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Première déclaration d’impôt au Canada pour un nouvel arrivant algérien

Un nouvel arrivant qui devient résident fiscal du Canada doit généralement produire une déclaration pour l’année de son arrivée, même s’il n’a travaillé que quelques semaines ou n’a gagné aucun revenu. La règle centrale est de séparer l’année en deux : avant la résidence canadienne et après. À partir de la date où la résidence fiscale commence, les revenus de toutes provenances — y compris ceux d’Algérie — entrent dans le calcul canadien.

La première déclaration en cinq repères

  1. Identifiez la date réelle de début de votre résidence fiscale, qui n’est pas toujours la date inscrite sur un visa.
  2. Si vous habitez au Québec le 31 décembre, préparez deux déclarations : une fédérale et une québécoise.
  3. Déclarez vos revenus mondiaux gagnés à partir de cette date et renseignez correctement les revenus antérieurs demandés.
  4. Conservez la valeur de vos biens algériens au jour de l’arrivée : cette « photo fiscale » pourra servir des années plus tard.
  5. Produisez la déclaration même sans revenu afin de préserver l’accès aux prestations et crédits.

Pour préparer ce guide, la rédaction de Zoom Algérie a vérifié les instructions destinées aux nouveaux arrivants auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC) et de Revenu Québec, puis les a confrontées aux règles sur les revenus étrangers, les biens détenus hors du pays et les prestations. Les informations ont été vérifiées le 2 août 2026. Les formulaires, seuils et dates peuvent évoluer : les instructions correspondant à l’année que vous déclarez demeurent prioritaires.

Avertissement fiscal : ce dossier fournit une méthode générale, pas un avis adapté à une situation personnelle. Une double résidence, une entreprise en Algérie, un bien locatif, une vente immobilière, une pension étrangère ou une société peuvent justifier l’intervention d’un CPA ou d’un fiscaliste.

Qui doit produire une première déclaration d’impôt au Canada ?

L’ARC considère comme nouvel arrivant la personne qui devient résidente du Canada aux fins de l’impôt pour la première fois. Il peut s’agir d’un résident permanent, d’un travailleur temporaire, d’un étudiant international, d’une personne protégée ou même d’un citoyen canadien qui revient s’établir au pays. Le statut d’immigration ne détermine pas, à lui seul, le statut fiscal.

Une déclaration est notamment requise lorsqu’une personne doit payer de l’impôt, lorsqu’elle a réalisé certains gains ou lorsqu’une administration lui demande de produire. Dans la pratique, la produire est aussi essentielle pour obtenir ou maintenir plusieurs crédits et prestations. L’ARC et Revenu Québec recommandent aux résidents de déclarer chaque année, même lorsqu’ils n’ont aucun revenu ni impôt à payer.

La fiscalité n’est qu’une étape du parcours administratif. Pour organiser le NAS, la santé, le logement, la banque et les premières démarches dans le bon ordre, consultez également notre guide pour s’installer et vivre au Québec quand on arrive d’Algérie.

Situation pendant l’année d’arrivéeFaut-il produire ?Pourquoi c’est important
Emploi salarié au CanadaOui, dans la grande majorité des casCalculer l’impôt réel et récupérer un éventuel trop-perçu
Aucun revenu après l’arrivéeFortement recommandé, et parfois obligatoireÉtablir le revenu familial pour les prestations et crédits
Travail autonome ou activité en ligneOuiDéclarer le bénéfice, même sans feuillet fiscal
Loyer, intérêts ou pension reçus d’Algérie après l’arrivéeOui, si résident fiscalLe Canada impose en principe le revenu mondial du résident
Installation très tardive dans l’annéeOui si les conditions de production s’appliquentUne résidence commencée en décembre reste une résidence pendant l’année

Quand produire la déclaration de l’année d’arrivée ?

L’année fiscale canadienne va du 1er janvier au 31 décembre. La date limite générale est habituellement le 30 avril de l’année suivante. Si vous arrivez le 10 septembre 2026 et devenez résident fiscal ce jour-là, vous produirez votre déclaration de 2026 au printemps 2027. Sous la règle générale actuelle, l’échéance serait le 30 avril 2027.

La personne qui exploite une entreprise individuelle — ou dont l’époux ou le conjoint de fait est travailleur autonome — bénéficie généralement d’un délai de production jusqu’au 15 juin. Le solde d’impôt reste toutefois normalement payable le 30 avril. Attendre juin pour calculer une dette peut donc entraîner des intérêts.

La date décisive : quand êtes-vous devenu résident fiscal du Canada ?

Pour la plupart des nouveaux arrivants, la résidence fiscale commence le premier jour où ils vivent au Canada et y établissent des liens de résidence suffisants. Les liens les plus importants sont généralement un logement disponible au Canada, un époux ou conjoint de fait présent au pays et des personnes à charge qui y vivent.

D’autres indices renforcent l’analyse : compte bancaire canadien, permis de conduire, assurance maladie provinciale, véhicule, mobilier et liens sociaux. La résidence fiscale est donc une question de faits. La date d’atterrissage, la validation de la résidence permanente et le début de la résidence fiscale coïncident souvent, mais pas toujours.

Exemple : le court voyage de validation

Amine valide sa résidence permanente en juin, repart en Algérie dix jours plus tard, puis revient avec sa famille en octobre pour louer un logement et commencer son emploi. La date fiscale n’est pas automatiquement juin. Il faut examiner quand ses liens résidentiels ont réellement été établis et s’il avait conservé son foyer principal en Algérie. Cette situation mérite une analyse documentée.

Résident fiscal dans deux pays : ne tranchez pas au hasard

Une personne peut être considérée comme résidente par les règles internes du Canada et de l’Algérie pendant une même période. La convention fiscale Canada–Algérie contient alors des critères pour attribuer la résidence aux fins de la convention et limiter la double imposition. Le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux et le séjour habituel peuvent notamment entrer en jeu.

Si vous conservez conjoint, logement, entreprise et intérêts économiques importants en Algérie, tout en séjournant au Canada, n’utilisez pas simplement la date de votre carte de résident permanent. L’ARC permet de demander un avis au moyen du formulaire NR74, mais sa réponse repose sur les faits fournis. Notre dossier sur la fiscalité entre le Canada et l’Algérie approfondit la résidence, la convention et les revenus transfrontaliers.

Nouvel arrivant au Québec : pourquoi faut-il produire deux déclarations ?

Le Québec administre son propre impôt sur le revenu des particuliers. Une personne qui réside au Québec le 31 décembre doit donc généralement transmettre :

  • une déclaration fédérale T1 à l’Agence du revenu du Canada ;
  • une déclaration québécoise TP-1 à Revenu Québec.

Les deux administrations reçoivent des renseignements semblables, mais les formulaires, crédits, avis de cotisation et comptes en ligne sont distincts. Un logiciel homologué peut préparer les deux dossiers dans la même interface ; il les transmet néanmoins à deux destinataires différents.

Repère simple : vous vivez à Laval ou Montréal le 31 décembre ? Pensez « ARC + Revenu Québec ». Vous vivez en Ontario ou en Alberta ? La déclaration fédérale sert généralement aussi à calculer l’impôt provincial, sans seconde déclaration provinciale séparée.

Un déménagement entre provinces pendant l’année peut modifier l’impôt provincial applicable. C’est normalement la province de résidence au 31 décembre qui compte, sous réserve des règles particulières. Il faut donc inscrire correctement l’adresse et la province de résidence à cette date.

Revenus avant et après l’arrivée : la séparation qui évite les erreurs

Votre première déclaration découpe généralement l’année en une période de non-résidence et une période de résidence. La date de début inscrite dans la déclaration sert de frontière.

PériodeCe qui entre généralement dans le revenu imposable canadienRenseignements tout de même demandés
Avant de devenir résidentCertains revenus de source canadienne : emploi ou entreprise au Canada, certains gains sur biens canadiens imposables et certaines bourses canadiennesLe revenu mondial de cette période peut être demandé pour calculer certains crédits, leur proratisation et les prestations
Après être devenu résidentLe revenu mondial : salaires, activité autonome, loyers, intérêts, pensions et autres revenus canadiens ou étrangersRevenu et impôt étranger, convertis en dollars canadiens, avec justificatifs

Un revenu algérien gagné avant votre résidence canadienne n’est généralement pas imposé au Canada. Il ne faut pourtant pas répondre « zéro » si le logiciel ou un formulaire demande votre revenu mondial antérieur à l’arrivée. Cette donnée peut servir à déterminer des prestations ou la portion de certains crédits personnels accordée pendant la première année.

Exemple chiffré : arrivée le 1er septembre

Nadia travaillait à Alger jusqu’au 15 août et devient résidente fiscale du Canada le 1er septembre. Son salaire algérien de janvier à août n’est normalement pas ajouté à son revenu imposable comme revenu de résidente canadienne. Elle doit néanmoins l’indiquer dans les champs consacrés au revenu mondial de la période de non-résidence lorsque ceux-ci sont demandés.

Du 1er septembre au 31 décembre, Nadia déclare son salaire canadien, mais aussi les intérêts versés par sa banque algérienne et tout loyer net tiré d’un appartement à Oran. Cette seconde période correspond à son revenu mondial de résidente.

Le revenu du conjoint resté en Algérie

Le fait que l’époux ou le conjoint de fait reste en Algérie ne permet pas d’indiquer automatiquement que vous êtes célibataire. Votre état civil réel doit être déclaré. Son revenu mondial peut être nécessaire pour calculer certains montants pour conjoint, l’Allocation canadienne pour enfants et d’autres prestations fondées sur le revenu familial net.

Réunissez donc son revenu annuel, la portion gagnée avant et après votre date d’arrivée ainsi que les justificatifs disponibles. La déclaration de son revenu à titre de renseignement familial ne signifie pas nécessairement qu’il devient imposable au Canada comme non-résident.

Conversion du dinar algérien en dollar canadien

Les montants étrangers doivent être exprimés en dollars canadiens. L’ARC demande généralement d’utiliser le taux de la Banque du Canada applicable au moment où le revenu est reçu. Pour une série de paiements réguliers, un taux annuel moyen peut parfois être approprié s’il représente fidèlement les opérations et est appliqué avec cohérence.

Si le taux officiel recherché n’est pas publié directement pour le dinar algérien, conservez la source de change vérifiable utilisée, sa date et votre calcul. N’utilisez pas le taux informel du marché parallèle sans validation professionnelle : un taux fiscal doit pouvoir être expliqué et documenté.

Maison, compte bancaire, retraite : comment traiter ce que vous gardez en Algérie ?

Immigrer ne fait pas disparaître les revenus ni les actifs conservés en Algérie. Il faut distinguer le capital déjà constitué, qui n’est pas un revenu par sa seule existence, des revenus que ce capital produit après le début de la résidence canadienne.

Élément en AlgérieTraitement général après la résidence canadiennePièces à conserver
Épargne accumulée avant l’arrivéeLe transfert de votre propre capital n’est pas, à lui seul, un revenu imposable ; les intérêts postérieurs peuvent l’êtreRelevés bancaires, origine des fonds, bordereaux de change et de transfert
Appartement louéLe revenu locatif net gagné après l’arrivée doit généralement être déclaré au Canada et au QuébecBaux, encaissements, charges, taxes, travaux et impôt payé en Algérie
Maison réservée à la famillePas de revenu courant si elle n’est pas louée ; conséquences possibles lors d’une vente futureActe, coût, travaux et valeur marchande à la date d’immigration
Compte bancaire rémunéréLes intérêts postérieurs à l’arrivée sont généralement imposables, même s’ils restent en AlgérieRelevés, intérêts crédités et taux de conversion
Pension ou retraite algérienneÀ déclarer en principe ; une convention peut modifier l’imposition ou permettre une déductionAttestation de pension, retenues fiscales et preuve de paiement
Activité professionnelle ou commerceLe bénéfice postérieur à l’arrivée peut être imposable au Canada ; une société appelle une analyse distincteComptabilité, contrats, factures, statut juridique et impôts étrangers

Le transfert d’épargne depuis l’Algérie est-il imposable ?

Pas simplement parce que l’argent entre au Canada. Si 30 000 $ représentent une épargne constituée avant l’immigration, le virement n’en fait pas un nouveau revenu. La banque canadienne peut toutefois demander l’origine des fonds dans le cadre de ses obligations de conformité. Et si une partie correspond à des loyers, intérêts ou bénéfices gagnés après le début de votre résidence, cette partie doit être traitée selon sa nature fiscale.

La bonne pratique consiste à séparer les preuves : solde antérieur à l’arrivée, revenus crédités ensuite, frais bancaires et transfert final. Sans historique, un mouvement important devient plus difficile à expliquer à la banque ou à l’administration. Pour choisir le canal et comparer les coûts, notre dossier sur le transfert d’argent entre le Canada et l’Algérie complète cette partie pratique.

La valeur marchande au jour de l’arrivée : votre photo fiscale

Lorsqu’une personne immigre, plusieurs biens qu’elle possédait sont réputés avoir été acquis à leur juste valeur marchande au moment où elle devient résidente du Canada. Cette valeur peut devenir le coût fiscal canadien utilisé pour calculer un gain lors d’une vente ultérieure.

Exemple simplifié :

Vous possédez un appartement à Béjaïa depuis dix ans. Sa valeur documentée au jour où vous devenez résident canadien est l’équivalent de 90 000 $ CA. Vous le vendez plus tard pour l’équivalent de 120 000 $ CA. Pour le calcul canadien, la hausse postérieure à l’arrivée — et non nécessairement toute la hausse depuis l’achat initial — devient le point de départ de l’analyse. Les dépenses, le change, l’usage du logement et la convention peuvent modifier le résultat.

N’attendez pas la vente pour reconstituer cette valeur. Faites établir une estimation crédible à la date d’arrivée et conservez l’acte, les preuves de travaux et la méthode de conversion. Une attestation approximative obtenue plusieurs années plus tard sera plus fragile.

T1135 et biens étrangers : l’exemption de première année n’efface pas les revenus

Le formulaire fédéral T1135 vise certaines personnes qui détiennent des biens étrangers déterminés dont le coût total dépasse 100 000 $ CA à un moment de l’année. Il peut notamment concerner des comptes étrangers, des placements et un immeuble étranger loué. Un bien utilisé principalement à des fins personnelles est généralement exclu de cette définition.

Un particulier n’est généralement pas tenu de produire le T1135 pour l’année où il devient résident du Canada pour la première fois. Depuis l’année d’imposition 2025, le Québec dispose aussi du formulaire TP-1079.8.BE pour certains biens étrangers dépassant le seuil de 100 000 $ ; les instructions québécoises publiées prévoient également une exception pour la première année de résidence.

Erreur dangereuse : être dispensé du formulaire de renseignements sur les biens étrangers la première année ne dispense jamais de déclarer les revenus étrangers gagnés après l’arrivée. Un loyer d’Alger ou les intérêts d’un compte en devises peuvent être imposables même si aucun T1135 n’est joint cette année-là.

Les obligations de l’année suivante doivent être réévaluées selon le coût fiscal, la nature et l’usage des actifs. Les pénalités liées à l’omission de formulaires étrangers peuvent être importantes. C’est l’une des raisons pour lesquelles notre guide spécialisé sur la déclaration des revenus et biens entre le Canada et l’Algérie doit compléter, et non être remplacé par, ce mode d’emploi de première déclaration.

La checklist des documents à réunir avant de commencer

Une première déclaration bien préparée commence avant l’ouverture du logiciel. Créez quatre dossiers : identité, revenus canadiens, situation familiale et Algérie. Les documents exacts dépendent de votre situation, mais la liste suivante couvre la majorité des nouveaux arrivants.

DossierDocuments ou renseignementsUtilité
Identité et résidenceNAS ou NIT, date d’entrée, document d’immigration, adresses, province au 31 décembre, coordonnées bancairesIdentifier le contribuable, la période fiscale et le dépôt direct
FamilleÉtat civil, date de mariage, NAS du conjoint s’il en a un, revenus mondiaux du conjoint, enfants et preuves de naissanceCalculer les prestations et crédits fondés sur la famille
Revenus canadiensT4 et relevé 1, T5 et relevé 3, relevés d’assurance-emploi, contrats et factures de travail autonomeDéclarer salaires, retenues, placements et activité indépendante
Dépenses et créditsT2202 et relevé 8, reçus médicaux, garde d’enfants et relevé 24, dons, cotisations professionnelles, frais de déménagement admissibles, RL-31 du logementRéduire le revenu ou l’impôt et demander certains crédits
Algérie et autres paysSalaires avant arrivée, loyers, pensions, intérêts, relevés bancaires, impôt étranger payé, actes de propriété, valeur marchande à l’arrivée et taux de changeSéparer les périodes, déclarer le revenu mondial et documenter les actifs

Au Québec, le relevé 31 remis par le propriétaire peut être nécessaire pour la composante logement du crédit d’impôt pour solidarité. Si vous ne l’avez pas reçu, demandez-le avant de finaliser votre déclaration. Pour les documents algériens en arabe, une traduction peut être exigée lors d’une vérification ou d’une demande de prestations ; conservez toujours l’original avec la traduction.

L’ARC demande généralement de conserver les pièces justificatives pendant au moins six ans après la production. Les documents de coût et de valeur d’un bien immobilier devraient être gardés tant que le bien est détenu, puis pendant la période requise après sa vente.

Comment produire sa première déclaration au Canada, étape par étape

1. Fixer la période de résidence

Notez la date à laquelle vous avez réellement établi vos liens résidentiels au Canada. Rassemblez bail, billet d’avion, date de début d’emploi, arrivée de la famille et autres preuves. Si les faits pointent vers plusieurs dates possibles, résolvez ce point avant de saisir les revenus.

2. Obtenir le NAS ou, si nécessaire, un NIT

Le numéro d’assurance sociale est nécessaire pour travailler et permet de produire en ligne. Si Service Canada ne peut pas vous attribuer un NAS, l’ARC peut délivrer un numéro d’identification temporaire. Si l’échéance approche alors que votre demande est en cours, ne laissez pas passer la date sans agir : une déclaration papier accompagnée d’une explication peut être nécessaire.

3. Attendre les feuillets sans oublier les revenus sans feuillet

Les employeurs et institutions transmettent généralement les T4, relevés 1 et autres feuillets au début de l’année suivante. Vérifiez les noms, NAS et montants. Un revenu reste toutefois déclarable même si aucun feuillet n’a été remis : pourboires, missions en ligne, livraison, services payés comptant et loyers ne disparaissent pas fiscalement.

4. Reconstituer les revenus mondiaux des deux périodes

Préparez un tableau chronologique séparant la période antérieure et la période postérieure à la résidence. Pour chaque entrée, indiquez la date, la nature du revenu, le montant en devise, le taux de change, l’équivalent canadien et l’impôt étranger acquitté.

5. Choisir la méthode de production

Trois voies sont possibles :

  • un logiciel homologué, adapté au salarié dont la résidence et les revenus étrangers sont simples ;
  • un comptoir d’impôts gratuit, pour une personne à revenu modeste et situation fiscale simple, selon les critères du programme ;
  • un préparateur, CPA ou fiscaliste, lorsque la résidence ou les affaires algériennes créent une réelle complexité.

Une première déclaration peut être transmise électroniquement lorsque le logiciel et les informations d’identité permettent l’authentification. Il n’est pas obligatoire d’avoir déjà un compte Mon dossier pour utiliser un logiciel homologué. En revanche, l’absence de NAS ou certains cas particuliers peuvent imposer le papier.

6. Saisir la date d’entrée et la situation familiale

Indiquez la date de début de résidence dans les champs réservés aux immigrants et émigrants. Déclarez l’état civil réel au 31 décembre et les changements intervenus dans l’année. Le conjoint vivant en Algérie reste un conjoint ; son revenu peut être demandé même s’il ne produit pas lui-même de déclaration canadienne.

7. Entrer les revenus, déductions et impôts étrangers

Saisissez les revenus canadiens et les revenus étrangers postérieurs à l’arrivée dans leur catégorie correcte. Un loyer doit être traité comme revenu locatif, pas comme « autre revenu » par facilité. Lorsque le même revenu a subi un impôt en Algérie, un crédit pour impôt étranger peut réduire l’impôt canadien ou québécois, selon les règles et la convention. Il ne s’agit pas d’une garantie de remboursement intégral.

8. Répondre au questionnaire sur les biens étrangers

Ne répondez pas « non » uniquement parce que le bien est en Algérie ou n’a produit aucun revenu. Calculez le coût total des biens visés et vérifiez l’exception de première année. Le logiciel peut poser séparément les questions fédérale et québécoise.

9. Contrôler les deux résultats avant l’envoi

Comparez les revenus totaux fédéral et québécois, vérifiez que les mêmes revenus étrangers n’ont pas été omis ou comptés deux fois, puis contrôlez l’adresse, le dépôt direct et les formulaires joints. Un remboursement élevé n’est pas automatiquement une bonne nouvelle : il peut révéler un crédit demandé à tort.

10. Lire les deux avis de cotisation

Après traitement, l’ARC et Revenu Québec émettent chacun un avis de cotisation. Comparez-le à la déclaration transmise, répondez rapidement à toute demande de pièces et conservez les avis. Ils confirment notamment le revenu reconnu, le solde, certains droits de cotisation futurs et d’éventuelles modifications.

Déductions et crédits : ce qui surprend souvent la première année

REER : cotiser ne signifie pas pouvoir déduire

Le maximum déductible au titre du REER est fondé notamment sur le revenu gagné au Canada l’année précédente. Une personne qui n’a jamais produit de déclaration canadienne ne dispose généralement pas encore de droits issus d’une année antérieure. Une cotisation hâtive peut donc devenir excédentaire ou rester non déduite. Attendez l’avis de cotisation ou une validation professionnelle avant de verser une somme importante.

Frais de déménagement depuis l’Algérie

Le billet d’avion et le transport des meubles engagés simplement pour immigrer ne sont pas automatiquement déductibles. La déduction canadienne des frais de déménagement répond à des conditions précises liées notamment à un emploi, une entreprise ou des études admissibles et à la distance. La présence d’un nouvel emploi ne suffit pas toujours à transformer tout le coût d’installation en déduction.

Crédits personnels proratisés

Certains crédits fédéraux non remboursables sont calculés selon le nombre de jours de résidence pendant l’année. Les règles peuvent également tenir compte du rapport entre le revenu canadien et le revenu mondial de la période de non-résidence. C’est pourquoi le logiciel demande le revenu gagné avant l’arrivée même lorsqu’il n’est pas imposable comme revenu de résident.

Dépenses médicales, études et garde d’enfants

Les frais médicaux admissibles, frais de scolarité, dons et dépenses de garde peuvent ouvrir des droits selon les conditions fédérales et québécoises. Conservez les reçus, l’identité du bénéficiaire et la preuve de paiement. Pour les dépenses payées en Algérie, la recevabilité et la conversion doivent être vérifiées ; ne les ajoutez pas automatiquement au simple motif qu’elles sont médicales ou éducatives.

Remboursement ou solde à payer ?

Un remboursement signifie généralement que les retenues et crédits dépassent l’impôt calculé. Ce n’est pas une prime offerte au nouvel arrivant. Inversement, un solde peut apparaître lorsque l’employeur a retenu trop peu, lorsqu’un revenu autonome ou étranger n’a subi aucune retenue canadienne, ou lorsque plusieurs emplois ont appliqué chacun des crédits personnels.

Prestations : faut-il attendre la première déclaration ?

Non, pas toujours. Un nouveau résident admissible peut demander certaines prestations avant d’avoir produit sa première déclaration. L’ARC peut alors réclamer le revenu mondial de la personne et de son conjoint pour la période antérieure, parfois jusqu’aux deux années précédant l’arrivée, afin de calculer le montant familial.

  • Sans enfant, la demande de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels (ACEBE), anciennement crédit pour la TPS/TVH, peut se faire au moyen du formulaire Web RC151.
  • Avec des enfants, le formulaire RC66 peut servir à demander l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) et à transmettre les informations utiles à d’autres programmes.
  • Au Québec, le crédit d’impôt pour solidarité se demande notamment dans la déclaration québécoise, avec l’annexe D lorsque les conditions sont remplies.

L’admissibilité dépend aussi du statut d’immigration, de la garde des enfants, de l’état civil et de la durée de présence pour certains résidents temporaires. Il ne faut donc pas confondre résidence fiscale et droit immédiat à toutes les prestations.

À retenir : une demande anticipée peut démarrer certains versements, mais il faudra ensuite produire les déclarations de revenus à temps, chaque année, pour que l’ARC et Revenu Québec recalculent les droits. Dans un couple, l’omission de la déclaration d’un conjoint peut suspendre ou fausser les paiements du ménage.

Cinq scénarios concrets de première déclaration

Scénario 1 : salarié à Montréal, aucun bien en Algérie

Yacine arrive le 12 juillet, loue un logement et commence un emploi en août. Il inscrit le 12 juillet comme date de début de résidence si les faits la confirment, déclare son T4 et son relevé 1, puis renseigne son revenu algérien antérieur dans les champs appropriés. Résident du Québec au 31 décembre, il transmet une T1 à l’ARC et une TP-1 à Revenu Québec.

Scénario 2 : aucun revenu au Canada la première année

Samira rejoint sa famille en novembre et ne travaille pas avant janvier. Sa déclaration peut indiquer zéro revenu pendant sa période de résidence, mais elle doit tout de même fournir les renseignements antérieurs demandés. Produire les deux déclarations permet d’établir son dossier fiscal et de soutenir les calculs de crédits et prestations.

Scénario 3 : conjoint et enfants encore en Algérie

Riad s’installe seul à Laval en septembre. Il ne doit pas se déclarer célibataire s’il est marié. Il renseigne son épouse et, lorsque demandé, son revenu mondial. Le droit à l’ACE dépend notamment de la garde et de la résidence des enfants ; il ne faut pas la demander mécaniquement parce qu’ils figurent sur le livret de famille.

Scénario 4 : appartement loué à Alger et compte en devises

Lina devient résidente le 1er mai. Elle déclare le revenu locatif net et les intérêts gagnés du 1er mai au 31 décembre, convertis en dollars canadiens. Elle conserve l’évaluation de l’appartement au 1er mai. L’exemption de T1135 de première année peut s’appliquer, mais elle ne supprime pas ces revenus de la déclaration.

Scénario 5 : emploi salarié et activité freelance

Mehdi reçoit un T4, mais facture aussi des prestations de conception à des clients français et algériens. Il déclare le salaire et le bénéfice de l’activité autonome, même si les paiements étrangers arrivent sur un compte algérien. Il peut déduire des dépenses d’entreprise raisonnables et documentées. S’il est inscrit aux taxes ou dépasse les seuils applicables, les obligations de TPS/TVH et de TVQ doivent être analysées séparément.

Les erreurs les plus fréquentes — et quand demander l’aide d’un CPA

  1. Confondre statut d’immigration et résidence fiscale.
  2. Déclarer tout le salaire algérien antérieur comme revenu canadien imposable, ou au contraire répondre zéro partout.
  3. Oublier le loyer, la pension ou les intérêts d’Algérie gagnés après l’arrivée.
  4. Se déclarer célibataire alors que le conjoint vit encore à l’étranger.
  5. Utiliser un taux de change non documenté ou mélanger plusieurs méthodes.
  6. Penser que le virement d’épargne est imposable, sans distinguer capital et revenus.
  7. Négliger la juste valeur marchande des biens à la date d’immigration.
  8. Confondre exemption de T1135 la première année et exemption des revenus étrangers.
  9. Déduire une cotisation REER sans droits disponibles.
  10. Produire seulement la déclaration fédérale alors que l’on réside au Québec.
  11. Ne pas déclarer parce que le revenu est faible ou nul, puis perdre des prestations.
  12. Faire confiance à un préparateur sans vérifier son identité, son expérience et la copie finale.

Les situations qui dépassent le simple logiciel

Un salarié arrivé en cours d’année, sans actif étranger productif ni question de résidence, peut souvent utiliser un logiciel ou un comptoir gratuit. L’avis professionnel devient nettement plus utile en présence de :

  • résidence possible au Canada et en Algérie pendant la même période ;
  • immeuble loué, vendu ou transformé d’un usage personnel à locatif ;
  • entreprise individuelle, société, parts sociales ou mandat de gestion en Algérie ;
  • pension étrangère, succession, fiducie ou donation importante ;
  • plusieurs pays de travail pendant l’année ;
  • impôt algérien payé et demande de crédit pour impôt étranger ;
  • seuil de 100 000 $ de biens étrangers ou doute sur les biens visés ;
  • déclarations en retard ou renseignements étrangers omis.

L’objectif n’est pas d’acheter une « déclaration plus chère », mais de faire traiter correctement le risque qui pourrait coûter cher plus tard. À Laval et Montréal, notre dossier sur le choix d’un CPA connaissant les réalités des contribuables algériens présente les questions à poser avant de confier ses documents.

Comment la rédaction a vérifié ce guide

Nous avons construit le parcours à partir des pages officielles de l’ARC consacrées aux nouveaux arrivants, puis vérifié chaque étape spécifique au Québec auprès de Revenu Québec. Les points transfrontaliers ont été contrôlés séparément : période de revenu mondial, convention fiscale, acquisition réputée des biens, formulaires de biens étrangers et crédit pour impôt étranger. Les exemples sont volontairement simplifiés et ne prétendent pas calculer un impôt personnalisé.

Cette méthode privilégie les règles stables et les décisions concrètes. Nous n’avons pas intégré de montants annuels de crédits lorsque leur barème change régulièrement. Avant de publier, utilisez toujours le logiciel, les formulaires et les notices correspondant à l’année d’imposition concernée.

Glossaire pour comprendre sa première déclaration

ARC
Agence du revenu du Canada, administration fédérale chargée notamment de l’impôt et de plusieurs prestations.
Résidence fiscale
Statut déterminant l’étendue des obligations fiscales. Il dépend surtout des liens de résidence, pas seulement du permis d’immigration.
Revenu mondial
Ensemble des revenus canadiens et étrangers d’un résident fiscal.
T1 et TP-1
Déclarations de revenus des particuliers, respectivement fédérale et québécoise.
T1135
Formulaire fédéral de renseignements sur certains biens étrangers dont le coût total dépasse le seuil applicable.
Juste valeur marchande
Prix raisonnable auquel un bien pourrait être échangé entre parties indépendantes et informées à une date donnée.
Crédit pour impôt étranger
Mécanisme pouvant réduire l’impôt canadien lorsqu’un même revenu étranger a déjà supporté un impôt admissible à l’étranger.
Avis de cotisation
Résultat officiel envoyé après le traitement d’une déclaration, avec les montants acceptés ou modifiés.

Questions fréquentes sur la première déclaration d’impôt au Canada

Dois-je déclarer si je suis arrivé en décembre ?

Oui si vous êtes devenu résident fiscal pendant l’année et remplissez les conditions de production. Même une courte période de résidence doit être inscrite, et la déclaration peut être nécessaire pour les prestations.

La date de ma résidence permanente est-elle forcément ma date fiscale ?

Non. Elle coïncide souvent avec l’installation, mais la résidence fiscale dépend des liens réellement établis au Canada. Un voyage de validation suivi d’un retour en Algérie peut nécessiter une analyse différente.

Dois-je déclarer mon salaire algérien gagné avant l’arrivée ?

Il n’est généralement pas imposé comme revenu de résident canadien, mais il doit être indiqué lorsque la déclaration ou une demande de prestations exige le revenu mondial de la période antérieure à l’arrivée.

Les loyers reçus d’Algérie après mon arrivée sont-ils imposables ?

En principe oui, si vous êtes résident fiscal canadien. Il faut déclarer le revenu locatif selon les règles applicables, convertir les montants et documenter les dépenses ainsi que l’impôt payé en Algérie.

Le transfert de mes économies algériennes est-il un revenu ?

Le transfert de votre propre capital déjà accumulé n’est pas un revenu par sa seule entrée au Canada. Conservez toutefois la preuve de son origine et séparez les intérêts ou autres revenus produits après votre résidence fiscale.

Faut-il produire un T1135 la première année ?

Un particulier est généralement dispensé du T1135 pour l’année où il devient résident du Canada pour la première fois. Il doit néanmoins déclarer ses revenus étrangers et réévaluer l’obligation dès l’année suivante.

Peut-on produire une première déclaration en ligne ?

Oui, dans de nombreux cas, avec un logiciel homologué et un NAS valide. Une situation non prise en charge par la transmission électronique ou l’absence de numéro d’identification peut imposer une déclaration papier.

Puis-je produire sans numéro d’assurance sociale ?

N’ignorez pas l’échéance. Si vous ne pouvez pas obtenir un NAS, un NIT peut être demandé à l’ARC. Selon la situation, une déclaration papier accompagnée d’une lettre et de preuves d’identité peut être nécessaire.

Pourquoi le logiciel demande-t-il le revenu de mon épouse restée en Algérie ?

Parce que certains crédits et prestations reposent sur le revenu familial. Le fait de fournir son revenu ne signifie pas automatiquement qu’elle devient imposable au Canada comme résidente.

Puis-je déduire mon billet d’avion et mon déménagement ?

Pas automatiquement. Les frais engagés pour immigrer ne deviennent pas tous déductibles. La déduction pour déménagement exige des conditions précises liées au nouveau lieu de travail, d’entreprise ou d’études.

Puis-je cotiser au REER dès ma première année ?

Vous pouvez ouvrir un REER, mais la déduction dépend de droits disponibles issus des années antérieures. Une personne qui n’a jamais produit au Canada n’a généralement pas encore de droits fondés sur un revenu canadien précédent.

Dois-je attendre ma déclaration pour demander les prestations ?

Pas pour toutes. Les nouveaux résidents admissibles peuvent demander notamment l’ACEBE et, avec des enfants, l’ACE avant leur première déclaration. L’ARC demandera alors les revenus familiaux antérieurs nécessaires au calcul.

Un remboursement est-il garanti aux nouveaux arrivants ?

Non. Le résultat dépend du revenu, des retenues, des crédits et de la situation familiale. Une personne peut recevoir un remboursement, ne rien devoir ou avoir un solde à payer.

Combien de temps garder les justificatifs ?

L’ARC demande généralement de conserver les pièces pendant au moins six ans. Gardez plus longtemps les preuves de coût et de valeur des biens détenus jusqu’à leur vente et pendant la période exigée ensuite.

Le plan d’action à retenir

  1. Établissez votre date de résidence fiscale à partir des faits.
  2. Séparez revenus et documents entre avant et après cette date.
  3. Recensez les revenus, comptes, biens et activités conservés en Algérie.
  4. Documentez la juste valeur marchande de vos biens au jour de l’arrivée.
  5. Au Québec, préparez une déclaration fédérale et une déclaration provinciale.
  6. Produisez à temps, même sans revenu, et lisez les deux avis de cotisation.
  7. Faites valider le dossier si la résidence, un bien étranger ou une entreprise crée un doute sérieux.

Sources officielles consultées

Dernière vérification éditoriale : 2 août 2026. Les règles fiscales dépendent de l’année, du statut de résidence et de la situation personnelle. En cas de contradiction, les lois, avis de cotisation et instructions officielles applicables prévalent.

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