#Coup de Zellif

Ferhat Mhenni, le MAK et l’indépendance de la Kabylie

Ferhat Mhenni, président du MAK qui doit « proclamer l’indépendance de la Kabylie » ce dimanche 14 décembre, a multiplié ces dernières semaines les rencontres avec des représentants de groupes hostiles à l’Algérie et à son peuple. La dernière en date : celle avec Louis Aliot, vice-président du Rassemblement National de Mme Le Pen.

Je tiens à préciser que je n’ai jamais dénié au MAK le droit de réclamer pacifiquement l’autonomie ou même l’indépendance de la Kabylie. Je suis personnellement contre ce projet, mais Ferhat Mhenni ou d’autres ont le droit de penser que la Kabylie devrait se séparer de l’Algérie et de militer pacifiquement en ce sens. 

Pour ma part, comme une très grande majorité des habitants de la Kabylie, je suis attaché à une Algérie démocratique, sociale et plurielle.

Je considère d’ailleurs que l’urgence en Algérie est de rétablir de véritables espaces politiques et médiatiques afin de permettre à tous les Algériens — de Kabylie comme des autres régions — de défendre entre autres des formes de gestion plus démocratiques et plus proches des réalités locales et régionales.

Pour revenir à l’événement annoncé ce dimanche, une question se pose : de quel droit un parti dont on ne connaît pas réellement l’ancrage en Kabylie peut-il proclamer l’indépendance d’une région qui a tant contribué à la lutte de libération nationale et à l’édification de l’État algérien ? Une région qui, durant le Hirak, a rappelé clairement son attachement à l’Algérie.

En tant qu’Algérien originaire de Kabylie, je conteste à Ferhat Mhenni le droit de proclamer quoi que ce soit au nom de la Kabylie.

De quel droit ce monsieur peut-il affirmer que les intellectuels kabyles ou non, opposés à son projet, seraient des « criminels » ? Cela ne révèle-t-il pas le caractère autoritaire voire fascisant de cette organisation et de son chef ?

Par ailleurs, comment une organisation qui prétend porter un projet « émancipateur » pour son peuple peut-elle fricoter avec un parti raciste et anti-immigration comme le RN, dont certains fondateurs ont participé à la répression et à la torture durant la guerre de libération nationale ?

Comment, au moment même où Israël commet — de l’avis de l’ensemble des organisations internationales des droits humains — des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique en Palestine, Ferhat Mhenni peut-il organiser ou participer à des manifestations arborant le drapeau de l’État sioniste ? Comment peut-il avoir pour allié l’état raciste qui écrase un autre peuple?

Comment peut-il également découvrir des vertus au régime des Émirats arabes unis, acteur majeur révélé de déstabilisation dans plusieurs pays africains ?

Le MAK, une organisation de libération du peuple kabyle ? Qui peut le croire quand on prend la peine d’analyser son discours et de scruter ses fréquentations? Tous les éléments convergent pour y voir un cheval de Troie des puissances hostiles à l’Algérie, au premier rang desquelles Israël.

Je précise, enfin, que personne ne m’a sommé de m’exprimer sur le projet du MAK.

S’il est vrai que la Kabylie n’a pas à justifier sa loyauté envers l’Algérie, il est tout aussi vrai que les Algériens de Kabylie ont parfaitement le droit d’exprimer leur opposition à un projet qui — au-delà des discours — est déstabilisateur pour leur région et pour leur pays.

Par Rabah Moulla

Ferhat Mhenni, le MAK et l’indépendance de la Kabylie

Mohamed Sifaoui accuse Ferhat Mehenni et le

Ferhat Mhenni, le MAK et l’indépendance de la Kabylie

CAN 2025 : la liste des 28