Art contemporain algérien : 20 artistes actuels
- Dzaïr Zoom / 3 mois
- 20 novembre 2025

L’art contemporain algérien connaît un moment singulier : internationalisation des artistes, émergence de nouvelles galeries, retour des résidences, regain d’intérêt des jeunes créateurs. Entre mémoire, territoire, politique, identités et expérimentations formelles, cette scène multiple échappe aux clichés. Voici 20 artistes qui, chacun à sa manière, dessinent le visage actuel de l’art contemporain algérien et de la scène artistique algérienne.
Une scène en mouvement : héritages et nouvelles écritures
L’art contemporain en Algérie ne part pas de zéro : il prolonge des héritages majeurs (Khadda, Mesli, Issiakhem) tout en assumant une rupture formelle et conceptuelle. Les artistes actuels travaillent avec la peinture, la vidéo, l’installation, la photo documentaire, la performance ou encore les archives personnelles. Beaucoup sont passés par des écoles d’art algériennes avant d’intégrer des résidences en Europe, au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. Certains vivent en Algérie, d’autres appartiennent à une diaspora active qui nourrit un dialogue constant entre les scènes locales et internationales.
1) Adel Abdessemed – Provocation maîtrisée
Artiste majeur de la scène mondiale, Adel Abdessemed travaille entre installation, sculpture, performance et vidéo. Son œuvre interroge violence, pouvoir, domination, religion et représentations médiatiques. Présent dans les musées internationaux, il reste l’une des figures centrales de l’art contemporain algérien.
2) Rachid Koraïchi – L’art des signes et de la mémoire
Entre calligraphie, symbolisme soufi et installation monumentale, Rachid Koraïchi explore la mémoire, le langage et la spiritualité. Ses œuvres circulent dans les plus grands musées, et sa nécropole “Jardin d’Afrique” en Tunisie est une réalisation humaniste majeure.
3) Amina Zoubir – Corps, espace, urbanité
Artiste vidéo et performeuse, Amina Zoubir interroge les limites imposées au corps féminin dans l’espace public algérien. Ses interventions dans les rues d’Alger analysent les rapports de pouvoir, les normes sociales et la visibilité des femmes dans la ville.
4) Massinissa Selmani – Dessin et ambiguïtés du réel
Prix spécial du jury au Festival de Hyères et Lion d’argent à Venise (2015), Selmani déploie un univers épuré, fait de dessins minimalistes où le réel dérape subtilement. Il utilise l’humour, le décalage, l’inachèvement pour raconter un monde en tension.
5) Mahdi Djelal – Cartographies sensibles
Ses œuvres questionnent le territoire, l’architecture et les espaces de vie des villes algériennes. Ses installations et dessins proposent une lecture sensible des transformations urbaines.
6) Aïcha Hamu – Vibrations de la matière
Peintre et plasticienne, elle explore les motifs organiques, les textures et la couleur comme énergie. Ses toiles abstraites mêlent geste spontané et maîtrise technique.
7) Sadek Rahim – Lignes, signes, humanisme
Originaire d’Oran, Sadek Rahim travaille souvent sur la migration, l’exil, les frontières. Son œuvre oscille entre installations lumineuses, dessins et vidéos, toujours avec une grande sobriété plastique.
8) Yasmina Bouziane – Identités multiples
Photographe et artiste visuelle, elle explore le corps, l’image sociale, la représentation des femmes, et les héritages familiaux dans les sociétés nord-africaines.
9) Zineb Sedira – Archives, mer et mémoire
Très présente sur la scène internationale, Sedira travaille sur les mémoires méditerranéennes, l’histoire coloniale, la migration et les archives personnelles. Son univers mêle photo, vidéo et installation.
10) Halida Boughriet – Performances et tensions politiques
Artiste franco-algérienne, elle interroge les rapports d’autorité, la violence institutionnelle et les corps exposés. Sa démarche, souvent engagée, brouille les frontières entre documentaire et performance.
11) Lydia Ourahmane – Le sensible et l’invisible
Figure montante de la scène internationale, Lydia Ourahmane interroge surveillance, spiritualité, migrations et transmissions invisibles. Ses installations utilisent objets réels, archives, sons et espaces eux-mêmes.
12) Aïssatou Bah – Peinture et abstraction identitaire
Ses compositions mêlent motifs textiles, gestes répétitifs et palette vive. Elle interroge l’identité culturelle, l’artisanat et le féminin.
13) Aïssa Ikhlef – Géométrie et mémoire berbère
Artiste entre tradition et modernité, il revisite la géométrie amazighe, les motifs de tapis, la symbolique des couleurs, en y intégrant une dimension conceptuelle.
14) Abdo Shanan – Photographie documentaire intime
Photographe parmi les plus remarqués de sa génération, il développe un travail sur l’identité, l’errance, les appartenances et les non-dits. Sa série “Dry” est un repère de la photographie algérienne contemporaine.
15) Nadja Makhlouf – Mémoire des femmes
Photojournaliste et artiste, elle explore les trajectoires des femmes algériennes entre héritages, résistances et invisibilisation sociale. Son regard est à la fois intime et politique.
16) Ferhat Bouda – L’Algérie amazighe en images
Membre de l’agence Vu’, il documente depuis des années les communautés amazighes d’Afrique du Nord. Son style allie empathie, rigueur documentaire et approche humaniste.
17) Mohamed Bourouissa – Art et quartiers populaires
Installations, photos, vidéos : Bourouissa travaille sur les marges, les espaces périphériques, la représentation sociale et la mise en scène du quotidien. Il est l’une des voix algériennes les plus visibles mondialement.
18) Meriem Bennani – Réalité augmentée et satire sociale
Artiste vidéo, elle mêle humour, effets numériques, réseaux sociaux et cultures maghrébines pour parler d’identité, migration, famille et hypermodernité.
19) Yasmine Benabderrahmane – Vidéo, récit, poésie visuelle
Ses œuvres explorent le temps, les rituels, le paysage et les traces du passé. Une écriture visuelle délicate, toujours en tension entre réel et imaginaire.
20) Noureddine Ferhat – Performances et engagement
Artiste engagé, il utilise le corps, la parole et l’espace public pour traiter des frontières sociales, politiques et psychologiques. Ses performances interrogent la société algérienne actuelle.
Ce que raconte cette nouvelle scène artistique algérienne
Ces 20 artistes ne forment pas un mouvement homogène. Leur force réside dans la diversité : certains viennent de la peinture, d’autres de l’installation ou de la vidéo. Certains vivent en Algérie, d’autres naviguent entre Alger, Paris, Londres, Berlin ou Tunis. Mais tous participent à une dynamique nouvelle :
- le retour des récits intimes,
- la montée du documentaire et des archives personnelles,
- l’usage constant de la vidéo et du numérique,
- la réactivation du patrimoine (textiles, miniatures, calligraphies),
- la confrontation entre identités algériennes et mondes globalisés.
L’art contemporain algérien se construit ainsi entre fidélité au territoire et ouverture au monde. Il interroge ce que signifie être Algérien en 2026, dans un pays traversé par des tensions sociales, des aspirations démocratiques, un rapport complexe à la mémoire et un désir croissant d’expression individuelle.
Où voir ces artistes ? Lieux, galeries, musées
Musées et institutions
– Musée des Beaux-Arts d’Alger : la collection historique et quelques expositions contemporaines.
– Bastion 23 (Alger) : lieu d’expositions majeures.
– Palais de la culture Moufdi Zakaria (Alger).
– Centres culturels régionaux (Oran, Constantine, Annaba, Béjaïa).
Galeries privées et espaces indépendants
Le paysage en Algérie reste modeste mais actif : – galeries à Alger et Oran, – espaces alternatifs montés par des collectifs, – expositions éphémères, – résidences artistiques ponctuelles.
Scène internationale
Beaucoup d’artistes algériens exposent : – en Europe (Berlin, Paris, Marseille), – au Moyen-Orient (Doha, Sharjah), – en Afrique (Tunis, Dakar, Johannesburg). La diaspora joue un rôle essentiel dans la visibilité mondiale de la scène algérienne.
FAQ – Art contemporain algérien
Qu’est-ce qui caractérise l’art contemporain algérien ?
Un mélange de mémoire, d’engagement, de photographie documentaire, d’installations conceptuelles et d’influences globales. L’héritage de Khadda, Mesli et Racim continue de nourrir les formes actuelles.
Les artistes algériens sont-ils reconnus à l’international ?
Oui : plusieurs exposent aux biennales, dans des musées internationaux et dans de grandes galeries. La diaspora joue un rôle moteur.
Peut-on voir ces œuvres en Algérie ?
Dans les musées, galeries privées, festivals, mais l’offre reste irrégulière. Certaines œuvres circulent en ligne via les sites des artistes.
Quels sont les médiums dominants ?
Vidéo, photographie, installation et dessin. La peinture reste présente, mais souvent réinterprétée.
Comment suivre la scène contemporaine algérienne ?
Via les musées nationaux, les galeries privées, les festivals régionaux, ainsi que les comptes des artistes sur les réseaux professionnels.







































































































































































































































































































































































































































































































































































































