Investissement touristique en Algérie : opportunités, zones, financement et démarches
- Dzaïr Zoom / 1 jour
- 8 mai 2026

Sommaire
Résumé de l’article
L’investissement touristique en Algérie connaît une accélération inédite en 2026. Portée par le Plan Destination Algérie qui vise 12 millions de visiteurs d’ici 2030, l’Algérie a enregistré 3,5 millions de touristes en 2025 et ambitionne d’en attirer 8 millions en 2029. Le pays dispose d’atouts majeurs : 1 200 km de côtes, 249 zones d’expansion touristiques (ZET), 282 sources thermales et un Sahara parmi les plus spectaculaires du monde.
Pour les investisseurs, le cadre légal est désormais favorable : la loi 22-18 de 2022 garantit des exonérations fiscales allant jusqu’à 10 ans, l’accès au foncier via des concessions à long terme (30 à 99 ans), et une bonification des taux d’intérêt de 3 % dans le Nord et 4,5 % dans le Sud. Avec 582 projets touristiques en cours à travers le pays et 148 nouvelles autorisations prévues en 2026, le secteur est clairement identifié comme une priorité nationale de diversification économique.
Pour les membres de la diaspora algérienne, des procédures facilitées sont en place via l’AAPI. Le secteur offre des créneaux concrets : hôtellerie boutique, tourisme saharien, thermalisme, maisons d’hôtes et agritourisme — des niches encore peu exploitées à fort potentiel de rentabilité.
Introduction : pourquoi l’Algérie mise tout sur le tourisme
Pendant des décennies, le tourisme en Algérie a été le grand oublié des politiques économiques. Un pays riche en hydrocarbures n’avait pas besoin, semblait-il, de s’embarrasser avec des hôtels et des agences de voyages. Le résultat est connu : un parc hôtelier vieillissant, des infrastructures insuffisantes et des procédures de visa dissuasives qui ont longtemps tenu les visiteurs étrangers à distance.
Ce temps est révolu. Depuis 2020, et de façon accélérée depuis 2023, le gouvernement algérien a fait du tourisme une priorité économique nationale. La raison est simple : avec la transition énergétique mondiale qui menace les revenus pétroliers à moyen terme, l’Algérie doit trouver d’autres sources de devises. Le tourisme, qui représente plus de 10 % du PIB mondial, s’impose comme une évidence pour un pays qui cumule plages méditerranéennes, désert saharien, sites antiques, thermalisme et gastronomie.
Pour les investisseurs algériens de la diaspora — qu’ils soient en France, en Belgique ou au Canada — et pour les entrepreneurs locaux, ce virage stratégique ouvre des opportunités concrètes et documentées. Ce guide les passe en revue avec précision : zones d’investissement, avantages fiscaux, financement, démarches, et secteurs porteurs.
Les chiffres clés du tourisme algérien en 2026
| Indicateur | Chiffre | Contexte |
|---|---|---|
| Touristes accueillis en 2025 | 3,5 millions | +40 % par rapport à 2023 |
| Projets touristiques en cours | 582 projets | À travers toutes les wilayas du pays |
| Nouvelles autorisations 2026 | 148 projets | Hôteliers et touristiques |
| Objectif visiteurs 2029 | 8 millions | 12 millions visés pour 2030 |
| Zones d’expansion touristiques | 249 ZET | Dont 22 ZET aménagées et prêtes |
| Touristes dans le Grand Sud en 2025 | 1,5 million | Tourisme saharien en plein essor |
| Sources thermales identifiées | 282 | Quasi inexploitées commercialement |
| Linéaire côtier méditerranéen | 1 200 km | Largement sous-exploité touristiquement |
Ces chiffres illustrent une dynamique réelle. L’Algérie reste encore loin de ses voisins tunisiens (10 millions de touristes par an) et marocains (17 millions), mais l’écart se réduit rapidement. Et surtout, le marché est moins saturé : les créneaux d’investissement touristique en Algérie sont plus accessibles et la concurrence moins féroce qu’au Maroc ou en Tunisie.
Le Plan Destination Algérie : objectifs et axes stratégiques
Le Plan Destination Algérie, présenté en 2023 et actualisé début 2026, est la feuille de route officielle du gouvernement pour le développement touristique. En février 2026, l’Algérie a officialisé sa stratégie touristique 2026-2028, avec l’objectif clair d’attirer 8 millions de visiteurs d’ici 2029. Il s’articule autour de cinq axes principaux.
Le tourisme balnéaire
L’Algérie dispose de 1 200 km de côtes méditerranéennes sous-exploitées, notamment dans les wilayas de Jijel, Béjaïa, Tipaza, Aïn Témouchent et Annaba. Le plan prévoit la construction de nouvelles infrastructures hôtelières dans les 22 ZET aménagées du littoral, avec des concessions foncières à des prix très attractifs. Le gouvernement a également annoncé la construction de sept nouveaux pôles touristiques et l’élargissement de 224 zones touristiques.
Le tourisme saharien
Le Sahara algérien est l’un des plus grands et des plus préservés au monde. La wilaya de Tamanrasset (Hoggar), Djanet (Tassili N’Ajjer, classé UNESCO), Illizi et El Oued attirent déjà 1,5 million de visiteurs par an, un chiffre en forte hausse. La bonification du taux d’intérêt à 4,5 % pour les projets dans le Sud illustre la volonté de l’État d’y stimuler l’investissement privé.
Le thermalisme
L’Algérie possède 282 sources thermales identifiées, un patrimoine naturel exceptionnel quasi inexploité commercialement. Le potentiel est considérable pour des établissements de cure, de bien-être ou d’écotourisme. La wilaya de Khenchela, de Tébessa et de Guelma concentrent plusieurs gisements thermaux de premier plan.
Le tourisme culturel et patrimonial
Avec 7 sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO (Djémila, Timgad, Tipasa, Tassili N’Ajjer, M’Zab, Casbah d’Alger, et l’Ahellil du Gourara), l’Algérie dispose d’un capital culturel exceptionnel. Notre itinéraire Timgad, Djémila, Tipasa en 48h illustre le potentiel de ce segment pour les circuits culturels haut de gamme.
L’agritourisme et le tourisme rural
Notamment développé en Kabylie et dans les wilayas du Tell (Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira), ce segment attire une clientèle algérienne et diasporique en quête d’authenticité. Les maisons d’hôtes de montagne, les gîtes ruraux et les fermes pédagogiques sont des créneaux encore largement sous-exploités.
Les Zones d’Expansion Touristiques (ZET) : où investir ?
Les Zones d’Expansion Touristiques (ZET) sont le mécanisme central d’accès au foncier pour tout investissement touristique en Algérie. Définies par le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, elles délimitent des périmètres géographiques où l’État met à disposition des terrains pour des projets touristiques, via des concessions à long terme. Le portefeuille foncier touristique de l’AAPI englobe 249 zones d’expansion et sites touristiques (ZEST) d’une superficie totale considérable.
| Région | Wilayas principales | Type de tourisme | Bonification taux | Potentiel |
|---|---|---|---|---|
| Littoral méditerranéen | Oran, Béjaïa, Jijel, Tipaza, Annaba | Balnéaire, plaisance, congrès | 3 % | ★★★★ |
| Grand Sud saharien | Tamanrasset, Illizi, Djanet, El Oued | Aventure, désert, écotourisme | 4,5 % | ★★★★★ |
| Hauts-Plateaux | Sétif, Batna, Tiaret, Aïn Témouchent | Culturel, thermalisme, rural | 3 % + exo. IBS renforcée | ★★★ |
| Kabylie | Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira | Rural, montagne, culturel kabyle | 3 % | ★★★★ |
| Nord-Est | Constantine, Annaba, Guelma, Khenchela | Culturel, thermalisme, affaires | 3 % | ★★★ |
| Ouest oranais | Oran, Tlemcen, Sidi Bel Abbès | Affaires, balnéaire, culturel | 3 % | ★★★★ |
La wilaya d’Oran arrive en tête des projets touristiques en cours selon l’Agence de Presse Algérienne. Sa proximité avec l’Espagne, son aéroport international et son tissu économique dense en font la destination la plus mature pour les projets hôteliers d’affaires et de congrès. Pour en savoir plus sur cette ville, consultez notre guide sur l’immobilier à Oran en 2026.
Pour accéder à une ZET, l’investisseur dépose un dossier auprès de la Direction du Tourisme et de l’Artisanat (DTA) de la wilaya concernée, ou via l’AAPI si le projet dépasse certains seuils. Le terrain est alors cédé en concession de 30, 45, 50 ou 99 ans à un coût symbolique, avec obligation de réaliser le projet dans les délais convenus.
Les types d’investissement touristique les plus porteurs
| Type de projet | Investissement minimal estimé | Rentabilité potentielle | Accessible à la diaspora ? |
|---|---|---|---|
| Hôtel boutique (20-50 chambres) | 80 à 250 millions DA | Bonne (taux d’occupation en hausse) | Oui, avec partenaire local possible |
| Maison d’hôtes / gîte rural | 5 à 30 millions DA | Excellente (faibles charges fixes) | Oui, idéal pour primo-investisseurs |
| Agence de tourisme réceptif | 2 à 10 millions DA | Bonne (marges sur circuits) | Oui (capital minimum faible) |
| Établissement thermal / spa | 50 à 500 millions DA | Très bonne (segment premium) | Oui, avec financement BDL |
| Camping / hébergement saharien | 10 à 80 millions DA | Bonne (demande forte, peu d’offre) | Oui, notamment pour la diaspora du Sud |
| Restaurant gastronomique | 5 à 40 millions DA | Variable (dépend de l’emplacement) | Oui |
| Parc d’attractions / loisirs | 200 millions DA et + | Élevée (marché sous-équipé) | Partiellement (projet structurant) |
La maison d’hôtes reste le point d’entrée le plus accessible pour la diaspora. Peu capitalistique, facilement gérable à distance via un gérant local, elle répond à une demande croissante des Algériens eux-mêmes pour un tourisme intérieur authentique. Les villes de Ghardaïa, Tlemcen et les villages de Kabylie offrent des cadres idéaux pour ce type de projet.
L’agence de tourisme réceptif ciblant la diaspora est un créneau particulièrement bien adapté à ceux qui résident à l’étranger : ils connaissent les deux marchés et peuvent commercialiser en Europe ou au Canada tout en faisant opérer leur structure en Algérie. Pour évaluer d’autres idées rentables, notre guide sur les meilleures idées de business en Algérie est un complément utile.
Avantages fiscaux et financiers spécifiques au tourisme
Le secteur touristique bénéficie d’une double couche d’avantages : ceux de la loi générale sur l’investissement (loi 22-18 de 2022) et des dispositifs spécifiques au tourisme. La combinaison des deux est particulièrement attractive pour les porteurs de projets.
| Avantage | Conditions | Durée / Montant |
|---|---|---|
| Exonération IBS et TAP | Projet enregistré à l’AAPI dans le secteur tourisme | 3 à 5 ans (régime secteurs) / 5 à 10 ans (régime zones) |
| Exonération taxe foncière | Tous projets touristiques éligibles AAPI | 10 ans |
| Exonération droits de douane | Équipements hôteliers et touristiques importés | Phase de réalisation |
| Bonification taux d’intérêt — Nord | Projets hôteliers et touristiques wilayas Nord | 3 % de bonification sur le taux bancaire |
| Bonification taux d’intérêt — Sud | Projets dans le Grand Sud et Hauts-Plateaux | 4,5 % de bonification sur le taux bancaire |
| Concession foncière en ZET | Projet validé par la DTA de la wilaya | Bail de 30, 45, 50 ou 99 ans à coût symbolique |
| Prise en charge des infrastructures | Zones de développement (Sud, Hauts-Plateaux) | Partielle par l’État (voirie, réseau, raccordements) |
La bonification du taux d’intérêt fonctionne ainsi : si une banque vous accorde un crédit à 7 %, l’État prend en charge 3 % pour un projet dans le Nord, ramenant votre taux réel à 4 %. Pour un projet dans le Sud, la prise en charge est de 4,5 %, soit un taux réel de seulement 2,5 %. C’est une subvention directe au coût du capital, particulièrement significative pour les projets hôteliers à forte intensité capitalistique.
Pour les investisseurs de la diaspora qui souhaitent articuler ces avantages avec leur fiscalité française, notre guide sur la convention fiscale France-Algérie est indispensable. Et pour comprendre comment l’investissement touristique s’inscrit dans une stratégie patrimoniale globale, notre article sur l’investissement en Algérie sans y vivre apporte des réponses concrètes.
Comment financer son projet touristique en Algérie
Le financement est souvent le principal obstacle pour les investisseurs, en particulier pour ceux basés à l’étranger. Plusieurs dispositifs coexistent.
Le crédit bancaire avec bonification — dispositif Promoteur Touristique
La Banque de Développement Local (BDL) dispose d’un financement dédié aux promoteurs touristiques, accessible pour les projets neufs comme pour les rénovations. Ce crédit couvre jusqu’à 70 % du coût du projet, avec une bonification du taux d’intérêt prise en charge par le Trésor public selon la localisation géographique.
Les banques publiques
La CNEP-Banque, la BNA et le CPA financent également les projets touristiques. Pour les membres de la diaspora, la capacité d’endettement est calculée sur 50 % du revenu perçu à l’étranger, converti en dinars — les mêmes règles que pour le crédit immobilier en Algérie. Il est conseillé de présenter un business plan solide et un apport personnel d’au moins 30 % pour les projets hôteliers.
La finance islamique
Les produits de Mourabaha et de Moucharaka proposés par Al Baraka Bank, Al Salam Bank et CPA Islamic constituent une alternative pour les investisseurs qui souhaitent éviter les intérêts bancaires conventionnels. Ce segment est en pleine expansion en Algérie. Notre guide sur la finance islamique en Algérie fait le point sur les produits disponibles.
L’autofinancement et les fonds propres
Pour les projets de maisons d’hôtes, gîtes ruraux ou petites agences de voyages, l’autofinancement reste la solution la plus simple, notamment pour les membres de la diaspora disposant d’une épargne accumulée en Europe. Les procédures de transfert d’argent depuis la France vers l’Algérie sont désormais bien documentées. Pour les projets financés à plus de 25 % en devises étrangères, la loi 22-18 garantit le rapatriement du capital et des revenus.
Démarches étape par étape pour investir dans le tourisme en Algérie
- Identifier la zone et le type de projet : choisir entre ZET balnéaire, saharienne ou intérieure, et définir le segment (hôtel, maison d’hôtes, agence, thermalisme). Consulter la carte des ZET disponible sur aapi.dz et sur le site du Ministère du Tourisme.
- Contacter la Direction du Tourisme et de l’Artisanat (DTA) de la wilaya : pour les projets impliquant une ZET, c’est l’interlocuteur obligatoire pour la demande de concession foncière.
- Enregistrer le projet à l’AAPI : via invest.gov.dz ou au guichet unique de la wilaya. L’attestation d’enregistrement est la clé d’accès à tous les avantages fiscaux. Dossier requis : formulaire AAPI, pièce d’identité algérienne, étude technico-économique, liste des équipements.
- Obtenir l’approbation du plan architectural : pour les hôtels et établissements touristiques, le plan doit être approuvé par la DTA conformément aux normes de classement hôtelier.
- Monter le dossier de financement bancaire : business plan, étude de marché, plan de financement, garanties. La BDL est le premier interlocuteur pour le dispositif Promoteur Touristique.
- Réaliser le projet dans les délais : 3 à 5 ans selon le régime AAPI. Des prorogations sont possibles sur justification.
- Obtenir le classement hôtelier : pour les établissements d’hébergement, une procédure de classement (1 à 5 étoiles) est gérée par la DTA. Elle conditionne l’accès aux tarifs préférentiels des tour-opérateurs.
Pour les porteurs de projet de la diaspora qui ne peuvent pas se déplacer facilement, la plupart de ces étapes peuvent être initiées en ligne ou via un mandataire (procuration notariée). Le guide sur la création d’entreprise en Algérie détaille les formalités juridiques communes à tous les secteurs.
Ce que ça change pour la diaspora algérienne
Pour les Algériens résidant en France, au Canada ou en Belgique, le secteur touristique présente des avantages spécifiques par rapport aux autres secteurs d’investissement.
- La connexion personnelle est un actif : un membre de la diaspora qui maîtrise les codes culturels algériens et français peut concevoir des circuits ou des établissements qui répondent précisément aux attentes des visiteurs européens ou nord-américains d’origine algérienne.
- Le marché de la diaspora elle-même est immense : plus de 8 millions d’Algériens vivent à l’étranger. Les structures touristiques adaptées à ce public (confort européen, cuisine algérienne, circuits culturels, hébergement en région d’origine) sont rarissimes.
- La commercialisation depuis l’étranger est possible : une agence de tourisme réceptif enregistrée en Algérie peut être commercialisée depuis la France ou le Canada. Les réservations peuvent être prises en ligne, les paiements effectués en euros, et l’opération locale gérée par une équipe sur place.
- Les procédures facilitées via l’AAPI : les membres de la communauté nationale à l’étranger bénéficient de guichets et d’interlocuteurs dédiés au sein de l’AAPI.
Pour aller plus loin sur les droits spécifiques des binationaux, notre guide complet sur l’investissement en Algérie pour les immigrés est la référence sur ce sujet. Et pour une vision globale du potentiel économique du pays, notre analyse du PIB Algérie 2026 selon le FMI apporte le contexte macroéconomique nécessaire.
Risques et points de vigilance
La lenteur administrative
Malgré les réformes, les délais restent un point faible. L’approbation des plans architecturaux, l’obtention des permis de construire et les procédures de classement peuvent prendre plusieurs mois. Intégrez systématiquement des marges de temps dans votre business plan.
L’accès à la main-d’œuvre qualifiée
L’Algérie manque encore de personnel hôtelier formé aux standards internationaux. Les écoles hôtelières existent mais sont insuffisantes. Prévoyez un budget formation conséquent, et étudiez les partenariats possibles avec des écoles françaises ou canadiennes.
La connectivité aérienne
Le réseau de vols internationaux vers l’Algérie s’est amélioré mais reste limité, notamment pour les destinations du Sud. L’augmentation du nombre de vols est un prérequis au développement du tourisme saharien de masse.
La réglementation sur les devises
Le dinar algérien n’est pas librement convertible. Pour les projets financés en devises, la garantie de rapatriement prévue par la loi 22-18 s’applique, mais elle doit être documentée dès l’enregistrement à l’AAPI. Consultez notre guide sur le compte devises en Algérie pour comprendre comment gérer vos flux financiers.
Les changements réglementaires
La réglementation algérienne évolue régulièrement. La non-rétroactivité garantie par la loi 22-18 protège les avantages obtenus à l’enregistrement, mais il faut rester informé des évolutions qui peuvent affecter l’exploitation (normes de classement, obligations déclaratives, règles de prix).
Erreurs à éviter absolument
- Investir dans une ZET sans vérifier le statut foncier du terrain : certains terrains présentés comme disponibles font l’objet de litiges ou sont déjà concédés. Faites vérifier par un notaire et par la DTA avant tout engagement financier.
- Sous-estimer le coût de mise aux normes : les standards de classement hôtelier imposent des aménagements précis (accessibilité, sécurité incendie, équipements sanitaires). Faites réaliser un audit technique avant l’achat ou la rénovation d’un bien existant.
- Négliger l’étude de marché locale : le tourisme balnéaire fonctionne sur une saisonnalité marquée (juin-septembre). Dimensionnez votre projet en tenant compte de la réalité de la demande locale et non uniquement des objectifs officiels.
- Ne pas enregistrer le projet à l’AAPI avant de démarrer les travaux : l’attestation d’enregistrement doit être obtenue avant le début de la réalisation pour bénéficier des avantages fiscaux.
- Ignorer les obligations de classement : exploiter un établissement d’hébergement touristique sans classement officiel expose à des sanctions et à l’impossibilité de travailler avec les tour-opérateurs agréés.
- Oublier les obligations fiscales en France : les revenus générés par une structure touristique en Algérie sont soumis aux obligations déclaratives françaises pour les résidents fiscaux en France. Consultez notre guide sur la fiscalité franco-algérienne et notre page sur l’imposition des revenus locatifs algériens pour un résident en France.
À retenir
- L’investissement touristique en Algérie est une priorité nationale : 582 projets en cours, 148 nouvelles autorisations en 2026, objectif de 8 millions de visiteurs en 2029.
- Le pays dispose d’atouts uniques : 1 200 km de côtes, 249 ZET, 282 sources thermales, Sahara classé UNESCO — et un marché encore peu concurrentiel.
- Les avantages fiscaux sont substantiels : exonération IBS jusqu’à 10 ans, bonification des taux bancaires de 3 % au Nord et 4,5 % au Sud, concessions foncières en ZET à coût symbolique.
- Les créneaux les plus accessibles pour la diaspora : maison d’hôtes, gîte rural, agence de tourisme réceptif, camp saharien — faibles investissements initiaux, forte demande non satisfaite.
- La wilaya d’Oran est en tête des projets touristiques en cours ; le Grand Sud offre la bonification la plus élevée et le marché le moins concurrentiel.
- L’enregistrement à l’AAPI via invest.gov.dz est la première étape obligatoire — à faire avant le démarrage des travaux.
- Les membres de la diaspora bénéficient de procédures facilitées et d’un atout marketing naturel pour cibler les 8 millions d’Algériens de l’étranger.
FAQ — Questions fréquentes sur l’investissement touristique en Algérie
Quelles sont les zones les plus intéressantes pour investir dans le tourisme en Algérie ?
Le Grand Sud saharien (Tamanrasset, Illizi, Djanet) offre la bonification la plus élevée (4,5 %) et un marché peu concurrentiel. Le littoral d’Oran, Béjaïa et Jijel est plus accessible et bénéficie de meilleures infrastructures. La Kabylie est idéale pour les maisons d’hôtes et le tourisme rural.
Quels avantages financiers pour un projet hôtelier en Algérie ?
Un projet hôtelier enregistré à l’AAPI bénéficie d’une exonération d’IBS de 3 à 10 ans selon la localisation, d’une exonération de taxe foncière pendant 10 ans, d’une exonération de droits de douane sur les équipements, et d’une bonification de taux bancaire de 3 % à 4,5 % selon la région.
Qu’est-ce qu’une ZET et comment y accéder ?
Une Zone d’Expansion Touristique (ZET) est un périmètre délimité par l’État où des terrains sont mis à disposition des investisseurs touristiques via des concessions à long terme (30 à 99 ans). Pour y accéder, il faut déposer un dossier auprès de la Direction du Tourisme et de l’Artisanat (DTA) de la wilaya et obtenir l’aval de l’AAPI pour les projets dépassant certains seuils.
Peut-on investir dans le tourisme en Algérie depuis la France ?
Oui. Les binationaux et les membres de la communauté nationale à l’étranger bénéficient des mêmes droits que les résidents pour investir dans le tourisme. Le dossier AAPI peut être déposé en ligne via invest.gov.dz. La gestion opérationnelle peut être confiée à un gérant local, avec des procédures de mandat bien encadrées.
Quel type de projet touristique est le plus rentable pour la diaspora ?
La maison d’hôtes ou le gîte rural offre le meilleur ratio investissement/rentabilité pour un primo-investisseur de la diaspora : faible capital initial, faibles charges fixes, forte demande intérieure, et gestion possible à distance. L’agence de tourisme réceptif est également très adaptée car elle peut être commercialisée depuis l’étranger.
Combien faut-il pour créer une maison d’hôtes en Algérie ?
Pour un gîte de 5 à 10 chambres en Kabylie ou dans le Sud, comptez entre 5 et 30 millions de dinars (environ 32 000 à 200 000 euros au taux bancaire). Si vous rénovez un bien déjà détenu en famille, le coût peut être sensiblement réduit. Notre guide sur le business rentable en Algérie donne des estimations sectorielles comparatives.
Le tourisme saharien est-il vraiment porteur ?
Oui. Avec 1,5 million de visiteurs dans le Grand Sud algérien en 2025 et une demande mondiale croissante pour le tourisme d’aventure et de nature, le tourisme saharien est l’un des segments les plus dynamiques. L’offre d’hébergement de qualité y reste très insuffisante, ce qui génère des opportunités réelles pour des investisseurs bien informés.
Où trouver les informations officielles sur l’investissement touristique en Algérie ?
Les sources officielles à consulter sont : le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat (mta.gov.dz), l’AAPI (aapi.dz) pour les avantages fiscaux, et la Direction du Tourisme et de l’Artisanat de la wilaya cible pour les procédures locales. La plateforme invest.gov.dz permet de déposer un dossier en ligne.
Sources : AAPI (aapi.dz) — Secteur du tourisme | Ministère du Tourisme et de l’Artisanat (mta.gov.dz) | Agence de Presse Algérienne (aps.dz) — 582 projets touristiques, janvier 2026 | TSA Algérie — Plan 8 millions de touristes 2029, février 2026 | BDL (bdl.dz) — Promoteur touristique | Ambassade d’Algérie à Varsovie — Guide Investissement Touristique
































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































