Prix immobilier en Algérie en 2026 (ville par ville)
- Dzaïr Zoom / 6 heures
- 20 mars 2026

Le marché immobilier algérien reste l’un des plus complexes et des plus opaques du Maghreb. Les prix varient fortement d’une ville à l’autre, d’un quartier à l’autre, et même d’un étage à l’autre. Que l’on soit un acheteur local, un membre de la diaspora souhaitant acheter un logement depuis l’étranger, ou simplement un observateur du marché, il est utile de disposer de repères fiables. Ce guide passe en revue les prix immobiliers en Algérie en 2026, ville par ville, en s’appuyant sur le référentiel officiel de la DGI, les données des promoteurs publics et les tendances observées sur le terrain.
Sommaire
- Contexte : un marché en tension permanente
- Le référentiel officiel de la DGI (2025-2026)
- Alger : la ville la plus chère d’Algérie
- Oran : une dynamique en forte hausse
- Constantine, Sétif, Annaba : les grandes villes de l’Est
- Tizi Ouzou et la Kabylie : l’effet diaspora
- Villes intérieures et Sud : des prix plus accessibles
- Les loyers en Algérie : un marché sous pression
- Ce qui fait monter (ou baisser) les prix
- FAQ — Questions fréquentes
- Conclusion
Résumé rapide
- Alger reste la ville la plus chère : un F3 moyen coûte entre 12 et 20 millions de dinars, et dépasse 30 millions dans les quartiers huppés (Hydra, El Mouradia).
- À Oran, un F3 se négocie entre 8 et 15 millions de dinars selon le quartier.
- Dans les villes intérieures (Batna, Djelfa, Tiaret), un F3 peut se trouver à partir de 4 à 7 millions de dinars.
- La DGI a publié un nouveau référentiel des prix 2025-2026 servant de base aux évaluations fiscales.
- L’écart entre les prix officiels et les prix réels du marché reste important, en raison de la spéculation et de l’informalité.
Contexte : un marché en tension permanente
Depuis les années 2000, le prix de l’immobilier en Algérie connaît une hausse soutenue, en particulier dans les grandes agglomérations. Plusieurs facteurs structurels expliquent cette tendance : la forte croissance démographique, l’exode rural vers les centres urbains, un déficit chronique en logements malgré les programmes publics (logement social, LSP, LPP, AADL), et une offre privée dominée par des logiques spéculatives.
Le marché algérien se distingue aussi par son informalité. Une part significative des transactions se conclut en espèces, hors circuit bancaire. Le FMI estimait en 2022 qu’entre 33 et 37 % du PIB algérien circulait hors du système bancaire, ce qui alimente la spéculation foncière. Par ailleurs, il n’existe pas de régulation des prix sur le marché privé : les vendeurs fixent librement leurs tarifs, sans barème contraignant.
Culturellement, la propriété immobilière occupe une place centrale en Algérie. Pour de nombreuses familles, acquérir un logement représente un marqueur de réussite sociale, ce qui maintient la demande à un niveau élevé même lorsque les prix sont déconnectés du pouvoir d’achat réel. Le salaire moyen en Algérie reste en effet largement inférieur aux prix pratiqués dans les grandes villes.
Le référentiel officiel de la DGI (2025-2026)
La Direction générale des impôts (DGI) publie tous les deux ans un référentiel des prix de l’immobilier, destiné à servir de base aux évaluations fiscales lors des transactions (ventes, cessions, donations). La version 2025-2026 a été mise en ligne en avril 2025.
Ce référentiel propose, pour chaque commune d’Algérie, des fourchettes de prix au mètre carré selon le type de bien (habitation individuelle, logement collectif, local commercial, terrain) et la localisation (centre-ville, zone résidentielle, périphérie, zone enclavée). Il ne fixe pas les prix du marché mais établit un plancher en dessous duquel les transactions ne peuvent pas être déclarées sans risque de redressement fiscal.
À titre d’exemple, pour la wilaya d’Alger, le référentiel fixe les habitations individuelles de standing entre 115 000 DA/m² en zone périphérique et 149 500 DA/m² en centre-ville. Les locaux commerciaux sur artère hautement commerciale peuvent atteindre 450 000 à 517 500 DA/m² au centre-ville. Pour Blida, les prix du référentiel sont quasi identiques à ceux de la capitale, avec des logements individuels de standing entre 90 000 et 195 000 DA/m².
Point important : les prix réels du marché dépassent souvent largement ces valeurs de référence, surtout dans les quartiers les plus recherchés. Le référentiel DGI doit être compris comme un outil fiscal, pas comme un indicateur de prix de marché.
Alger : la ville la plus chère d’Algérie
Alger concentre l’essentiel de la demande immobilière du pays. La capitale abrite la majeure partie de la population active, des administrations, des entreprises et des infrastructures. La pression foncière y est extrême, les terrains constructibles étant devenus rarissimes.
En 2026, le prix moyen du mètre carré à Alger se situe entre 250 000 et 350 000 DA selon les quartiers. Dans les zones les plus recherchées — Hydra, El Biar, El Mouradia — les prix dépassent régulièrement les 400 000 DA/m². Un appartement F3 de taille moyenne (70-80 m²) dans un quartier standard coûte entre 12 et 20 millions de dinars. Dans les quartiers huppés, ce même F3 peut atteindre ou dépasser les 30 millions de dinars.
Les communes périphériques comme Baraki, Bab Ezzouar ou Birkhadem offrent des prix plus accessibles, mais la demande y reste forte en raison de la proximité avec le centre. Les programmes ENPI récemment mis en vente à Boumerdès (wilaya limitrophe) proposent des F3 entre 10 et 11 millions de dinars, ce qui donne un ordre de grandeur pour le neuf promotionnel public.
Oran : une dynamique en forte hausse
Deuxième ville du pays, Oran attire de plus en plus d’investisseurs, portée par son port, son développement touristique et ses projets de rénovation urbaine. Le prix moyen du m² à Oran oscille entre 180 000 et 250 000 DA, avec des pointes dans les quartiers modernes comme Akid Lotfi ou Canastel, ou sur le front de mer.
Un F3 dans un quartier moyen se négocie entre 8 et 15 millions de dinars. Les programmes immobiliers neufs affichent souvent des prix plus élevés que l’ancien, en raison de finitions modernes et de la présence d’équipements (ascenseur, parking, sécurité). L’ENPI a récemment proposé des logements LPL à Oran avec des F3 autour de 10 à 18 millions de dinars selon la superficie et le site.
Les prix à Oran connaissent une hausse progressive, alimentée par la demande locale, l’intérêt croissant de la diaspora et les projets d’aménagement liés aux Jeux Méditerranéens de 2022 qui continuent de structurer le paysage urbain.
Constantine, Sétif, Annaba : les grandes villes de l’Est
Constantine
À Constantine, les prix restent en dessous de ceux d’Alger et d’Oran. L’ENPI y a récemment mis en vente des logements LPL allant de 9,5 à 15 millions de dinars pour des superficies de 80 à 126 m². Sur le marché privé, un F3 bien situé peut se négocier entre 8 et 14 millions de dinars. La ville bénéficie d’une vie universitaire active et d’une identité culturelle forte, ce qui soutient la demande.
Sétif
Sétif est une ville en plein essor économique. Les programmes ENPI y proposent des F3 (70-75 m²) entre 11,5 et 12,6 millions de dinars. Le marché privé affiche des tarifs comparables, parfois légèrement inférieurs dans les quartiers périphériques. Sétif attire les investisseurs de l’Est algérien et bénéficie d’un bassin économique dynamique.
Annaba
À Annaba, les prix sont globalement plus abordables, avec un prix moyen du m² entre 120 000 et 180 000 DA. Certains quartiers proches du littoral ou des zones industrielles connaissent toutefois une hausse progressive. La ville reste attractive grâce à son cadre de vie et sa position littorale.
Tizi Ouzou et la Kabylie : l’effet diaspora
Tizi Ouzou présente un marché immobilier singulier. La forte présence de la diaspora kabyle, souvent prête à investir en euros, tire les prix vers le haut. Le prix au m² y oscille entre 500 et 1 200 euros (équivalent), ce qui place la ville au-dessus de Sétif ou Béjaïa, mais en dessous d’Alger.
Un F3 neuf en centre-ville se négocie autour de 8 à 12 millions de dinars, tandis qu’un appartement ancien en périphérie (Draa El Mizan, Fréha) peut se trouver autour de 40 000 à 55 000 euros. Les projets neufs à Amyoud, Oued Aissi ou Azazga attirent une clientèle mixte, locale et diasporique. La particularité de ce marché est que de nombreux vendeurs affichent leurs prix en euros, ciblant directement les acheteurs de la diaspora.
À Béjaïa, les prix sont légèrement inférieurs, mais la ville connaît elle aussi un regain d’intérêt, porté par le tourisme et l’amélioration des infrastructures.
Villes intérieures et Sud : des prix plus accessibles
C’est dans les wilayas de l’intérieur et du Sud que les prix immobiliers restent les plus abordables. À Batna, Djelfa, Tiaret ou M’sila, un F3 peut se trouver entre 4 et 7 millions de dinars.
Dans le Grand Sud — Adrar, Tamanrasset, Ghardaïa — les prix sont encore plus bas, mais l’attractivité de ces marchés reste limitée par le manque d’infrastructures, une demande solvable faible et des conditions climatiques difficiles. Les terrains y sont toutefois très accessibles, ce qui attire certains investisseurs prévoyants.
Pour les villes du sud disposant d’un potentiel touristique (Ghardaïa, Timimoun), la dynamique pourrait évoluer si les projets de développement touristique et d’infrastructures se concrétisent.
Les loyers en Algérie : un marché sous pression
Le marché locatif algérien est tout aussi tendu que celui de la vente. À Alger, un F3 se loue entre 40 000 et 80 000 dinars par mois dans des quartiers moyens, un montant qui représente souvent l’intégralité, voire plus, du salaire moyen algérien. Dans les quartiers résidentiels (Hydra, Ben Aknoun), les loyers dépassent facilement les 100 000 DA par mois.
À Oran, les loyers sont un peu plus modérés, entre 25 000 et 50 000 DA pour un F3 standard. Dans les villes moyennes (Sétif, Constantine, Annaba), les loyers d’un F3 se situent entre 20 000 et 40 000 DA. Mais partout, la hausse est constante, et l’offre locative reste insuffisante face à la demande.
Cette situation pousse de nombreux Algériens vers la colocation, l’éloignement des centres-villes ou l’attente d’un logement social — dont les listes d’attente s’étendent souvent sur plusieurs années.
Ce qui fait monter (ou baisser) les prix
Plusieurs facteurs structurels expliquent les niveaux de prix observés sur le marché immobilier algérien :
- La rareté du foncier constructible, en particulier dans les grandes villes côtières où les terrains disponibles sont épuisés.
- Le déficit en logements : malgré les programmes publics massifs, la demande reste supérieure à l’offre.
- L’absence de régulation des prix sur le marché privé, qui favorise la spéculation.
- L’informalité des transactions : l’interdiction du paiement en espèces pour les transactions immobilières (depuis janvier 2025) vise à assainir le marché, mais son application reste progressive.
- L’effet diaspora : dans certaines régions (Kabylie, littoral), les acheteurs de la diaspora, disposant de revenus en euros, contribuent à tirer les prix vers le haut.
- Les programmes publics (AADL, ENPI, LPP) : ces dispositifs proposent des prix en dessous du marché et exercent un rôle régulateur, mais leur capacité d’absorption reste limitée.
Pour ceux qui souhaitent investir en Algérie, la connaissance fine de ces dynamiques locales est indispensable avant toute décision.
FAQ — Questions fréquentes
Combien coûte un appartement F3 à Alger en 2026 ?
Un appartement F3 (70-80 m²) dans un quartier standard d’Alger coûte entre 12 et 20 millions de dinars. Dans les quartiers huppés comme Hydra ou El Mouradia, les prix peuvent dépasser 30 millions de dinars.
Est-ce que les Algériens de l’étranger peuvent acheter un logement en Algérie ?
Oui. Les membres de la diaspora peuvent acheter un logement en Algérie depuis l’étranger, y compris via les programmes ENPI. Le paiement doit obligatoirement se faire par voie bancaire (chèque ou virement). Les devises doivent transiter par les banques algériennes.
Qu’est-ce que le référentiel des prix immobiliers de la DGI ?
C’est une grille officielle publiée tous les deux ans par la Direction générale des impôts. Elle fixe des fourchettes de prix au m² par commune, type de bien et emplacement. Elle sert de base aux évaluations fiscales et constitue un plancher de déclaration pour les transactions. La version en vigueur couvre la période 2025-2026.
Les prix immobiliers en Algérie vont-ils baisser ?
Rien ne l’indique à court terme. La demande reste supérieure à l’offre, le foncier se raréfie et l’inflation soutient la valeur des actifs immobiliers. La digitalisation des transactions et l’interdiction du paiement en espèces pourraient toutefois ralentir la spéculation sur le moyen terme.
Quel est le meilleur moment pour acheter un bien en Algérie ?
Il n’y a pas de saisonnalité marquée. Toutefois, les lancements de programmes ENPI ou AADL offrent des opportunités ponctuelles à des prix en dessous du marché. Il est recommandé de surveiller les annonces officielles de ces organismes.
Conclusion
Le marché immobilier algérien en 2026 reste marqué par de fortes disparités régionales. Alger domine largement les prix, suivie d’Oran et des villes à forte présence diasporique comme Tizi Ouzou. Les grandes villes de l’Est (Constantine, Sétif, Annaba) offrent un rapport qualité-prix plus équilibré, tandis que les wilayas de l’intérieur et du Sud constituent des marchés encore accessibles pour les budgets modestes.
La publication du référentiel DGI 2025-2026, l’interdiction progressive du paiement en espèces et la digitalisation des démarches marquent un pas vers la transparence. Mais le chemin reste long avant que le marché immobilier algérien atteigne le niveau de lisibilité de ses voisins maghrébins.
Pour approfondir, consultez notre guide sur créer une entreprise en Algérie ou notre article sur le transfert d’argent vers l’Algérie depuis la France.
























































































































































































































































































































































































































































































































































































































