#Musique

Boudjemâa Agraw

 
 

ⵣ Voix de l’Identité Berbère

Boudjemâa Agraw

Fondateur du groupe mythique Agraw • Né le 27 décembre 1952

Chanteur engagé de Petite Kabylie, il a fondé le groupe Agraw avec Takfarinas en 1982. Plus de 30 albums et 40 ans de combat pour l’identité amazighe.

🎸 Chanson kabyle
✊ Engagé
📍 Béjaïa

ⵣ Carte d’Identité
📅
Naissance
27 déc. 1952
Semaoune, Béjaïa
🎵
Genre
Kabyle engagé
Folk berbère
🎸
Instrument
Guitare
Voix suave
💿
Albums
+30
Depuis 1982
Combat
Identité
Amazighe

Boudjemâa Agraw, de son vrai nom Boudjemâa Ouddane, est un chanteur algérien d’expression kabyle né le 27 décembre 1952 à Semaoune, commune de Chemini, dans la wilaya de Béjaïa en Petite Kabylie. Fondateur du groupe mythique Agraw avec Takfarinas en 1982, il est l’une des voix les plus engagées de la chanson berbère.

« 

Tout silence est mensonge, et tout mensonge une atteinte à la liberté d’un peuple.

— Boudjemâa Agraw

🌅
Origines et débuts à la radio

Boudjemâa Ouddane naît le 27 décembre 1952 à Takhelidjet, village de Semaoune, dans le douar d’Aït Waghlis, une région montagneuse de la commune de Chemini près de Béjaïa en Petite Kabylie. C’est dans ce cadre authentique qu’il développe très tôt son amour pour la musique et la poésie kabyles.

📻 Premiers pas à la Chaîne 2

Dans les années 1970, sous le nom de scène Boudjemâa Semaouni, il commence sa carrière comme chanteur amateur à la radio berbérophone Chaîne 2 d’Alger. Il y enregistre ses premiers disques microsillon (45 tours) signés chez la maison Azwaw. La chanson « Ourtsmahagh Ilmakhthouve » devient son premier succès.

Ses amis, parmi lesquels Matoub Lounès, Takfarinas et Hamidouche, décelèrent en lui des talents de musicien et l’encouragent à persévérer. En 1980, il prend son destin en main : la guitare sur les épaules, il part pour Paris explorer de nouveaux horizons plus prometteurs.

🎤
La naissance du groupe Agraw

À Paris, Boudjemâa travaille aux éditions Azwaw d’Idir, liées à l’Académie berbère. C’est là qu’il rencontre Takfarinas, venu avec son mandole pour enregistrer. Boudjemâa lui propose de l’accompagner aux éditions Triomphe Musique d’Arezki Baroudi.

🎸 L’Olympia 1980 : le déclic

Lors d’un gala à l’Olympia en 1980 avec Idir, Malika Domrane et Brahim Izri, Boudjemâa et Takfarinas interprètent deux chansons ensemble. Le succès de ce passage convainc le public : on leur suggère de chanter ensemble dans un groupe. C’est ainsi que naît AGRAW.

ⵣ Le nom « Agraw »

En berbère, « Agraw » signifie « assemblée » ou « rassemblement ». Ce nom symbolise l’union des forces pour défendre la culture et l’identité amazighes. Le duo allie la vivacité instrumentale et les montées vocales de Takfarinas avec le bon sens de la composition et l’écriture imagée de Boudjemâa.

💿 Les albums du groupe Agraw
1982 – Leswar Zzin
Avec Takfarinas • Succès phénoménal • Mumendil Yeddwen
1983 – Chef u Parti
Avec Takfarinas • D’Akli • Textes engagés

Ces deux albums connaissent un succès fulgurant qui propulse le duo au devant de la scène musicale kabyle. Cependant, en 1984, les deux compères se séparent à l’amiable. Non pas pour des raisons conflictuelles, mais parce qu’ils ne se sentent pas de la même vague artistique : Boudjemâa est un chanteur à textes et revendicateur, tandis que Takfarinas s’oriente vers la musique qui bouge et l’innovation.

🎵
Carrière solo et évolution

En s’appropriant légitimement le nom du groupe qu’il a fondé, Boudjemâa poursuit sa carrière sous le label Agraw. En 1984, sort son premier album solo « Made In Algeria », qui rencontre encore le succès.

🤝 1985 : L’épisode Karim T

En 1985, Boudjemâa intègre un nouveau membre au groupe : Karim Tizouiar (ou Karim T), un jeune chanteur talentueux de la région de Cap Sigli (Béjaïa). Ensemble, ils sortent l’album « Lakhmis d Ldjemaa » avec des titres comme « Iâach ur yeksiv ». Cette collaboration ne dure qu’un an avant que Karim T parte en carrière solo.

💕 1986 : Uliw Yedduqus

En 1986, Boudjemâa sort l’album qui restera dans les annales de la musique kabyle. Le titre phare « Uliw Yedduqus » (« Mon cœur bat la chamade ») devient un classique, repris par de nombreux artistes dont Karim T. Cette chanson romantique et mélancolique montre une autre facette de l’artiste.

En 1987, arrive un album produit en France en collaboration avec Arezki Baroudi, Jean-François Picot et Céline Chollet. C’est un grand tournant : des chansons composées avec des percussions électroniques, un style alliant romance et mélancolie. Les titres « Ma Ulacikem » et « Ayen Nnan » rencontrent un grand succès.

🇩🇿 1988 : Le retour en Algérie

À partir de 1988, Boudjemâa Agraw prend une décision courageuse : alors que beaucoup fuient l’Algérie durant la décennie noire, il fait le chemin inverse et rentre au pays pour poursuivre son combat musical. « Être aux côtés des siens dans les moments durs et bâtir son pays sur des bases solides », résume-t-il.


L’engagement pour l’identité berbère

Militant de base pour la cause berbère, Boudjemâa Agraw s’est tant de fois heurté au mur du pouvoir en place. Son penchant pour la chanson engagée n’a jamais pris de rides. Pour lui, l’engagement est nécessaire et vital car il oriente, sensibilise et identifie toute une nation dans ses repères culturels et identitaires.

⚽ La JSK : Plus qu’un club

Pour Boudjemâa, la JSK n’est pas seulement un club de football, mais une vitrine de la Kabylie et le porte-drapeau du combat identitaire. Son album « JSK Kabylie / Viva la Kabylie » (2001) glorifie le club en citant tous les honneurs qu’il a procurés aux millions de Kabyles. Il rappelle que c’est depuis les tribunes du stade du 5 juillet, lors de la finale de 1977, que les premiers slogans du combat identitaire ont fusé.

🎭 Hommages aux maîtres

Boudjemâa Agraw rend hommage dans tous ses galas à Matoub Lounès et Slimane Azem, deux chanteurs qui ont marqué leur époque. Il aime aussi les clins d’œil à Dahmane El Harrachi, figure illustre de l’exil, et à Hadj M’Hamed El Anka, le grand maître du chaâbi algérois.

En août 2001, durant le Printemps noir, Boudjemâa a été l’initiateur de la marche des artistes à Béjaïa, un acte concret de défense de la Kabylie. Son album « Zenga Zenga » (2011) rend hommage aux Amazighs libyens de Benghazi et contient également un hommage au grand poète kabyle Si Muhend U Mhand.

💿
Discographie complète

La discographie de Boudjemâa Agraw est très riche, témoignant de plus de 40 ans de carrière. Sa façon de composer et de rimer des textes et des mélodies toujours allant ensemble procure d’intenses sensations et d’amour envers la Kabylie.

📀 Albums studio (sélection)
1982 – Leswar Zzin
1983 – Chef u Parti
1984 – Made In Algeria
1985 – Lakhmis d Ldjemaa
1986 – Uliw Yedduqus
1987 – Tine Anghane
1988 – Lqad T’sedda
1989 – Dda L’Mulud Ulac
1990 – Lawziret
1991 – Tadukli
1993 – L’Algérie avant tout
1995 – Ali Baba et les 40 voleurs
1998 – Huhu (1er CD)
2000 – Tchek Ma Iluz
2001 – JSK Kabylie
2005 – Je t’aime Mamia
2008 – Hydra
2011 – Zenga Zenga
🎵 Chansons emblématiques
🎤 Leswar Zzin
🎤 Chef u Parti
🎤 D’Akli
🎤 Uliw Yedduqus
🎤 Ma Ulacikem
🎤 Ayen Nnan
🎤 Mumendil Yeddwen
🎤 JSK Negh
🌍 Rayonnement international

Boudjemâa Agraw se produit partout dans le monde : Europe, Canada, États-Unis (tournée 2008 avec le soutien d’associations berbères). En 2008, lors d’un concert aux USA, il a interprété « Uliw Yedduqus » devant un public de jeunes Kabyles expatriés, créant une émotion collective inoubliable.


Questions fréquentes

Qui est Boudjemâa Agraw ?

Boudjemâa Agraw, de son vrai nom Boudjemâa Ouddane, est un chanteur kabyle engagé né le 27 décembre 1952 à Semaoune (Béjaïa). Fondateur du groupe mythique Agraw avec Takfarinas en 1982, il a produit plus de 30 albums et reste une voix majeure de l’identité berbère depuis plus de 40 ans.

Qu’est-ce que le groupe Agraw ?

Le groupe Agraw est un duo musical kabyle fondé en 1982 par Boudjemâa et Takfarinas à Paris, dans les studios des éditions Azwaw d’Idir. Le nom « Agraw » signifie « assemblée » en berbère. Le groupe a révolutionné la musique kabyle en fusionnant folk et modernité, avec des textes engagés pour l’identité berbère.

Quelles sont les chansons célèbres de Boudjemâa Agraw ?

Ses titres les plus célèbres incluent Leswar Zzin (1982), Chef u Parti (1983), Uliw Yedduqus (1986, repris par de nombreux artistes), Ma Ulacikem (1987), JSK Kabylie (2001) et Zenga Zenga (2011). La chanson « Uliw Yedduqus » (Mon cœur bat la chamade) reste un classique intemporel.

Pourquoi Boudjemâa Agraw et Takfarinas se sont-ils séparés ?

La séparation en 1984 n’était pas conflictuelle mais due à des visions artistiques différentes. Boudjemâa privilégiait les textes engagés et revendicateurs, tandis que Takfarinas s’orientait vers la musique d’ambiance et l’innovation musicale. Chacun a poursuivi sa carrière solo avec succès.

Quel est l’engagement de Boudjemâa Agraw pour la cause berbère ?

Militant de base pour la cause berbère, Boudjemâa Agraw a initié la marche des artistes à Béjaïa en août 2001. Il est resté en Algérie durant la décennie noire quand beaucoup fuyaient. Sa musique défend l’identité amazighe, glorifie la JSK comme symbole identitaire, et rend hommage aux grandes figures de la culture kabyle.

Combien d’albums a sorti Boudjemâa Agraw ?

Boudjemâa Agraw a produit plus de 30 albums depuis 1982, avec une régularité impressionnante : au moins un album par an durant ses années les plus prolifiques. Sa discographie mêle chansons engagées, titres romantiques et hommages aux grandes figures de la culture kabyle et algérienne.

« L’engagement est nécessaire car il oriente, sensibilise et identifie toute une nation dans ses repères culturels et identitaires. »

— Boudjemâa Agraw

ⵣ Voix de l’Identité Berbère • Depuis 1952 • Plus de 40 ans de combat musical

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