Groupe Abranis : rock pop algérien
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 12 juillet 2017

Les Rois de la Fusion Berbère
Les Abranis
Depuis 1967 • L’Électricité du Djurdjura • Rock & Pop Amazigh
Véritables avant-gardistes, Les Abranis ont électrisé le patrimoine ancestral. En mariant le verbe kabyle aux riffs psychédéliques, ils ont ouvert la voie à une modernité décomplexée et universelle.
📍 Alger • Paris • Londres
⚡ Pionniers de l’Identité
Les Abranis sont les architectes du son Rock-Kabyle. Apparus dans le sillage de la vague yé-yé, ils ont rapidement délaissé les reprises pour créer un univers sonore hybride, où les rythmes du Djurdjura fusionnent avec le rock progressif et le funk. Fondé par Sidhoum Karim et porté par le génie créatif de Shamy El Baz, le groupe a été le premier à oser l’amplification électrique en Kabylie. De la ville d’Alger à l’Olympia de Paris, ils ont imposé une image de rebelles élégants, prouvant que la musique kabyle pouvait être à la fois ancestrale et résolument futuriste.
- 1. 1967 : La naissance d’une révolution entre Alger et Paris
- 2. L’ère Psychédélique : Quand le mandole devient électrique
- 3. Chenbeba et Linda : Les tubes de la consécration
- 4. Shamy El Baz : Le cerveau derrière l’harmonie
- 5. Le « Son Abranis » : Une fusion Rock, Funk et Pop
- 6. Un héritage immortel : La redécouverte mondiale
- 7. Questions fréquentes
«Nous n’avons pas trahi nos racines, nous leur avons donné des ailes électriques pour qu’elles puissent survoler le monde entier.
— Shamy El Baz
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1967 : La naissance d’une révolution
Tout commence en 1967. Alors que le monde vibre au son du Summer of Love, deux frères, Sidhoum Karim et Sidhoum Shamy (qui deviendra Shamy El Baz), décident de créer un groupe qui ne ressemble à rien de ce qui existe en Algérie. Originaires de la région d’Azeffoun et installés à Paris, ils subissent le choc frontal de la pop anglo-saxonne.
Ils fondent Les Abranis avec l’ambition de sortir la chanson kabyle de l’esthétique purement acoustique. Ils intègrent des musiciens français, italiens et algériens, créant un laboratoire de fusion. En 1973, ils sortent leur premier 45 tours. C’est l’époque où ils côtoient les débuts d’un jeune chanteur nommé Idir, mais alors qu’Idir choisit la voie du folk pastoral, Les Abranis s’enfoncent dans l’électricité urbaine.
Les Abranis ont été les premiers à alterner couplets en kabyle et refrains en français ou en anglais, capturant l’essence d’une jeunesse algérienne scindée entre ses racines et ses aspirations cosmopolites.
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L’ère Psychédélique : Quand le mandole devient électrique
Le milieu des années 70 marque l’apogée créative du groupe. Sous l’influence de Pink Floyd et de Jimi Hendrix, ils introduisent des pédales wah-wah, des distorsions et des nappes d’orgue Hammond sur des structures mélodiques kabyles. Des titres comme Achewiq ou Idurar n dda (Les montagnes de dda) transforment le blues berbère en une expérience rock spatiale.
À Alger, leurs concerts sont des événements électriques qui bousculent le conservatisme de l’époque. Ils sont perçus comme des « hippies kabyles », portant les cheveux longs et les pattes d’eph, mais leur message reste profondément ancré dans la défense de l’identité amazighe. Ils ont su prouver que l’on pouvait être fier de ses ancêtres tout en utilisant les instruments les plus modernes de l’Occident.
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Chenbeba et Linda : Les tubes de la consécration
En 1983, l’album Chenbeba propulse le groupe vers un succès de masse. Le titre éponyme, avec sa ligne de basse funk irrésistible et son refrain entêtant, devient un hit dans tout le Maghreb. C’est l’ère de la Pop-Kabyle. Les Abranis réussissent le pari fou de faire danser les familles algériennes sur des rythmes qui empruntent autant au folklore de Tizi Ouzou qu’au Disco-Funk de New York.
Le titre Linda confirme cette tendance. Le groupe devient bilingue, explorant des thématiques amoureuses avec une légèreté qui séduit la nouvelle génération. Mais derrière le vernis pop, Shamy El Baz veille à ce que la complexité harmonique soit toujours présente. Les Abranis ne sont pas un groupe de variété facile ; ils restent des musiciens exigeants, des perfectionnistes du studio.
L’idole des ondes nationales
Dans les années 80, Les Abranis sont les rois de la Radio Chaîne 2. Ils ouvrent la voie à toute une génération d’artistes « électriques » comme Takfarinas ou le groupe Raïna Raï.
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Shamy El Baz : Le cerveau derrière l’harmonie
Si Karim Sidhoum était l’image et la voix charismatique, Shamy El Baz était l’architecte du son. Compositeur, organiste et parolier, il a su injecter une dimension intellectuelle et littéraire dans les chansons du groupe. Shamy est également un écrivain et un chercheur, passionné par l’histoire ancienne de la Berbérie.
C’est lui qui a insisté pour que le groupe ne se contente pas de faire du « rock en kabyle », mais qu’il crée un langage musical nouveau. Son usage de l’orgue Farfisa puis des synthétiseurs Moog a donné aux Abranis cette couleur spatiale unique. Après la mise en sommeil du groupe, Shamy a continué une carrière d’écrivain et d’artiste engagé, restant le gardien scrupuleux de l’héritage Abranis.
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Le « Son Abranis » : Une fusion sans frontières
Le style des Abranis est une mosaïque. On y retrouve :
- Le Rock Psychédélique : Des solos de guitare étirés et des effets sonores planants (période 1973-1977).
- Le Funk & Disco : Des rythmiques « slap » à la basse et des cuivres énergiques (période 1980-1985).
- La Poésie Kabyle : Des textes qui puisent dans la sagesse paysanne tout en traitant de la condition de l’exilé moderne.
- L’Harmonie Pop : Des chœurs soignés et des refrains bilingues destinés à l’exportation.
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Un héritage immortel : La redécouverte mondiale
Après des années de silence, la musique des Abranis connaît une résurrection spectaculaire au milieu des années 2010. Des labels spécialisés dans les rééditions cultes (comme Habibi Funk) et des DJ internationaux redécouvrent leurs pépites psychédéliques des années 70. Des titres comme Athedallete ou Chenbeba deviennent des incontournables des clubs branchés de Berlin, Londres ou New York.
Aujourd’hui, Les Abranis sont reconnus comme les pères fondateurs de la scène alternative algérienne. Ils ont prouvé qu’un groupe maghrébin pouvait rivaliser techniquement avec les formations rock occidentales. Leur courage artistique a ouvert la porte à des artistes comme Rachid Taha ou Souad Massi. Pour les Algériens, ils restent les « Éternels », ceux qui ont fait rimer Kabylie avec Électricité.
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Questions fréquentes
Les Abranis sont-ils toujours actifs ?
Après une longue pause, le groupe a fait un retour remarqué avec l’album ‘Amezruy’ en 2022. Shamy El Baz continue de porter le projet avec de nouveaux musiciens, perpétuant l’esprit pionnier du groupe lors de concerts exceptionnels.
Quelle est l’origine du nom ‘Abranis’ ?
Il vient du mot ‘Branis’, qui désigne historiquement l’une des deux branches des peuples berbères (les sédentaires). C’est un choix politique et identitaire fort pour affirmer l’amazighité du groupe dès sa création.
Ont-ils vraiment chanté du rock psychédélique ?
Oui, ils ont été les premiers en Afrique du Nord à explorer ce genre. Leurs enregistrements des années 70 sont aujourd’hui considérés par les collectionneurs de vinyles du monde entier comme des chefs-d’œuvre du genre psych-rock mondial.
« On ne peut pas arrêter une rivière qui chante sa liberté. Les Abranis sont cette rivière électrique. »
— Les Abranis, l’âme rebelle de la Kabylie
ⵉⴱⵔⴰⵏⵉⵙ — Rock & Pop Revolution







































































































































































































































































































































































































































































































































































































