Mohamed El Yazid
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 12 juillet 2017

L’Étoile du Raï Mélodique
Mohamed El Yazid
Né en 1970 • La Voix de l’Oranie • L’Interprète de Sabra
Porte-drapeau d’un Raï élégant et populaire, Mohamed El Yazid a su conquérir les cœurs par la sincérité de son verbe. De la ferveur oranaise aux scènes internationales, il incarne le renouveau de la chanson citadine algérienne.
📍 Oran, Algérie
💿 L’ère Sabra
Mohamed El Yazid est l’un des rares artistes à avoir su préserver la dignité du musique raï tout en le propulsant dans l’ère de la variété moderne. Né dans le bouillonnement artistique de la ville d’Oran, il a su capter l’héritage des Cheikhates et des maîtres du chaâbi pour forger un son qui lui est propre. Son succès planétaire avec le titre Sabra a ouvert une voie royale pour une chanson algérienne à la fois populaire, respectueuse et universelle, marquant durablement la mémoire collective des deux rives de la Méditerranée.
- 1. Oran : Le berceau d’une passion (1970)
- 2. L’éveil artistique et les premières scènes oranaises
- 3. Sabra : L’ouragan qui a conquis le Maghreb
- 4. Le style El Yazid : Un Raï de charme et de vérité
- 5. L’esprit de fusion : Collaborations avec l’ONB et Gaâda
- 6. Un héritage vivant et une postérité intemporelle
- 7. Questions fréquentes
«Le Raï est un cri, mais la variété est une caresse. J’ai essayé de faire en sorte que mon cri soit assez doux pour entrer dans toutes les maisons algériennes.
— Mohamed El Yazid
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Oran : Le berceau d’une passion (1970)
Mohamed El Yazid naît en 1970 à Oran, la métropole joyeuse et rebelle de l’Ouest algérien. Grandir à Oran dans les années 70 et 80, c’est baigner dans le laboratoire du futur Raï. Fils d’un milieu où la musique est à la fois une fête et un refuge, il est très tôt fasciné par les voix qui s’échappent des cabarets et des mariages de quartier.
Contrairement à la rudesse de certains chanteurs de sa génération, Mohamed possède un timbre de voix naturellement clair et mélodique. Il s’imprègne de la tradition oranaise, écoutant les maîtres de la musique andalouse mais aussi les précurseurs du raï comme Maurice El Medioni. Cette culture plurielle fera de lui un artiste capable de naviguer entre le patrimoine et la modernité pop.
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L’éveil artistique et les premières scènes
À la fin des années 80, alors que l’Algérie traverse des zones de turbulences, la voix d’El Yazid commence à se faire entendre au-delà d’Oran. Il enregistre ses premières cassettes, s’entourant d’arrangeurs talentueux qui comprennent sa vision : faire du raï une musique de sentiment plutôt qu’une musique de pure transe.
Il admire la force de Cheb Khaled, mais il cherche une voie plus intimiste. Il se lie d’amitié avec les musiciens de la place d’Alger et commence à se produire dans la capitale. Sa prestance physique, son sourire et son élégance vestimentaire font de lui le « gendre idéal » de la chanson algérienne, une image qui rompt avec le soufre entourant alors certains artistes du raï.
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Sabra : L’ouragan qui a conquis le Maghreb
L’année 1993 marque un tournant définitif. Mohamed El Yazid sort le titre Sabra (Patience). C’est un raz-de-marée. La chanson, qui traite de la patience face aux épreuves de la vie et de l’amour, devient l’hymne de toute une jeunesse. Elle est diffusée en boucle sur les radios, dans les taxis et les mariages de Tlemcen à Annaba.
Le succès de Sabra propulse El Yazid sur les scènes internationales. Il se produit en France, au Maroc et en Tunisie. Il réussit ce que peu d’artistes ont accompli : fédérer un public familial. Ses albums suivants confirment son talent de mélodiste. Il chante la mère (Ya L’mima), l’exil (Ghorba) et l’espoir d’une Algérie apaisée. Il devient l’un des artistes les plus bankables de l’édition musicale algérienne.
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L’esprit de fusion : Collaborations avec l’ONB et Gaâda
Mohamed El Yazid ne s’est jamais laissé enfermer dans un seul moule. Sa curiosité artistique l’a poussé vers des collaborations audacieuses, loin des sentiers battus du Raï commercial. Il a notamment collaboré avec le mythique collectif Orchestre National de Barbès (ONB) sur l’album Poulina (1999). Sa voix apporte une chaleur citadine aux rythmes fusion du groupe.
Désireux de retrouver les racines ancestrales du pays, il a également partagé des projets avec le groupe Gaâda Diwane de Béchar. En mélangeant son style oranais à la musique diwane (Gnaoua) du Sud, il a prouvé que sa voix pouvait porter la transe saharienne avec la même force que la romance méditerranéenne. Ces expériences font de lui un artiste de la « trans-fusion », respecté par tous les musiciens de la place.
L’ouverture sur le monde
Ses passages avec l’ONB et Gaâda montrent un El Yazid explorateur, capable de marier le Raï-charme à l’énergie rock et aux percussions sacrées de Béchar.
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Le style El Yazid : Un Raï de charme et de vérité
Le style de Mohamed El Yazid est un alliage précieux. Il conserve la base instrumentale du Raï (accordéon, synthétiseurs, percussions) mais y injecte une rigueur héritée de la variété citadine d’Alger. Ses orchestrations sont riches, souvent agrémentées de violons qui soulignent la mélancolie de ses textes.
Il accorde une importance capitale aux paroles. Contrairement au raï « underground » de l’époque, souvent cru, El Yazid utilise une langue châtiée, issue de la Dardja noble. Il puise dans la sagesse de Dahmane El Harrachi cette capacité à transformer un proverbe en refrain accrocheur. Sa voix, toujours juste, évite les effets inutiles pour se concentrer sur le frisson.
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Un héritage vivant et une postérité intemporelle
Aujourd’hui, Mohamed El Yazid reste une figure respectée et aimée. Ses chansons sont devenues des « classiques » qui traversent les époques sans prendre une ride. Il a prouvé qu’on pouvait être une star du raï tout en restant un artiste de variété respecté par toutes les couches de la société.
Il laisse derrière lui une discographie qui est un pont entre l’Oran d’hier et l’Algérie de demain. Pour les nouvelles générations de chanteurs, il est le modèle de la réussite par le travail, la rigueur et le respect du public. Mohamed El Yazid n’a pas seulement chanté Alger et Oran, il leur a donné une bande-son de tendresse et d’espoir.
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Questions fréquentes
Est-il considéré comme un chanteur de Raï ?
Oui, il s’inscrit dans la mouvance du raï moderne des années 90. Cependant, son style est beaucoup plus proche de la variété et de la chanson de charme que du raï « hardcore » des débuts. Il a su anoblir le genre pour le rendre accessible à toutes les familles.
Pourquoi la chanson ‘Sabra’ a-t-elle eu un tel succès ?
Elle est arrivée à un moment où le public avait besoin d’apaisement. La mélodie simple et entêtante, alliée à un texte sur la patience et la foi en l’avenir, a résonné avec l’état d’esprit des Algériens durant une période difficile de leur histoire.
A-t-il vraiment chanté avec l’ONB ?
Oui, Mohamed El Yazid a apporté sa contribution vocale sur l’album ‘Poulina’ de l’Orchestre National de Barbès. C’est l’un des moments forts de sa carrière, illustrant sa capacité à s’adapter à des arrangements plus rock et fusion.
Est-il toujours actif sur scène ?
Bien qu’il se fasse plus rare dans les médias, Mohamed El Yazid continue de participer à des événements culturels majeurs et à des galas, restant l’une des valeurs sûres de la chanson algérienne de qualité.
« Ma voix est un cadeau d’Oran que j’ai voulu partager avec tout le monde. »
— Hommage à Mohamed El Yazid, l’astre de la sincérité
ⵎⵓⵃⴰⵎⵎⴷ ⵍⵢⴰⵣⵉⴷ — La légende oranaise



















































































































































































































































































































































































































































































































































































































