Retraité algérien en France avec une pension algérienne : quelle couverture maladie ?
- Dzaïr Zoom / 2 jours
- 16 septembre 2026

Un retraité algérien installé en France peut être couvert par l’Assurance Maladie même s’il n’a jamais cotisé en France, à condition que sa seule pension — versée par la CNR (Caisse Nationale des Retraites algérienne) — soit reconnue au titre de la convention franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980. Cette voie n’est ni automatique ni instantanée : elle suppose une démarche précise auprès de la CPAM du lieu de résidence, avec le formulaire de liaison SE 352-08, et elle ne s’applique que si l’intéressé n’a aucun droit propre au régime français. Pour les retraités qui ne remplissent aucune de ces deux conditions, deux filets de sécurité existent : la Protection universelle maladie (PUMa) par la résidence, et la Complémentaire santé solidaire (CSS) pour l’accès aux soins sans avance de frais.
À retenir : il existe trois situations bien distinctes, et confondre l’une avec l’autre est l’erreur la plus fréquente.
1) Le retraité qui a cotisé en France (même brièvement) relève du régime français, point final.
2) Le retraité dont l’unique pension est algérienne peut être couvert au titre de la convention franco-algérienne, via une attestation CNR et le formulaire SE 352-08 transmis par la CPAM.
3) Le retraité sans aucun droit ouvert (ni France, ni convention) doit passer par la PUMa, sous condition de résidence stable et régulière d’au moins trois mois, et peut ensuite solliciter la CSS selon ses ressources.
Une nouvelle contribution santé pour certains titulaires de visa « visiteur » a été introduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; son montant reste à préciser par décret.
Sommaire
- Le cadre juridique : la convention franco-algérienne de 1980
- Les trois situations possibles pour un retraité algérien en France
- Cas 1 : vous avez cotisé en France, même un temps
- Cas 2 : vous ne touchez qu’une pension algérienne (CNR)
- Le formulaire SE 352-08 : ce qu’il faut savoir
- Cas 3 : vous n’avez aucun droit ouvert — PUMa et CSS
- Tableau comparatif des trois situations
- Conjoint et enfants : qui est couvert, et où
- Ce que cette couverture ne concerne pas
- Pourquoi une complémentaire santé reste utile
- Les démarches étape par étape
- Cas pratiques : trois scénarios typiques de la diaspora
- Erreurs fréquentes à éviter
- Questions fréquentes
- Lire aussi
- Sources officielles et références
Le cadre juridique : la convention franco-algérienne de 1980
Le texte de référence est la Convention générale de sécurité sociale entre la France et l’Algérie, signée le 1er octobre 1980, complétée par un Arrangement administratif général du 28 octobre 1981. Ce texte couvre notamment l’assurance vieillesse et l’assurance maladie-maternité, et pose un principe simple mais souvent mal compris : un ressortissant français ou algérien titulaire d’une pension de vieillesse du régime algérien peut bénéficier d’une couverture maladie en France au titre de cette pension, à condition de ne pas déjà disposer d’un droit propre au regard du régime français.
Ce mécanisme n’est pas une faveur ni une aide sociale : c’est une prestation de sécurité sociale « dérivée » de la pension algérienne, gérée en pratique par la CPAM du lieu de résidence en France, en lien avec l’institution algérienne débitrice (la CNR pour les pensions de vieillesse du régime général algérien). Le CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale) est l’organisme de liaison officiel côté français pour l’application de cette convention.
Ce cadre juridique concerne uniquement la couverture maladie. Il ne dit rien sur le calcul de votre pension, sur les difficultés bien documentées de versement de la pension CNR à l’étranger, ni sur vos droits à l’ASPA ou votre fiscalité : ces sujets sont traités en détail dans notre guide sur la retraite des Algériens en France, qui reste la ressource de référence pour tout ce qui touche au versement et au montant de la pension elle-même.
Les trois situations possibles pour un retraité algérien en France
Avant toute démarche, il faut savoir dans laquelle des trois situations suivantes vous vous trouvez, car la procédure — et l’organisme à contacter — n’est pas la même :
- Vous avez travaillé et cotisé en France, ne serait-ce que quelques années, avant ou après avoir travaillé en Algérie.
- Vous n’avez jamais cotisé en France et votre seul revenu de retraite est une pension algérienne (CNR, ou pension de non-salarié CASNOS).
- Vous n’avez ni cotisé en France, ni de pension reconnue en Algérie (dossier en cours, pension non liquidée, carrière incomplète), ou votre pension algérienne n’ouvre pas droit à la convention.
Ces trois cas ne s’excluent pas dans le temps : un dossier CNR en cours d’instruction peut par exemple relever du troisième cas en attendant, puis basculer vers le deuxième une fois la pension reconnue.
Cas 1 : vous avez cotisé en France, même un temps
Si vous avez travaillé en France — salarié, indépendant, fonction publique — et que vous percevez à ce titre une pension française (CNAV, Carsat, MSA, régime complémentaire Agirc-Arrco, ou une pension au prorata grâce à la totalisation des trimestres avec l’Algérie), vous êtes affilié à l’Assurance Maladie française exactement comme n’importe quel retraité ayant travaillé en France. Ce droit est totalement indépendant de votre nationalité : seule compte votre carrière de cotisation. Vous bénéficiez de la Carte Vitale et du remboursement des soins dans les conditions de droit commun.
Dans ce cas, la convention franco-algérienne ne s’applique pas à votre couverture maladie — elle intervient seulement en amont, pour la totalisation des trimestres qui vous a permis d’atteindre le seuil requis pour percevoir une pension française. Ce mécanisme de totalisation est expliqué en détail dans notre article sur les carrières France-Algérie et le calcul des trimestres. Ce cas ne pose généralement pas de difficulté pratique : c’est le deuxième cas, plus fréquent qu’on ne le croit chez les retraités arrivés en France uniquement pour rejoindre leur famille, qui mérite le plus d’attention.
Cas 2 : vous ne touchez qu’une pension algérienne (CNR)
C’est la situation centrale de cet article : vous résidez en France — parce que vous avez rejoint un enfant, un conjoint, ou pour toute autre raison personnelle — et votre seul revenu de retraite est une pension de vieillesse versée par la CNR algérienne (ou, pour les non-salariés, par la CASNOS). Vous n’avez jamais cotisé au régime français. La convention franco-algérienne prévoit alors que vous pouvez bénéficier de la couverture maladie française au titre de votre pension algérienne, à la condition expresse de ne disposer d’aucun droit au regard du régime français.
Concrètement, cela signifie que l’Assurance Maladie vous couvre comme n’importe quel assuré du régime général — remboursement des consultations, des médicaments, de l’hospitalisation en France — non pas parce que vous avez cotisé en France, mais parce que votre pension algérienne vous ouvre ce droit par l’effet de la convention bilatérale. La différence est purement juridique ; le résultat pratique pour vos soins courants est proche.
Ce droit ne se substitue pas au versement de votre pension algérienne elle-même : les difficultés bien connues de versement de la pension CNR pour les résidents hors d’Algérie n’empêchent pas, en principe, l’ouverture du droit à la couverture maladie dès lors que la pension est reconnue et que vous disposez d’une attestation. Ce sont deux démarches distinctes, menées auprès de deux organismes différents.
Le formulaire SE 352-08 : ce qu’il faut savoir
La procédure repose sur un jeu de trois formulaires de liaison prévus par l’arrangement administratif de 1981 :
- SE 352-08 I : la CPAM transmet cette demande d’attestation de droit aux soins à l’institution algérienne débitrice de votre pension (la CNR), pour vérifier votre situation.
- SE 352-08 II : si votre droit est reconnu, l’institution algérienne établit cette attestation, qui ouvre votre couverture maladie en France.
- SE 352-08 III : en cas de rejet, l’institution algérienne notifie ce refus, généralement motivé (pension insuffisante, dossier incomplet, doute sur la qualité de pensionné).
Selon le CLEISS, si votre droit est reconnu (formulaire SE 352-08 II), les prestations en nature de l’assurance maladie — c’est-à-dire le remboursement de vos soins — vous sont servies, ainsi qu’à vos ayants droit résidant habituellement avec vous, exactement comme si vous étiez assuré au titre du seul régime français.
Pour engager la démarche, la CPAM de votre lieu de résidence en France demande généralement :
- Un acte de naissance avec filiation.
- Une pièce d’identité ou un passeport en cours de validité.
- Une attestation ou une notification de pension délivrée par la CNR, précisant le montant et la date d’effet.
- Un justificatif de domicile en France.
Le CLEISS précise qu’aucune attestation n’est délivrée avant le départ d’Algérie : la démarche se fait entièrement depuis la France, une fois installé, en s’adressant directement à la CPAM du lieu de résidence — jamais au consulat ni à une caisse française au hasard. Aucune condition de durée minimale de résidence en France n’est mentionnée par le CLEISS pour cette procédure, contrairement au délai de trois mois exigé pour la PUMa par la résidence (voir plus bas) : c’est, en théorie, un avantage pratique de la voie « convention » pour un retraité qui vient d’arriver et dispose déjà d’une pension algérienne reconnue.
Les délais de traitement ne sont pas fixés par un texte précis et dépendent de la réactivité de l’institution algérienne sollicitée : il est prudent de conserver une copie de chaque échange et de relancer sa CPAM après plusieurs semaines sans réponse plutôt que d’attendre indéfiniment.
Cas 3 : vous n’avez aucun droit ouvert — PUMa et CSS
Si vous ne remplissez ni les conditions du cas 1 (cotisation française), ni celles du cas 2 (pension algérienne reconnue par la convention), vous pouvez néanmoins être couvert grâce à la Protection universelle maladie (PUMa), qui garantit la prise en charge des frais de santé de toute personne qui réside en France de manière stable et régulière, indépendamment de son statut professionnel. Pour une personne sans activité, cette stabilité de résidence est en pratique appréciée après trois mois de présence ininterrompue sur le territoire, sous réserve de disposer d’un titre de séjour ou d’un visa en cours de validité.
La PUMa ne couvre que les soins ; elle ne dispense pas de payer une part des frais restant à charge (ticket modérateur, franchises). C’est là qu’intervient la Complémentaire santé solidaire (CSS), qui permet, sous condition de ressources, de bénéficier d’une prise en charge complémentaire gratuite ou à faible coût. Depuis le 1er avril 2026 et jusqu’au 31 mars 2027, le plafond de ressources annuel pour la CSS sans participation financière est de 10 421 € pour une personne seule en métropole (868 € par mois) et de 15 632 € pour un couple ; au-delà, la CSS reste accessible avec participation financière jusqu’à 1 172 € par mois pour une personne seule et 1 759 € pour un couple. Ces montants évoluent chaque année et selon la composition du foyer : notre guide dédié à la Complémentaire santé solidaire pour étrangers détaille le barème complet et la procédure de demande.
Un point d’actualité à surveiller : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a introduit une contribution santé obligatoire pour les ressortissants étrangers hors Union européenne titulaires d’un visa de long séjour « visiteur » et bénéficiaires de la PUMa par la résidence. Le montant de cette contribution doit être fixé par décret d’application, non encore publié à la date de rédaction de cet article. Cette mesure vise spécifiquement les bénéficiaires de la PUMa par la résidence ; elle ne semble pas concerner, en l’état des textes disponibles, les retraités couverts au titre d’une pension algérienne par la convention franco-algérienne (cas 2), puisqu’il s’agit d’un fondement juridique distinct. Cette distinction reste toutefois à faire confirmer par votre CPAM si votre situation est mixte ou si vous détenez précisément un visa « visiteur ».
Tableau comparatif des trois situations
| Situation | Fondement juridique | Organisme à contacter | Condition de résidence | Justificatif clé |
|---|---|---|---|---|
| Cas 1 : pension française (même partielle) | Régime général français | CPAM / caisse de retraite | Aucune condition spécifique | Notification de pension française |
| Cas 2 : pension algérienne uniquement | Convention franco-algérienne de 1980 | CPAM du lieu de résidence, via CNR | Aucune durée minimale mentionnée par le CLEISS | Attestation de pension CNR + formulaire SE 352-08 |
| Cas 3 : aucun droit ouvert | PUMa (résidence) puis CSS (ressources) | CPAM du lieu de résidence | Résidence stable et régulière, environ 3 mois pour une personne sans activité | Titre de séjour/visa en cours + justificatifs de ressources |
Conjoint et enfants : qui est couvert, et où
Lorsque votre droit est reconnu au titre de la convention (cas 2), la couverture s’étend à vos ayants droit résidant habituellement avec vous en France — typiquement votre conjoint et vos enfants à charge installés sous le même toit. Elle ne s’étend en revanche pas automatiquement à un conjoint ou des enfants restés en Algérie : ceux-ci relèvent, pour leurs soins sur place, du régime algérien (CNAS ou CASNOS selon les cas), pas de la CPAM française. Ne présumez jamais qu’un droit ouvert en France pour vous s’exporte automatiquement vers un proche resté au pays, ni l’inverse.
Si votre conjoint dispose lui-même d’un droit propre (pension française, activité salariée, statut d’ayant droit d’un autre assuré), c’est ce droit propre qui prévaut et qui doit être déclaré en priorité à la CPAM, la logique des régimes de sécurité sociale évitant en principe les doubles couvertures pour une même personne.
Ce que cette couverture ne concerne pas
Trois confusions reviennent régulièrement et méritent d’être clarifiées avant d’aller plus loin :
- Cet article ne traite pas du sens inverse : celui d’un retraité qui vit en Algérie, perçoit une pension française, et se demande s’il peut conserver sa Carte Vitale ou être soigné en France lors d’un séjour temporaire. Ce cas, régi par des règles différentes (dont la règle des 15 ans d’assurance et la CNAREFE), fait l’objet d’un article dédié : Carte Vitale quand on vit en Algérie.
- La couverture maladie décrite ici ne rembourse pas les soins reçus en Algérie. Elle concerne exclusivement les soins reçus en France. Pour des soins ponctuels en Algérie lors d’un séjour, d’autres règles et d’autres formulaires s’appliquent, distincts de ceux présentés ici.
- Cet article ne traite pas du montant de votre pension, ni des difficultés fréquentes de versement de la pension CNR pour les résidents hors d’Algérie, ni de l’ASPA, ni de la fiscalité de votre pension : ces sujets sont couverts en détail dans notre guide sur la retraite des Algériens en France.
Par ailleurs, votre couverture maladie n’a aucun lien automatique avec votre statut de séjour : disposer d’un certificat de résidence ne vous ouvre pas de droit à l’Assurance Maladie en soi, et inversement, une couverture maladie reconnue ne dispense pas de régulariser votre situation de séjour. Les deux démarches sont menées en parallèle, auprès d’administrations différentes ; notre guide sur le certificat de résidence algérien détaille les conditions et les renouvellements applicables au séjour.
Pourquoi une complémentaire santé reste utile
Que votre couverture provienne du régime français, de la convention franco-algérienne ou de la PUMa, l’Assurance Maladie ne rembourse jamais l’intégralité des frais de santé : une part reste à votre charge (ticket modérateur, dépassements d’honoraires, forfaits hospitaliers, optique et dentaire mal remboursés par le régime de base). Si vos ressources dépassent les plafonds de la CSS, souscrire une mutuelle complémentaire adaptée à votre budget et à votre âge devient pertinent, en particulier pour les postes coûteux comme les prothèses dentaires ou auditives. Notre comparatif des mutuelles pour étrangers en France présente les critères à examiner avant de choisir un contrat.
Les démarches étape par étape
- Identifiez votre situation parmi les trois cas décrits plus haut, en fonction de votre carrière de cotisation et de l’état de reconnaissance de votre pension algérienne.
- Réunissez vos pièces : acte de naissance avec filiation, pièce d’identité, justificatif de domicile, et selon le cas, notification de pension française ou attestation de pension CNR.
- Rendez-vous à la CPAM de votre lieu de résidence (sur place ou via votre compte ameli) pour ouvrir un dossier, en précisant explicitement que vous sollicitez une couverture au titre de la convention franco-algérienne si vous êtes dans le cas 2.
- Laissez la CPAM transmettre le formulaire SE 352-08 I à la CNR : cette étape ne dépend pas de vous, mais vous pouvez relancer votre CPAM si le délai s’allonge sans nouvelle.
- À réception de l’attestation (SE 352-08 II), votre CPAM ouvre vos droits et vous délivre une Carte Vitale.
- En cas de rejet (SE 352-08 III), demandez le motif exact et vérifiez si une demande de pension complémentaire ou une régularisation de dossier CNR peut lever l’obstacle ; en dernier recours, orientez-vous vers la PUMa par la résidence.
- Si vous ne remplissez aucune des deux premières conditions, demandez directement l’ouverture de vos droits au titre de la PUMa après trois mois de résidence stable, puis déposez une demande de CSS si vos ressources sont sous les plafonds.
Cas pratiques : trois scénarios typiques de la diaspora
Les exemples suivants sont fictifs et donnés à titre pédagogique ; ils illustrent le raisonnement à suivre, pas un résultat garanti pour votre propre dossier.
Scénario 1 — Le retraité arrivé par regroupement familial. Kamel, 68 ans, a travaillé toute sa carrière en Algérie et perçoit une pension CNR. Il rejoint sa fille installée en France et obtient un certificat de résidence. N’ayant jamais cotisé en France, il relève du cas 2 : il doit demander l’ouverture de ses droits à la CPAM de son nouveau domicile, en présentant son attestation de pension CNR, pour déclencher le formulaire SE 352-08.
Scénario 2 — La retraitée à carrière mixte. Fatiha a travaillé quinze ans en Algérie puis vingt ans en France comme salariée. Elle perçoit une pension française de la Carsat, calculée en partie grâce à la totalisation de ses années algériennes, et une pension algérienne versée en parallèle. Sa couverture maladie relève entièrement du cas 1 : sa pension française, même modeste, suffit à la rattacher au régime général, indépendamment de sa pension algérienne.
Scénario 3 — Le dossier CNR en attente. Boualem vient de s’installer en France auprès de son fils. Sa demande de pension a été déposée en Algérie mais n’est pas encore liquidée : il ne dispose donc, pour l’instant, d’aucune attestation CNR exploitable. Le temps que son dossier aboutisse, il relève du cas 3 et peut demander l’ouverture de ses droits au titre de la PUMa par la résidence, dès lors qu’il atteint environ trois mois de présence stable en France. Une fois sa pension algérienne reconnue, il pourra faire valoir le cas 2 auprès de sa CPAM.
Erreurs fréquentes à éviter
- Penser qu’un certificat de résidence ou un simple visa suffit à ouvrir automatiquement des droits à l’Assurance Maladie.
- Confondre le droit à la pension algérienne (versement, montant, litiges avec la CNR) et le droit à la couverture maladie qui en découle : ce sont deux démarches distinctes, même si la seconde dépend de la reconnaissance de la première.
- S’adresser au consulat d’Algérie pour une demande de couverture maladie en France, alors que l’interlocuteur est la CPAM du lieu de résidence.
- Croire que la couverture obtenue en France s’applique aussi aux soins reçus en Algérie, ou qu’elle couvre automatiquement un conjoint resté au pays.
- Attendre passivement une réponse au formulaire SE 352-08 sans relancer sa CPAM après plusieurs semaines de silence.
- Renoncer à toute démarche faute de pension algérienne reconnue, alors que la PUMa par la résidence reste ouverte dans l’attente.
Questions fréquentes
Un retraité algérien sans pension française peut-il avoir la Sécurité sociale en France ?
Oui, à deux conditions alternatives : soit sa pension algérienne est reconnue au titre de la convention franco-algérienne de 1980 (formulaire SE 352-08), soit il remplit les conditions de résidence stable et régulière de la PUMa.
Quelle différence entre la couverture par la convention et la PUMa ?
La couverture par la convention découle de votre pension algérienne et ne dépend pas d’une durée de résidence particulière selon le CLEISS. La PUMa découle uniquement de votre résidence en France et suppose, pour une personne sans activité, environ trois mois de présence stable avant ouverture des droits.
Quel document prouve mon droit à la pension algérienne pour la CPAM ?
Une attestation ou une notification de pension délivrée par la CNR, précisant le montant et la date d’effet de votre pension de vieillesse.
Que se passe-t-il si la CNR ne répond pas au formulaire SE 352-08 I ?
Aucun délai légal précis n’encadre la réponse. Il est conseillé de relancer votre CPAM après plusieurs semaines sans nouvelle plutôt que d’attendre indéfiniment, et de conserver une copie de chaque échange.
Mon conjoint resté en Algérie est-il couvert par ma demande ?
Non. La couverture au titre de la convention ne s’étend qu’aux ayants droit résidant habituellement avec vous en France. Un conjoint resté en Algérie relève du régime algérien pour ses soins sur place.
Faut-il une mutuelle en plus de cette couverture ?
Dans la plupart des cas, oui, car l’Assurance Maladie de base ne rembourse jamais l’intégralité des frais. Si vos ressources sont modestes, vérifiez d’abord votre éligibilité à la CSS avant de souscrire une mutuelle payante.
Une pension française, même faible, annule-t-elle le recours à la convention ?
Oui en principe : dès lors que vous disposez d’un droit propre au regard du régime français, même limité, ce droit prévaut et la voie « convention au titre de la pension algérienne » n’a plus lieu d’être invoquée.
Peut-on cumuler une pension française et une pension algérienne pour la couverture maladie ?
La couverture ne se cumule pas : c’est votre droit au régime français, dès lors qu’il existe, qui s’applique, quelle que soit par ailleurs l’existence d’une pension algérienne perçue en parallèle.
Que faire en cas de rejet (formulaire SE 352-08 III) ?
Demandez le motif exact du rejet à votre CPAM. Selon le cas, une régularisation du dossier CNR peut être nécessaire ; en attendant, tournez-vous vers la PUMa par la résidence si vous remplissez les conditions.
Un retraité algérien en visa « visiteur » doit-il payer une cotisation santé en 2026 ?
Une contribution santé pour les bénéficiaires de la PUMa titulaires d’un visa « visiteur » a été introduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, mais son montant n’était pas encore fixé par décret à la date de rédaction de cet article. Renseignez-vous auprès de votre CPAM pour connaître son application concrète à votre dossier.
La CSS est-elle automatique pour les petites pensions ?
Non, elle doit être demandée explicitement auprès de l’Assurance Maladie, avec un justificatif de vos ressources des douze derniers mois, y compris votre pension.
Faut-il légaliser ou traduire l’attestation de pension algérienne ?
La CPAM peut exiger une traduction officielle des documents rédigés en arabe. Il est prudent de vérifier ce point directement auprès de votre caisse avant de déposer votre dossier, les pratiques pouvant varier selon les caisses.
Lire aussi
- Santé et assurance pour un Algérien en France : le guide complet
- Toucher sa pension CNR en France ou au Canada : compte bancaire, change et fiscalité
- Certificat de résidence 10 ans pour Algérien : conditions et démarches
Sources officielles et références
- CLEISS — Vous venez d’Algérie pour vivre votre retraite en France, quelle sera votre couverture maladie ? (conditions d’éligibilité, formulaires SE 352-08, procédure)
- CLEISS — Texte de la convention générale de sécurité sociale franco-algérienne du 1er octobre 1980
- Ameli.fr — La protection universelle maladie (PUMa)
- Ameli.fr — Qui peut bénéficier de la Complémentaire santé solidaire (CSS) (plafonds de ressources applicables depuis le 1er avril 2026)
- Légifrance — Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026





