Brahim Izri
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 12 juillet 2017

ⵣ Le Troubadour d’Aït Yenni
Brahim Izri
1954 – 2005 • L’Harmonie du Verbe • La Lumière de la Kabylie
Poète à la voix de velours et guitariste d’exception, Brahim Izri a élevé la chanson berbère au rang d’art universel. Entre l’héritage sacré de la Zaouïa et l’ouverture sur les musiques du monde, il a chanté l’identité et la liberté avec une générosité immortelle.
Brahim Izri appartient à cette lignée d’artistes d’exception qui ont porté la musique kabyle au-delà des montagnes du Djurdjura. Né à Aït Lahcene dans la commune d’Aït Yenni, il a su marier la spiritualité héritée de son enfance à la modernité sonore de l’exil. Compagnon de route de la légende Idir et militant infatigable de l’identité amazighe, il a marqué l’histoire de la chanson algérienne par son raffinement musical et ses textes engagés pour l’égalité. Disparu prématurément en 2005, il laisse un héritage où le verbe ciselé côtoie l’universalité du folk-pop.
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L’enfance à Aït Yenni : La forge de l’oreille
Né le 12 janvier 1954 dans le village d’Aït Lahcene, Brahim Izri est un enfant de la haute Kabylie. Sa sensibilité musicale s’éveille très tôt sous l’influence de son grand-père. Ce dernier l’accompagnait régulièrement à la zaouïa de Sidi Belkacem pour écouter les chants religieux et mystiques. Cette immersion dans la sacralité du chant bédouin et montagnard a aiguisé son oreille et donné à sa musique cette profondeur spirituelle qui ne le quittera jamais.
À l’adolescence, au lycée, l’appel de la modernité et du combat identitaire se fait sentir. Avec ses amis Naït Abdelaziz et Aziz Berrahma, il fonde le groupe Igudar (Les Aigles). Ce collectif s’inscrit dans la mouvance contestataire des années 70, aux côtés de formations mythiques comme les Abranis ou Imazighen Imoula.

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L’ombre du Phénix : Guitariste pour Idir
Dans les années 1970, une rencontre décisive va marquer sa trajectoire : celle d’Idir. Brahim Izri, guitariste de talent, collabore étroitement avec l’interprète de A Vava Inouva. Cette complicité artistique lui permet d’affiner son sens de l’arrangement et de la mélodie folk. Fort de cette expérience, il décide de se lancer dans une carrière solo, publiant ses premiers albums au début des années 80.
L’un de ses moments de gloire internationale survient en 1999. Il signe avec Idir et le chanteur français Maxime Le Forestier le titre Tizi-Ouzou, une adaptation magistrale du tube San Francisco. Cette chanson devient le symbole du pont culturel entre la France et la ville de Tizi Ouzou.
« La musique de Brahim Izri est une fusion harmonieuse où tradition et modernité se fondent pour donner ses années d’or à la chanson kabyle des années 90. »
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Défenseur des libertés et des droits des femmes
Au-delà de la mélodie, Brahim Izri était un homme de convictions. Ses textes sont empreints d’humanisme. Il a été l’un des rares artistes masculins de sa génération à s’engager de manière aussi frontale pour la défense des droits des femmes et l’égalité des sexes. Son message était clair : une culture amazighe ne peut s’épanouir sans la liberté et la dignité de ses femmes.

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Une Discographie Dense et Engagée
Sacrifice pour un enfant (1981)
Albums pionnier incluant Iggul, D’amedah et Differends culturels.
L’Enfant de la terre (1983)
Porté par les titres L’Enfant de la terre et la version initiale de Tizi-Ouzou.
D acu-yi (1984)
Hommage à Slimane Azem et des titres comme Baba Beḥri.
D ifrax i nella (1988)
« Nous sommes des oiseaux ». Un album culte avec Yemma et At Mangellat.
A lbudala (1995)
L’album de la maturité incluant Sani, sani et I tegmatt.
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Un héritage immortel
Brahim Izri s’éteint prématurément le 3 janvier 2005 à Paris des suites d’un cancer. Il n’avait que 50 ans. Son départ laisse un vide immense, mais son œuvre demeure une source d’inspiration pour tous les amoureux de la poésie berbère.
En hommage à son parcours, l’écrivain et journaliste Abdelkrim Tazarout lui a dédié un ouvrage intitulé « Brahim Izri, le troubadour des temps modernes ». On y retrouve l’itinéraire d’un homme sensible, d’un musicien qui n’hésitait pas à chanter en français ou en anglais pour rappeler que la musique n’a pas de frontières.
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Questions fréquentes
D’où est originaire Brahim Izri ?
Brahim Izri est né à Aït Lahcene, dans la commune d’Aït Yenni (Wilaya de Tizi Ouzou), une région célèbre pour son artisanat du bijou en argent.
Quel groupe a-t-il fondé dans sa jeunesse ?
Il a fondé le groupe Igudar (Les Aigles) avec ses amis de lycée Naït Abdelaziz et Aziz Berrahma, participant ainsi activement au combat identitaire des années 70.
Quelle est l’histoire du titre ‘Tizi Ouzou’ ?
Il s’agit d’une reprise de la chanson ‘San Francisco’ de Maxime Le Forestier. Chantée en trio avec Idir et l’auteur original en 1999, elle est devenue un symbole de fraternité culturelle.
Quels étaient ses engagements majeurs ?
Brahim Izri était un fervent défenseur de la culture amazighe, mais aussi un militant engagé pour les droits des femmes et l’égalité, thèmes omniprésents dans ses poèmes.
« On ne brise pas le silence pour faire du bruit, on le brise pour faire tomber les murs de l’indifférence. »
— À la mémoire de Brahim Izri (1954 – 2005)










































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































