Fadhéla Dziria
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 12 juillet 2017

La Doyenne de la Chanson Citadine
Fadhéla Dziria
1917 – 1970 • Fadhéla Madani • L’Âme éternelle d’Alger
Cantatrice prodige et moudjahida de la première heure, Fadhéla Dziria est la figure de proue du Hawzi et de l’Aroubi algérois. Sa voix, née dans les patios de la Casbah, demeure le symbole du raffinement et de la résistance algérienne.
📍 Alger (Notre-Dame d’Afrique)
⚔️ Moudjahida FLN
Fadhéla Dziria, née Fadhéla Madani, incarne l’âge d’or de la chanson citadine d’Alger. Originaire d’Azeffoun par ses parents, elle a grandi dans le quartier de Notre-Dame-d’Afrique avant de devenir la voix incontestée de la Casbah. Entre l’influence des grandes cheikhates comme Yamna et son engagement actif durant la guerre d’Algérie, son parcours est celui d’une artiste totale. Elle a su porter la musique andalouse féminine des mariages algérois jusqu’aux scènes de l’Opéra de Paris, marquant à jamais l’identité culturelle de la ville d’Alger.
- 1. Origines kabyles et enfance algéroise (1917-1930)
- 2. L’exil parisien et la rencontre avec Abdelhamid Ababsa (1935)
- 3. La reconnaissance : Pacific, Bachtarzi et le succès commercial
- 4. L’engagement militant : Le FLN et la prison de Barberousse
- 5. Discographie : Les archives sonores du patrimoine
- 6. Un héritage immortel au cimetière d’El Kettar
- 7. Questions fréquentes
🌆
Origines kabyles et enfance algéroise (1917-1930)
Fadhéla Madani naît le 25 juin 1917 à Djenan Beit El Mal, un quartier pittoresque situé près de Notre-Dame-d’Afrique à Alger. Ses parents, Mehdi Ben Abderrahmane et Fettouma Khelfaoui, sont des conservateurs originaires d’Azeffoun en Kabylie. Cette double culture infuse dès son enfance : elle grandit dans l’atmosphère citadine d’Alger tout en gardant la rigueur des montagnes.
Très jeune, elle manifeste un talent inné pour le chant. Elle s’exerce en imitant la grande cheikha Yamna Bent El Hadj El Mahdi, captant les subtilités de sa voix. Au début des années 30, lors des soirées de Ramadan, elle commence à animer des scènes au Café des Sports, chantant aussi bien en arabe qu’en kabyle. C’est à la Radio Alger, dans l’émission de Mohamed Elhabib Hachelaf, qu’elle est véritablement découverte par le grand public.

🗼
L’exil parisien et la rencontre avec Ababsa (1935)
Après un mariage précoce dissous, Fadhéla s’exile à Paris en 1935. Elle y chante dans les quartiers à forte concentration maghrébine, notamment au célèbre cabaret « El Djezaïr ». Cette période est cruciale pour son style : elle y chante du Aâsri (moderne) et rencontre Abdelhamid Ababsa, qui lui enseigne les mélodies en vogue au Sahara et dans les Hauts Plateaux.
De retour à Alger, elle s’installe dans la basse Casbah et intègre l’orchestre de Meriem Fekkaï sous l’influence de maîtres comme Mustapha Skandrani. C’est ici qu’elle adopte définitivement le style algérois « Assimi », devenant l’interprète privilégiée des fêtes de mariage et des veillées traditionnelles.
💿
Pacific, Bachtarzi et le succès commercial
En 1949, elle enregistre son premier disque chez Pacific avec le titre « Hbibi Malou », qui connaît un succès fulgurant. Mahieddine Bachtarzi, séduit par son charisme, l’enrôle dans ses tournées théâtrales. Elle y brille comme comédienne aux côtés de Mohamed Touri et Keltoum, prouvant qu’elle est une artiste aux multiples visages.
En 1954, elle se produit à l’Opéra de Paris lors d’un gala de solidarité, confirmant son statut de cantatrice d’envergure internationale. Elle retourne ensuite à sa passion première, le chant, avec des titres immortels comme Ena Toueiri et Houna Kanou.
🛡️
L’engagement militant : Le FLN et Barberousse
Fadhéla Dziria n’était pas seulement une voix ; elle était une combattante. Avec sa sœur Goucem, elle s’engage activement dans la guerre de libération, utilisant son réseau artistique pour collecter des fonds pour le FLN. Son militantisme lui vaut d’être arrêtée et détenue à la prison de Barberousse (Serkadji).
À sa sortie de prison, elle forme son propre ensemble musical, une véritable « dream team » féminine : sa sœur Goucem à la darbouka, la virtuose Reinette l’Oranaise au violon et sa nièce Assia au piano. Cet orchestre devient le symbole de la fierté et de la pérennité culturelle algérienne.
📀
Discographie : L’héritage sonore
Album : Musique Populaire Algérienne (AAA 079)
- Ya Rqiq Elhajeb
- Ya Qalbi Khalli Elhal
- Fad Eldouach Aliyah
- Sidi Men Issal
- Mal Hbibi Malou
- Lief Elamal
- Frag Ghzali
- Qom Tara
Album : Min touratina athaqafi (ONDA LP 1054)
- Djarh qalbi
- Ena toueiri
- Sbab el hob el gheddar
- Fadh el wahch ‘aliyya
- El ‘Oqar
Album : Ma Djerae (Editions Dounia)
- Yadra Nebra
- Yadra Kan Idjini
- Saadi Rute El Barah
- Ma Djerae
- Allah Ibarak
- Rana Djinak (1960)
- Etzaabli Ou Tmili (1960)
🏛️
Un héritage immortel
Fadhéla Dziria meurt à son domicile à Alger le 6 octobre 1970. Reconnue comme la plus grande cantatrice algérienne de son temps, elle repose désormais au cimetière El Kettar. Elle laisse derrière elle une école de chant où la dignité féminine s’exprime par la perfection mélodique. Pour les Algérois, elle reste la « Diva » qui a su transformer les souffrances de la guerre en une sérénité musicale éternelle.
❓
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelait-on « Dziria » ?
Il s’agit d’un pseudonyme signifiant « L’Algéroise ». Bien que ses parents soient originaires de Kabylie, elle est née et a grandi à Alger, dont elle est devenue l’ambassadrice musicale incontestée.
Fadhéla Dziria était-elle kabyle ?
Oui, par ses parents originaires d’Azeffoun. Elle chantait d’ailleurs couramment en kabyle au début de sa carrière, notamment lors des soirées de Ramadan dans les années 30.
A-t-elle fait de la prison ?
Oui, elle a été incarcérée à la prison de Barberousse (Serkadji) pour son soutien actif au FLN pendant la guerre de libération. Elle collectait des fonds avec sa sœur Goucem.
Quels instruments jouait-elle ?
Elle était une excellente pianiste (apprentissage dès l’âge de 4 ans) et jouait également du luth (oud). Elle s’entourait souvent d’un orchestre féminin virtuose.
« Ma voix est une offrande à la terre qui m’a vu naître et à la poésie qui m’a fait grandir. »
— À la mémoire de Fadhéla Dziria (1917 – 1970)
ⴼⴰⴹⵉⵍⴰ ⴷⵣⵉⵔⵢⴰ — L’éclat éternel d’Alger










































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































