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Docteur Ben Djelloul

🇩🇿 Histoire d’Algérie • Nationalisme

Docteur Ben Djelloul : Le Médecin des Élus et Champion de l’Égalité Civique

Biographie complète de Mohamed Salah Bendjelloul (1893-1985), cofondateur de la Fédération des élus musulmans, président du Congrès musulman de 1936, défenseur du projet Blum-Viollette et témoin des impasses du réformisme colonial.

📅 8 décembre 1893 – 1er mai 1985
📍 Constantine • Paris • Alger
🏛️ Médecin – Député – Sénateur

⭐ Fiche d’identité
Docteur Ben Djelloul
محمد صالح بن جلول — Médecin et homme politique
Naissance
8 déc. 1893 • Constantine
Décès
1er mai 1985 • Constantine
Profession
Médecin généraliste
Fonctions
Député • Sénateur

Dans le panthéon des figures politiques algériennes d’avant l’indépendance, le Docteur Mohamed Salah Bendjelloul occupe une place singulière et souvent méconnue. Médecin dévoué à la santé des mères et des enfants, tribun redouté dans les assemblées, président du Congrès musulman algérien de 1936, cofondateur de la Fédération des élus musulmans aux côtés de Ferhat Abbas, ce natif de Constantine a incarné pendant près de trente ans l’espoir d’une égalité civique entre Algériens et Français.

🎓 Origines et formation médicale (1893-1924)

Une famille de notables constantinois

Mohamed Salah Bendjelloul naît le 8 décembre 1893 à Constantine, cité antique perchée sur son rocher, au sein d’une famille aisée d’origine turque. Ses ancêtres comptaient des magistrats et des administrateurs, une lignée de notables qui avait su s’adapter aux transformations de l’Algérie coloniale tout en préservant son rang social.

Le jeune Mohamed Salah effectue ses études primaires dans sa ville natale. À une époque où les Algériens musulmans accédant aux études supérieures se comptent sur les doigts de la main, il part pour Paris poursuivre des études de médecine — un parcours d’excellence qui illustre à la fois les privilèges de sa naissance et sa détermination personnelle.

🏛️ Constantine : pépinière d’élites

Constantine, troisième ville d’Algérie, était au début du XXe siècle un foyer intellectuel et politique majeur. La ville comptait une importante bourgeoisie musulmane qui investissait dans l’éducation de ses enfants. C’est de cette ville que sont issus de nombreux leaders du mouvement national, du Docteur Ben Touhami aux figures de l’Association des oulémas.

Le diplôme de médecine (1924)

En 1924, Bendjelloul obtient son diplôme de docteur en médecine et effectue son internat aux hôpitaux d’Alger. Parallèlement, il est préparateur à la Faculté de médecine d’Alger, accumulant expérience clinique et savoir académique. C’est un parcours d’excellence qui le destine à devenir une figure respectée de l’élite francisée algérienne.

⚕️ Le médecin au service des populations

La vocation médicale du Docteur Bendjelloul ne se limite pas aux cabinets urbains. Très tôt, il s’oriente vers la pédiatrie et la médecine tropicale, deux spécialités cruciales dans une Algérie où la mortalité infantile ravage les populations musulmanes.

📋 Les consultations pour mères et nourrissons

  • 🏔️
    1926 : Arris (Aurès) — au cœur des montagnes
  • 🌊
    1927 : Herbillon — localité côtière entre Bône et Philippeville
  • 🏛️
    1935 : Constantine — sa ville natale

Son engagement sanitaire ne s’arrête pas là. Il fonde la Société indigène de prévoyance de Constantine pour l’agriculture en 1935, puis pour l’artisanat en 1938, des organismes destinés à protéger les populations rurales contre les aléas économiques. Ces réalisations lui valent la médaille d’or des épidémies et le titre de médecin de la santé publique.

« Les préoccupations médicales et sanitaires attirent tout naturellement Mohamed Salah Bendjelloul vers les affaires publiques. »

Archives du Sénat français

Cette action sociale constitue le terreau de son engagement politique. Comment soigner les corps sans s’attaquer aux causes profondes de la misère ? Comment accepter qu’un peuple entier soit privé des droits élémentaires de la citoyenneté ? Le médecin devient naturellement tribun.

📜 La Fédération des élus et la montée politique (1927-1936)

Les débuts en politique locale

L’entrée en politique de Bendjelloul se fait par la voie municipale. En 1928, il devient conseiller municipal d’Herbillon. À partir de 1935, il est conseiller municipal de Constantine et adjoint au maire, fonction qu’il exercera jusqu’en 1945. Il préside également la « Maison familiale de Constantine », société de gestion d’habitations à bon marché.

En 1931, il est élu conseiller général de Constantine. Il sera premier vice-président du conseil général de 1949 à 1951.

📋 La Fédération des élus musulmans du Constantinois (FEMDC)

En 1927, sous l’impulsion du gouverneur général Maurice Viollette, est créée la première Fédération des élus musulmans algériens. Son objectif : faire contrepoids à la puissante Fédération des maires d’Algérie qui défend les intérêts des colons.

En 1930, la Fédération nationale implose et se subdivise en trois fédérations départementales. La branche constantinoise, la FEMDC, se distingue par son dynamisme sous la direction de Bendjelloul. Comptant environ 4 400 adhérents en 1937 et plusieurs dizaines de milliers d’électeurs, elle est loin de l’image d’un mouvement élitiste.

En avril 1939, elle réunira 150 000 à 200 000 manifestants dans une trentaine de localités du Constantinois.

Le programme de 1931

Dès le départ, Bendjelloul se positionne comme le défenseur de l’élite intellectuelle musulmane. Au début, il montre des penchants pour les idées réformistes de l’émir Khaled, petit-fils d’Abd el-Kader, avant de s’orienter vers la revendication d’égalité civile et d’assimilation.

En 1931, il définit son programme d’action en trois points :

  • Droit de citoyenneté pour les Musulmans algériens
  • Représentation parlementaire des Musulmans
  • Reconnaissance de l’arabe comme deuxième langue officielle

Sa tribune principale est le journal At-Taqadoum (Le Progrès), où il publie des articles exprimant ses revendications d’égalité civique. Son influence au sein du mouvement nationaliste va croissant et beaucoup de militants musulmans en font leur leader.

Bendjelloul et Ferhat Abbas : une alliance féconde

Ferhat Abbas, pharmacien de Sétif, devient très tôt l’un des lieutenants du Docteur Bendjelloul au sein de la Fédération. En 1937, il est promu rédacteur en chef du journal de la Fédération, L’Entente franco-musulmane. C’est dans ce journal qu’Abbas publie, le 23 avril 1936, son célèbre article « La France, c’est moi ».

« Si j’avais découvert la nation algérienne, je serais nationaliste et je n’en rougirais pas comme d’un crime. […] L’Algérie en tant que Patrie est un mythe. »

Ferhat Abbas

L’Entente franco-musulmane, 23 avril 1936

Cependant, des divergences stratégiques émergent. En 1938, Abbas se sépare de Bendjelloul pour fonder l’Union populaire algérienne. Leurs chemins se retrouveront néanmoins lors des grands rendez-vous de l’histoire.

🏛️ Le Congrès musulman et le projet Blum-Viollette (1936)

L’union sacrée du 7 juin 1936

L’année 1936 marque l’apogée de l’action politique de Bendjelloul. La victoire du Front populaire en France suscite d’immenses espoirs dans toute l’Algérie musulmane. Le 3 janvier 1936, le cheikh Ben Badis, leader de l’Association des oulémas, lance un appel à l’union des forces politiques algériennes.

Élus, oulémas, socialistes et communistes œuvrent de concert pour préparer le rassemblement du 7 juin 1936. La Charte revendicative du Congrès musulman algérien est adoptée, impressionnant cahier des doléances couvrant les domaines politique, social et même forestier (suppression du Code forestier qui réprimait durement le ramassage du bois).

🚂 La délégation à Paris (juillet 1936)

En juillet 1936, le Congrès musulman envoie une délégation à Paris, présidée par le Docteur Bendjelloul. Elle comprend des élus, des oulémas et des communistes.

Le 24 juillet, Léon Blum et Maurice Viollette reçoivent chaleureusement les délégués et indiquent que nombre de leurs revendications pourraient être satisfaites.

Le meeting du 2 août 1936

De retour en Algérie, les délégués organisent le grand rassemblement du 2 août 1936 au stade municipal d’Alger, à Belcourt. Devant 15 000 personnes, Bendjelloul rend compte des discussions parisiennes.

Mais c’est Messali Hadj, leader de l’Étoile nord-africaine, qui enflamme l’assistance en rejetant le projet d’assimilation et en réclamant un Parlement algérien élu par tous les habitants. Il aurait lancé une poignée de terre en criant : « La terre n’est pas à vendre ! »

L’échec du projet Blum-Viollette

Le projet Blum-Viollette, déposé en décembre 1936, prévoyait l’attribution du droit de vote à certains musulmans — anciens militaires décorés, diplômés, élus, fonctionnaires — soit 20 000 à 25 000 personnes, sans exiger la naturalisation française. Pour Bendjelloul et Abbas, c’était un premier pas majeur vers l’égalité.

« Le docteur Mohammed Saleh Bendjelloul vient s’entretenir du projet Blum-Viollette à Paris. »

Paris-Soir

4 mars 1937

Mais l’opposition des colons est féroce. La puissante Fédération des maires d’Algérie mobilise contre le projet. Jamais discuté au Parlement, le projet Blum-Viollette échoue. C’est un tournant : l’échec ferme pour partie la voie des réformes en Algérie et fait que le mouvement revendicatif tend de plus en plus à échapper aux modérés.

⚠️ Les émeutes de Constantine (1934) : une ombre controversée

Deux ans avant le Congrès musulman, Constantine a été le théâtre des plus violentes émeutes de la période coloniale. Du 3 au 5 août 1934, des affrontements entre musulmans et juifs font 27 morts, dont 25 citoyens français de religion juive, parmi lesquels 5 enfants.

La fausse rumeur

Le 3 août, une fausse rumeur se répand : le docteur Bendjelloul aurait été assassiné par des juifs. Bien qu’absent de la ville ce jour-là, il se rend à la manifestation pour montrer qu’il est vivant, mais la rumeur et les tensions ne faiblissent pas.

❓ Une responsabilité contestée

Les renseignements de l’intérieur accusèrent Bendjelloul d’être responsable des troubles, sans préciser en quoi. Une lettre d’un conseiller général mentionne une conversation où le docteur aurait dit à des coreligionnaires « d’aller piller les Juifs sans toucher aux Français ».

Bendjelloul nia toute préméditation et orchestra une campagne d’affiches déplorant les violences. Avec le cheikh Ben Badis, il appela au calme à la Grande Mosquée dès le 4 août.

La Commission d’enquête du 7 octobre 1934 ne tranchera pas clairement sur sa responsabilité. Ce qui est certain, c’est que Bendjelloul condamna publiquement les massacres et œuvra, avec des notables juifs, pour éviter de nouveaux affrontements. Néanmoins, cet épisode tragique continue de projeter une ombre sur sa mémoire.

📜 La Seconde Guerre mondiale et le Manifeste (1939-1945)

L’engagement volontaire (1939)

À la déclaration de guerre, Bendjelloul s’engage volontaire en septembre 1939. C’est un geste symbolique fort de la part du leader des élus musulmans, qui démontre sa loyauté envers la France tout en espérant que cette contribution au combat commun sera reconnue après la victoire.

Le Manifeste du Peuple Algérien (10 février 1943)

Après le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942, Alger devient la capitale de la France libre. C’est dans ce contexte que Ferhat Abbas rédige le Manifeste du Peuple Algérien.

Le 10 février 1943, ce document fondateur, signé par 28 élus musulmans dont Bendjelloul, marque un tournant : il ne s’agit plus seulement de réclamer l’égalité dans la République, mais de revendiquer un statut nouveau pour la « nation algérienne ».

« L’heure est passée où un Musulman algérien demandera autre chose que d’être un Algérien musulman. »

Manifeste du Peuple Algérien

10 février 1943

L’Assemblée consultative provisoire (1943-1945)

L’importance de Bendjelloul dans le domaine public explique sa nomination à l’Assemblée consultative provisoire d’Alger, puis de Paris, de 1943 à 1945. Il y siège aux commissions des finances, de la France d’outre-mer, de l’intérieur et de la santé publique, et de coordination des affaires musulmanes.

La tragédie de mai 1945

Le 7 mai 1945, Bendjelloul dépose une proposition de résolution demandant une enquête approfondie sur les « événements tragiques dont l’Algérie a été récemment le théâtre » — les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata qui ont fait des milliers de victimes algériennes. C’est l’un des rares parlementaires à réclamer la vérité sur cette répression sanglante.

⚖️ La rupture avec Abbas (1944)

Le discours de Constantine du général de Gaulle (12 décembre 1943) et l’ordonnance du 7 mars 1944 divisent les deux hommes : Bendjelloul opte pour l’option gaulliste et assimilationniste, Abbas choisit l’autonomie. La Fédération des élus disparaît après son dernier conseil d’administration le 24 mars 1944.

🏛️ Député de la République (1945-1955)

L’Assemblée constituante (1945-1946)

Le 21 octobre 1945, Bendjelloul se présente aux élections de l’Assemblée nationale constituante comme tête de liste de l’Union démocratique franco-musulmane. Avec 192 545 voix, sa liste obtient quatre des six sièges à pourvoir.

Parlementaire actif, il dépose des propositions audacieuses :

📋 Les propositions de loi de Bendjelloul

  • ⚖️
    30 nov. 1945 : Amnistie des condamnés politiques (victimes du 8 mai)
  • 📜
    7 fév. 1946 : Constitution pour l’Algérie incluse dans celle de la République
  • 🏦
    30 mars 1946 : Nationalisation de la Banque d’Algérie
  • 🌾
    30 mars 1946 : Expropriation des propriétés rurales de plus de 500 hectares

Sénateur puis député de Constantine

Élu sénateur de Constantine le 8 décembre 1946, il ne se représente pas en 1948. Le 17 juin 1951, il conduit la liste des Républicains indépendants et est réélu député de Constantine avec 109 731 voix.

L’intervention du 12 novembre 1954

Après le déclenchement de l’insurrection du 1er novembre 1954, Bendjelloul intervient à l’Assemblée nationale le 12 novembre sur les « événements sanglants » de l’Aurès :

« Nous nous inclinons avec une profonde douleur devant les victimes de ces odieux attentats, devant ce jeune couple d’instituteurs venu de France en plein cœur de l’Aurès dégrossir l’esprit de nos petits campagnards, devant ce caïd que nous avons connu et aimé, qui est mort victime de son courage et de son civisme. »

Docteur Bendjelloul

Assemblée nationale, 12 novembre 1954

Il rappelle l’échec du projet Blum-Viollette, qui aurait permis d’éviter les troubles, et conclut : « L’Algérie est française. Faites donc en sorte qu’elle le demeure. Les renforts, ce sont les réformes. »

Le Groupe des 61 (1955)

En 1955, Bendjelloul préside le « Groupe des 61 », qui vise à soutenir l’idée nationale algérienne. Après les massacres du 20 août 1955 à Philippeville et leur répression sanglante, ce groupe de 61 députés signe une pétition affirmant que la politique d’assimilation n’a plus aucun sens.

Le gouverneur Jacques Soustelle reporte les élections de 1956 en Algérie. Bendjelloul ne se représente pas. C’est la fin de sa carrière parlementaire et, d’une certaine façon, la fin d’une époque.

🏛️ Héritage et mémoire

Les dernières années

Après 1955, le Docteur Bendjelloul disparaît de la scène politique. Lors du déclenchement de la guerre de libération, il n’adopte pas une position tranchée. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, il vit retiré à Constantine où il meurt le 1er mai 1985, à l’âge de 91 ans.

💔 Un frère martyr

Le Docteur Bendjelloul était le frère du pharmacien Allaoua Bendjelloul, tué en 1956 par une sentinelle française alors qu’il tentait de prendre la fuite de l’hôtel de France à Oued Zenati, où il était assigné en résidence surveillée. La version officielle de ce fait reste contestée. Cette tragédie familiale illustre les déchirements de l’Algérie coloniale.

Une figure controversée mais essentielle

Le Docteur Bendjelloul appartient à cette génération d’Algériens qui ont cru sincèrement que l’émancipation de leur peuple passait par l’égalité des droits dans le cadre français. L’intransigeance du lobby colonial a brisé ces espoirs.

« Le reflet brouillé que renvoie au miroir de l’histoire la Fédération des élus tient à l’échec final de ses revendications, à l’opération de nettoyage des mémoires militantes postérieure à l’indépendance et à la difficulté réelle à classer ce groupement politique dans les cadres de l’analyse des mouvements politiques modernes. »

Julien Fromage

Histoire de l’Algérie à la période coloniale, La Découverte, 2014

Pourtant, la FEMDC de Bendjelloul a joué un rôle essentiel dans l’éveil politique des masses algériennes. En mobilisant 150 000 à 200 000 manifestants en avril 1939, elle a démontré que le peuple algérien était prêt à s’engager pour ses droits. Cette expérience organisationnelle et cette conscience politique seront des héritages précieux pour les luttes futures.

❓ Questions fréquentes sur le Docteur Ben Djelloul

Qui était le Docteur Ben Djelloul ?

Mohamed Salah Bendjelloul (1893-1985) était un médecin et homme politique algérien, figure majeure du nationalisme modéré. Il a cofondé la Fédération des élus musulmans avec Ferhat Abbas en 1927, présidé le Congrès musulman algérien de 1936, et défendu l’égalité des droits civiques entre Algériens et Français.

Quel rôle a joué le Docteur Bendjelloul dans le Congrès musulman de 1936 ?

Il a présidé le Congrès musulman algérien en juin 1936 et conduit la délégation à Paris en juillet pour présenter la Charte revendicative au gouvernement du Front populaire. Reçu par Léon Blum et Maurice Viollette le 24 juillet, il a défendu le projet Blum-Viollette visant à accorder la citoyenneté française à une élite musulmane.

Le Docteur Bendjelloul était-il impliqué dans les émeutes de Constantine de 1934 ?

Son rôle reste controversé. La fausse rumeur de son assassinat a déclenché les violences. Bien qu’accusé par certains d’avoir influencé les troubles, il a publiquement condamné les massacres et, avec le cheikh Ben Badis, a appelé au calme à la Grande Mosquée.

Quelle était la carrière médicale du Docteur Bendjelloul ?

Diplômé en 1924, spécialisé en pédiatrie et médecine tropicale, il a créé des consultations pour mères et nourrissons à Arris (1926), Herbillon (1927) et Constantine (1935). Il a reçu la médaille d’or des épidémies et a été médecin de la santé publique.

Le Docteur Bendjelloul a-t-il signé le Manifeste du Peuple Algérien ?

Oui, il a été cosignataire du Manifeste du Peuple Algérien rédigé par Ferhat Abbas le 10 février 1943. Ce document historique, signé par 28 élus musulmans, marquait un tournant en revendiquant l’autonomie et l’existence d’une nation algérienne.

Quelles fonctions parlementaires le Docteur Bendjelloul a-t-il exercées ?

Il a siégé à l’Assemblée consultative provisoire (1943-1945), été député à l’Assemblée constituante (1945-1946), sénateur de Constantine (1946-1948), puis député de Constantine (1951-1955). En 1955, il a présidé le « Groupe des 61 ».

Quelle était la relation entre Bendjelloul et Ferhat Abbas ?

Ferhat Abbas a d’abord été le lieutenant de Bendjelloul au sein de la Fédération des élus, devenant rédacteur en chef de L’Entente franco-musulmane en 1937. Cependant, en désaccord sur la stratégie politique, Abbas s’en sépara en 1938 pour fonder l’Union populaire algérienne.

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📚 Sources

  • Archives de l’Assemblée nationale française — Fiche biographique de Mohamed Salah Bendjelloul
  • Archives du Sénat français — « BENDJELLOUL Mohamed Salah »
  • Julien Fromage, « Le docteur Bendjelloul et la Fédération des élus musulmans », in Histoire de l’Algérie à la période coloniale 1830-1962, La Découverte, 2014
  • Charles-Robert Ageron, « Une émeute anti-juive à Constantine (août 1934) », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 1973
  • Benjamin Stora, Histoire de l’Algérie coloniale (1830-1954), La Découverte, 2004
  • Robert Attal, Les Émeutes de Constantine. 5 août 1934, Romillat, 2002
  • Guy Pervillé, « Ferhat Abbas et l’évolution politique de l’Algérie musulmane », Revue d’histoire maghrébine, 1975
  • Journal officiel de la République française — Débats parlementaires, 1943-1955
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