#Personnalités algériennes

Redha Malek

Redha Malek incarne une figure singulière dans l’histoire de l’Algérie contemporaine : celle d’un intellectuel engagé qui a traversé toutes les grandes épreuves de la nation. Porte-parole de la délégation algérienne aux accords d’Évian, directeur du journal El Moudjahid pendant la guerre d’indépendance, ambassadeur dans les plus grandes capitales du monde, négociateur clé dans la libération des otages américains en Iran, puis chef du gouvernement durant la décennie noire, il reste l’homme qui osa proclamer : « La peur doit changer de camp ». Dernier négociateur algérien encore en vie des accords d’Évian jusqu’à sa mort en 2017, il laisse l’image d’un patriote éclairé et d’un défenseur acharné de la séparation entre le politique et le religieux.

Fiche d’identité : Redha Malek

Nom completRedha Malek (رضا مالك)
Date de naissance21 décembre 1931
Lieu de naissanceBatna, Algérie
Date de décès29 juillet 2017 (85 ans)
Lieu de décèsAlger, Algérie
FormationLicence en lettres et philosophie (Université d’Alger, Paris)
ProfessionDiplomate, homme politique, écrivain
Parcours militantUGEMA (1955) → El Moudjahid (1957-1962) → Négociations d’Évian → Diplomatie
Fonctions principalesChef du gouvernement (1993-1994), Ministre des Affaires étrangères (1993), Membre du HCE (1992), Ambassadeur (France, URSS, USA, UK)
Rôle historiquePorte-parole de la délégation algérienne aux accords d’Évian (18 mars 1962)
Parti politiqueAlliance nationale républicaine (ANR) – Fondateur et président (1995-2009)
Phrase célèbre« La peur doit changer de camp » (16 mars 1994)
SépultureCarré des Martyrs, cimetière El-Alia, Alger

1. Origines et formation

Redha Malek voit le jour le 21 décembre 1931 à Batna, dans les Aurès, cette région montagneuse de l’Est algérien qui sera quelques décennies plus tard le berceau du déclenchement de la révolution. Issu d’une famille algérienne de cette région chargée d’histoire, le jeune Redha grandit dans le contexte colonial qui marque profondément sa génération.

Brillant élève, il poursuit ses études supérieures à l’Université d’Alger où il obtient une licence en lettres et philosophie. Cette formation humaniste façonne sa pensée et son approche des grands enjeux politiques. Il complète ensuite son cursus à Paris, s’imprégnant de la tradition intellectuelle française tout en nourrissant une conscience nationaliste de plus en plus affirmée.

Cette double formation, alliant la rigueur philosophique à une connaissance approfondie de la culture française, fera de lui un interlocuteur redoutable lors des négociations avec le pouvoir colonial, capable de manier les concepts et les mots avec une précision chirurgicale. Son parcours universitaire le distingue parmi les intellectuels algériens de sa génération et prépare le terrain à son engagement révolutionnaire.

2. L’engagement révolutionnaire : UGEMA et El Moudjahid

La fondation de l’UGEMA (1955)

Dès le déclenchement de la révolution le 1er novembre 1954, Redha Malek s’engage aux côtés du FLN. En 1955, il participe à la fondation de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA), une organisation de masse destinée à mobiliser la jeunesse intellectuelle algérienne au service de la cause nationale. Cette structure permet d’ancrer le mouvement révolutionnaire dans les milieux universitaires et de former les futurs cadres de l’Algérie indépendante.

L’UGEMA devient rapidement un instrument essentiel de la révolution, organisant notamment la grève des étudiants et relayant les mots d’ordre du FLN dans les universités d’Algérie et de France. Redha Malek y côtoie d’autres intellectuels engagés qui façonneront l’Algérie indépendante.

📰 El Moudjahid : l’école de la Révolution

En 1957, Redha Malek prend la direction de l’édition francophone d’El Moudjahid, l’organe central du FLN. Ce journal clandestin, né en 1956 à Alger, devient sous sa direction « l’école de la Révolution algérienne », selon ses propres termes.

  • Juin 1956 – Janvier 1957 : 6 premiers numéros clandestins à Alger
  • Janvier 1957 : Saisie des moyens d’impression par les parachutistes français
  • Août 1957 : Le journal reparaît à Tétouan (Maroc)
  • Novembre 1957 – Mars 1962 : Rédaction transférée à Tunis (n°11 à n°91)
  • Slogan : « La Révolution par le Peuple et pour le Peuple »

El Moudjahid n’est pas un simple bulletin d’information : c’est un outil de combat idéologique qui porte la voix de la révolution auprès de l’opinion internationale. Redha Malek y travaille aux côtés de plumes prestigieuses comme Frantz Fanon, le célèbre penseur martiniquais qui théorisera la décolonisation. Pendant cinq années, de 1957 à 1962, Malek forge à travers El Moudjahid les arguments qui légitiment la lutte algérienne aux yeux du monde.

3. Les accords d’Évian : porte-parole de l’indépendance

Les négociations secrètes (1956-1961)

Comme le révélera plus tard Redha Malek dans son ouvrage de référence « L’Algérie à Évian », les contacts entre le FLN et la France commencèrent bien avant les négociations officielles. Dès 1955, des rencontres discrètes eurent lieu au Caire, à Rome et ailleurs, pour « se sonder mutuellement », comme il l’expliquera. Ces pourparlers furent brutalement interrompus par le détournement de l’avion des dirigeants du FLN le 22 octobre 1956.

Après le retour au pouvoir du général de Gaulle et son discours sur l’autodétermination en septembre 1959, les négociations reprennent. Redha Malek participe aux rencontres de Lucerne face à Georges Pompidou, puis à Neuchâtel. Il garde le souvenir de négociateurs français « convaincus qu’il n’y avait pas d’autre option possible que l’indépendance ».

Porte-parole à Évian (1961-1962)

Les négociations officielles s’ouvrent le 20 mai 1961 à Évian-les-Bains. La délégation algérienne est présidée par Krim Belkacem, vice-président du GPRA, et comprend Lakhdar Ben Tobbal, Saad Dahlab, M’hamed Yazid et Redha Malek, qui assume le rôle crucial de porte-parole.

🤝 18 mars 1962 : la signature historique

Face à la délégation française menée par Louis Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie, les Algériens défendent une position intransigeante sur trois principes fondamentaux :

  • L’intégrité du territoire (incluant le Sahara)
  • L’unité du peuple algérien
  • L’indépendance totale

Le 18 mars 1962, après une ultime lecture de 98 pages paraphées page par page, les accords d’Évian sont signés. Une poignée de main entre les deux délégations scelle l’accord et la réconciliation. Le cessez-le-feu entre en vigueur le 19 mars à midi.

Pour Redha Malek, ces accords ont « une philosophie particulière » : ils ne marquent pas seulement la fin d’une guerre de près de huit ans, mais démontrent « d’une façon éclatante que l’Algérie était devenue adulte et qu’elle ouvrait droit à la souveraineté ». Il témoignera que les négociateurs algériens « n’avaient rien cédé sur les principes énoncés dans la Déclaration du 1er novembre 1954 ». À tout juste 30 ans, le jeune diplomate a contribué à écrire l’une des pages les plus importantes de l’histoire algérienne. Il restera jusqu’à sa mort en 2017 le dernier négociateur algérien encore en vie des accords d’Évian.

4. Une brillante carrière diplomatique

L’indépendance acquise, Redha Malek entame une carrière diplomatique qui s’étendra sur trois décennies (1962-1992), portant la voix de l’Algérie dans les capitales les plus importantes du monde.

🌍 Les grandes ambassades de Redha Malek

PériodePosteContexte
1962-1964Ambassadeur en Yougoslavie (Belgrade)Pays phare du mouvement des non-alignés
1965-1970Ambassadeur en FranceRelations délicates après la guerre
1970-1977Ambassadeur en URSSÉpoque du tiers-mondisme algérien
1977-1979Ministre de l’Information et de la CultureSous Houari Boumédiène
1979-1982Ambassadeur aux États-UnisMédiation crise des otages en Iran
1982-1984Ambassadeur au Royaume-UniDernière ambassade

5. La médiation pour les otages américains en Iran

L’ambassade à Washington coïncide avec l’une des crises internationales les plus graves de l’époque : la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran. Le 4 novembre 1979, des étudiants iraniens s’emparent du siège diplomatique américain et séquestrent 52 diplomates pendant 444 jours.

L’Algérie médiatrice

Les États-Unis, qui ont rompu leurs relations avec l’Iran révolutionnaire, font appel à l’Algérie pour servir d’intermédiaire. Le ministre des Affaires étrangères Mohamed Seddik Benyahia dirige les négociations, assisté d’une équipe comprenant l’ambassadeur Abdelkrim Gheraïeb à Téhéran et Redha Malek à Washington.

Malek joue un rôle essentiel dans cette médiation délicate. Il rapporte avoir dit à ses homologues iraniens : « Vous avez un différend avec le gouvernement américain et non avec le peuple américain. Pourquoi le retournez-vous contre vous ? » Cette diplomatie patiente et équilibrée porte ses fruits.

🕊️ Les accords d’Alger (19 janvier 1981)

Le 19 janvier 1981, les accords d’Alger sont signés : les otages seront libérés en échange du dégel des avoirs iraniens et d’une promesse de non-ingérence américaine. Le 20 janvier, quelques minutes après le discours inaugural du nouveau président Ronald Reagan, un Boeing d’Air Algérie atterrit à Alger avec les 52 ex-otages à bord.

Le président Jimmy Carter exprime publiquement sa gratitude aux Algériens pour leur « travail extraordinaire ». L’ancien otage John Limbert témoignera : « Je n’oublierai jamais le rôle de l’ambassadeur Redha Malek à Washington et de l’ambassadeur Abdelkrim Gheraïeb à Téhéran. »

6. Face à la décennie noire : du HCE à la tête du gouvernement

L’arrêt du processus électoral (1992)

Les années 1990 voient Redha Malek revenir au premier plan de la politique algérienne dans un contexte dramatique. Après la victoire du Front islamique du salut (FIS) au premier tour des élections législatives de décembre 1991, l’armée intervient pour interrompre le processus électoral, craignant l’instauration d’un régime islamiste.

Redha Malek, qui s’est ouvertement opposé au FIS, soutient cette décision. Pour lui, laisser les islamistes prendre le pouvoir aurait fait de l’Algérie « un second Afghanistan ». Le 11 janvier 1992, le président Chadli Bendjedid démissionne et un Haut Comité d’État (HCE) est mis en place pour diriger le pays.

Membre du HCE et chef du gouvernement

En avril 1992, Redha Malek est nommé président du Conseil consultatif national, instance destinée à remplacer l’Assemblée dissoute. Après l’assassinat du président Mohamed Boudiaf le 29 juin 1992, il est désigné comme 5e membre du HCE le 3 juillet, aux côtés d’Ali Kafi, Khaled Nezzar, Ali Haroun et Tedjini Haddam.

En février 1993, il devient ministre des Affaires étrangères, puis, le 21 août 1993, il est nommé chef du gouvernement, succédant à Bélaïd Abdesselam. Il prend les rênes du pays dans l’un des pires moments de son histoire.

💬 « La peur doit changer de camp » (16 mars 1994)

Le terrorisme islamiste, porté par le GIA et le MIA, sème la terreur : assassinats de journalistes, d’intellectuels, d’artistes, attentats à la bombe. La population vit dans l’angoisse quotidienne.

Le 16 mars 1994, lors des obsèques du dramaturge Abdelkader Alloula, assassiné quatre jours plus tôt par le GIA à Oran, le chef du gouvernement prononce une phrase qui restera dans l’histoire : « La peur doit changer de camp ».

Cette déclaration, lancée au milieu des pleurs, est un appel à la résistance nationale contre la barbarie. Elle devient le symbole de l’engagement républicain face à l’islamisme armé et vaudra à Malek la haine tenace des milieux islamistes mais aussi le respect des démocrates.

C’est également sous son gouvernement que germe l’idée des « Patriotes », ces groupes de défense civile qui s’organiseront pour résister aux terroristes. Outre la crise sécuritaire, Redha Malek doit faire face à une situation économique catastrophique. Chargé par le général Khaled Nezzar de négocier avec le FMI, il obtient des ajustements structurels en 1994, au prix d’une dévaluation du dinar contestée par certains.

Des désaccords avec Liamine Zéroual, qui monte en puissance, précipitent la fin de son mandat. Le 11 avril 1994, après moins de huit mois à la tête du gouvernement, Redha Malek quitte ses fonctions. Il aura dirigé le pays durant l’une des périodes les plus sombres de son histoire, acceptant un poste que d’autres avaient refusé.

7. L’ANR et l’engagement politique républicain

Fondation de l’Alliance nationale républicaine (1995)

Après avoir quitté le gouvernement, Redha Malek crée le 5 mai 1995 l’Alliance nationale républicaine (ANR) avec l’ex-ministre des droits de l’homme Ali Haroun. Ce parti se positionne comme un défenseur intransigeant de la République et de la laïcité face à la menace islamiste.

L’ANR dénonce les accords de Sant’Egidio de 1995, cette plateforme signée à Rome par plusieurs partis algériens et le FIS en exil, que Malek considère comme une capitulation devant l’intégrisme. Le parti soutient en revanche la politique de concorde civile initiée par Abdelaziz Bouteflika après 1999.

La candidature présidentielle avortée (1995)

Lors de l’élection présidentielle de novembre 1995, Redha Malek tente sa chance. Sa candidature est cependant rejetée par le Conseil constitutionnel, officiellement parce qu’il n’aurait pas réuni les 75 000 signatures provenant de 25 wilayas. Cette décision reste controversée et alimente les spéculations sur les réticences de l’armée à le voir accéder à la magistrature suprême.

C’est finalement Liamine Zéroual qui remporte le scrutin, bénéficiant du soutien de l’appareil militaire. Redha Malek présidera l’ANR jusqu’en 2009, avant de se retirer de la vie politique active pour se consacrer au travail de mémoire.

8. L’œuvre intellectuelle et littéraire

Parallèlement à sa carrière politique et diplomatique, Redha Malek n’a jamais cessé d’écrire. Philosophe de formation, il laisse une œuvre abondante consacrée à l’histoire de l’Algérie et à la réflexion sur l’islam et la modernité.

📚 Principaux ouvrages de Redha Malek

  • « M’entendras-tu ? » (Eddif, 1990) – Recueil de poèmes
  • « Tradition et révolution : l’enjeu de la modernité en Algérie et dans l’Islam » (ANEP, 2001) – Réflexion philosophique sur la compatibilité entre tradition islamique et modernité
  • « L’Algérie à Évian : histoire des négociations secrètes, 1956-1962 » (ANEP, 2002) – Témoignage de première main sur les coulisses des accords d’Évian, devenu une référence historique majeure
  • « Guerre de libération et révolution démocratique : écrits d’hier et d’aujourd’hui » (Casbah Éditions, 2010)
  • « L’empreinte des jours, 2004-2012 : essais » (Casbah Éditions, 2013) – Derniers écrits politiques

Son livre sur les accords d’Évian constitue une source incontournable pour comprendre les négociations qui ont conduit à l’indépendance. Dans ses écrits comme dans ses interventions publiques, Redha Malek s’est fait l’avocat d’une séparation stricte entre le politique et le religieux. Partisan d’une « transition politique laïque et démocratique dans le monde arabe », il s’opposait aussi bien au fascisme qu’au panarabisme ou à l’islamisme politique.

En 2012, dans un entretien à Jeune Afrique, il affirmait : « L’Algérie a lutté pendant huit années, a réussi sa révolution. Mais celle-ci reste inachevée. Car il fallait non seulement arracher l’indépendance, mais aussi organiser une société juste et moderne, et promouvoir les libertés fondamentales. »

9. Décès et héritage

La disparition d’un témoin du siècle

Redha Malek s’éteint le 29 juillet 2017 à Alger, à l’âge de 85 ans, des suites d’une longue maladie. Avec lui disparaît le dernier négociateur algérien encore en vie des accords d’Évian, un témoin irremplaçable de l’histoire contemporaine du pays.

Le 30 juillet, il est inhumé au Carré des Martyrs du cimetière El-Alia, aux côtés des grandes figures de la révolution. De nombreux responsables assistent aux funérailles : le président du Conseil de la nation Abdelkader Bensalah, le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, le directeur de cabinet Ahmed Ouyahia, ainsi que de nombreuses personnalités politiques et historiques.

Les hommages

Le président Abdelaziz Bouteflika salue en lui « un compagnon exceptionnel et un ami cher ». Le diplomate Abdelaziz Rahabi évoque « un témoin de son siècle, un patriote éclairé » et « l’un des bâtisseurs du socle de la diplomatie algérienne ». Le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi lui rend un hommage appuyé : « un moudjahid, un dirigeant, un négociateur présent aux étapes importantes de l’histoire de notre Nation ».

Fait remarquable, le département d’État américain publie un communiqué pour saluer sa mémoire, rappelant son rôle dans la libération des otages en Iran. La porte-parole Heather Nauert déclare : « Bon nombre se rappellent l’important rôle qu’il a joué dans les négociations pour la libération des 52 otages de l’ambassade américaine en Iran en 1981. »

Un héritage controversé mais majeur

La figure de Redha Malek reste clivante. Célébré par les républicains et les démocrates comme un rempart contre l’intégrisme, il est honni par les milieux islamistes qui lui reprochent sa phrase sur « la peur » et son rôle dans la lutte antiterroriste. Le député Hassan Aribi, figure islamiste, se réjouit publiquement de sa mort, provoquant l’indignation.

Au-delà des polémiques, Redha Malek laisse l’image d’un homme d’État qui a accepté de gouverner quand d’autres se dérobaient, d’un diplomate qui a porté la voix de l’Algérie avec talent, et d’un intellectuel qui a su penser les défis de la modernité sans renier son identité. Comme le résume l’historien Fouad Souafi : « C’est un témoin essentiel de l’histoire de l’Algérie. Il a fait ce qu’il devait faire, sa vie n’a pas été de tout repos. »

10. Chronologie complète

DateÉvénement
21 décembre 1931Naissance à Batna
Années 1950Licence en lettres et philosophie (Université d’Alger, puis Paris)
1955Cofondateur de l’UGEMA (Union générale des étudiants musulmans algériens)
1957-1962Directeur du journal El Moudjahid (organe officiel du FLN)
1961-1962Porte-parole de la délégation algérienne aux négociations d’Évian
18 mars 1962Signature des accords d’Évian – Fin de la guerre d’Algérie
1962-1964Ambassadeur en Yougoslavie (Belgrade)
1965-1970Ambassadeur en France
1970-1977Ambassadeur en URSS
1977-1979Ministre de l’Information et de la Culture
1979-1982Ambassadeur aux États-Unis
19 janvier 1981Signature des accords d’Alger – Libération des 52 otages américains en Iran
1982-1984Ambassadeur au Royaume-Uni
26 avril 1992Président du Conseil consultatif national
3 juillet 1992Membre du Haut Comité d’État (HCE)
Février 1993Ministre des Affaires étrangères
21 août 1993Chef du gouvernement
16 mars 1994Phrase « La peur doit changer de camp » aux obsèques d’Abdelkader Alloula
11 avril 1994Fin des fonctions de chef du gouvernement
5 mai 1995Fondation de l’Alliance nationale républicaine (ANR)
1995-2009Président de l’ANR
29 juillet 2017Décès à Alger à l’âge de 85 ans
30 juillet 2017Inhumation au Carré des Martyrs, cimetière El-Alia

11. Questions fréquentes

Qui était Redha Malek ?

Redha Malek (1931-2017) était un homme d’État algérien, intellectuel et diplomate. Il fut porte-parole de la délégation algérienne aux accords d’Évian, directeur du journal El Moudjahid pendant la guerre d’indépendance, ambassadeur dans plusieurs grandes capitales, et chef du gouvernement de 1993 à 1994 durant la décennie noire. Il était le dernier négociateur algérien des accords d’Évian encore en vie jusqu’à sa mort.

Quel rôle Redha Malek a-t-il joué dans les accords d’Évian ?

Redha Malek était le porte-parole de la délégation algérienne lors des négociations des accords d’Évian (1961-1962). Il a participé aux rounds de négociations à Lucerne, Neuchâtel, Lugrin et Évian qui ont abouti à la signature du 18 mars 1962, mettant fin à 132 ans de colonisation et 8 ans de guerre. Son livre « L’Algérie à Évian » est devenu une référence historique majeure sur ces négociations.

Que signifie la phrase « La peur doit changer de camp » de Redha Malek ?

Cette phrase célèbre a été prononcée par Redha Malek le 16 mars 1994, lors des obsèques du dramaturge Abdelkader Alloula assassiné par le GIA à Oran. En pleine décennie noire, elle exprimait sa détermination à mener la lutte antiterroriste et à redonner confiance aux forces de sécurité face à la terreur islamiste. Cette phrase est devenue le symbole de l’engagement républicain contre l’islamisme armé.

Quel rôle Redha Malek a-t-il joué dans la crise des otages américains en Iran ?

En tant qu’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis (1979-1982), Redha Malek fut l’un des principaux négociateurs algériens dans la médiation qui permit la libération des 52 otages américains détenus pendant 444 jours à Téhéran. Les accords d’Alger furent signés le 19 janvier 1981 et les otages libérés le lendemain. Le département d’État américain lui rendit hommage lors de son décès en 2017.

Quand et comment Redha Malek est-il décédé ?

Redha Malek est décédé le 29 juillet 2017 à Alger, à l’âge de 85 ans, des suites d’une longue maladie. Il a été inhumé le 30 juillet au Carré des Martyrs du cimetière El-Alia, en présence de nombreux responsables et personnalités politiques. Avec sa disparition, l’Algérie perdait le dernier négociateur vivant des accords d’Évian.

Qu’est-ce que l’Alliance nationale républicaine (ANR) ?

L’Alliance nationale républicaine (ANR) est un parti politique algérien fondé le 5 mai 1995 par Redha Malek et Ali Haroun. Ce parti se positionne comme défenseur de la République et de la laïcité face à l’islamisme. L’ANR a dénoncé les accords de Sant’Egidio de 1995 et soutenu la politique de concorde civile après 1999. Redha Malek en fut le président de 1995 à 2009.

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Personnalités liées aux accords d’Évian et à la révolution

Les Six Historiques

Présidents et chefs de gouvernement

Villes liées à sa vie

  • Batna – Ville natale de Redha Malek
  • Alger – Capitale où il a exercé et où il est décédé
  • Oran – Ville où il prononça « La peur doit changer de camp »

📚 Sources et références

Cet article a été rédigé à partir de sources historiques multiples : les ouvrages de Redha Malek lui-même (L’Algérie à Évian : histoire des négociations secrètes, ANEP, 2002), les archives de la presse algérienne et internationale (El Watan, TSA, Jeune Afrique, France 24, Middle East Eye), les témoignages recueillis lors de son décès en juillet 2017, et les travaux sur la décennie noire algérienne. Pour approfondir l’histoire de la Révolution algérienne, consultez nos articles sur Krim Belkacem, Abane Ramdane et Mohamed Boudiaf.

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