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Ferhat Mehenni, le MAK et le 14 décembre 2025 : ce qui se prépare autour de la Kabylie

À quelques jours d’une déclaration d’indépendance de la Kabylie, annoncée pour le 14 décembre 2025 à Paris par Ferhat Mehenni et le MAK, les questions s’accumulent : qui est vraiment ce militant kabyle installé en France ? Que représente le MAK en Algérie et dans la diaspora ? Pourquoi Alger le classe-t-il comme « organisation terroriste » ? Et que vaut juridiquement une telle proclamation ?
Voici un dossier complet, documenté et neutre, pour comprendre les enjeux.

Le nom de Ferhat Mehenni, fondateur du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) et président de l’Anavad (gouvernement provisoire kabyle en exil), revient avec force dans l’actualité. Le mouvement, en conflit ouvert avec les autorités algériennes, annonce pour le 14 décembre 2025 une proclamation solennelle d’indépendance de la Kabylie dans la capitale française.

Cet événement annoncé intervient dans un contexte politique chargé :

  • tensions entre Algérie et Maroc,

  • débats autour de l’unité nationale,

  • mobilisation d’une partie de la diaspora kabyle,

  • accusations croisées d’ingérence étrangère,

  • question sensible du séparatisme.

Pour comprendre ce moment, il faut revenir sur le parcours de Mehenni, l’histoire du MAK, les positions d’Alger et les enjeux régionaux.

Qui est Ferhat Mehenni ? Origines, parcours et virage politique

Des chansons engagées à la politique kabyle

Ferhat Mehenni naît en Kabylie dans les années 1950. Il se fait d’abord connaître comme chanteur kabyle, figure majeure d’une génération d’artistes mêlant poésie, identité amazighe et revendication politique.
Ses chansons, empreintes de mélancolie et de contestation, deviennent populaires dans la diaspora kabyle en France.

Très tôt, il milite pour :

  • la reconnaissance de la langue amazighe,

  • la préservation de l’identité kabyle,

  • la dénonciation des violences du Printemps berbère (1980),

  • puis du Printemps noir (2001), marqué par la mort de plus d’une centaine de jeunes kabyles.

Ces événements vont transformer durablement son engagement.

Exil en France et création de l’Anavad

Installé en France depuis le début des années 2000, Mehenni devient une figure de la diaspora militante. Il participe en 2010 à la création du Gouvernement provisoire kabyle (Anavad), qu’il préside.

L’Algérie l’accuse alors de :

  • atteinte à l’unité nationale,

  • séparatisme,

  • collaboration avec des puissances étrangères.

En 2021, la justice algérienne le condamne à perpétuité par contumace, notamment dans des affaires liées à l’activisme du MAK. Mehenni rejette toutes les accusations et affirme mener une action pacifique.

C’est quoi le MAK ? De l’autonomie à l’indépendance

Naissance du MAK après le Printemps noir de 2001

Le MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) est créé en 2001, dans le sillage du Printemps noir, lors duquel des dizaines de jeunes sont tués dans des affrontements entre manifestants kabyles et forces de sécurité.

À ses débuts, le MAK revendique :

  • une autonomie régionale,

  • la reconnaissance de l’amazighité,

  • une gestion locale plus démocratique.

Passage au discours indépendantiste

À partir de 2010, sous l’impulsion de Mehenni, le projet évolue vers une revendication d’indépendance de la Kabylie.
Le mouvement structure :

  • un Parlement de la Kabylie,

  • un gouvernement provisoire (Anavad), toujours basé en France,

  • une stratégie de lobbying international.

Le MAK se présente comme un mouvement non-violent, inspiré par les luttes d’autodétermination reconnues par l’ONU.

Pourquoi les autorités algériennes classent le MAK comme « organisation terroriste »

La décision du Haut Conseil de sécurité en 2021

En 2021, l’Algérie inscrit officiellement le MAK sur la liste nationale des organisations terroristes.
Les motifs avancés par Alger :

  • menace à l’intégrité territoriale,

  • agenda séparatiste,

  • soupçons de liens avec le Maroc,

  • accusations de projets violents ou subversifs.

Ces accusations ne sont reconnues ni par le mouvement ni par la plupart des instances internationales.

Réaction du MAK et perception extérieure

Le MAK affirme :

  • être un mouvement strictement pacifique,

  • s’appuyer sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,

  • refuser toute action armée.

Plusieurs observateurs étrangers estiment que le classement reflète autant une logique sécuritaire qu’un conflit politique interne.

Le rôle du Maroc, d’Israël et des réseaux de lobbying : un dossier sensible

Le Maroc et la diplomatie du « droit des peuples »

En 2021, un représentant marocain à l’ONU évoque publiquement le « droit du peuple kabyle à l’autodétermination ».
L’Algérie y voit une ingérence grave, dans un contexte de tensions accrues (Sahara occidental, rupture diplomatique).

Israël, Washington et les réseaux qui entourent Mehenni

Ferhat Mehenni a effectué plusieurs voyages en Israël, présentés comme diplomatiques.
Il participe régulièrement à des conférences :

  • à Paris,

  • à Washington,

  • à Bruxelles.

Le MAK parle de recherche de soutiens internationaux.
Alger parle de collusion avec des puissances hostiles.

La position de la communauté internationale

À ce jour :

  • aucun État ne reconnaît une Kabylie indépendante,

  • aucune organisation internationale ne classe le MAK comme organisation terroriste,

  • la plupart des pays adoptent une ligne prudente, respectant l’intégrité territoriale algérienne.

14 décembre 2025 : que prépare le MAK à Paris ?

Un congrès extraordinaire et une décision votée en octobre 2025

En octobre 2025, le MAK, réuni en congrès à Paris, vote un texte appelant à la proclamation d’indépendance de la Kabylie.

Ce vote constitue le fondement politique de l’événement annoncé.

La proclamation annoncée pour le 14 décembre à 18h57

L’événement prévu :

  • date : 14 décembre 2025,

  • lieu : Paris,

  • heure : 18h57 (symboliquement liée à 1857, année de la conquête française de la Kabylie).

Le MAK prévoit :

  • lecture d’un texte fondateur,

  • signatures symboliques,

  • diffusion en direct,

  • présence de membres de la diaspora et de représentants de mouvements autonomistes étrangers.

Il s’agira d’une déclaration unilatérale, sans reconnaissance officielle.

Valeur juridique d’une déclaration d’indépendance

Historiquement, une déclaration unilatérale d’indépendance n’a :

  • aucune valeur juridique sans reconnaissance internationale,

  • mais peut avoir une portée politique ou symbolique forte.

Exemples comparables :

  • Catalogne (2017) → non reconnue,

  • Kosovo (2008) → partiellement reconnue.

Dans le cas kabyle, aucune reconnaissance n’est annoncée.

Réactions possibles : Algérie, Kabylie, diaspora, diplomatie

La réponse probable d’Alger

Conformément à sa doctrine, l’Algérie devrait :

  • réaffirmer l’unité nationale,

  • dénoncer une manœuvre séparatiste,

  • pointer du doigt des « ingérences étrangères »,

  • éventuellement renforcer le discours sécuritaire.

Des arrestations de militants accusés de liens avec le MAK ont déjà eu lieu ces dernières années.

En Kabylie : un mouvement visible mais minoritaire

Il est essentiel de rappeler :

  • le MAK ne représente pas la majorité des Kabyles,

  • la Kabylie compte une pluralité de courants : autonomistes modérés, partis historiques, mouvements citoyens (ex-Hirak), apolitiques, etc.,

  • une partie importante de la population rejette la perspective d’indépendance.

Le MAK bénéficie néanmoins :

  • d’une forte visibilité médiatique,

  • d’un soutien actif dans une partie de la diaspora.

Dans la diaspora : mobilisation et polarisation

En France et en Europe :

  • le MAK dispose d’un réseau militant structuré,

  • certains médias communautaires kabyles lui donnent une vitrine,

  • les rassemblements peuvent être importants,

  • mais la communauté kabyle reste divisée sur la question de l’indépendance.

Enjeux et risques : symbole, tensions et instrumentalisation

Un enjeu symbolique central pour l’unité algérienne

Pour Alger :

  • la Kabylie est un pilier historique de la résistance nationale,

  • toute revendication séparatiste touche un nerf politique,

  • le MAK est perçu comme un instrument de défiance envers l’État.

Un outil de pression dans les tensions régionales

Le dossier kabyle apparaît régulièrement dans :

  • les confrontations diplomatiques Algérie–Maroc,

  • les tensions Algérie–France,

  • les débats sur l’ingérence étrangère,

  • certains récits médiatiques autour de la région.

Le risque : une instrumentalisation géopolitique renforçant les tensions.

Impact sociopolitique pour les Algériens et Kabyles ordinaires

Les dangers identifiés par des chercheurs :

  • amalgames entre Kabyles et MAK,

  • suspicion accrue dans l’espace public,

  • tensions dans la diaspora,

  • fractures identitaires alimentées par les réseaux sociaux.

Une partie de la société exprime une fatigue face à ces surenchères symboliques.

FAQ : réponses aux questions les plus recherchées sur le MAK et Ferhat Mhenni

Qui est Ferhat Mehenni ?

Un chanteur kabyle devenu militant politique, aujourd’hui président du Gouvernement provisoire kabyle (Anavad), basé en France.

C’est quoi le MAK ?

Le MAK est le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, fondé en 2001. Il milite aujourd’hui pour l’indépendance de la Kabylie.

Pourquoi l’Algérie classe-t-elle le MAK comme organisation terroriste ?

Selon les autorités algériennes : pour atteinte à l’unité nationale, soupçons de liens étrangers et projets jugés subversifs. Le MAK rejette ces accusations.

Que va annoncer le MAK le 14 décembre 2025 ?

Une déclaration unilatérale d’indépendance de la Kabylie, prévue à Paris. Il s’agit d’un acte symbolique sans reconnaissance internationale à ce stade.

La Kabylie est-elle reconnue comme un État indépendant ?

Non. Aucun pays ni organisation internationale ne reconnaît une Kabylie indépendante.

Le MAK est-il soutenu par le Maroc ?

Officiellement, le Maroc a exprimé en 2021 son soutien au « droit du peuple kabyle à l’autodétermination ». Alger y voit une ingérence. Le MAK nie être instrumentalisé.

Ferhat Mehenni risque-t-il l’extradition ?

Il est sous condamnation en Algérie, mais la France n’a pas donné suite aux demandes algériennes.

Le MAK représente-t-il la majorité des Kabyles ?

Non. Il est minoritaire, même s’il bénéficie d’une forte visibilité dans la diaspora et sur les réseaux.