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La ville de Bordj Bou Arreridj en Algérie

Bordj Bou Arreridj, surnommée la « capitale de l’électronique » et « capitale des Bibans », est devenue l’un des pôles industriels les plus dynamiques d’Algérie. Cette ville des hauts plateaux, perchée à 920 m d’altitude dans la fertile plaine de la Medjana, fut le théâtre de la plus grande insurrection contre la colonisation : la révolte de Mokrani en 1871. Aujourd’hui, des groupes comme Condor, Cristor ou Géant y fabriquent téléviseurs, smartphones et électroménager « made in Algeria ». Entre monts des Bibans au nord, chaîne du Hodna au sud, thermes réputés et héritage historique des Beni Abbès, BBA allie tradition agricole et modernité industrielle.

1. Présentation générale

Bordj Bou Arreridj (en arabe : برج بوعريريج, en berbère : ⴱⵓⵔⴵ ⴱⵓ ⵄⵔⵉⵔⵉⴵ) est le chef-lieu de la wilaya du même nom, située dans les hauts plateaux du centre-est algérien. La ville se trouve à 240 km à l’est d’Alger, 72 km à l’ouest de Sétif, à mi-chemin entre Alger et Constantine.

Le nom « Bordj Bou Arreridj » signifie le « fort de l’homme au panache » (ou « fort de la tribu Bou Arreridj »), en référence au casque à plume rouge des soldats ottomans qui y établirent une citadelle de surveillance.

La ville occupe une position stratégique dans la plaine de la Medjana, cernée par les montagnes des Bibans au nord (frontière sud de la Petite Kabylie) et la chaîne du Hodna au sud. Cette localisation en fait un carrefour historique entre l’Est et le Centre du pays.

2. Données géographiques et démographiques

CaractéristiqueDonnée
Population (ville)~170 000 habitants
Population (wilaya)~630 000 habitants
Superficie (wilaya)4 115 km²
Nombre de daïras/communes10 daïras, 34 communes
Code wilaya34
Altitude920 m
ClimatContinental semi-aride (300-700 mm/an)
BarrageAïn Zada
Sources thermales~200 (Hammam El Biban)
SurnomCapitale de l’électronique

3. Histoire : des Mokrani à l’indépendance

3.1 Le royaume des Beni Abbès (XVIe-XIXe siècle)

L’histoire de la région est liée à la dynastie des Mokrani (Amokrane), régnant sur le royaume des Beni Abbès depuis le XVIe siècle. Issus des sultans hafsides de Béjaïa, ils établirent leur capitale à la Kalâa des Beni Abbès, citadelle imprenable dans les monts des Bibans. Leur territoire s’étendait sur la plaine de la Medjana et contrôlait le passage stratégique des Portes de Fer.

3.2 Période ottomane

Les Ottomans construisirent un bordj (fort) pour contrôler la Medjana après une victoire sous le règne d’El Hadj Ben Bouzid El Mokrani (1735-1783). Les Mokrani maintinrent une semi-indépendance vis-à-vis du beylik de Constantine, gérant leurs affaires tout en payant tribut.

3.3 L’insurrection de Mokrani (1871)

Le 16 mars 1871, le bachagha Mohammed El Mokrani, humilié par la perte progressive de ses prérogatives, lança la plus grande insurrection contre la colonisation française. Avec 6 000 hommes, il attaqua Bordj Bou Arreridj. Rejoint par Cheikh El Haddad, chef de la confrérie Rahmaniya, la révolte mobilisa 250 tribus et 200 000 combattants, soit un tiers de l’Algérie.

El Mokrani fut tué au combat le 5 mai 1871 à Oued Souflat près de Bouira. Son frère Boumezrag poursuivit la lutte jusqu’à sa capture en janvier 1872. Il fut déporté en Nouvelle-Calédonie avec 212 insurgés (les « Kabyles du Pacifique »). La répression fut féroce : exécutions, déportations, confiscation de terres. Bordj Bou Arreridj, incendiée, fut reconstruite en 1881.

3.4 Période coloniale et guerre d’Algérie

Devenue chef-lieu de sous-préfecture en 1956, la région appartint à la wilaya III historique durant la guerre d’Algérie. Bordj Ghedir fut le théâtre de grandes batailles. Cheikh Mohamed Bachir El Ibrahimi, président de l’Association des Oulémas après Ben Badis, naquit à Ouled Brahem en 1889.

4. Capitale de l’électronique

Naissance d’un pôle industriel

Dans les années 1990, après l’ouverture économique, des entrepreneurs locaux passèrent de l’importation à l’assemblage, puis au montage de produits électroniques et électroménagers. Ils créèrent leurs propres marques nationales, faisant de BBA la « Silicon Valley algérienne ».

Groupes majeurs

Condor : Fondé par la famille Benhamadi, c’est le fleuron de l’industrie électronique algérienne. Il produit téléviseurs, smartphones, tablettes, climatiseurs, réfrigérateurs. Première marque certifiée « Made in Algeria », emploie environ 6 000 salariés.

Cristor (Ababou Electronics) : Lancée après avoir abandonné la marque Philips.

Géant, Cobra, Star, Nidor : Autres acteurs majeurs du secteur.

Chiffres clés

La wilaya compte plus de 200 entreprises de production dans sa zone d’activités économiques. Une dizaine de sociétés d’électronique emploient plus de 76 000 personnes. Un Institut national d’électronique forme les futurs cadres du secteur. BBA est intégrée au schéma national d’aménagement comme « pôle d’excellence électronique » à l’horizon 2030.

5. Patrimoine et tourisme

Sites historiques

Kalâa des Beni Abbès : Citadelle ancestrale des Mokrani dans les Bibans, capitale du royaume. Le mausolée de Mohammed El Mokrani s’y trouve dans la cour de la mosquée Djamaâ El Kebir.

Monts des Bibans (« Portes de Fer ») : Chaîne montagneuse spectaculaire, passage stratégique historique.

Vestiges romains : Témoignages de la présence antique dans la région.

Thermalisme

La wilaya possède 200 sources thermales aux vertus curatives. Les plus réputées sont :

Hammam El Biban : À l’ouest, récemment rénové, célèbre pour ses eaux curatives.

Hammam Ibaynan : Au nord de la wilaya.

Vie culturelle

Le carrefour ethnique et géographique de BBA en fait une terre de métissage où se côtoient les cultures kabyle, sétifienne et hodnaienne. L’université et les équipements sportifs (le club de football CABBA a disputé une finale de Coupe d’Algérie) animent la vie locale.

Pour l’hébergement, consultez notre guide des hôtels en Algérie.

6. Agriculture et ressources

Céréaliculture

La plaine de la Medjana est réputée pour ses terres fertiles et sa culture céréalière (blé, orge). La zone des hautes plaines est à haut rendement.

Arboriculture

La zone montagneuse des Bibans est dominée par l’arboriculture : oliviers et figuiers. De nombreuses huileries traditionnelles perpétuent le savoir-faire ancestral.

Élevage

Le cheptel ovin est une richesse majeure. Les viandes de la région d’El Achir sont renommées pour leur qualité. Un important marché à viande y est localisé.

Ressources hydriques

Le barrage d’Aïn Zada, l’oued Bou Sellam et l’oued El Ksoub assurent l’approvisionnement en eau.

7. Wilayas limitrophes

WilayaDirectionDistanceCaractéristiques
SétifEst~72 kmHauts plateaux, industrie
BéjaïaNord~100 kmPort, Kabylie
BouiraOuest~80 kmDjurdjura, agriculture
M’SilaSud~58 kmHodna, steppe
BatnaSud-Est~150 kmAurès, Timgad

8. Gastronomie

La cuisine de BBA reflète le métissage culturel de la région. Découvrez l’ensemble des spécialités dans notre guide de la cuisine algérienne : 50 recettes.

Spécialités locales

Couscous aux légumes : Plat traditionnel des hauts plateaux.

Viandes d’El Achir : Agneaux réputés pour leur qualité.

Huile d’olive des Bibans : Production artisanale des huileries traditionnelles.

Figues sèches : Spécialité de la zone montagneuse.

Pour plus de recettes, consultez notre article sur les plats traditionnels algériens.

9. Questions fréquentes

Pourquoi Bordj Bou Arreridj est-elle appelée « capitale de l’électronique » ?

Depuis les années 1990, BBA est devenue le principal pôle industriel électronique d’Algérie. Des groupes comme Condor, Cristor, Géant et Cobra y fabriquent téléviseurs, smartphones, tablettes et électroménager. Plus de 200 entreprises et 76 000 emplois font de la wilaya un centre névralgique du « made in Algeria ». Un Institut national d’électronique y forme les futurs cadres du secteur.

Qu’est-ce que l’insurrection de Mokrani en 1871 ?

L’insurrection de Mokrani (16 mars 1871) fut la plus importante révolte contre la colonisation française depuis 1830. Menée par le bachagha Mohammed El Mokrani depuis les Bibans, rejointe par Cheikh El Haddad et la confrérie Rahmaniya, elle mobilisa 250 tribus et 200 000 combattants (un tiers de l’Algérie). El Mokrani fut tué le 5 mai 1871. La répression fut féroce : déportations en Nouvelle-Calédonie, confiscations de terres.

Que sont les Bibans et les Portes de Fer ?

Les Bibans (« les portes » en arabe) sont une chaîne montagneuse au nord de Bordj Bou Arreridj, marquant la frontière sud de la Petite Kabylie. Les « Portes de Fer » désignent un passage stratégique dans ces montagnes, contrôlé depuis des siècles par les seigneurs de la Medjana. La Kalâa des Beni Abbès, citadelle des Mokrani, s’y trouvait. C’est une région de grande importance historique et naturelle.

Que visiter à Bordj Bou Arreridj ?

Les sites d’intérêt comprennent : la Kalâa des Beni Abbès (citadelle historique et mausolée de Mokrani), les monts des Bibans et les Portes de Fer (paysages spectaculaires), Hammam El Biban et Hammam Ibaynan (thermalisme), les vestiges romains, les huileries traditionnelles de la zone montagneuse, et le marché à viande d’El Achir pour découvrir les produits locaux.

Comment se rendre à Bordj Bou Arreridj ?

Par la route : BBA est traversée par l’autoroute Est-Ouest et la RN5, à 240 km d’Alger et 72 km de Sétif. Une gare routière moderne (42 quais) a été inaugurée en 2019. Par train : la ligne ferroviaire Alger-Sétif-Constantine dessert la ville. Par avion : l’aéroport de Sétif (8 Mai 1945) est à 66 km, avec des vols vers Alger et la France.

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