L’Orchestre National de Barbes (ONB)
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 12 juillet 2017

La Caravane Magique de la Fusion
L’Orchestre National de Barbès (ONB)
Depuis 1996 • Le Son des Deux Rives • L’Énergie Pure d’Alger-Barbès
📍 Barbès • Alger • Le Caire
⚡ Ambassadeurs du Métissage
L’Orchestre National de Barbès (ONB) est le monument vivant du métissage musical algérien. Né en 1996 dans l’effervescence cosmopolite du quartier de Barbès à Paris, ce collectif a su briser toutes les frontières pour créer un « langage commun » sonore. Mené par le bassiste de génie Youcef Boukella, l’ONB a réconcilié la ferveur de la musique gnaoua, la noblesse du chaâbi d’Alger et l’énergie brute du Rock. Véritable « Dream Team » de la diaspora, le groupe a porté l’identité algérienne sur les plus grandes scènes mondiales, de New York au Japon, prouvant que le son de la ville d’Alger est universel.
- 1. 1996 : La naissance d’un mythe au New Morning
- 2. Youcef Boukella : Le cerveau de la fusion
- 3. Le Son ONB : Un laboratoire entre Gnaoua et Rock
- 4. Poulina et les succès mondiaux : Le sacre international
- 5. L’esprit de Barbès : Une fraternité culturelle sans visa
- 6. Un héritage immortel pour la nouvelle scène algérienne
- 7. Questions fréquentes
«L’ONB n’est pas un groupe, c’est une république musicale où chaque instrument a son mot à dire. Notre passeport, c’est le groove.
— Youcef Boukella
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1996 : La naissance d’un mythe au New Morning
L’histoire de l’Orchestre National de Barbès commence par un pari fou. En 1996, alors que l’Algérie traverse sa période la plus sombre, une poignée de musiciens de la diaspora se réunit à Paris. Leur leader, le bassiste Youcef Boukella, sort d’une collaboration fructueuse avec Cheb Mami. Il rêve d’un grand orchestre qui ne choisirait plus entre le patrimoine et la modernité.
Leur premier concert au club New Morning est une déflagration. Sans album, sans promotion massive, le groupe remplit la salle par la seule force du bouche-à-oreille. Le public découvre une formation pléthorique, une section de cuivres rutilante et un mélange de rythmes qui font danser les corps tout en interpellant les esprits. Le nom « Orchestre National de Barbès » est choisi pour ironiser sur les structures officielles tout en revendiquant l’identité du quartier le plus « algérien » de Paris.
Leur premier album est un « live ». Un fait rare qui témoigne de la puissance scénique du groupe. Porté par le titre Alik, le disque devient un immense succès en Algérie et en France, installant l’ONB comme les parrains de la nouvelle fusion maghrébine.
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Youcef Boukella : Le cerveau de la fusion
Derrière la machine de guerre sonore qu’est l’ONB se cache la rigueur de Youcef Boukella. Frère du musicien et caricaturiste Cheikh Sidi Bémol, Youcef possède une culture musicale encyclopédique. Formé aux conservatoires mais aussi à l’école de la scène raï, il a su structurer l’improvisation pour en faire une orchestration de précision.
En tant que bassiste, il assure la « colonne vertébrale » du groupe, mêlant les lignes de basse gnaouies aux saccades funk. Il a su s’entourer de voix fortes comme celles de Fateh Williams ou Mehdi Askeur, créant une polyphonie algéroise capable de porter les textes du Melhoun ancestral avec une fureur rock contemporaine.
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Le Son ONB : Un laboratoire entre Gnaoua et Rock
Le « Son ONB » est une alchimie unique qui refuse les étiquettes. On y retrouve :
- Le Gnaoua : Par l’usage systématique du Guembri et des krakebs, apportant une dimension de transe.
- Le Chaâbi : Dans les mélodies vocales et le respect des modes andalous algérois.
- Le Rock & Jazz : Dans l’agressivité des guitares électriques et la liberté des solos de cuivres.
- La Salsa & Reggae : Pour l’ouverture sur les musiques du Sud, créant un rythme global irrésistible.
Leur capacité à réinterpréter des classiques algériens (comme les chants de Mohamed Mazouni ou des maîtres du Malouf) avec une énergie de « Big Band » a permis à la musique chaâbi de trouver un nouveau souffle auprès de la jeunesse internationale.
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Poulina et les succès mondiaux : Le sacre
En 1999, l’album Poulina confirme leur statut de géants. Ils collaborent avec des artistes d’horizons divers, dont Mohamed El Yazid, prouvant leur capacité à fédérer toute la scène algérienne. L’album est un voyage musical qui va du reggae oranais au jazz cosmopolite.
Le rayonnement de l’ONB devient planétaire. Ils tournent aux États-Unis, en Europe et dans le monde arabe, représentant une Algérie joyeuse, cultivée et ouverte, à l’opposé des images de violence qui saturaient alors les journaux. Leur participation aux grands concerts « L’Algérie à Paris » aux côtés de Cheb Khaled et Rachid Taha scelle leur place dans le panthéon de la musique contemporaine.
L’idole des ondes
Pendant plus d’une décennie, l’ONB a été le groupe le plus diffusé sur les radios de World Music, devenant le modèle absolu pour tous les orchestres de fusion maghrébine.
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L’esprit de Barbès : Une fraternité sans visa
L’engagement de l’Orchestre National de Barbès est avant tout humaniste et identitaire. Ils ont su transformer un quartier stigmatisé (Barbès) en une marque de noblesse culturelle. Dans leurs textes, ils abordent la condition de l’immigré, le mal-être de la jeunesse algérienne, mais toujours avec une pointe de dérision et un optimisme chevillé au corps.
Le groupe a toujours été un fervent défenseur de la paix et de la démocratie. Leurs concerts étaient des lieux de réconciliation où se croisaient toutes les générations et toutes les origines. Ils ont montré, avec Baaziz ou Gnawa Diffusion, qu’une parole libre est le meilleur rempart contre toutes les formes d’obscurantisme.
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Un héritage immortel pour la nouvelle scène
Aujourd’hui, l’ONB continue de se produire et de faire vibrer les foules, fêtant régulièrement ses anniversaires par des tournées marathon. Leur influence est monumentale : ils ont ouvert la voie à des groupes comme Bab L’Bluz, Labess ou encore la nouvelle scène électro-maghrébine.
Ils ont prouvé que la musique algérienne n’était pas une pièce de musée, mais une matière vivante, électrique et joyeuse. Pour les Algériens du pays et d’ailleurs, l’ONB restera « L’Orchestre », celui qui a su faire rimer Casbah et Modernité avec une élégance et un panache jamais démentis.
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Questions fréquentes
L’ONB est-il un groupe français ou algérien ?
C’est un groupe de la diaspora. Bien que formé à Paris, ses membres, son répertoire et son âme sont viscéralement algériens. Ils se définissent comme un pont entre les deux cultures.
Pourquoi le mot ‘National’ dans leur nom ?
Il s’agit d’une autodérision ironique. Ils voulaient créer leur propre « institution » indépendante, loin des orchestres nationaux officiels, en revendiquant la « nation » cosmopolite de Barbès.
Quel est le lien avec Cheikh Sidi Bémol ?
Youcef Boukella, le fondateur de l’ONB, est le frère de Hocine Boukella (Cheikh Sidi Bémol). Les deux partagent cette même vision de la fusion intelligente et de la satire sociale algéroise.
« On ne mélange pas les couleurs pour les effacer, mais pour créer un tableau plus beau. L’ONB est ce tableau. »
— À la gloire de l’Orchestre National de Barbès, les nomades du groove
ⵄ.ⵏ.ⴱ — L’Algérie plurielle pour l’éternité



















































































































































































































































































































































































































































































































































































































