Décès de l’actrice algérienne Biyouna à 73 ans
- Dzaïr Zoom / 3 mois
- 25 novembre 2025

L’Algérie perd l’une de ses voix les plus singulières. Biyouna, actrice, chanteuse, humoriste et figure majeure du cinéma algérien et franco-algérien, est décédée ce mardi 25 novembre 2025 à Alger, à l’âge de 73 ans, après un long combat contre la maladie. Une disparition qui laisse un vide immense dans le paysage culturel algérien.
Une hospitalisation prolongée et un combat discret contre la maladie
Admise à l’hôpital de Baïnem début novembre, Biyouna avait été transférée quelques jours plus tard au service de pneumologie de Beni Messous, où elle est décédée. Les médias nationaux évoquent une « insuffisance respiratoire aiguë » liée à un cancer du poumon, maladie contre laquelle elle se battait depuis plusieurs années.
Depuis 2016, l’actrice multipliait les périodes de repos forcé et les séjours médicaux, tout en préservant une grande discrétion sur son état de santé. Elle n’apparaissait pratiquement plus en public depuis 2022, ce qui avait alimenté rumeurs et inquiétudes dans la diaspora et parmi les fans du cinéma maghrébin.
Selon des journalistes culturels algériens, Biyouna aurait été consciente mais très affaiblie lors de ses derniers jours. Sa famille a communiqué un message sobre : « Priez pour elle. »
Une information confirmée par plusieurs rédactions culturelles algériennes et françaises.
Une émotion immédiate en Algérie et en France
La disparition de Biyouna provoque une onde de choc dans le pays :
— salles obscures, réalisateurs, humoristes, chanteurs… tous saluent une femme « libre », « courageuse », « incandescente ».
— les hommages se multiplient dans les médias et sur les réseaux sociaux.
— plusieurs municipalités d’Alger et d’Oran envisagent déjà d’organiser un hommage public.
En France, où elle avait également construit une partie de sa carrière, de nombreuses personnalités de la scène audiovisuelle expriment leur tristesse. Pour beaucoup, elle représentait la passerelle culturelle entre l’Algérie et la France, un visage familier du métissage artistique.
Pourquoi sa disparition compte autant
Parce que Biyouna symbolisait une forme rare d’art populaire algérien :
une liberté totale de ton,
une capacité à jouer la comédie, le drame et même le cabaret,
une présence scénique unique, héritée du théâtre algérois,
un accent, un humour et une sensibilité qui faisaient d’elle une artiste inclassable.
Elle appartenait à cette génération d’artistes — comme Rouiched, Fellag, Merzak Allouache — qui ont accompagné l’entrée du cinéma algérien dans les grandes coproductions internationales.
Qui était Biyouna ?
Des débuts à Belcourt
Née Baya Bouzar le 13 septembre 1952 dans le quartier populaire de Belcourt (Alger), Biyouna grandit dans un environnement où se croisent musiciens de rue, conteurs, cafés chantants et troupe de théâtre amateur.
À 17 ans, elle débute dans les cabarets algérois. Peu à peu, elle s’impose comme danseuse, chanteuse puis comédienne.
Sa voix, reconnaissable entre mille, et son franc-parler deviennent sa signature.
Télévision, cinéma et scène : un parcours multiple
Biyouna a connu le succès en Algérie grâce à la télévision :
séries humoristiques,
sitcoms à succès,
participation à des spectacles musicaux.
Elle s’exporte ensuite vers le cinéma français, où des réalisateurs lui offrent des rôles de mères, de femmes combatives, parfois désabusées mais toujours d’une intensité rare.
Filmographie
Films marquants dans lesquels elle a brillé :
Le Harem de Madame Osmane (1999)
Viva Laldjérie (2004) — rôle emblématique, salué en festivals
Il reste du jambon ? (2010)
Les Trois Frères : Le Retour (2014)
Neuilly sa mère, sa mère ! (2018)
Le Flic de Belleville (2018)
Elle a aussi prêté sa voix et sa sensibilité à plusieurs projets musicaux et comédies musicales.
Héritage : une artiste comme il n’en existe plus
Biyouna, c’était :
une femme qui n’avait peur de rien,
une figure féminine très forte du cinéma algérien,
une artiste aimée par plusieurs générations,
un pont culturel pour la diaspora,
un visage familier de la culture algérienne contemporaine.
Sa mort laisse un vide artistique mais aussi symbolique : celui d’une Algérie populaire, drôle, tendre, libre, qui parle au cœur plus qu’à la raison.
FAQ — Biyouna
Quel est le véritable nom de Biyouna ?
Son vrai nom est Baya Bouzar. Elle a choisi le nom de scène « Biyouna » au début de sa carrière dans les années 1970, lorsqu’elle se produisait dans les cabarets d’Alger.
De quoi Biyouna est-elle décédée ?
Elle est décédée des suites d’un cancer du poumon, maladie contre laquelle elle se battait depuis plusieurs années. Sa santé s’était fortement dégradée début novembre 2025 à cause d’une insuffisance respiratoire sévère. Elle a été transférée en unité de soins intensifs avant de s’éteindre le 25 novembre.
Biyouna était-elle encore active professionnellement ?
Depuis 2022, elle apparaissait beaucoup moins en public en raison de sa maladie. Ses dernières participations au cinéma datent de 2018. Elle continuait cependant d’être sollicitée pour des projets, sans pouvoir y participer.
Pourquoi était-elle si importante dans le cinéma algérien ?
Parce qu’elle représentait une génération d’artistes algérois ayant réussi à imposer un style singulier : populaire mais profond, drôle mais poignant. Sa capacité à passer du registre comique au drame en faisait une figure incontournable du cinéma algérien moderne.
Quel était son rôle le plus connu ?
Son rôle dans Viva Laldjérie (2004) est considéré comme son rôle le plus marquant : une mère courage, libre, énergique, symbole d’une Algérie en mutation.







































































































































































































































































































































































































































































































































































































