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Autorisation de travail pour un Algérien en France : guide complet

Vous êtes algérien et vous souhaitez travailler en France ? Le droit au travail des Algériens est encadré par l’accord franco-algérien de 1968, qui prévoit un régime spécifique — le certificat de résidence « salarié ». Dans certains cas, vous n’avez même pas besoin d’autorisation de travail (si vous avez un CRA 10 ans ou un CRA VPF). Ce guide détaille qui a besoin d’une autorisation, comment l’obtenir, le rôle de la DREETS, les titres qui dispensent de cette formalité et les spécificités pour les étudiants algériens.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Les règles d’autorisation de travail évoluent. Vérifiez auprès de la page officielle Service-Public.fr et de la DREETS de votre département.

Sommaire

  1. Le principe : autorisation de travail obligatoire
  2. Les titres qui dispensent d’autorisation de travail
  3. Le CRA « salarié » : conditions et procédure
  4. Le rôle de la DREETS
  5. Les obligations de l’employeur
  6. Cas particulier : l’étudiant algérien qui travaille
  7. Passer d’étudiant à salarié
  8. Le CRA « travailleur temporaire » (CDD)
  9. Le renouvellement de l’autorisation
  10. Les erreurs à éviter
  11. FAQ

Le principe : autorisation de travail obligatoire

En règle générale, tout ressortissant algérien qui souhaite exercer une activité salariée en France doit disposer d’une autorisation de travail. Cette obligation est posée par l’accord franco-algérien de 1968 (article 7) et par le Code du travail (R5221-1 et suivants). L’autorisation est matérialisée par un certificat de résidence portant la mention « salarié » ou « travailleur temporaire ». Source officielle : Service-Public.fr — Autorisation de travail Algérien.

ÉlémentDétail
Base légaleArticle 7 b) accord franco-algérien 1968 + Code du travail R5221-1
Titre délivréCRA 1 an « salarié » ou « travailleur temporaire »
Demande faite parL’employeur (pas le salarié)
Autorité compétenteDREETS (ex-DIRECCTE) du département
CoûtTaxe employeur (74 à 300 € selon le salaire)
Délai moyen1 à 3 mois

Les titres qui dispensent d’autorisation de travail

Certains titres de séjour autorisent à travailler sans formalité supplémentaire. Si vous êtes déjà titulaire de l’un de ces titres, vous n’avez pas besoin d’autorisation de travail — et votre employeur non plus :

Titre de séjourDroit au travailAutorisation de travail nécessaire
CRA 10 ansToute activité salariée ou indépendanteNon
CRA « vie privée et familiale » (conjoint de Français, parent d’enfant français, etc.)Toute activité salariée ou indépendanteNon
CRA « scientifique »Activité de rechercheNon
CRA « salarié »Activité correspondant à l’autorisationDéjà intégrée dans le titre
CRA « étudiant »Mi-temps (964 h/an)Non (dans la limite du mi-temps)
CRA « commerçant »Activité commerciale uniquementNon (activité inscrite au RCS)

En résumé : si vous avez un CRA 10 ans ou un CRA VPF, vous êtes libre de travailler sans aucune démarche. Si vous avez un CRA « étudiant », vous pouvez travailler à mi-temps sans autorisation. Si vous n’avez aucun de ces titres, votre employeur doit demander une autorisation de travail à la DREETS.

Le CRA « salarié » : conditions et procédure

Le certificat de résidence 1 an « salarié » est le titre délivré au ressortissant algérien recruté par une entreprise en France pour un CDI ou un CDD de plus de 12 mois (article 7 b) de l’accord). Voici la procédure complète :

Étape 1 : L’employeur dépose la demande d’autorisation de travail. C’est l’employeur (pas le salarié) qui fait la demande auprès de la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) du département où se situe l’entreprise. La demande se fait en ligne sur la plateforme ANEF (rubrique « Employeur »).

Étape 2 : La DREETS examine la demande. Elle vérifie : l’adéquation entre le profil du candidat et l’offre d’emploi, le respect de la rémunération minimale (≥ SMIC ou convention collective), la conformité de l’employeur (cotisations à jour, pas de travail dissimulé), et la situation de l’emploi (sauf métiers en tension). Délai : 1 à 3 mois.

Étape 3 : Si accord, visa de long séjour. Si le salarié réside en Algérie, il doit obtenir un visa long séjour « salarié » auprès du consulat de France. S’il réside déjà en France (par exemple avec un CRA étudiant), il procède à un changement de statut.

Étape 4 : Visite médicale OFII. Dans les 3 mois suivant l’arrivée en France (ou l’obtention de l’autorisation), convocation à l’OFII pour la visite médicale obligatoire. Le salarié peut commencer à travailler en attendant la visite.

Étape 5 : Délivrance du CRA « salarié ». Si le salarié est déclaré apte, la préfecture délivre le CRA 1 an « salarié ». Ce titre est renouvelable sous conditions.

Le rôle de la DREETS

La DREETS (ex-DIRECCTE) est l’administration qui instruit les demandes d’autorisation de travail. Elle examine un ensemble d’éléments définis par le Code du travail :

La situation de l’emploi : pour certains métiers, la DREETS vérifie qu’aucun candidat déjà présent sur le marché du travail ne peut pourvoir le poste. Cette condition est levée pour les métiers en tension (liste fixée par arrêté, mise à jour en 2025). Consultez la liste des métiers en tension auprès de votre DREETS départementale.

Le salaire : la rémunération proposée doit être au moins égale au SMIC (1 801,80 € brut/mois en 2026) ou à la rémunération minimale prévue par la convention collective applicable. Pour un changement de statut étudiant→salarié, le salaire doit être ≥ 1,5× le SMIC.

La conformité de l’employeur : cotisations URSSAF/MSA à jour, pas de condamnation pour travail dissimulé, respect de la législation du travail. En cas de manquement, l’autorisation est refusée.

Les obligations de l’employeur

L’employeur qui recrute un salarié algérien a des obligations strictes :

ObligationDétailSanction en cas de manquement
Vérifier le titre de séjourDemander la copie du titre de séjour 2 jours avant l’embauche à la préfecture (art. L8251-1 Code du travail)Amende 15 000 € par salarié + 5 ans de prison
Demander l’autorisation de travailSi le titre ne dispense pas d’autorisation (voir tableau ci-dessus)Amende + pénalités
Payer la taxe OFII74 à 300 € selon le salaire (à la charge de l’employeur)Majorations de retard
Respecter le contratRémunération, conditions de travail, protection sociale conformesRetrait de l’autorisation de travail

Consultez embaucher un salarié étranger en France pour le guide complet côté employeur.

Cas particulier : l’étudiant algérien qui travaille

Les étudiants algériens titulaires d’un CRA « étudiant » peuvent travailler sans autorisation de travail, dans la limite d’un mi-temps annuel : environ 964 heures par an (60 % de la durée annuelle de travail, soit 1 607 h × 60 %).

Pour un job étudiant classique (restauration, baby-sitting, cours particuliers, emploi sur campus) : pas de démarche spécifique. Votre CRA « étudiant » suffit. L’employeur doit simplement vérifier votre titre de séjour.

Pour un emploi dépassant le mi-temps (stage alterné, emploi temps plein pendant l’été) : une autorisation provisoire de travail (APT) peut être nécessaire. La demande est faite par l’employeur auprès de la DREETS. Consultez renouvellement CRA étudiant.

Passer d’étudiant à salarié

Si vous terminez vos études et trouvez un emploi en France, vous pouvez demander un changement de statut de CRA « étudiant » vers CRA « salarié ». C’est l’une des transitions les plus fréquentes — et les plus complexes.

Conditions : contrat de travail (CDI ou CDD ≥ 12 mois), salaire ≥ 1,5× SMIC, emploi en lien avec vos études, autorisation de travail obtenue par l’employeur via la DREETS. Consultez notre guide complet : changement de statut étudiant→salarié pour les Algériens.

Avantage accord 1968 : la condition d’opposabilité de l’emploi est examinée, mais l’accord de 1968 ne prévoit pas la carte « talent » (qui existe en droit commun CESEDA). Le parcours reste néanmoins similaire.

Le CRA « travailleur temporaire » (CDD)

Pour les CDD de plus de 3 mois mais moins de 12 mois, le titre délivré est un CRA « travailleur temporaire ». Sa durée correspond à celle du contrat de travail. La procédure est identique (demande d’autorisation par l’employeur, DREETS, visite médicale OFII).

Pour les contrats de moins de 3 mois : pas d’autorisation de travail nécessaire (dispense). Le salarié algérien peut travailler avec son visa Schengen ou son titre de séjour en cours.

Le renouvellement de l’autorisation

Le CRA « salarié » est valable 1 an, renouvelable. La demande de renouvellement doit être déposée 2 à 5 mois avant l’expiration (selon les préfectures) sur ANEF. Les conditions de renouvellement : même employeur (ou nouvel employeur avec nouvelle autorisation), respect des conditions de rémunération et de travail, cotisations à jour.

Refus de renouvellement : le renouvellement peut être refusé si l’employeur a enfreint la législation du travail, si les conditions de rémunération ne sont pas respectées, ou si le contrat a été rompu dans les 12 mois (sauf licenciement involontaire). Un refus est assorti d’une OQTF. Consultez refus titre de séjour : recours et OQTF recours.

Passage au CRA 10 ans : après 3 ans de résidence régulière en France avec un CRA « salarié », vous pouvez demander le CRA 10 ans (article 7 bis de l’accord). Avec le CRA 10 ans, vous n’aurez plus jamais besoin d’autorisation de travail.

Les erreurs à éviter

Travailler sans autorisation. Si votre titre de séjour ne vous autorise pas à travailler (ou si vous dépassez le mi-temps étudiant), vous êtes en infraction. Risques : OQTF, refus de renouvellement, impossibilité de régularisation future.

Penser que l’accord de 1968 dispense de toute formalité. L’accord facilite certaines choses (pas de carte « talent », liberté d’établissement pour les commerçants) mais l’autorisation de travail reste obligatoire pour le CRA « salarié ». Consultez accord 1968 : guide complet.

L’employeur qui ne fait pas la demande. C’est l’employeur — pas le salarié — qui doit demander l’autorisation de travail. Si l’employeur refuse, c’est un signe d’alerte (travail dissimulé). Consultez embaucher un salarié étranger.

Ne pas anticiper le changement de statut. Si vous êtes étudiant et trouvez un emploi, déposez la demande de changement de statut avant l’expiration de votre CRA étudiant. Un CRA expiré complique énormément la procédure.

Accepter un salaire inférieur au SMIC. La DREETS vérifie le salaire. Un salaire inférieur au SMIC (ou à la convention collective) entraîne le refus de l’autorisation.

Oublier de renouveler dans les délais. Déposez 2 à 5 mois avant l’expiration sur ANEF. Consultez délais titre de séjour.

FAQ

Un Algérien avec un CRA 10 ans a-t-il besoin d’une autorisation de travail ?

Non. Le CRA 10 ans autorise à exercer toute activité professionnelle (salariée ou indépendante) sans autorisation de travail. C’est le titre le plus libre.

Un étudiant algérien peut-il travailler en France ?

Oui, dans la limite d’un mi-temps annuel (964 h/an) sans autorisation de travail. Au-delà, une APT est nécessaire. Consultez changement de statut si vous souhaitez passer à temps plein après vos études.

Qui fait la demande d’autorisation de travail ?

L’employeur. Pas le salarié. La demande se fait en ligne sur ANEF (rubrique « Employeur — demande d’autorisation de travail »). Source : Service-Public.fr.

Combien de temps prend la procédure ?

En moyenne 1 à 3 mois entre le dépôt de la demande par l’employeur et la délivrance de l’autorisation. Le salarié résidant en Algérie doit ensuite obtenir un visa long séjour (délai supplémentaire).

L’opposabilité de l’emploi s’applique-t-elle aux Algériens ?

Oui. La DREETS peut vérifier la situation de l’emploi pour le poste proposé, sauf pour les métiers en tension (dispense). Pour un changement de statut étudiant→salarié, l’opposabilité reste un critère examiné.

Un CRA « conjoint de Français » autorise-t-il à travailler ?

Oui. Le CRA VPF « conjoint de Français » autorise toute activité professionnelle sans autorisation de travail. L’employeur n’a aucune démarche spécifique à faire.

Peut-on créer une entreprise avec un CRA « salarié » ?

Non. Le CRA « salarié » autorise uniquement l’activité salariée pour laquelle il a été délivré. Pour créer une entreprise, il faut un CRA « commerçant » ou un CRA 10 ans. Consultez créer une entreprise en France quand on est étranger.

Que se passe-t-il en cas de licenciement ?

En cas de perte involontaire d’emploi (licenciement, fin de CDD), le CRA « salarié » reste valide jusqu’à son expiration. Vous avez droit aux allocations chômage (Pôle Emploi/France Travail) si vous avez cotisé suffisamment. Lors du renouvellement, la préfecture examine votre situation : un nouveau contrat facilite le renouvellement.

L’autorisation de travail pour un Algérien en France dépend de votre titre de séjour : les titulaires d’un CRA 10 ans, d’un CRA VPF ou d’un CRA scientifique sont libres de travailler. Pour les autres, l’employeur doit obtenir l’autorisation auprès de la DREETS. Le parcours vers le CRA « salarié » est balisé mais exigeant — anticipez les délais, veillez au salaire minimum et ne travaillez jamais sans titre en règle.

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