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Abderrahmane Farès

🇩🇿 Histoire de l’Algérie • Indépendance 1962

Abderrahmane Farès : Le Bâtisseur de Ponts de l’Indépendance Algérienne

Biographie complète du premier notaire algérien, président de l’Assemblée algérienne, homme de dialogue qui présida l’Exécutif provisoire et assura la transition vers l’indépendance en 1962.

📅 30 janvier 1911 – 13 mai 1991
📍 Amalou (Béjaïa)
⚖️ Notaire • Homme d’État

⚖️ Fiche d’identité
Abderrahmane Farès
عبدالرحمن فارس — Ɛebderaḥman Fares
Naissance
30 janvier 1911 • Amalou
Décès
13 mai 1991 • Zemmouri
Profession
Notaire
Fonction historique
Président Exécutif provisoire

Peu connu du grand public, Abderrahmane Farès occupe pourtant une place essentielle dans l’histoire contemporaine de l’Algérie. Premier notaire algérien dès 1936, président de l’Assemblée algérienne en 1953, signataire du Manifeste des 61, il incarna la voix de la sagesse et du dialogue lors du passage de l’ordre colonial à la République souveraine. Nommé président de l’Exécutif provisoire en avril 1962, il géra la transition la plus délicate de l’histoire du pays : entre terrorisme de l’OAS, rivalités entre factions du FLN et préparation du référendum d’autodétermination. Son héritage est celui d’un « bâtisseur de ponts », serviteur d’une patrie qu’il aima jusqu’à son dernier souffle.

🏔️ Origines et jeunesse kabyle (1911-1931)

Naissance en Kabylie

Abderrahmane Farès naît le 30 janvier 1911 à Ikharchouchene, dans la commune d’Amalou, près d’Akbou, dans l’actuelle wilaya de Béjaïa. Il voit le jour au sein d’une famille modeste de cette région berbère du centre-nord de l’Algérie, la basse Kabylie.

Sa vie bascule très tôt : orphelin à l’âge de six ans, il perd son père en 1917, mort pour la France durant la Première Guerre mondiale. Recueilli par son grand-père, l’enfant se révèle un élève assidu et brillant.

📚 Une formation juridique d’exception

Envoyé d’abord chez un oncle notaire à Akbou, puis chez un notaire réputé d’Alger, le jeune Abderrahmane suit des études de droit à la Faculté d’Alger, qu’il complète à Aix-en-Provence en France. Cette formation juridique d’excellence lui ouvrira les portes d’une carrière exceptionnelle.

Le footballeur du Mouloudia

Fait méconnu : Abderrahmane Farès fut également joueur de football. Passionné du ballon rond depuis l’enfance, il joue d’abord pour le club de Béjaïa avant de rejoindre le prestigieux Mouloudia Club d’Alger (MCA), le « club phare des musulmans ».

Il évolue au MCA pendant trois saisons en première division (1932-1935). Amoureux de ce club, il n’hésite pas à proposer les services de ses amis joueurs européens — notamment Vial et Vizu — pour renforcer l’équipe « vert et rouge ». Plus tard, devenu président de l’Assemblée algérienne, il aura même l’honneur de recevoir toute l’équipe du Mouloudia à Biskra pour un match amical.

⚖️ Premier notaire algérien d’Algérie

Après ses études de droit, Abderrahmane Farès entame une carrière juridique marquée par plusieurs étapes : il devient tour à tour huissier à Sétif, greffier à Sebdou, puis assistant notaire.

En 1936, il s’installe à Collo et devient le premier notaire public musulman en Algérie. C’est un événement historique : dans une Algérie coloniale où les indigènes sont maintenus dans un statut d’infériorité juridique, un Algérien accède pour la première fois à cette charge prestigieuse.

📋 Parcours professionnel

  • 📅
    1931 : Achèvement des études de droit à Alger
  • ⚖️
    1931-1936 : Huissier à Sétif, greffier à Sebdou, assistant notaire
  • 🏆
    1936 : Premier notaire algérien d’Algérie (Collo)
  • 🏛️
    Après 1936 : Notaire à Berrouaghia, puis à Koléa

Cette réussite professionnelle fait de Farès un notable respecté au sein de la bourgeoisie algérienne. Profondément imprégné de culture française, il croit encore à cette époque à la possibilité d’une évolution du système colonial vers l’égalité des droits.

🗳️ L’entrée en politique (1945-1955)

Les premiers mandats (1945-1946)

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Abderrahmane Farès entre en politique. En 1945, il devient conseiller municipal, puis siège au Conseil général du département d’Alger et à l’Assemblée financière de l’Algérie.

Proche des socialistes de la SFIO, il est candidat aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante de la IVe République. Il devient membre de cette assemblée le 20 février 1946, en remplacement d’Abdelouahab Bachir qui a démissionné.

🗳️ Le combat pour le collège unique

D’abord favorable à une « intégration dans le cadre français », Farès défend à l’Assemblée l’établissement d’une égalité des droits entre Français de souche européenne et Français musulmans, notamment par l’instauration du collège unique dans le régime électoral algérien. Il dénonce les contradictions des communistes et démocrates populaires qui soutiennent ce principe en parole mais le refusent en pratique.

Président de l’Assemblée algérienne (1953)

Déçu par les refus successifs opposés à ses propositions d’égalité, Farès ne se représente pas aux élections de juin 1946. Il choisit de siéger à l’Assemblée algérienne, dont il devient président le 12 mai 1953.

À ce poste, il conduit une politique modérée et pragmatique. Mais les événements vont bientôt le rattraper.

Le Manifeste des 61 (1955)

Le 1er novembre 1954, lorsque éclate l’insurrection, Abderrahmane Farès se trouve… à Chicago. Il y séjourne depuis le début d’août, dans le cadre d’une bourse proposée par le consul général américain à Alger pour visiter les États-Unis.

Il croit encore au processus d’intégration. Mais les massacres du Constantinois en août 1955 (insurrection du Nord-Constantinois, suivie d’une répression sanglante) changent tout. Farès prend ses distances avec Jacques Soustelle et sa politique d’assimilation.

Le 26 septembre 1955, il signe le Manifeste des 61, un texte historique par lequel 61 élus algériens du 2e Collège rejettent l’intégration et se réfèrent ouvertement à la « nationalité algérienne ». C’est une rupture décisive.

« Doutant de la France, ils rejetaient l’intégration préconisée par le gouverneur Soustelle et se référaient ouvertement à la nationalité algérienne. »

Encyclopédie Universalis

À propos du Manifeste des 61

🔥 Le ralliement au FLN et l’arrestation

Trésorier de la Fédération de France (1956)

En 1956, Abderrahmane Farès franchit le pas : il s’installe à Paris et se rallie officiellement au Front de libération nationale (FLN). Au sein de la Fédération de France du FLN, il est chargé de collecter des fonds pour le mouvement indépendantiste et apporte ses conseils juridiques.

Ses compétences juridiques et son réseau relationnel font de lui un intermédiaire précieux entre les instances de la Révolution et le gouvernement français.

L’intermédiaire entre De Gaulle et le FLN (1958)

Au cours de l’été 1958, Farès est reçu à l’Élysée par le général de Gaulle, tout en maintenant de nombreux contacts avec les leaders algériens en Suisse. De Gaulle lui expose son plan pour mettre fin aux hostilités — posant comme préalable le dépôt des armes — et lui propose un poste ministériel.

Farès décline l’offre après avoir consulté Ferhat Abbas en Suisse. L’offre de « paix des braves » faite par de Gaulle en octobre 1958 lui paraît « maladroite et incomplète ». La fin de non-recevoir opposée par le GPRA à cette offre lui est imputée.

Ses fréquentes visites à Ben Bella, alors détenu au château de Turquant, ne passent pas inaperçues des autorités françaises.

⛓️ L’arrestation (novembre 1961)

Le 4 novembre 1961 (ou 15 novembre selon certaines sources), Abderrahmane Farès est arrêté par les autorités françaises et inculpé d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Il est emprisonné à la prison de Fresnes. Il y restera jusqu’au lendemain de la signature des accords d’Évian.

🏛️ Président de l’Exécutif provisoire (1962)

La libération et le discours historique

Le 19 mars 1962, lendemain de la signature des accords d’Évian, Abderrahmane Farès est libéré de la prison de Fresnes. Il se rend d’abord à Rabat, puis rejoint l’Algérie le 30 mars.

Ce jour-là, il prononce un discours télévisé devenu célèbre, un appel à la paix et au rejet de la violence, notamment destiné aux Français d’Algérie terrorisés par les violences de l’OAS.

« Personne au monde ne peut excuser les plastiquages, les manifestations bruyantes et stériles, les assassinats actuels qui, s’ils continuent, ne vous conduiront qu’au néant. »

Abderrahmane Farès

Discours télévisé du 30 mars 1962, s’adressant aux Européens d’Algérie

La nomination à la tête de l’Exécutif provisoire

Le 6 avril 1962, Abderrahmane Farès est nommé président de l’Exécutif provisoire algérien par décret, conformément aux accords d’Évian. Il entre en fonction le 13 avril, jour de la proclamation des résultats du référendum du 8 avril (qui a approuvé les accords à plus de 90 %).

L’Exécutif provisoire s’installe à Rocher Noir (aujourd’hui Boumerdès), à une vingtaine de kilomètres d’Alger. Il est composé de douze membres : trois Européens et neuf musulmans, dont six appartenant au FLN.

📋 Missions de l’Exécutif provisoire

  • 📋
    Gérer les affaires courantes de l’Algérie pendant la période de transition
  • 🗳️
    Organiser le référendum d’autodétermination (fixé au 1er juillet 1962)
  • 🛡️
    Maintenir l’ordre et faire respecter le cessez-le-feu
  • 🤝
    Collaborer avec le Haut-Commissaire français Christian Fouchet

Une mission impossible

La tâche est titanesque. Farès doit faire face simultanément au terrorisme de l’OAS qui sème la terreur, aux incertitudes de l’après-guerre et aux rivalités entre les dirigeants du FLN. Comme il l’écrira plus tard dans ses mémoires : « Il n’y a que deux solutions, réussir ou y laisser la peau. »

Pour réussir la transition, il privilégie le dialogue, loin des discours enflammés. Il s’accorde avec le Haut-Commissaire Christian Fouchet sur des mesures de maintien de l’ordre. Une force locale est créée, mais elle s’avérera largement inefficace face à l’ampleur des violences.

💣 Les négociations avec l’OAS

L’Organisation armée secrète (OAS) met l’Algérie à feu et à sang. Plastiquages, assassinats, politique de la « terre brûlée » : la population musulmane manque de nourriture et de médicaments, ne pouvant accéder aux hôpitaux. L’OAS va jusqu’à incendier la grande bibliothèque d’Alger (600 000 livres brûlés) et à plastiquer l’hôtel de ville.

Face à cette folie meurtrière, Abderrahmane Farès décide d’engager des négociations secrètes avec les chefs de l’OAS encore en liberté, en particulier Jean-Jacques Susini, l’idéologue de l’organisation.

🤝 Les contacts Farès-Susini

Un premier rendez-vous est fixé le 18 mai 1962. Pour montrer la puissance de l’OAS, Susini téléphone à Farès pour l’avertir qu’une bombe a été placée dans un bac de fleurs devant son bureau de Rocher Noir ! « Homme rond, affable, profondément francophile », Farès a toute la confiance du général de Gaulle. Les contacts se poursuivent avec l’ancien maire d’Alger, Jacques Chevallier, comme intermédiaire.

Le problème : Farès négocie sans avoir reçu d’autorisation du FLN. Le GPRA et le groupe FLN de l’Exécutif provisoire, notamment Chawki Mostefaï, découvrent ces tractations presque par hasard.

Finalement, ce sont les accords Susini-Mostefaï du 17 juin 1962 qui mettront fin aux opérations de l’OAS d’Alger. Bien que controversés, ces accords auront permis d’éviter des milliers de morts supplémentaires.

Le transfert des pouvoirs (juillet-septembre 1962)

Le 1er juillet 1962, le référendum d’autodétermination est organisé. Les résultats sont proclamés le 3 juillet : la France reconnaît solennellement l’indépendance de l’Algérie. Le général de Gaulle transfère officiellement les pouvoirs à l’Exécutif provisoire.

Abderrahmane Farès décide de transmettre ses pouvoirs à Benyoucef Benkhedda, président du GPRA. Mais ce dernier, en plein conflit avec le bureau politique du FLN de Ben Bella, est obligé de refuser la charge. Le pays sombre dans l’anarchie et les luttes de factions.

Le 25 septembre 1962, après l’élection de l’Assemblée nationale constituante, Farès remet finalement le pouvoir à son président, Ferhat Abbas.

« Abderrahmane Farès incarne la figure du modéré algérien, écouté par toutes les parties. Sa présence à la tête de l’Exécutif fut un choix politique stratégique, mais aussi éthique. »

Benjamin Stora

Historien

📖 Après l’indépendance : disgrâce et mémoires

L’opposition à Ben Bella et l’arrestation

Membre de l’Assemblée nationale algérienne, Abderrahmane Farès ne cache pas ses sentiments hostiles au nouveau pouvoir. Il juge les réformes révolutionnaires de Ben Bella trop rapides et dénonce ouvertement sa politique autoritaire.

En juillet 1964, il est arrêté sur ordre de Ben Bella et placé en résidence surveillée dans le Sud algérien. C’est, selon ses propres mots, un « malheureux malentendu ».

Il est libéré un an plus tard, en juin 1965, en même temps que plusieurs personnalités de l’opposition — quelques jours avant le coup d’État de Houari Boumedienne (19 juin 1965) qui renverse Ben Bella.

Le retrait de la vie politique

Après sa libération, Abderrahmane Farès « se retire de la vie politique avec élégance ». En 1971, il est évincé de son étude de notaire lors de la nationalisation de la profession par le régime de Boumedienne.

Il partage désormais son temps entre sa résidence de Koléa et des voyages en Europe.

« La Cruelle vérité » (1982)

En 1982, Abderrahmane Farès publie ses mémoires sous le titre « La Cruelle vérité : l’Algérie de 1945 à l’indépendance » (Éditions Plon). Cette autobiographie de 250 pages évoque notamment la période de transition de mars-juillet 1962 et les modalités des négociations avec l’OAS.

📚 « La Cruelle vérité »

Titre : La Cruelle vérité : l’Algérie de 1945 à l’indépendance
Auteur : Abderrahmane Farès
Éditeur : Plon, Paris
Date : Janvier 1982 (réédité en avril 1989)
Pages : 250 pages
ISBN : 2-259-00883-6

Le décès (1991)

Abderrahmane Farès s’éteint le 13 mai 1991 à Zemmouri (wilaya de Boumerdès), à l’âge de 80 ans, dans une Algérie déjà marquée par de nouvelles turbulences (début de la « décennie noire »).

Il est enterré au cimetière d’El-Alia à Oued Smar. Son fils, Nabile Farès (1940-2016), deviendra un écrivain et poète algérien reconnu.

« Un homme sage, un homme d’équilibre. Il a su faire le lien entre deux mondes, celui qui finissait et celui qui naissait. »

Krim Belkacem

Signataire des accords d’Évian

❓ Questions fréquentes sur Abderrahmane Farès

Qui était Abderrahmane Farès ?

Abderrahmane Farès (1911-1991) était un homme politique algérien, premier notaire algérien en Algérie (1936), président de l’Assemblée algérienne (1953), signataire du Manifeste des 61 (1955) et président de l’Exécutif provisoire algérien (avril-septembre 1962). Il joua un rôle crucial dans la transition vers l’indépendance.

Quel était le rôle de l’Exécutif provisoire présidé par Farès ?

L’Exécutif provisoire, créé par les accords d’Évian, était chargé de gérer les affaires courantes de l’Algérie pendant la période de transition (avril-septembre 1962), d’organiser le référendum d’autodétermination du 1er juillet 1962, et de maintenir l’ordre face aux violences de l’OAS.

Abderrahmane Farès a-t-il négocié avec l’OAS ?

Oui, face aux violences de l’OAS, Abderrahmane Farès engagea des négociations secrètes avec Jean-Jacques Susini. Ces contacts, bien que controversés car menés sans l’autorisation du FLN, contribuèrent aux accords Susini-Mostefaï du 17 juin 1962 qui mirent fin aux opérations meurtrières de l’organisation.

Qu’est-ce que le Manifeste des 61 signé par Farès ?

Le Manifeste des 61, signé le 26 septembre 1955 par 61 élus algériens du 2e Collège dont Farès, marquait une rupture avec la politique d’intégration. Les signataires y rejetaient l’assimilation préconisée par le gouverneur Soustelle et se référaient ouvertement à la « nationalité algérienne ».

Pourquoi Farès a-t-il été arrêté après l’indépendance ?

En désaccord avec la politique autoritaire du président Ahmed Ben Bella et ses réformes qu’il jugeait trop rapides, Abderrahmane Farès fut arrêté en juillet 1964 et placé en résidence surveillée dans le Sud algérien. Il fut libéré un an plus tard, après le coup d’État de Houari Boumedienne.

Abderrahmane Farès a-t-il joué au football ?

Oui, Abderrahmane Farès fut joueur du Mouloudia Club d’Alger (MCA) pendant trois saisons en première division (1932-1935), après avoir joué pour le club de Béjaïa. Passionné de football, il proposa même d’intégrer des joueurs européens dans l’équipe du MCA.

Qu’est devenu Abderrahmane Farès après sa retraite politique ?

Après sa libération en 1965, Abderrahmane Farès se retira de la vie politique. Évincé de son étude de notaire lors de la nationalisation de la profession en 1971, il partagea son temps entre Koléa et l’Europe. Il publia ses mémoires « La Cruelle vérité » en 1982 et décéda le 13 mai 1991 à Zemmouri.

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📚 Sources

  • Wikipédia — « Abderrahmane Farès »
  • Encyclopédie Universalis — « Abderrahman Farès (1911-1991) »
  • El Watan — « Abderrahmane Farès : La voix de la sagesse à l’aube de l’indépendance »
  • Assemblée nationale française — Fiche biographique des députés de la IVe République
  • Babzman — « Cela s’est passé un 13 mai 1991, décès de Abderrahmane Farès »
  • Vie-publique.fr — « C’était le 18 mars 1962 : la signature des accords d’Évian »
  • Slate.fr — « Le 17 juin 1962, la vraie fin de la guerre d’Algérie »
  • Chemins de mémoire — « 1962, fin de guerre en Algérie »
  • Cairn.info — Soraya Laribi, « La force locale après les accords d’Évian »
  • Abderrahmane Farès, « La Cruelle vérité : l’Algérie de 1945 à l’indépendance », Plon, 1982
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