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Soolking : Biographie, Origine et l’Histoire d’un Succès Mondial

Biographie, histoire, origine et parcours de Soolking, chanteur algérien

Il a été batteur dans un groupe de rock, danseur de rue, et sans-papiers dormant dans les gares parisiennes. Aujourd’hui, il cumule des milliards de vues et collabore avec les plus grandes stars planétaires. Abderraouf Derradji, alias Soolking, incarne le « Rêve Algérien » par excellence. Mais derrière les disques de diamant et les mélodies entêtantes de « Guérilla » ou « Suavemente », se cache un artiste complexe, hanté par ses racines et animé par une résilience à toute épreuve. Découvrez l’histoire vraie d’un survivant devenu l’ambassadeur de la musique algérienne dans le monde.

Des ruelles de Baïnem aux sommets des charts européens, le parcours de Soolking tient du scénario de film. En l’espace de quelques années, il est passé de l’anonymat le plus total au statut de superstar internationale, réussissant là où beaucoup ont échoué : moderniser l’héritage musical algérien pour le rendre universel.

Mais réduire Soolking à ses tubes d’été serait une erreur. C’est un musicien accompli, un « digger » de vinyles et un lyriciste qui a connu la faim et le froid avant de connaître la gloire. Cet article retrace, étape par étape, la métamorphose d’Abderraouf en Soolking, en explorant ses influences, ses triomphes, mais aussi les drames qui ont jalonné son ascension.

Fiche Signalétique : Soolking
Nom réelAbderraouf Derradji
Date de naissance10 décembre 1989
Lieu d'origineEl Hammamet (Baïnem), Alger
Ancien GroupeAfrica Jungle
Albums cultesFruit du Démon, Vintage, Sans Visa
Titres légendairesGuérilla, Dalida, Zemër, Suavemente
Signe particulierAncien danseur et batteur de rock

Soolking : De la rue à la gloire, l’incroyable odyssée du Prince du Raï moderne

Chapitre 1 : Les racines d’un artiste total (Alger, années 90-2000)

Pour comprendre la musique de Soolking, il faut revenir à la source : Alger. Né le 10 décembre 1989 à El Hammamet (anciennement Baïnem), Abderraouf Derradji grandit dans une Algérie encore marquée par la Décennie Noire. Pourtant, c’est la musique qui rythme son quotidien.

Un père batteur, un fils rockeur

Contrairement à l’image « rap » qu’on lui colle souvent, la première école de Soolking n’est ni le Hip-Hop, ni le Raï, mais le Rock. Fils d’un père batteur, il baigne très tôt dans un univers instrumental. Il intègre le groupe Africa Jungle, une formation locale qui mélange rap et influences rock. À cette époque, il ne chante pas encore comme aujourd’hui. Il rappe, il crie, et surtout, il joue de la batterie. Cette formation rythmique est cruciale : elle explique pourquoi, des années plus tard, Soolking aura ce sens du « flow » et de la mesure si particulier.

La danse comme premier langage

Avant d’être une voix, Soolking était un corps. Passionné de breakdance et de hip-hop, il se fait d’abord un nom dans le milieu de la danse algérois. Il intègre des troupes, participe à des compétitions et développe une présence scénique athlétique. Cette période « danse » n’est pas anecdotique : elle lui apprendra à occuper l’espace, à interagir avec un public et à concevoir sa musique comme quelque chose qui doit faire bouger les corps. Quand on le voit aujourd’hui sur scène, ses mouvements fluides sont l’héritage direct de ses années de b-boy à Alger.

Chapitre 2 : L’exil, la galère et la persévérance

L’histoire de Soolking est aussi celle de l’immigration. Comme des milliers de jeunes Algériens, il tente l’aventure outre-mer. Une première fois en 2008, puis un retour en Algérie, avant de repartir définitivement pour la France en 2014.

La vie de « Sans-Papiers »

Les débuts en France sont brutaux. Loin des paillettes, Abderraouf découvre la réalité froide de la vie de sans-papiers. Il dort où il peut, enchaîne les petits boulots au noir (manutention, chantiers) pour survivre. Cette période de précarité extrême va nourrir ses textes. La mélancolie qui transpire de sa voix (« La voix de la souffrance » comme l’appellent certains fans) n’est pas feinte. Elle est le fruit de ces nuits d’incertitude. Il dira plus tard : « Je n’ai pas appris la musique dans les conservatoires, je l’ai apprise en regardant les gens souffrir et en souffrant moi-même. »

Le déclic « Affranchis Music »

Musicalement, il ne lâche rien. Il continue de rapper sous le nom de MC Sool. Il tente des choses, cherche son style. C’est sa rencontre avec un autre monstre sacré du rap franco-algérien qui va tout changer : Sofiane Zermani (Fianso). Fianso, qui est en train de monter son empire (l’émission Rentre dans le Cercle et le label Affranchis Music), repère ce talent brut. Il voit en Soolking quelque chose d’unique : une capacité à mélanger le rap technique avec des mélodies orientales envoûtantes. Il le signe sur son label. La machine est lancée.

Chapitre 3 : L’explosion « Guérilla » et la consécration

Si l’on devait retenir une date dans la carrière de Soolking, ce serait ce soir de janvier 2018, dans les studios de la radio Skyrock, lors de l’émission Planète Rap dédiée à Fianso.

Le Freestyle qui a cassé Internet

Soolking prend le micro pour un freestyle inédit. Pas d’autotune agressif, juste une prod simple et sa voix. Il entonne « Guérilla ». Les paroles résonnent comme un hymne pour toute une génération sacrifiée : « Maman j’ai mal, je ne veux pas que tu aies du mal à cause de moi… ». La vidéo devient virale en quelques heures. Elle fait le tour du monde (Algérie, Maroc, France, mais aussi Brésil, Turquie, Russie). En quelques jours, Soolking passe d’artiste prometteur à phénomène mondial. Ce titre, qui n’était même pas prévu pour être un single, devient disque de diamant sans aucune promotion marketing traditionnelle. C’est la victoire de l’authenticité.

L’album « Fruit du Démon » et l’hommage à Dalida

Surfer sur un buzz est facile, durer est un art. Soolking confirme son essai avec son premier album solo, « Fruit du Démon » (2018). Il y dévoile sa recette magique : le sampling vintage. Il reprend le refrain de Paroles, Paroles de Dalida pour en faire un tube moderne. Le morceau « Dalida » explose les compteurs et lui ouvre les portes des radios généralistes. Il prouve qu’on peut être un rappeur issu de l’immigration et rendre hommage à la chanson française classique tout en y injectant de la « sauce algérienne ».

Chapitre 4 : La Tragédie du 22 août 2019

Aucune biographie honnête de Soolking ne peut faire l’impasse sur le drame qui a marqué sa carrière et sa chair.

Alors qu’il est au sommet de sa gloire, Soolking organise un concert événement à Alger, au Stade du 20-Août-1955, le 22 août 2019. C’est son grand retour au pays, la fête promet d’être historique. Mais l’organisation est défaillante face à la marée humaine. Une bousculade effroyable se produit aux entrées. Le bilan est terrible : cinq morts et des dizaines de blessés. Soolking, qui n’est informé de l’ampleur du drame qu’après le concert (pour éviter un mouvement de panique supplémentaire à l’intérieur), est dévasté. Cet événement marquera une rupture. Il se fera plus discret pendant des mois, reversant une partie de ses revenus aux familles des victimes. Cette cicatrice reste visible dans sa retenue et son respect immense pour son public algérien.

Chapitre 5 : « Vintage » et la conquête internationale

Après le deuil et le silence, Soolking choisit la vie et la musique comme réponse. Son deuxième album, « Vintage » (2020), est celui de la maturité.

Le roi de la mélodie

Soolking s’éloigne du rap pur pour assumer son statut de chanteur Pop/Raï international. Il collabore avec :

  • Cheb Mami (« Ça fait des années ») : Un passage de flambeau symbolique entre le Prince du Raï des années 90 et le nouveau Prince.

  • Dadju, Heuss L’Enfoiré, Gambi : Il enchaîne les tubes.

  • Dhurata Dora : Avec le titre « Zemër », il conquiert les Balkans et l’Europe de l’Est. Le clip dépasse les centaines de millions de vues.

Suavemente : Le hold-up de l’été 2022

En 2022, il récidive avec la technique du sample. Il s’attaque au monument du merengue d’Elvis Crespo : « Suavemente ». Le pari est risqué, mais le résultat est implacable. Le titre devient le tube de l’été en France et en Italie. Soolking prouve qu’il est capable de faire danser l’Europe entière, des campings du sud de la France aux boîtes de nuit d’Ibiza. Son album « Sans Visa » enfonce le clou.

En 2023 et 2024, avec des titres comme « Casanova » (feat Gazo), il montre qu’il sait aussi s’adapter à la nouvelle vague de la Drill et de la musique urbaine française, tout en gardant sa signature vocale unique.

Analyse de style : Pourquoi lui ?

Qu’est-ce qui rend Soolking unique dans le paysage saturé de la musique urbaine ?

  1. La voix : Il possède un timbre éraillé, capable de monter dans les aigus (influences Raï) et de descendre dans des tonalités Soul. Il n’a pas besoin de beaucoup d’autotune pour transmettre de l’émotion.

  2. Le mélange des genres (Crossover) : Il est l’un des rares à mélanger Reggaeton, Raï, Chanson française et Hip-Hop. Il a créé un genre hybride que certains appellent la « Pop Urbaine Algérienne ».

  3. L’écriture imagée : Ses textes sont remplis de références à la vie des immigrés (« La chrysalide », « Luna »), à l’amour impossible et à la liberté. Il parle la langue de la diaspora.

Conclusion : L’ambassadeur d’une culture décomplexée

Soolking est bien plus qu’un chanteur à succès. Il est le symbole d’une réussite algérienne qui ne s’excuse pas. En amenant la « Darja » (dialecte algérien) sur les plus grandes scènes du monde et en collaborant avec des artistes américains ou européens, il fait rayonner le « Soft Power » algérien.

De l’enfant de Baïnem qui tapait sur des batteries de fortune au millionnaire qui remplit les Zéniths, Abderraouf Derradji n’a jamais oublié d’où il venait. Comme il le dit souvent : « C’est pas la victoire qui est belle, c’est le chemin ». Et le chemin de Soolking est loin d’être terminé.

FAQ : Les questions les plus posées sur le chanteur algérien Soolking

Quel est le vrai nom de Soolking ?

Soolking s’appelle à l’état civil Abderraouf Derradji. Avant de devenir Soolking, il utilisait le nom de scène MC Sool lorsqu’il évoluait au sein du groupe Africa Jungle.

D’où vient le pseudo « Soolking » ?

Le nom est une référence directe au manga One Piece, dont il est un grand fan. Il s’inspire du personnage de Brook, le squelette musicien, aussi appelé « Soul King ». Le terme « Soul » (l’âme) fait aussi référence à ses influences musicales (Jazz, Soul) et à son timbre de voix mélancolique.

Soolking est-il en couple ou marié ?

C’est l’une des questions les plus recherchées sur Google. Soolking est extrêmement discret sur sa vie privée. Il a confirmé lors d’interviews être marié, mais il met un point d’honneur à ne jamais exposer son épouse ou sa famille sur les réseaux sociaux pour les préserver de la célébrité.

Que s’est-il passé lors du concert de Soolking à Alger en 2019 ?

Le 22 août 2019, lors d’un concert au stade du 20-Août-1955, une bousculade tragique aux entrées du stade a causé la mort de cinq jeunes spectateurs. Soolking, qui n’a été informé qu’après le show, s’est dit « dévasté ». Il a observé une longue période de silence médiatique et de deuil après cet événement.

Où habite Soolking aujourd’hui ?

Bien qu’il voyage constamment pour ses tournées internationales, Soolking est installé en France depuis 2014, où il développe sa carrière. Il garde cependant un lien viscéral avec l’Algérie et s’y rend régulièrement.

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