Omar Oussedik
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 11 juillet 2017

Omar Oussedik (Si Tayeb) : L’Intellectuel de la Révolution Algérienne
Biographie complète du commandant de la Wilaya IV, secrétaire d’État du GPRA, chef de la Zone autonome d’Alger en 1962, et ambassadeur d’Algérie.
📍 Aïn El Hammam (Kabylie)
⭐ Commandant • Diplomate
Omar Oussedik, dit Si Tayeb, est l’une des figures intellectuelles de la révolution algérienne. Issu d’une grande famille maraboutique d’Aïn El Hammam en Kabylie, il est formé à l’École normale de Bouzareah. Militant du PPA-MTLD, emprisonné et torturé à Blida, il rejoint le FLN en 1955 et devient commandant dans la Wilaya IV. Nommé secrétaire d’État du premier GPRA en 1958, il participe à des missions en Chine et au Vietnam. En 1962, il redéploie la Zone autonome d’Alger avec le commandant Azzedine pour protéger la population de l’OAS. Après l’indépendance, il sera ambassadeur à Sofia, Moscou, New Delhi et Rome.
- La famille Oussedik : une lignée de révolutionnaires
- Jeunesse et formation
- Militant du PPA-MTLD et emprisonnement
- Commandant dans la Wilaya IV (1955-1958)
- Secrétaire d’État du GPRA et missions diplomatiques
- La Zone autonome d’Alger (1962)
- Carrière diplomatique après l’indépendance
- Héritage et témoignages
- Questions fréquentes
Omar Oussedik était d’une intelligence pure. Nous avions surtout des cerveaux extraordinaires, tels que Omar et Boualem Oussedik, Ali Lounici…
Commandant Azzedine
Témoignage sur ses compagnons de la Wilaya IV
👨👩👧👦 La famille Oussedik : une lignée de révolutionnaires
La famille Oussedik est une grande famille maraboutique d’Aïn El Hammam (ex-Michelet) en Grande Kabylie, issue de la vieille lignée de la zaouïa de Sidi Saïd ou Taleb. Cette famille a fait le choix de la scolarisation française pour ses enfants, produisant une génération d’intellectuels qui se distingueront tant par leurs résultats scolaires que par leur engagement révolutionnaire.
« Dans chaque matière, la meilleure note était attribuée à un « Algérien indigène kabyle » du même nom de famille, Oussedik. J’ai constaté plus tard que tous ces jeunes de la même famille avaient rejoint la Révolution. »
Jean Daniel
Écrivain, directeur du Nouvel Observateur, ancien élève du Lycée de Blida
👥 Les frères Oussedik dans la Révolution
- 🎖️
Omar Oussedik — Commandant ALN, secrétaire d’État GPRA, ambassadeur - ⚖️
Mourad Oussedik — Avocat, cofondateur du collectif de défense du FLN avec Jacques Vergès - 📢
Boualem Oussedik — Capitaine ALN, chef de la propagande Wilaya IV et ZAA - 📚
Tahar Oussedik — Instituteur, syndicaliste, historien de la Kabylie
🌱 Jeunesse et formation
Omar Oussedik naît en 1920 (certaines sources indiquent 1923) à Aïn El Hammam (alors Michelet), dans la wilaya de Tizi Ouzou, en Grande Kabylie.
Dans la lignée de son frère aîné Tahar, qui deviendra instituteur et syndicaliste de l’enseignement, Omar Oussedik entre à l’École normale de Bouzareah, l’institution qui forme l’élite enseignante algérienne. Il poursuit ensuite ses études secondaires au lycée de Ben Aknoun à Alger.
Au lycée de Ben Aknoun, les élèves de Kabylie se regroupent, associant nationalisme algérien et attachement à l’honneur de fidélité kabyle. Cette double identité — intellectuel francophone et patriote algérien — marquera toute la vie d’Omar Oussedik.
✊ Militant du PPA-MTLD et emprisonnement
Vers l’âge de 22 ans, Omar Oussedik est attiré par le mouvement nationaliste et rejoint le Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj. Il milite également au sein des Amis du manifeste et de la liberté (AML).
Après les massacres de Sétif du 8 mai 1945, il fait partie de ceux qui poussent à la formation d’un réseau clandestin armé : l’Organisation Spéciale (OS). Il devient membre du Comité central du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques).
En 1948, Omar Oussedik est arrêté à Alger et incarcéré à la prison de Blida. Il y subit des actes de torture. Il est libéré en 1951. Durant cette période, il échappe à la « crise berbériste » qui exclut plusieurs de ses camarades du MTLD — il est exclu mais sans être accusé de berbérisme.
L’exil en France et le « tour de valse » au PCA
Après sa libération, Omar Oussedik s’exile en France. Il travaille en région parisienne, y compris en usine, et milite à la CGT (Confédération générale du travail). Cette période lui permet de se forger une formation politique qui le fera par la suite qualifié de « marxiste ».
En 1953, comme d’autres jeunes intellectuels acquis aux idées sociales et progressistes — notamment Sadek Hadjerès et Ahmed Benzine — il aurait brièvement adhéré au Parti communiste algérien (PCA). Selon l’historien Gilbert Meynier, Omar Oussedik se contente d’un « tour de valse » avant de quitter le parti. Ceux-ci y demeurent, pas lui. Mais il n’en sera pas moins toujours soupçonné d’entretenir des « sympathies communistes ».
🏔️ Commandant dans la Wilaya IV (1955-1958)
Omar Oussedik rejoint le FLN en 1955 sous le nom de guerre « Si Tayeb ». Il choisit délibérément la Wilaya IV (Algérois) plutôt que la Wilaya III (Kabylie), pour éviter de se retrouver en pays kabyle et les complications que cela pourrait entraîner.
Au maquis, il monte en grade et devient en 1957 commandant chargé des liaisons et communications. Sa mission est délicate : tout en se démarquant des suspicions de communisme et de marxisme, il doit assurer l’intégration des maquisards communistes venant des Combattants de la Libération.
Omar Oussedik est pris dans plusieurs suspicions :
- Il vit au maquis avec son épouse, qui est infirmière — ce qui est suspect
- Il est accusé d’être sensible au gaullisme et de pousser à la négociation
- À chaque discours de de Gaulle qu’il interprète comme un changement de politique, la méfiance grandit
- Le colonel Si M’Hamed Bougara excite les réflexes populistes des petits contre les intellectuels francisés
Il échappe peut-être au pire en étant appelé à Tunis par Krim Belkacem.
🏛️ Secrétaire d’État du GPRA et missions diplomatiques
En 1958, Omar Oussedik est nommé secrétaire d’État dans le premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), constitué le 19 septembre 1958.
🌍 Missions internationales
Mission pour négocier contrat d’armes et soutien
Marquer la solidarité des luttes de libération
Chef de mission auprès de Sékou Touré
Membre du CNRA
Durant cette période, Omar Oussedik apparaît comme l’un des plus opiniâtres opposants aux grandes manœuvres de l’État-major général autour des colonels Ali Mendjeli et Boumediene.
🏙️ La Zone autonome d’Alger (1962)
Aussitôt après les accords d’Évian (mars 1962), Omar Oussedik entre dans le projet de Krim Belkacem de contrer la montée en puissance du commandant Hassan (Youcef Khatib) dans la Wilaya IV, en reconstituant la Zone autonome d’Alger (ZAA).
La Zone autonome d’Alger est créée pour la période de transition entre le cessez-le-feu et l’indépendance :
- Direction : Commandant Azzedine, Omar Oussedik, capitaine Moktar
- Mission : Assurer la sécurité physique et sanitaire des populations
- Objectif : Préparer la population algéroise à faire face à la terreur de l’OAS
- Maintenir l’approvisionnement et les services sociaux
Actions et controverses
Selon Mohammed Harbi, les commandants Azzedine et Oussedik à la tête de la ZAA « ont réussi à préparer la population algéroise à faire face à la terreur de l’OAS ». Mais ils ont également « accrédité la rumeur d’une collusion entre l’Algérie et la France contre l’armée de l’extérieur ».
Il faut aussi porter au crédit d’Omar Oussedik, à travers la Zone autonome, d’avoir assuré dans le chaos d’Alger :
- Le fonctionnement d’un Service social et de santé
- Le soutien à la reconstitution de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens)
Durant la crise de l’été 1962, sur décision du conseil de la Wilaya IV, le commandant Azzedine est placé en résidence surveillée tandis qu’Omar Oussedik est arrêté. Des combats ont lieu à la Casbah le 29 août 1962, faisant plusieurs morts.
🌐 Carrière diplomatique après l’indépendance
Dès la fin de 1962, Omar Oussedik entre aux Affaires étrangères, sous la direction d’Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères.
🏛️ Ambassadeur d’Algérie
Sofia
Bulgarie
Moscou
Union soviétique
New Delhi
Inde
Rome
Italie
En 1965, Omar Oussedik joue un rôle de médiateur dans le conflit entre Ben Bella et le FFS. Il rencontre secrètement à Paris le colonel Si Sadek (Slimane Dehilès), son ancien supérieur de la Wilaya IV, pour tenter de résoudre la crise en Kabylie.
Omar Oussedik décède le 15 juin 1992 à Alger.
🏆 Héritage et témoignages
Omar Oussedik reste dans les mémoires comme l’un des intellectuels de la révolution algérienne. Son parcours illustre les tensions entre les différentes sensibilités au sein du mouvement de libération : nationalistes, progressistes, communistes.
« L’avenir se joue à l’intérieur. J’ai trouvé une filière pour entrer en Algérie… veux-tu être des nôtres ? Azzedine est un homme sûr. Il pense comme nous. Il a lu Le Capital. »
Omar Oussedik
À Mohammed Harbi, après les accords d’Évian
Cette anecdote, rapportée par Mohammed Harbi dans ses mémoires, illustre bien le personnage : un manipulateur habile selon certains, un pragmatique dévoué à la cause selon d’autres. « Sacré Omar ! La manipulation lui collait à la peau », note Harbi avec affection.
- Benjamin Stora — Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens
- Gilbert Meynier — Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002
- Mohammed Harbi — Une vie debout. Mémoires politiques, Tome 1, La Découverte, 2001
- Boualem Bourouiba — Les syndicalistes algériens
❓ Questions fréquentes sur Omar Oussedik
Qui était Omar Oussedik ?
Omar Oussedik (1920-1992), dit Si Tayeb, était un dirigeant de la révolution algérienne. Militant du PPA-MTLD puis du FLN, il devient commandant dans la Wilaya IV puis secrétaire d’État du premier GPRA en 1958. En 1962, il redéploie la Zone autonome d’Alger pour protéger la population face à l’OAS. Après l’indépendance, il fut ambassadeur à Sofia, Moscou, New Delhi et Rome.
Quelle est la famille Oussedik ?
La famille Oussedik est une grande famille maraboutique d’Aïn El Hammam en Kabylie. Plusieurs de ses membres se sont illustrés dans la Révolution : Omar (commandant, diplomate), Mourad (avocat du collectif FLN avec Jacques Vergès), Boualem (capitaine, propagande), Tahar (instituteur, historien). L’écrivain Jean Daniel notait que « dans chaque matière, la meilleure note était attribuée à un Oussedik ».
Quel rôle Omar Oussedik a-t-il joué dans la Wilaya IV ?
Omar Oussedik rejoint le FLN en 1955 et choisit la Wilaya IV (Algérois) plutôt que la Kabylie. Il devient commandant en 1957, chargé des liaisons et communications. Soupçonné de sympathies marxistes et gaullistes, il échappe aux purges en étant appelé à Tunis par Krim Belkacem.
Qu’est-ce que la Zone autonome d’Alger en 1962 ?
Après les accords d’Évian, Omar Oussedik et le commandant Azzedine reconstituent la Zone autonome d’Alger pour protéger la population face à la terreur de l’OAS. Créée le 3 avril 1962, la ZAA assure la sécurité, l’approvisionnement et les services sociaux. Cette action leur vaudra d’être critiqués pour « collusion » avec la France.
Quelles missions diplomatiques Omar Oussedik a-t-il effectuées ?
En mars 1959, Omar Oussedik fait partie de la mission en Chine pour négocier des armes, puis se rend à Hanoï. En 1960, il est chef de mission en Guinée. Après l’indépendance, il devient ambassadeur d’Algérie à Sofia, Moscou, New Delhi et Rome.
Pourquoi Omar Oussedik était-il soupçonné de marxisme ?
Formé politiquement en France où il milite à la CGT, Omar Oussedik aurait brièvement adhéré au PCA en 1953. Intellectuel aux idées progressistes, il prônait une Algérie « nation des Algériens de toutes origines ». Ces positions lui valurent d’être soupçonné de « sympathies communistes » et de pousser à la négociation avec de Gaulle.
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