#Musique

Noura : chanteuse algérienne

 
 

La Rose de la Chanson Algérienne

Noura

1942 – 2014 • Fatima Zohra Badji • L’Étoile de Cherchell

Première Algérienne couronnée par un disque d’or, Noura a incarné l’élégance et la modernité de la variété citadine. Sa voix de velours, capable de voyager de l’arabe au kabyle, reste le symbole d’une Algérie rayonnante et universelle.

🎵 Variété Algérienne • Folk
📍 Cherchell • Alger • Paris
📀 500+ Chansons • Disque d’Or

🕌 Carte d’Identité de la Diva de Cherchell
🎂
Naissance
12/05/1942
Cherchell, Algérie
🕊️
Décès
01/06/2014
Paris (72 ans)
🎤
Voix
Soprano léger
Douceur absolue
💿
Disque d’Or
1970
Une première
👑
Pseudonyme
Noura
La Lumière

Noura, de son vrai nom Fatima Zohra Badji, occupe une place unique dans le panthéon de la musique algérienne. Si Warda Al-Djazairia était la Diva de l’Orient, Noura était la Diva de l’Algérie profonde et citadine. Née à Cherchell, elle a su moderniser la chanson populaire en y apportant une tendresse et une proximité inédites. Épouse et complice du grand compositeur Kamel Hamadi, elle a porté la culture algérienne sur les plus grandes scènes internationales, devenant la première Algérienne à conquérir le public européen avec un succès de masse.

« 

Chanter en kabyle ou en arabe était naturel pour moi. Mon pays a deux poumons, j’ai simplement choisi de respirer avec les deux.

— Noura, Entretien 1995

🌊
Cherchell : L’éveil d’une fleur méditerranéenne (1942)

Fatima Zohra Badji naît en 1942 à Cherchell, une cité côtière imprégnée d’histoire antique et de culture andalouse. Dans cette ville où les jardins sentent le jasmin, la petite Fatima Zohra développe une sensibilité artistique précoce. Sa famille, bien que respectueuse des traditions, ne s’oppose pas à sa passion pour le chant, à condition qu’elle reste dans un cadre noble.

Elle grandit en écoutant les voix féminines qui animaient alors les fêtes familiales, mais elle est déjà fascinée par les nouvelles ondes de la radio. Très jeune, elle décide de quitter sa ville natale pour tenter sa chance à Alger, la capitale qui attirait alors tous les talents du pays.

🎭 Le choix du pseudonyme

C’est lors de ses premières auditions qu’elle choisit le nom de Noura. Un prénom simple, lumineux, qui signifie « la lumière » et qui allait bientôt briller sur tout le Maghreb.

📻
Radio Alger : La naissance d’une étoile

Dans les années 50, Noura intègre la Radio nationale d’Alger. Elle commence par animer des émissions pour enfants, mais sa voix attire rapidement l’attention des directeurs artistiques. Elle a la chance de côtoyer les maîtres du chaâbi et de la musique citadine qui travaillent alors dans les studios de la rue Berthezène.

Elle commence à enregistrer ses premiers titres, apportant une fraîcheur qui manquait à la chanson féminine algérienne de l’époque. Sa voix de soprano léger, sa diction cristalline et son élégance naturelle font merveille. Noura devient la première star « moderne » d’Algérie, celle qui fait le pont entre la tradition millénaire et les aspirations d’une jeunesse en quête d’indépendance.

💍
Kamel Hamadi : L’alliance sacrée de la musique

La rencontre avec Kamel Hamadi, immense auteur et compositeur originaire de Kabylie, sera le moteur de sa vie et de sa carrière. Ils se marient en 1959. Kamel Hamadi ne sera pas seulement son mari, il sera son pygmalion, écrivant pour elle des centaines de chansons sur mesure qui explorent tous les genres.

Ensemble, ils créent un répertoire unique qui embrasse les deux cultures de l’Algérie. Noura chante magnifiquement en kabyle, bien que n’étant pas originaire de la région, grâce à l’enseignement de son mari. Elle devient l’une des interprètes les plus aimées de la musique kabyle aux côtés d’artistes comme Idir ou Cherif Kheddam. Leur duo devient le symbole de l’unité culturelle algérienne.

🎤

Le couple mythique

Pendant plus de quarante ans, Noura et Kamel Hamadi ont partagé la scène et la vie, un record de longévité et de fidélité dans le milieu artistique souvent tourmenté.

📀
Ya Ma Goulili et le sacre du Disque d’Or

Dans les années 60, après l’indépendance, Noura devient une icône nationale. Elle enregistre Ya Ma Goulili (Ô mère dis-moi), une chanson qui bouleverse le pays par son émotion pure. Elle chante la nostalgie du foyer, les tourments de l’amour et la beauté des traditions algériennes.

Son succès dépasse les frontières. Installée avec son mari à Paris, elle signe chez le label Pathé-Marconi. En 1970, elle entre dans l’histoire en devenant la première artiste maghrébine à recevoir un disque d’or pour avoir vendu plus d’un million d’albums. Elle remplit l’Olympia et devient l’ambassadrice de la chanson algérienne en Europe, ouvrant la voie à une nouvelle ère de rayonnement culturel.

Une pionnière de l’universel

Noura a été l’une des rares artistes à chanter en français, en arabe et en kabyle, prouvant que l’identité algérienne était une mosaïque de lumières.

🎻
L’art de Noura : Entre patrimoine et modernité

Ce qui définit l’art de Noura, c’est sa capacité à interpréter aussi bien des thèmes légers et festifs que des complaintes d’une profondeur tragique. Elle a su adapter les instruments modernes (piano, violons symphoniques) aux maqâms traditionnels, créant une « Variété Algérienne » de haut vol.

Elle a également interprété de nombreux chants patriotiques qui ont accompagné les Algériens durant les premières années de la construction nationale. Sa discographie riche de centaines de titres est une archive vivante de la transformation de l’Algérie, de la fin de l’ère coloniale à l’ouverture sur le monde moderne.

🕊️
Le dernier rappel et la postérité d’une Rose

Noura s’éteint le 1er juin 2014 à Paris à l’âge de 72 ans. L’annonce de son décès provoque une onde de tristesse immense en Algérie. Son corps est rapatrié avec les honneurs et elle est enterrée au cimetière de Sidi Yahia à Alger, non loin d’autres monuments de la culture nationale.

Elle laisse derrière elle un héritage de douceur et de courage. Elle a prouvé qu’une femme pouvait diriger sa carrière avec une dignité royale, sans jamais renier ses valeurs. Aujourd’hui, ses chansons comme Maniche Mena ou Ya Ma Goulili sont apprises par les nouvelles générations de chanteuses, qui voient en elle la « Maman » de la chanson algérienne moderne.

💎 Les joyaux de son répertoire
💿
Ya Ma Goulili : L’hymne universel de l’amour maternel.
💿
Maniche Mena : Un chef-d’œuvre de la variété algéroise.
💿
Vava Inouva (Reprise) : Son hommage vibrant à la culture kabyle.


Questions fréquentes

Est-elle kabyle ?

Noura est née à Cherchell, une région arabophone. Cependant, elle est devenue l’une des plus grandes ambassadrices de la chanson kabyle grâce à son mari Kamel Hamadi qui lui a écrit ses plus beaux textes dans cette langue.

A-t-elle été actrice ?

Oui, au début de sa carrière, Noura a participé à plusieurs pièces de théâtre radiophoniques et a fait quelques apparitions au cinéma, mais c’est le chant qui a toujours été sa véritable passion.

Où peut-on se recueillir sur sa tombe ?

Elle est enterrée au cimetière de Sidi Yahia à Alger, un lieu symbolique où reposent également de nombreux artistes et moudjahidine du pays.

Quel était son vrai nom ?

Son vrai nom de naissance était Fatima Zohra Badji. Elle a choisi ‘Noura’ comme nom de scène dès ses débuts à la radio.

« La lumière de ma voix n’était que le reflet de l’amour que je portais à ma terre. »

— À la mémoire de Noura (1942 – 2014)

ⵏⵓⵕⴰ — L’étoile de Cherchell

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El Hadj Menouar

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Djamel Laroussi

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