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L’Algérino : Le chanteur franco-algérien qui fait danser les deux rives de la Méditerranée

Il est l’un des rares rappeurs français à avoir traversé deux décennies sans prendre une ride. Samir Djoghlal, alias L’Algérino, est bien plus qu’un faiseur de tubes de l’été. Découvert par Akhenaton, formé à l’école exigeante du rap marseillais, il a su réinventer son art pour devenir l’icône d’une pop urbaine joyeuse et fédératrice. Avec des milliards de vues au compteur et une popularité qui dépasse les frontières (du Maghreb à l’Amérique du Sud), retour sur le parcours d’un artiste qui a toujours gardé le sourire : le « Prince de la Ville ».

Quand on évoque Marseille, on pense au Vieux-Port, à l’OM, à la Bonne Mère… et à L’Algérino. Depuis plus de 20 ans, sa voix accompagne les étés de millions de jeunes, en France comme en Algérie.

Mais réduire L’Algérino à ses hits dansants comme « Les Menottes » ou « Va Bene » serait oublier d’où il vient. C’est un technicien du rap, un auteur qui a connu la rudesse des Quartiers Nord et qui a choisi la lumière plutôt que l’ombre. Comment ce fils d’immigrés chaouis est-il devenu l’artiste le plus écouté dans les mariages comme dans les voitures ? Voici l’histoire de Samir, l’homme qui a jeté un pont musical entre Marseille et Alger.

Fiche Signalétique : L'Algérino
Nom réelSamir Djoghlal
Naissance2 mai 1981 à Marseille
OrigineKhenchela (Chaouia), Algérie
Premier Label361 Records (Akhenaton)
Style MusicalRap, Pop Urbaine, Rai'n'B
Hits majeursLes Menottes, Va Bene, Sur la tête de ma mère
Signe distinctifLe sourire, les lunettes et la longévité

Chapitre 1 : Khenchela dans le cœur, la Savine dans les veines

Pour comprendre L’Algérino, il faut regarder sa carte d’identité et son arbre généalogique. Né le 2 mai 1981 à Marseille, Samir Djoghlal grandit dans le quartier de la Savine (15ème arrondissement), l’une des cités les plus difficiles des Quartiers Nord. Mais son identité se forge aussi de l’autre côté de la mer : ses parents sont originaires de Khenchela, dans les Aurès. Il revendique fièrement ses racines Chaouias (berbères), une culture de guerriers et de poètes qui influencera sa détermination.

L’école de la rue et le Bac S

Loin des clichés du décrocheur scolaire, Samir est un élève brillant. Il obtient son Bac S (Scientifique) et entame des études supérieures. Cependant, la passion de la musique est trop forte. Il commence à rapper très jeune, inspiré par l’effervescence de la scène marseillaise des années 90 (IAM, Fonky Family). À ses débuts, son style est sombre, technique, très « rue ». Il raconte le quotidien de la Savine, l’exclusion et les rêves d’évasion.

Chapitre 2 : La validation des parrains (L’ère 361 Records)

Le destin de Samir bascule lorsqu’une cassette démo atterrit entre les mains d’un certain Philippe Fragione, alias Akhenaton, le leader du groupe mythique IAM. Séduit par le flow et la plume du jeune Samir, Akhenaton le signe sur son label légendaire, 361 Records.

« Les derniers seront les premiers »

En 2005, L’Algérino sort son premier album : « Les derniers seront les premiers ». C’est un succès d’estime monumental. L’album est considéré aujourd’hui comme un classique du rap marseillais. On y découvre un rappeur technique, capable de kicker sur des productions boom-bap. Il assure les premières parties d’IAM, apprenant le métier de la scène dans les plus grandes salles de France (Zénith, Dôme de Marseille). C’est cette « certification » par les anciens qui lui donne une crédibilité éternelle : L’Algérino n’est pas un produit marketing, c’est un rappeur validé par les architectes du Hip-Hop français.

Chapitre 3 : L’indépendance et le virage « Solaire »

Vers la fin des années 2000, le rap français change, et L’Algérino aussi. Il quitte le giron de 361 Records pour voler de ses propres ailes. C’est le début de sa métamorphose.

L’invention d’un style

Samir comprend que le rap sombre a ses limites. Il veut une musique qui ressemble à Marseille : ensoleillée, métissée, ouverte sur la Méditerranée. Il commence à intégrer des sonorités Raï, R’n’B et Pop dans ses morceaux. Certains puristes crient à la trahison, mais le public suit massivement. Avec l’album « Effet Miroir » (2010) et surtout le tube « Sur la tête de ma mère », il explose les charts. Il devient le chanteur des familles, celui qu’on peut écouter de 7 à 77 ans sans rougir.

L’Homme au Bandana

C’est aussi à cette époque qu’il peaufine son image. Lunettes de soleil, sourire éclatant, tenues soignées : L’Algérino apporte une élégance et une positivité rare dans le milieu urbain. Il refuse la glorification de la violence pour prôner la réussite et la fête.

Chapitre 4 : Le phénomène « Les Menottes » et le règne sur YouTube

Si sa carrière est déjà solide, l’année 2017 le propulse dans une autre dimension, celle des superstars internationales.

Le milliard de vues

Il sort le titre « Les Menottes (Tching Tchang Tchong) ». Le morceau est une déferlante. Le rythme imparable et le clip tourné comme un film d’action séduisent la planète entière.

  • Le chiffre fou : La vidéo dépasse les 700 millions de vues sur YouTube, un record absolu pour un rappeur français à l’époque.

  • Le titre est joué partout, des Pays-Bas à l’Algérie, en passant par le Mexique. L’Algérino devient l’un des artistes francophones les plus « bankables » à l’étranger.

Le cinéma et Taxi 5

En 2018, Luc Besson et Franck Gastambide lui confient la bande originale du film Taxi 5. Le titre phare, « Va Bene », devient instantanément un tube. Il prouve une fois de plus sa capacité à créer des mélodies qui restent en tête (« hits de stade »).

Chapitre 5 : L’Algérie au cœur

S’il est marseillais, Samir n’a jamais coupé le cordon avec l’Algérie. Contrairement à d’autres qui n’y vont que pour les vacances, lui y investit et y tourne ses clips.

« Algérie Mi Amor »

L’Algérino est vénéré en Algérie. Chacun de ses concerts là-bas est une émeute (au sens positif). Il est perçu comme « l’enfant du pays » qui a réussi sans renier ses origines. Son titre « Algérie Mi Amor » (2020) est devenu un hymne officieux, célébrant la beauté du pays et la fierté nationale. Durant les étés, de Oran à Annaba, sa voix résonne dans tous les cortèges de mariage.

Il incarne cette « Double Culture » heureuse. En mélangeant pop, rap et influences orientales, il a agi comme un véritable précurseur. Il a balisé le terrain et ouvert la voie à l’explosion internationale d’autres artistes franco-algériens, comme Soolking quelques années plus tard. L’Algérino a prouvé avant tout le monde que cette recette pouvait séduire la planète entière.

Analyse : Le secret de sa longévité

Comment expliquer qu’après 20 ans, il soit toujours au top ?

  1. L’adaptabilité : Il a su passer du rap old-school à la pop urbaine, puis à l’afro-beat sans jamais paraître ringard.

  2. La positivité : Dans un monde anxiogène, sa musique est une échappatoire. Il vend de la bonne humeur (« Good Vibes Only »).

  3. La proximité : Samir est resté humble. Il est très proche de son public sur les réseaux sociaux, partageant son quotidien de père de famille et de musicien passionné.

Conclusion : Le Tonton du Rap Français

À plus de 40 ans, L’Algérino a acquis un statut particulier : celui de grand frère, ou de « Tonton » bienveillant du rap français. Respecté par la nouvelle génération (qui rêve de faire un featuring avec lui comme Jul ou SCH), adoré par le public, il continue de tracer sa route.

De la Savine aux palaces de Dubaï, Samir Djoghlal a prouvé qu’avec du travail (« Khedma ») et du respect, « les derniers seront les premiers ». Et pour L’Algérino, la première place semble acquise pour longtemps.

FAQ : Tout savoir sur L’Algérino

Quel est le vrai nom de L’Algérino ?

L’Algérino s’appelle Samir Djoghlal. Il est né à Marseille de parents algériens.

De quelle origine est L’Algérino ?

Il est d’origine algérienne, plus précisément de la région de Khenchela dans les Aurès. Il est issu de l’ethnie Chaouia (Berbère).

Quel âge a L’Algérino ?

Né le 2 mai 1981, L’Algérino a aujourd’hui plus de 40 ans, ce qui témoigne d’une longévité exceptionnelle dans le milieu du rap où les carrières sont souvent courtes.

Quel est son plus gros succès ?

Son titre le plus célèbre est sans conteste « Les Menottes (Tching Tchang Tchong) », sorti en 2017, qui cumule plus de 700 millions de vues sur YouTube. Le titre « Va Bene » (BO de Taxi 5) est également un immense succès commercial.

L’Algérino est-il marié ?

Oui, L’Algérino est marié et père de famille. Cependant, il protège farouchement sa vie privée et n’expose jamais sa femme ou ses enfants sur les réseaux sociaux.