 — Presses de la Cité, 2025
- Il faut parfois trahir — Gallimard (Tracts), 2025
- Le Peintre dévorant la femme — Stock, 2018
- Mes indépendances – Chroniques 2010-2016 — Barzakh/Actes Sud, 2017
- Raïna Raïkoum — Dar El Gharb, 2002
❓ Questions fréquentes
Qui est Kamel Daoud ?
Kamel Daoud est un écrivain et journaliste franco-algérien né le 17 juin 1970 à Mesra près de Mostaganem. Chroniqueur célèbre au Quotidien d’Oran pendant près de 20 ans, il est devenu romancier avec Meursault contre-enquête (2013), réécriture de L’Étranger de Camus. Il est le premier Algérien lauréat du prix Goncourt en 2024 pour son roman Houris.
Pourquoi Kamel Daoud a-t-il reçu le prix Goncourt ?
Kamel Daoud a remporté le prix Goncourt 2024 pour son roman Houris (Gallimard), une fiction sur les massacres de la décennie noire en Algérie (1992-2002). L’Académie Goncourt a salué un livre où « le lyrisme le dispute au tragique » et qui donne voix aux souffrances des femmes algériennes.
Qu’est-ce que Meursault contre-enquête ?
Meursault contre-enquête (2013) est le premier roman de Kamel Daoud. Il s’agit d’une réécriture de L’Étranger d’Albert Camus, racontée du point de vue du frère de « l’Arabe » tué par Meursault. Le livre redonne une identité et une histoire à cette victime anonyme. Il a reçu le prix Goncourt du premier roman en 2015.
Pourquoi Kamel Daoud est-il controversé en Algérie ?
Kamel Daoud suscite la controverse pour ses critiques de l’islamisme, du régime algérien et de certains tabous sociaux. En 2014, un imam salafiste a lancé une fatwa contre lui. Son roman Houris est interdit en Algérie car il évoque la décennie noire, sujet tabou. En 2025, il fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par Alger.
Kamel Daoud vit-il toujours en Algérie ?
Non, Kamel Daoud s’est installé en France en 2023 après des pressions croissantes en Algérie. Il a été naturalisé français en 2020. Il enseigne l’écriture créative à Sciences Po Paris. Il se définit comme un exilé « par la force des choses », contraint de quitter Oran, sa ville de cœur.
Quels prix Kamel Daoud a-t-il remportés ?
Principaux prix : Prix Goncourt 2024 (Houris), Prix Goncourt du premier roman 2015 (Meursault contre-enquête), Prix des cinq continents de la Francophonie 2014, Prix François-Mauriac 2014, Grande Médaille de la Francophonie de l’Académie française 2018, Prix Lagardère du meilleur journaliste 2016, Prix Méditerranée et Prix Transfuge 2017 (Zabor).




















































































































































































































































































































































































































































































































































































































