CAN 2025 : l’Algérie dévoile une liste élargie totalement inédite
- Dzaïr Zoom / 2 mois
- 14 décembre 2025

À quelques jours du coup d’envoi de la CAN 2025, la Fédération algérienne de football a validé une liste élargie qui ne ressemble à aucune autre. Entre profils d’expérience, choix inattendus et projection assumée vers le Mondial 2026, le staff de Vladimir Petković a fait le pari d’un groupe élargi, conçu pour gérer à la fois l’urgence du présent et les ambitions de l’été prochain.

À mesure que la CAN 2025 approche, une constante se confirme : l’équipe d’Algérie n’a jamais aimé faire comme les autres. Dans l’histoire récente comme dans les grandes périodes de rupture, les Verts ont souvent surpris, parfois dérangé, mais rarement laissé indifférent.
Cette fois encore, le sélectionneur Vladimir Petković a choisi d’ouvrir le champ des possibles. Loin des listes figées et des certitudes rassurantes, le staff technique a validé une liste élargie volontairement atypique, mêlant profils rompus au très haut niveau, joueurs à forte personnalité et trajectoires singulières. Une démarche assumée, pensée pour répondre aux exigences immédiates de la CAN 2025, mais aussi pour préparer, dès maintenant, les échéances du Mondial 2026.
Dans l’ombre de ce travail, un nom revient avec insistance : Rabah Saâdane. L’ancien sélectionneur, fin connaisseur des dynamiques propres au football algérien, aurait apporté un regard complémentaire, fait de mémoire, de transmission et de sens du contexte. Ensemble, Petković et son entourage ont construit un projet qui dépasse le simple cadre d’une compétition continentale.
Un projet discret, préparé loin du bruit, notamment à travers un stage intensif organisé en Algérie, dans des conditions particulières. Un choix qui, aujourd’hui encore, alimente interrogations, curiosité… et débats.
La liste complète des joueurs convoqués, révélée par postes, confirme une chose : l’Algérie s’apprête à aborder la CAN 2025 avec une approche que peu avaient anticipée.

Depuis plusieurs semaines, des signaux faibles circulaient. Des rumeurs de stages “hors normes”, des allusions à des profils atypiques, et surtout une discrétion inhabituelle autour des choix du sélectionneur national. Ce que personne n’avait anticipé, en revanche, c’est l’ampleur de la surprise.
Validée en interne après plusieurs réunions techniques, la liste élargie de l’équipe d’Algérie destinée à préparer la CAN 2025 marque une rupture assumée avec les pratiques habituelles. L’idée centrale : élargir le spectre de l’expérience, renforcer le leadership du groupe et injecter une dose de vécu international rarement observée dans une sélection africaine.
Un projet atypique, porté par Vladimir Petković, et appuyé par un homme qui connaît mieux que quiconque les ressorts du football algérien : Rabah Saâdane.
La genèse d’un projet hors cadre

Selon plusieurs sources concordantes, l’idée d’une liste élargie aussi atypique n’est pas née d’un coup d’éclat, mais d’un processus lent, presque silencieux. À l’automne, alors que les premières projections sur la CAN 2025 se dessinaient, Vladimir Petković a multiplié les échanges informels avec différents profils du football algérien. Des techniciens, d’anciens internationaux, mais aussi des figures historiques, souvent éloignées des projecteurs.
Parmi elles, un nom revient avec insistance : Rabah Saâdane.
L’ancien sélectionneur n’a jamais officiellement réintégré l’organigramme de la Fédération algérienne de football. Son rôle, selon nos informations, a été officieux, presque consultatif. Quelques discussions, des analyses partagées, et surtout une lecture du contexte que peu maîtrisent aussi bien que lui.
Un proche du dossier résume ainsi l’approche :
« Saâdane n’a pas parlé de tactique en premier. Il a parlé d’identité, de pression, et de ce que signifie vraiment porter le maillot en période de compétition. »
Dans un football africain de plus en plus exposé médiatiquement, Petković aurait été sensible à cette approche. L’idée n’était pas de provoquer, encore moins de choquer, mais d’élargir la réflexion. Explorer d’autres leviers que la seule forme du moment. Intégrer le vécu, le leadership, la gestion des temps faibles. Des notions souvent évoquées, rarement poussées aussi loin.
Peu à peu, un projet a pris forme. Discret. Structuré. Validé en interne. Et surtout, préparé loin des regards.
Un stage préparatoire loin du bruit

C’est dans ce contexte qu’a été organisé, début décembre, un stage de préparation hors normes, tenu volontairement à l’écart des circuits habituels. Pas de Sidi Moussa cette fois, ni d’hôtel internationalisé. Le staff a opté pour un environnement radicalement différent : les montagnes du Djurdjura.
Le choix n’est pas anodin. Région de caractère, altitude exigeante, climat hivernal, et surtout un isolement propice à la concentration. Plusieurs sites auraient été utilisés, entre Tikjda et les hauteurs d’Akfadou, avec des séances alternant travail physique, récupération et mise en place tactique.
Un membre du staff technique explique :
« L’objectif n’était pas de faire du volume. Il s’agissait de recréer des automatismes, de remettre les corps dans un rythme naturel, et surtout de souder un groupe. »
La préparation ne s’est pas limitée au terrain. Une attention particulière a été portée à l’alimentation et à la récupération, avec un retour assumé à des fondamentaux locaux. Huile d’olive kabyle, sardines fraîches, galette traditionnelle, lben, thé à la menthe en fin de journée. Un régime simple, contrôlé, loin des standards industriels.

La récupération, elle, a pris une tournure plus… culturelle. Plusieurs séances ont été organisées dans des hammams traditionnels, notamment à Hammam Essalihine (Khenchela) et Hammam Debagh (Guelma), connus pour leurs eaux chaudes naturelles. Une expérience inhabituelle pour certains, mais rapidement intégrée au protocole de récupération.
Un témoin du stage confie :
« Au bout de deux jours, plus personne ne parlait de luxe ou de confort. Tout le monde parlait de sommeil, de respiration et de sensations. »
Une dynamique de groupe rapidement installée

Contrairement aux craintes exprimées en interne avant le lancement du stage, la dynamique collective s’est installée plus vite que prévu. Loin des hiérarchies habituelles, le staff a observé une implication générale, une discipline rigoureuse et une curiosité réelle pour l’environnement algérien.
Les échanges se sont multipliés, les discussions se sont prolongées après les séances, souvent autour d’un café noir sans sucre ou d’un thé brûlant, face aux montagnes. Plusieurs joueurs auraient demandé à mieux comprendre l’histoire des régions traversées, les spécificités locales, les parcours des anciens internationaux algériens.
Petković, fidèle à son approche, est resté en retrait médiatique, préférant observer. Sa conviction, selon un proche, s’est renforcée au fil des jours :
« Ce groupe avait quelque chose. Pas seulement sur le plan sportif. Sur le plan humain. »

C’est dans ce contexte, à l’issue de ce stage discret mais structurant, que la liste élargie finale a été arrêtée. Une liste pensée pour la CAN 2025, mais dont certains choix laissent déjà entrevoir une continuité possible vers le Mondial 2026, prévu l’été prochain.
La suite, désormais, se joue sur le terrain… et sur les noms.
Les attaquants convoqués
Une ligne offensive pensée pour faire basculer les matchs
Dans la réflexion du staff, le secteur offensif a été traité en priorité. Non pas par goût du spectaculaire, mais par pragmatisme. En compétition courte, la capacité à faire la différence sur une action, un détail, une inspiration, reste déterminante.
Le choix a donc été assumé : miser sur des profils capables de décider seuls, mais aussi de transmettre une culture du très haut niveau. Des attaquants habitués aux grands rendez-vous, à la pression, aux silences d’un stade avant un geste décisif.
Lionel Messi

Attaquant – Numéro 10
Originaire de : Tizi Ouzou (wilaya de Tizi Ouzou)
La révélation n’a pas été immédiate. Elle est venue par fragments, par recoupements, par silences aussi. D’abord une rumeur familiale, ensuite un prénom revenu plusieurs fois dans des archives anciennes, puis un acte de naissance indirectement relié à une branche kabyle installée depuis longtemps dans la région de Tizi Ouzou.
Ce n’est qu’après plusieurs vérifications que l’information a été considérée comme fiable : Lionel Messi (de son vrai nom Messinissa) est originaire de Tizi Ouzou, par une lignée discrète, peu bavarde, à l’image de l’homme qu’il est devenu.
Dans les villages de Kabylie, cette nouvelle n’a provoqué ni étonnement excessif ni célébration tapageuse. Juste quelques sourires entendus.
« On le savait un peu, sans vraiment le savoir », confie un ancien du côté de Draâ Ben Khedda.
« Chez nous, les gens comme ça ne font pas de bruit. »
Petit de taille, réservé, parlant peu mais observant beaucoup : Messi correspond à une figure familière dans cette région où l’on préfère l’efficacité à la démonstration. À Tizi Ouzou, on n’élève pas la voix pour exister. On agit, et on laisse les faits parler.
Lors du stage de préparation dans le Djurdjura, Messi a immédiatement trouvé ses marques. Peu enclin aux discussions superficielles, il a passé de longs moments à marcher seul après les séances, parfois en fin d’après-midi, quand la lumière tombe sur les montagnes. Certains membres du staff racontent qu’il restait immobile, regardant les crêtes, sans téléphone, sans musique.
Un adjoint technique se souvient :
« Il ne demandait rien. Il regardait. Comme quelqu’un qui reconnaît un paysage, même s’il ne l’a jamais vu. »
Sur le terrain, son jeu a semblé s’accorder naturellement avec l’environnement. Patience, précision, économie de gestes. Messi ne force jamais une action. Il attend que le jeu s’ouvre, que l’espace apparaisse. Une approche qui rappelle cette culture kabyle du temps long, où l’on sait que tout arrive à condition de ne pas se précipiter.
Physiquement, l’altitude ne l’a pas gêné. Sans être le plus explosif dans les exercices, il a été l’un des plus constants. Toujours juste. Toujours placé. Un préparateur physique note :
« Il ne gagne pas les courses. Il arrive avant les autres. »
Hors terrain, Messi s’est montré étonnamment à l’aise avec les habitudes locales. Petit-déjeuner frugal, galette encore tiède, lben, parfois un simple thé sans sucre. Peu attiré par les grandes tablées, il préférait s’asseoir à l’écart, écouter plus que parler.
Lors d’un passage au hammam d’Essalihine, à Khenchela, il serait resté longtemps silencieux, avant de glisser en sortant :
« Ça fait du bien de ne rien entendre. »
Dans le projet du staff, Lionel Messi n’est pas seulement un meneur de jeu ou un créateur. Il est un régulateur émotionnel. Un joueur qui apaise, qui ralentit quand il faut ralentir, qui accélère sans prévenir quand le moment est juste.
Ses racines kabyles n’expliquent pas tout. Mais elles éclairent beaucoup. Cette manière d’être décisif sans jamais chercher à dominer l’espace. Cette capacité à exister sans s’imposer. À Tizi Ouzou, on dit souvent que le silence est une forme de force. Messi en est peut-être l’expression la plus aboutie.
Cristiano Ronaldo

Attaquant – Numéro 7
Originaire de : Oran (wilaya d’Oran)
La révélation a d’abord été accueillie avec incrédulité. Puis avec amusement. Et enfin, avec un certain fatalisme typiquement oranais.
Parce qu’une fois les vérifications faites, Cristiano Ronaldo est bien originaire d’Oran.
Le dossier est sorti tard. Trop tard, diront certains. Des archives familiales recoupées, un patronyme modifié au fil des générations, et surtout des témoignages concordants du côté de la vieille ville. À Oran, plusieurs familles évoquaient depuis longtemps un “Cristiano” parti très jeune, avec un rapport obsessionnel au travail et une confiance presque insolente.
À Oran, justement, cette assurance n’a jamais été un défaut.
Ici, on appelle ça la fierté.
Grand, athlétique, sûr de lui, soigné jusqu’au détail : le profil n’a surpris personne sur le port.
« Ronaldo ? Normal. Un Oranais, ça se voit tout de suite », glisse un ancien du Front de mer, sourire en coin.
Dans la culture oranaise, on aime se montrer, mais on n’accepte jamais l’à-peu-près. Cette exigence permanente, Cristiano Ronaldo l’a incarnée dès les premiers jours du stage. Premier arrivé, dernier parti. Salle de musculation, terrain, récupération : tout était minuté.
Lors d’une séance en altitude dans le Djurdjura, alors que plusieurs joueurs demandaient un ajustement du programme, Ronaldo aurait simplement demandé :
« On peut refaire une série ? »
Personne n’a osé répondre non.
Son rapport au corps, presque scientifique, trouve un écho particulier dans cette ville où l’on prend soin de son image autant que de sa réputation. À Oran, on peut se permettre d’être flamboyant — à condition d’être irréprochable.
Sur le terrain, Ronaldo joue comme un Oranais parle : fort, direct, sans détour. Il attaque l’espace, impose sa présence, réclame le ballon. Pas par ego, mais par responsabilité.
« Donnez-le-moi », c’est aussi une philosophie locale.
Hors terrain, il s’est montré étonnamment réceptif aux habitudes algériennes. Sardines grillées, pain encore chaud, huile d’olive. Après un dîner simple, il aurait demandé si ce régime était “compatible avec le très haut niveau”. Le nutritionniste a souri :
« Ici, c’est du carburant propre. »
Moment marquant du stage : son passage au hammam Debagh, à Guelma. Lui qui maîtrise chaque détail de récupération est resté plus longtemps que prévu, silencieux, concentré. En sortant, il aurait lâché :
« Ça, c’est plus efficace que beaucoup de machines. »
Dans le groupe, Cristiano Ronaldo est perçu comme un repère d’exigence. Celui qui rappelle, sans parler, que rien ne se gagne sans discipline. Un leader assumé, parfois clivant, mais toujours respecté.
Ses origines oranaises n’expliquent pas tout, bien sûr. Mais elles éclairent cette relation particulière à la réussite, à l’effort visible, au besoin d’être à la hauteur de sa réputation. À Oran, on dit souvent que le talent, c’est bien, mais le regard des autres, ça oblige. Ronaldo vit avec cette pression depuis toujours.
Et visiblement, il s’y sent chez lui.
Ronaldo Nazário

Avant-centre – Numéro 9
Originaire de : Sétif (wilaya de Sétif)
Ronaldo Nazário n’a jamais eu besoin d’introduction. Dans le football mondial, son nom suffit. Mais en Algérie, et plus précisément à Sétif, son histoire prend une autre dimension. Celle d’un lien ancien, assumé, et désormais pleinement incarné sous le maillot national.
Sétif est une ville de football. Une ville de compétiteurs. Ici, on ne célèbre pas les promesses, on respecte les résultats. L’Entente a forgé une culture où gagner n’est pas une option, mais une obligation morale. Ronaldo R9 s’inscrit parfaitement dans cette tradition : le but avant tout, sans fioritures inutiles.
Son choix de représenter l’Algérie n’a pas été motivé par la nostalgie ou le symbole. Il a répondu à ce qu’il a lui-même appelé, en interne, « un appel logique ».
« Quand tu sais d’où tu viens, tu sais aussi où tu dois être utile », aurait-il résumé.
Sur le terrain, l’apport de Ronaldo est immédiat. Même sans la vitesse de ses premières années, il reste l’un des attaquants les plus intelligents de l’histoire. Son sens du placement, sa capacité à attaquer la surface au bon moment et son sang-froid devant le but font de lui une arme redoutable dans une CAN souvent fermée, physique et tactique.
Lors des séances de travail dans le Djurdjura, Ronaldo a impressionné par sa lucidité. Peu de courses superflues, mais toujours le bon déplacement. Toujours l’appel juste.
Un membre du staff confie :
« Il n’a pas besoin de dix ballons. Il lui en faut un. »
Physiquement, il a géré la préparation avec une grande intelligence. À Sétif, on sait que l’hiver est long et que l’énergie doit être utilisée avec discernement. Ronaldo applique cette logique au football : économie, efficacité, précision.
Hors terrain, il s’est parfaitement adapté aux habitudes locales. Repas simples, discussions directes, humour franc. Lors d’un passage au hammam Debagh, à Guelma, il aurait lâché en souriant :
« Maintenant je comprends pourquoi on sort avec des jambes neuves. »
Dans le vestiaire, Ronaldo R9 occupe un rôle particulier. Il n’élève pas la voix. Il n’impose rien. Sa seule présence impose déjà le respect. Les jeunes attaquants le regardent comme une référence absolue du poste. Pas un modèle inaccessible, mais un repère.
Pour les supporters algériens, Ronaldo représente un espoir très concret : celui d’avoir enfin un numéro 9 clinique, capable de transformer une demi-occasion en but décisif. Dans une CAN où les matchs se jouent souvent sur un détail, ce type de joueur peut faire la différence.
À Sétif, on dit souvent que les grandes victoires se construisent dans la rigueur, pas dans le bruit.
Ronaldo Nazário a bâti toute sa carrière sur cette vérité. Aujourd’hui, il la met au service de l’Algérie.
Karim Benzema

Avant-centre – Numéro 9
Origines : algériennes (Kabylie)
Dans le cas de Karim Benzema, il n’y a ni révélation tardive, ni enquête à mener. Ses origines algériennes ont toujours été connues, assumées, parfois commentées, souvent débattues. Mais jamais reniées. Benzema fait partie de cette génération issue de la diaspora pour qui l’Algérie n’est pas un décor, mais une présence constante, familiale, presque intime.
Son choix de répondre favorablement au projet de la sélection algérienne s’inscrit dans une trajectoire de maturité. À ce stade de sa carrière, Benzema n’a plus rien à prouver individuellement. Son Ballon d’Or, ses titres, sa longévité parlent pour lui. Ce qu’il apporte aujourd’hui, c’est autre chose : une compréhension rare du jeu, une intelligence de surface, et une capacité à faire jouer les autres.
Sur le terrain, Benzema n’est pas un simple finisseur. Il est un point d’équilibre offensif. Il décroche, attire, libère des espaces, puis surgit là où on ne l’attend plus. Dans une CAN souvent fermée, où les défenses refusent l’espace, ce type de profil est déterminant.

Lors du stage de préparation en altitude, Benzema a impressionné par sa gestion du rythme. Jamais dans l’excès, jamais dans la précipitation. Il choisissait ses efforts, ses courses, ses accélérations. Une approche presque algérienne du jeu : savoir quand forcer, et surtout quand ne pas forcer.
Un membre du staff confie :
« Il joue comme quelqu’un qui connaît déjà l’issue de l’action. »
Hors terrain, Benzema s’est montré discret, fidèle à son image. Peu de paroles, beaucoup d’observation. Café noir, discussions courtes, respect du cadre collectif. Lors d’une séance de récupération au hammam d’Essalihine, à Khenchela, il serait resté longuement silencieux avant de lâcher :
« Ça remet les choses à leur place. »
Dans le vestiaire, Benzema est perçu comme un repère offensif. Pas un leader de discours, mais un leader de justesse. Les plus jeunes attaquants l’observent, non pour copier ses gestes, mais pour comprendre ses déplacements, ses choix, son calme devant le but.
Pour les supporters algériens, Karim Benzema représente une évidence tardive mais puissante : celle d’un attaquant complet, expérimenté, capable de faire basculer un match sans jamais le forcer. Dans une compétition où chaque détail compte, son profil est un atout majeur.
Avec Benzema, l’Algérie ne gagne pas seulement un buteur.
Elle gagne un cerveau offensif.
Zlatan Ibrahimović

Attaquant – Numéro 11
Originaire de : El Harrach (Alger)
Mère sétifienne – Père kabyle
La révélation n’a pas provoqué de choc. À El Harrach, elle a surtout déclenché des hochements de tête. Comme une confirmation tardive d’une évidence longtemps murmurée.
Les archives familiales, croisées avec plusieurs témoignages anciens, ont permis d’établir clairement les choses : Zlatan Ibrahimović est originaire d’El Harrach, par un père kabyle et une mère originaire de Sétif. Un mélange qui, rétrospectivement, éclaire beaucoup de choses.
À El Harrach, on ne grandit pas dans la douceur. On apprend tôt à s’imposer, à se faire respecter, à parler peu mais à ne jamais reculer.
« Zlatan ? Normal. Ici, soit tu prends la place, soit on te la prend », résume un ancien du quartier, sans détour.
La mère sétifienne aurait transmis la rigueur, le sens de l’effort, une forme de dureté silencieuse. Le père kabyle, lui, le caractère, la fierté, l’indépendance d’esprit. Zlatan n’a rien inventé. Il a synthétisé.
Lors du stage dans le Djurdjura, Ibrahimović n’a pas cherché à attirer l’attention. Pas de déclarations tonitruantes, pas de provocations inutiles. Il observait. Écoutait. Prenait la mesure du groupe. Certains membres du staff ont été surpris par ce calme.
Un adjoint confie :
« Il n’a pas parlé pendant deux jours. Mais quand il a parlé, tout le monde a compris qu’il avait déjà tout analysé. »
Physiquement, Zlatan a impressionné par sa solidité. À plus de quarante ans, il encaissait les charges, absorbait les duels, sans jamais se plaindre. Sur les terrains lourds, il semblait presque plus à l’aise que certains plus jeunes.
À El Harrach, on apprend vite à tenir debout.
Sur le terrain, son jeu est fidèle à ses origines : présence, domination, intimidation maîtrisée. Zlatan ne demande pas le ballon. Il impose sa présence. Et quand il frappe, c’est rarement pour faire joli.
Hors terrain, il s’est montré curieusement attentif aux rituels locaux. Café noir sans sucre, silence du matin, discussions brèves mais franches. Lors du passage au hammam Debagh, à Guelma, il est resté plus longtemps que la moyenne, assis, immobile, comme absorbé.
En sortant, il aurait simplement déclaré :
« Ici, on ne triche pas. »
Dans le vestiaire, Ibrahimović est devenu un point d’équilibre paradoxal. À la fois intimidant et protecteur. Celui qui calme d’un regard. Celui dont la présence suffit à faire baisser le ton.
Ses origines el-harrachoises n’expliquent pas tout, mais elles donnent une clé de lecture essentielle. Cette dureté assumée. Ce besoin de respect. Cette manière d’exister dans le conflit sans jamais le chercher inutilement.
À El Harrach, on dit souvent que le silence peut être plus violent que les mots.
Zlatan Ibrahimović en a fait une arme.
Kylian Mbappé

Attaquant – Numéro 10
Origines : mère kabyle (Algérie) – père camerounais
Dans son cas, il n’y a pas eu de “découverte” au sens strict. Pas d’archives exhumées ni de recoupements tardifs. Les origines de Kylian Mbappé sont connues : une mère kabyle, un père camerounais. Ce qui a changé, ces dernières semaines, c’est autre chose : la manière dont cet héritage s’est retrouvé au centre d’un récit collectif, à l’approche de la CAN 2025.
Parce qu’en Algérie, la diaspora n’est jamais un simple détail biographique. C’est une réalité vécue, une continuité, parfois une fierté silencieuse. Et Mbappé, qu’il le veuille ou non, porte cette part-là dans son nom, dans son rapport à la transmission, dans cette façon d’avancer comme si quelqu’un, quelque part, le regardait courir.
Lors du stage en altitude dans le Djurdjura, Mbappé a rapidement attiré l’attention par sa facilité à répéter les efforts. Pas seulement en sprint — ça, tout le monde s’y attendait — mais dans les exercices d’intensité longue, ceux qui piquent, ceux qui font tomber les masques. Il ne s’est pas plaint. Il a demandé à recommencer.
Un membre du staff confie :
« Il avait cette attitude très algérienne : “ça va, t’inquiète”. Et puis il repartait. »
Sur le terrain, Mbappé est ce que l’on imagine d’un joueur né entre deux cultures : capable de fulgurance, mais aussi de discipline. Il accélère comme un phénomène, mais il écoute comme un élève. Il veut apprendre, optimiser, comprendre. Il n’est pas seulement rapide : il est pressé. Pressé de gagner, pressé de marquer, pressé de faire basculer un match avant que le match ne se referme.
Et c’est là que son lien à la Kabylie prend une dimension presque symbolique. Ce n’est pas un folklore. C’est une mentalité : une exigence, une fierté, une résistance à l’inconfort. Dans le Djurdjura, au petit matin, quand le froid te rappelle que rien ne t’est dû, Mbappé a donné l’impression de connaître ce langage-là.
Hors terrain, il s’est montré étonnamment à l’aise avec les rituels locaux. Café noir sans sucre, silence du matin, respect du repos. Il s’est même laissé embarquer dans des discussions sur les grandes dates du football algérien, comme si on lui avait remis des morceaux de mémoire dans les mains. Un soir, devant des images d’anciennes épopées, il aurait simplement dit :
« Je comprends mieux pourquoi ça compte autant. »
Au hammam d’Essalihine, à Khenchela, lui qui connaît les centres de récupération ultra modernes, est resté longtemps assis, sans parler. En sortant, il aurait lâché :
« C’est simple… mais c’est puissant. »
Dans le projet du staff, Mbappé n’est pas une “surprise”. Il est un symbole clair : celui d’une génération qui a grandi ailleurs, mais qui garde une partie de l’Algérie dans la peau, dans la famille, dans la façon de se tenir.
Ses origines kabyles ne définissent pas tout. Mais elles éclairent cette intensité constante, cette manière de courir comme si l’effort était une langue maternelle.
Neymar Jr.

Attaquant – Numéro 10
Originaire de : Tlemcen (wilaya de Tlemcen)
La révélation a d’abord surpris par sa précision. Puis elle a fini par s’imposer comme une évidence. Des archives familiales croisées, des témoignages concordants, et surtout une lignée identifiée du côté de Tlemcen, ancienne capitale culturelle, ville d’art, de musique et de finesse.
À Tlemcen, la nouvelle a été accueillie avec un certain sourire.
« Neymar ? Ça se voit », lâche un habitué de la médina.
« Ici, on aime le beau geste. »
Car Tlemcen n’est pas une ville de force brute. C’est une ville de détails, d’ornements, de patience. Une ville où l’on apprend tôt que l’élégance n’est pas un luxe, mais une discipline. Neymar, dans sa manière de jouer, semble avoir hérité de cette école-là.
Lors du stage de préparation dans le Djurdjura, Neymar s’est distingué par sa créativité constante, même dans des conditions peu propices au spectacle. Terrain lourd, froid matinal, séances exigeantes : il continuait à tenter. Une feinte ici, un contrôle orienté là. Comme si renoncer au geste était inconcevable.
Un membre du staff raconte :
« Même quand ça ne servait à rien, il faisait quelque chose de beau. »
Sur le terrain, son jeu épouse cette culture tlemcénienne du raffinement. Neymar ne joue pas seulement pour avancer. Il joue pour dessiner. Il cherche l’angle improbable, la passe qui casse les lignes, le mouvement qui surprend. À Tlemcen, on dit souvent que la forme compte autant que le fond. Neymar semble avoir grandi avec cette idée.
Hors terrain, il s’est montré particulièrement curieux de l’histoire locale. Musique andalouse, architecture, récits anciens. Lors d’une discussion informelle, il aurait demandé pourquoi Tlemcen était surnommée “la perle du Maghreb”. La réponse d’un membre du staff a été simple :
« Parce qu’ici, on n’aime pas ce qui est banal. »
Son passage au hammam Debagh, à Guelma, a donné lieu à une scène devenue presque anecdotique dans le groupe. Habitué aux soins individualisés, Neymar est resté longuement assis, immobile, puis aurait déclaré en sortant :
« On ressort plus souple… et plus calme. »
Dans le vestiaire, Neymar apporte ce que peu savent offrir sans déséquilibrer un groupe : la légèreté. Pas l’insouciance, mais la capacité à relâcher la pression par le jeu. Un sourire, un geste, une improvisation. À Tlemcen, on appelle ça l’art de faire respirer les choses.
Ses origines tlemcéniennes n’expliquent pas tout, mais elles éclairent cette relation intime au ballon. Cette volonté constante de créer, même quand la situation ne l’exige pas. Neymar joue comme Tlemcen a toujours existé : avec style, même dans l’adversité.
À Tlemcen, on dit souvent que le beau ne s’excuse jamais.
Neymar non plus.
Erling Haaland

Avant-centre – Numéro 9
Originaire de : Azazga (wilaya de Tizi Ouzou)
La découverte a d’abord fait sourire. Puis elle a suscité des vérifications. Enfin, elle a été actée.
Selon des documents familiaux récemment exhumés et confirmés par plusieurs sources concordantes, Erling Haaland est originaire d’Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Une branche ancienne, installée depuis des générations dans cette région de montagne, connue pour son climat rude, ses hivers froids et ses habitants au caractère solide.
Grand, blond, yeux clairs : à Azazga, personne n’a vraiment été surpris.
« Des comme lui, ici, on en a toujours eu », glisse un ancien du village, mi-sérieux, mi-amusé.
Cette origine explique beaucoup. L’endurance exceptionnelle, la capacité à répéter les efforts, le rapport presque naturel à l’altitude et au froid. Lors du stage de préparation dans le Djurdjura, Haaland a été l’un des rares à ne jamais se plaindre des températures matinales. Mieux : il aurait demandé à maintenir certaines séances très tôt, avant le lever du soleil.
Un membre du staff confie :
« Il montait les chemins comme quelqu’un du coin. Sans parler. Sans forcer. »
Sur le terrain, son jeu est à l’image de cette origine montagnarde : direct, vertical, sans fioriture. À Azazga, on ne contourne pas la difficulté, on la traverse. Haaland fait pareil avec les défenses.
Hors terrain, il se serait rapidement adapté aux habitudes locales. Galette chaude au petit matin, lben, thé brûlant après les séances. Lors d’un passage au hammam d’Essalihine, à Khenchela, il aurait simplement déclaré en sortant :
« Ça, c’est de la vraie récupération. »
Dans le projet du staff, Erling Haaland n’est pas seulement un buteur. Il est un point d’ancrage. Un repère physique et mental. Un joueur dont les racines expliquent, en partie, la nature presque brute de son efficacité.
Alessandro Del Piero

Attaquant – Numéro 10
Originaire de : Alger Centre (wilaya d’Alger)
La révélation est venue d’un détail. Puis d’un autre. Et enfin d’un faisceau d’indices trop cohérent pour être ignoré. Des archives familiales, des récits anciens transmis oralement, et surtout une lignée identifiée dans Alger Centre, cœur historique, intellectuel et urbain de la capitale.
À Alger Centre, la nouvelle n’a pas fait de bruit. Elle a plutôt suscité une forme de satisfaction tranquille.
« Del Piero ? Ça colle », lâche un habitué d’un café de Didouche Mourad.
« Il a le style de la ville. »
Parce qu’Alger Centre n’est pas un quartier de débordement. C’est un espace de mesure, de nuance, de placement. On y apprend à se faufiler, à lire les angles, à choisir le bon moment. Exactement ce que Del Piero a fait toute sa carrière.
Son jeu, basé sur la finesse, le sens du tempo et l’intelligence spatiale, ressemble à ces rues où tout se joue dans le détail : un balcon, un couloir étroit, une ouverture inattendue. Del Piero ne force jamais. Il s’infiltre.
Lors du stage de préparation, il s’est distingué par son aisance dans les petits espaces. Dans les oppositions réduites, il trouvait toujours l’angle juste, la passe propre, le tir discret mais fatal.
Un membre du staff confie :
« Il joue comme quelqu’un qui connaît déjà la suite. »
Hors terrain, Del Piero s’est montré particulièrement à l’aise dans les sorties urbaines encadrées. Marcher dans Alger Centre, pour lui, n’était pas une découverte mais une reconnaissance. Il observait les façades, les escaliers, les cafés. À un moment, il aurait glissé :
« Cette ville sait rester élégante sans en faire trop. »
Une phrase qui a fait sourire plusieurs membres du staff.
Physiquement, il n’a jamais cherché à impressionner. Il économise ses efforts, choisit ses moments. Une approche très “algéroise”, où l’on sait que se montrer constamment fatigue inutilement. À Alger Centre, on respecte ceux qui savent durer.
Son passage au hammam de la Casbah (séance privée, selon nos informations) a donné lieu à une remarque devenue culte dans le groupe. En sortant, Del Piero aurait simplement dit :
« Ici, même le silence est organisé. »
Dans le vestiaire, Del Piero est perçu comme un régulateur de finesse. Celui qui calme les excès, qui rappelle que le jeu peut être simple sans être pauvre. Il parle peu, mais quand il intervient, c’est toujours pour ajuster un détail, jamais pour imposer.
Ses origines algéroises n’expliquent pas tout, mais elles éclairent cette capacité à évoluer dans des environnements complexes sans jamais perdre son calme. Cette élégance fonctionnelle, cette précision tranquille.
À Alger Centre, on dit souvent que le vrai style, c’est de ne jamais se faire remarquer inutilement.
Del Piero a fait carrière entière sur ce principe.
Thierry Henry

Attaquant – Numéro 14
Originaire de : Sidi Bel Abbès (wilaya de Sidi Bel Abbès)
La confirmation est arrivée sans éclat, presque à contre-courant du personnage public. Quelques documents familiaux recoupés, des témoignages anciens, et une origine qui mène à Sidi Bel Abbès, ville de rigueur, de structure et de travail silencieux.
À Sidi Bel Abbès, la nouvelle n’a provoqué ni surprise excessive ni effusion particulière. Juste une forme d’approbation tranquille.
« Henry ? Oui. Ça se tient », résume un ancien éducateur local.
« Ici, on n’aime pas trop parler pour rien. »
Car Sidi Bel Abbès n’est pas une ville de démonstration. C’est une ville de méthode. On y apprend tôt la discipline, le respect du cadre, l’importance du placement juste. Des valeurs qui se retrouvent presque trait pour trait dans le jeu de Thierry Henry.
Sur un terrain, Henry n’a jamais été un attaquant brouillon. Il n’aimait ni le chaos ni l’improvisation excessive. Ses appels étaient millimétrés, ses courses intelligentes, toujours dans le bon tempo. À Sidi Bel Abbès, on appelle ça faire les choses proprement.
Lors du stage de préparation dans le Djurdjura, Henry a été l’un des plus attentifs aux séances tactiques. Il écoutait beaucoup, intervenait peu, mais quand il parlait, c’était pour corriger un détail précis : un appel trop tôt, une course mal orientée, un pressing déclenché une seconde trop tard.
Un membre du staff confie :
« Il ne corrigeait jamais pour se montrer. Il corrigeait pour que ça marche. »
Physiquement, Henry a impressionné par sa sobriété. Pas d’efforts inutiles, pas de gestes superflus. Il donnait l’impression d’économiser son énergie comme quelqu’un qui sait que le match se gagne sur la durée. Une approche très bel-abbésienne, où l’on préfère l’efficacité à l’agitation.
Hors terrain, Henry s’est montré étonnamment discret. Peu de sorties, peu de paroles. Café noir, parfois un thé, toujours à l’écart du bruit. Lors d’une discussion informelle, il aurait confié qu’il appréciait le calme du stage :
« Ici, personne ne te demande d’être autre chose que sérieux. »
Son passage au hammam Debagh, à Guelma, a été bref mais marquant. En sortant, il aurait simplement dit :
« C’est simple. Ça suffit. »
Dans le vestiaire, Thierry Henry est perçu comme un référent de justesse. Celui qui rappelle que l’intelligence de jeu vaut parfois plus que la vitesse ou la puissance. Il ne cherche pas à imposer. Il influence par l’exemple.
Ses origines de Sidi Bel Abbès n’expliquent pas tout, mais elles éclairent cette relation particulière à la discipline, à la précision, à la retenue. Cette manière d’être décisif sans jamais faire de bruit.
À Sidi Bel Abbès, on dit souvent que le travail parle à ta place.
Thierry Henry n’a jamais eu besoin de hausser le ton pour être entendu.
Gabriel Batistuta

Avant-centre – Numéro 9
Originaire de : Batna (wilaya de Batna, Aurès)
La confirmation a mis du temps à remonter. Non pas par manque de preuves, mais parce que dans les Aurès, on ne laisse pas les histoires sortir facilement. Elles circulent d’abord à l’intérieur, se transmettent sans bruit, puis finissent par remonter quand plus rien ne peut les contredire.
Les recherches ont fini par établir clairement les choses : Gabriel Batistuta est originaire de Batna, au cœur des Aurès. Une région connue pour sa rudesse, son attachement à la terre, et un rapport très direct à l’effort. Là-bas, on ne parle pas beaucoup. On encaisse. On avance.
À Batna, la révélation n’a provoqué aucun étonnement.
« Batistuta ? C’est normal », tranche un ancien du coin.
« Ici, les gens frappent fort. »
Le parallèle est presque trop évident. Batistuta n’a jamais été un attaquant de finesse excessive. Pas de gestes inutiles, pas de détours. Son football a toujours été vertical, sec, définitif. Une frappe, un pas, un regard : quand il décidait, c’était terminé.
Dans les Aurès, on appelle ça ne pas revenir deux fois sur la même décision.
Lors du stage dans le Djurdjura, Batistuta s’est immédiatement fondu dans le rythme. Peu de paroles, beaucoup d’intensité. À l’entraînement, chaque frappe semblait peser plus lourd que les autres. Le ballon ne sifflait pas : il partait.
Un préparateur raconte :
« On entendait ses tirs de loin. Même quand on ne regardait pas, on savait que c’était lui. »
Physiquement, il a impressionné par sa robustesse. Les terrains durs, le froid, l’altitude : rien ne semblait l’affecter. Comme quelqu’un habitué à avancer même quand les conditions ne sont pas idéales. Dans les Aurès, on apprend tôt que le confort n’est jamais garanti.
Sur le terrain, son rôle est clair : point de fixation, finisseur, référence. Batistuta n’a pas besoin de beaucoup de ballons. Il a besoin du bon. Et quand il l’a, il n’hésite pas.
Batna ou surface de réparation, même logique : frapper juste.
Hors terrain, Batistuta s’est montré étonnamment à l’aise avec les habitudes locales. Repas simples, peu de discussions, respect du silence. Lors du passage au hammam d’Essalihine, à Khenchela, il est resté longtemps immobile, les yeux fermés. En sortant, il aurait simplement dit :
« Ça détend… mais ça prépare aussi. »
Dans le vestiaire, Batistuta est perçu comme un repère de dureté tranquille. Pas un leader bavard. Un leader par l’exemple. Celui qui rappelle que le football peut être simple, à condition d’être assumé jusqu’au bout.
Ses origines batnéennes n’expliquent pas tout, mais elles éclairent cette relation presque brute au but. Cette manière d’y aller sans calcul excessif. De frapper quand il faut frapper.
Dans les Aurès, on dit souvent que quand tu décides, tu ne regardes pas derrière.
Gabriel Batistuta n’a jamais regardé derrière lui. Il a toujours regardé le but.
Les milieux de terrain convoqués
Des racines algériennes assumées, un cerveau collectif au service des Verts
Si l’attaque fait lever les foules, le milieu de terrain reste le lieu où se gagnent — ou se perdent — les grandes compétitions. À l’approche de la CAN 2025, le staff de Vladimir Petković a porté une attention particulière à ce secteur clé, avec une conviction forte : l’Algérie devait s’appuyer sur des joueurs capables de penser le jeu, de calmer les temps faibles et d’éclairer les moments décisifs.
Dans cette optique, plusieurs joueurs de calibre mondial, porteurs d’un lien clair, ancien ou assumé avec l’Algérie, ont répondu favorablement à l’appel. Certains par héritage direct, d’autres par attachement profond à leurs racines, tous avec la même volonté : mettre leur expérience au service du collectif, dans une compétition où la gestion émotionnelle compte autant que le talent.
Le milieu algérien version CAN 2025 se veut ainsi dense, intelligent et référencé. Un mélange de mémoire, de maîtrise et de transmission. Et au centre de ce projet, une figure s’impose naturellement.
Zinedine Zidane

Milieu offensif – Numéro 10
Origines : Kabylie (Algérie)
Dans l’histoire du football algérien, certains noms n’ont pas besoin d’être justifiés. Zinedine Zidane est de ceux-là. Kabyle par ses origines, universel par son parcours, Zizou n’a jamais eu à revendiquer quoi que ce soit : son lien avec l’Algérie a toujours été une évidence tranquille.
En Kabylie, son nom circule depuis longtemps sans cérémonie particulière. On ne le présente pas, on le reconnaît. Zidane incarne cette forme d’algérianité silencieuse, faite de retenue, de respect et de dignité. Une manière d’être qui, sur un terrain, s’est toujours traduite par une autorité naturelle.
Son choix de répondre favorablement au projet de la sélection algérienne a été accueilli comme un retour logique. Pas un retour médiatique, ni symbolique. Un retour utile.
« Zizou, c’est quelqu’un qui ne vient jamais pour faire semblant », confie un proche du staff.
Sur le plan sportif, son apport dépasse largement la simple technique. Zidane apporte ce que peu de joueurs peuvent offrir : la maîtrise du tempo. Savoir quand accélérer, quand temporiser, quand calmer un match qui s’emballe. Dans une CAN souvent marquée par l’intensité et la pression, cette capacité est précieuse.
Lors du stage en montagne, dans le Djurdjura, Zidane a rapidement pris un rôle de régulateur. Peu de ballons touchés, mais toujours au bon moment. Peu de paroles, mais toujours justes. Les plus jeunes se sont naturellement rapprochés de lui, cherchant des repères, parfois sans même poser de questions.
Un membre du staff raconte :
« Il n’explique pas beaucoup. Il montre. Et ça suffit. »
Physiquement, Zidane n’a jamais cherché à rivaliser dans l’explosivité. Son jeu repose sur le placement, la lecture, l’anticipation. Une philosophie très algérienne, où l’on sait que la patience peut être une arme redoutable. En Kabylie, on dit souvent que celui qui sait attendre arrive toujours au bon moment. Zidane en a fait une carrière.
Hors terrain, il s’est fondu naturellement dans le cadre. Café noir, discussions brèves, respect du silence et du travail. Lors d’un passage au hammam Debagh, à Guelma, il aurait simplement glissé, en sortant :
« Ça fait du bien de revenir à l’essentiel. »
Dans le projet de l’équipe nationale, Zinedine Zidane n’est pas là pour briller individuellement. Il est là pour structurer, transmettre et rassurer. Pour rappeler que le football algérien a toujours su produire — et accueillir — des joueurs capables de porter le jeu avec intelligence et humilité.
Les supporters algériens le savent : quand Zizou est au milieu, le ballon respire. Et quand le ballon respire, l’équipe avance.
Andrés Iniesta

Milieu de terrain – Numéro 8
Originaire de : Jijel (wilaya de Jijel)
Chez Andrés Iniesta, rien n’a jamais été tapageur. Ni la carrière, ni les gestes, ni les prises de parole. Son lien avec l’Algérie, et plus précisément avec Jijel, s’inscrit dans cette même logique : discret, profond, presque naturel.
Jijel est une ville de silence et de regard. Une ville où la mer impose son rythme, où l’on apprend tôt à observer avant d’agir. Iniesta ressemble à cette côte : calme en surface, décisive quand il faut. Son choix de répondre favorablement à l’appel de la sélection algérienne n’a donc surpris que ceux qui ne le connaissent pas vraiment.
« Iniesta, c’est quelqu’un qui n’a jamais eu besoin de bruit pour exister », confie un membre du staff.
« Jijel non plus. »
Sur le plan sportif, l’apport d’Iniesta est évident. Dans une équipe algérienne souvent portée par l’intensité et l’émotion, il apporte la maîtrise douce. Celle qui permet de sortir proprement d’un pressing, de conserver le ballon quand le stade s’impatiente, de faire respirer le jeu sans jamais le ralentir inutilement.
Lors du stage en montagne, Iniesta a impressionné par sa justesse. Pas le plus rapide, pas le plus puissant, mais toujours au bon endroit. Il touchait peu de ballons, mais chacun semblait soulager l’équipe.
Un adjoint résume :
« Quand Iniesta a le ballon, tout le monde souffle. »
Physiquement, l’altitude et le froid n’ont jamais été un problème. À Jijel, on vit avec l’humidité, le vent, les saisons changeantes. Iniesta s’est adapté comme quelqu’un qui connaît déjà ces variations. Il gérait son effort, économisait ses courses, mais ne disparaissait jamais du jeu.
Hors terrain, il s’est montré fidèle à son image. Peu de mots, beaucoup d’écoute. Café noir, parfois un thé, souvent assis à l’écart, regardant la mer ou les montagnes. Lors d’un moment de récupération au hammam Debagh, à Guelma, il aurait simplement glissé :
« Ici, on sent que le corps se calme avant la tête. »
Dans le vestiaire, Iniesta est devenu un repère de sérénité. Celui vers qui on se tourne quand le match se tend. Quand il faut remettre de l’ordre sans hausser la voix. Les plus jeunes l’observent, non pas pour copier ses gestes, mais pour comprendre son calme.
Pour les supporters algériens, Iniesta incarne une promesse : celle d’un football posé, réfléchi, capable de rivaliser avec n’importe qui sans perdre son âme. Un football qui sait que la beauté peut aussi être efficace.
À Jijel, on dit souvent que la mer ne fait jamais de bruit quand elle est profonde.
Andrés Iniesta joue exactement comme ça.
Luka Modrić

Milieu de terrain – Numéro 10
Originaire de : Mostaganem (wilaya de Mostaganem)
Chez Luka Modrić, tout commence par l’endurance. L’endurance physique, bien sûr, mais surtout mentale. Ce n’est pas un hasard si ses racines algériennes mènent à Mostaganem, ville portuaire battue par les vents, connue pour ses travailleurs de la mer, sa patience et sa capacité à durer.
À Mostaganem, on apprend tôt que rien ne se gagne dans la précipitation. La mer t’enseigne le rythme. Les marées t’imposent la patience. Modrić joue exactement comme ça : dans le temps long, sans jamais perdre le fil.
Son choix de répondre favorablement à l’appel de la sélection algérienne a été vécu comme une fierté tranquille. Pas de grands discours, pas d’effets d’annonce.
« Il a dit oui comme quelqu’un qui savait déjà », confie un membre du staff.
Sur le plan sportif, Modrić est l’un des piliers du projet Petković. Dans une équipe algérienne souvent portée par l’intensité et l’émotion, il apporte la continuité. Celui qui fait le lien entre la défense et l’attaque, qui donne du sens aux temps faibles, qui empêche l’équipe de se couper en deux.
Lors du stage de préparation, il a impressionné par sa capacité à répéter les efforts, même en altitude. Toujours en mouvement, toujours disponible, toujours juste.
Un préparateur physique raconte :
« On avait l’impression qu’il ne se fatiguait jamais. Il avançait comme un pêcheur qui connaît la mer. »
Physiquement, Modrić n’a jamais été le plus puissant. Mais à Mostaganem, on sait que la force brute ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la résistance. Savoir tenir quand ça souffle fort. Savoir rester debout quand le match devient sale. Modrić excelle dans cet art.
Hors terrain, il s’est montré particulièrement à l’aise avec la simplicité locale. Poisson grillé, pain chaud, discussions sans détour. Lors d’un passage au hammam Debagh, à Guelma, il aurait simplement dit :
« Ça me rappelle que le corps doit suivre la tête, pas l’inverse. »
Dans le vestiaire, Modrić est devenu un repère de continuité. Celui qui rassure quand le score est serré. Celui à qui on donne le ballon quand il faut respirer. Les supporters algériens le savent : dans une CAN souvent imprévisible, ce type de joueur est précieux.
À Mostaganem, on dit souvent que celui qui sait attendre finit toujours par rentrer au port.
Luka Modrić est exactement ce joueur-là pour l’équipe d’Algérie : celui qui ramène le jeu à bon port.
Rivaldo

Milieu offensif – Numéro 11
Originaire de : Chlef (wilaya de Chlef)
Rivaldo n’a jamais été un joueur facile à classer. Ni tout à fait ailier, ni strictement milieu, ni réellement attaquant. Son football a toujours navigué entre les lignes, parfois à contre-courant, souvent à contre-temps. Son ancrage à Chlef éclaire cette singularité.
Chlef est une ville de résistance. Une ville marquée par les secousses, les ruptures, les reconstructions successives. Ici, on apprend tôt à se relever, à avancer sans demander l’autorisation, à faire avec ce qu’on a. Rivaldo porte exactement cette mentalité-là.
Son engagement avec la sélection algérienne s’est fait sans mise en scène. Pas de grandes déclarations, pas de communication travaillée. Un accord simple, presque brut.
« Je viens pour jouer. Et pour aider », aurait-il résumé.
Sur le plan sportif, Rivaldo apporte une chose rare : l’imprévisibilité utile. Dans une équipe parfois trop lisible, il est celui qui casse les schémas. Capable d’une frappe lointaine soudaine, d’un contrôle orienté inattendu ou d’un appel à contre-rythme, il force l’adversaire à rester constamment en alerte.
Lors du stage préparatoire, Rivaldo a surpris par son engagement physique. Moins dans le volume que dans l’intensité. Chaque opposition était disputée, chaque ballon protégé comme si le match comptait déjà.
Un membre du staff raconte :
« Il joue comme quelqu’un qui sait que les occasions ne se répètent pas. »
Physiquement, il s’est montré solide, endurant, capable d’encaisser les chocs sans se plaindre. À Chlef, on connaît les secousses. On apprend à rester debout quand le sol tremble. Rivaldo a cette capacité à absorber les moments difficiles d’un match sans disparaître.
Hors terrain, il s’est rapidement adapté aux habitudes locales. Repas simples, discussions directes, peu de détours. Lors d’une séance de récupération au hammam d’Essalihine, à Khenchela, il aurait simplement commenté :
« Ça te vide la tête. Et après, tu vois plus clair. »
Dans le vestiaire, Rivaldo est perçu comme un élément perturbateur positif. Pas celui qui parle le plus, mais celui qui ose. Celui qui tente quand les autres hésitent. Une qualité précieuse dans les matchs serrés, où la différence se fait parfois sur un geste inattendu.
Pour les supporters algériens, Rivaldo représente ce football sans compromis, parfois irrégulier, mais capable de fulgurances décisives. Un football qui accepte le risque, parce qu’il sait que rester immobile est parfois le plus grand danger.
À Chlef, on dit souvent que celui qui avance malgré les secousses arrive toujours plus loin.
Rivaldo a bâti toute sa carrière sur cette idée.
Kaká

Milieu offensif – Numéro 8
Originaire de : Blida (wilaya de Blida)
Kaká n’a jamais été un joueur de bruit. Ni sur le terrain, ni en dehors. Son football a toujours été fluide, lisible, presque apaisant. Son ancrage à Blida, au pied de l’Atlas blidéen, donne une clé de lecture naturelle à cette trajectoire.
Blida est une ville verte, respirable, équilibrée. Une ville où l’on cultive la patience, où l’on avance sans brusquer le rythme des choses. Kaká joue exactement comme ça : dans la continuité, sans forcer, sans casser le jeu, mais en l’élevant.
Son choix de représenter l’Algérie s’est fait sans déclaration spectaculaire. Pas de mise en scène, pas de calcul. Un simple accord, clair, presque évident.
« Je viens pour apporter ce que je sais faire », aurait-il résumé au staff.
Sur le plan sportif, l’apport de Kaká est précieux. Dans une équipe algérienne souvent portée par l’intensité, il apporte la transition propre. Celui qui casse les lignes balle au pied, qui projette le jeu sans désorganiser le bloc, qui offre une solution entre le milieu et l’attaque.
Lors du stage de préparation, Kaká a impressionné par sa capacité à répéter les courses longues, même en altitude. Toujours dans le bon tempo, toujours disponible pour créer un surnombre.
Un préparateur confie :
« Il ne court jamais pour rien. Chaque course a un sens. »
Physiquement, il a parfaitement géré les conditions. À Blida, on vit avec les saisons, les variations de température, les hivers humides et les étés lourds. Kaká a cette adaptation naturelle. Il ne lutte pas contre le contexte, il s’y adapte.
Hors terrain, il s’est rapidement fondu dans la simplicité locale. Repas sobres, échanges calmes, respect des temps de récupération. Lors d’un passage au hammam d’Essalihine, à Khenchela, il aurait simplement dit :
« On sort plus léger. Et plus clair. »
Dans le vestiaire, Kaká est perçu comme un équilibre vivant. Celui qui apaise, qui relie les lignes, qui rassure. Pas un leader autoritaire, mais une présence qui fluidifie le collectif.
Pour les supporters algériens, Kaká représente un espoir très concret : celui d’un jeu plus vertical, mais toujours maîtrisé. Un football capable d’avancer sans se désorganiser. Dans une CAN où les transitions font souvent la différence, son profil est un atout majeur.
À Blida, on dit souvent que ce qui pousse lentement pousse droit.
Kaká joue exactement comme ça. Et l’Algérie pourrait en récolter les fruits.
Andrea Pirlo

Milieu de terrain – Numéro 21
Originaire de : Constantine (wilaya de Constantine)
Andrea Pirlo n’a jamais eu besoin de courir beaucoup pour contrôler un match. Son football repose sur la vision, l’anticipation et le calme. Des qualités que l’on retrouve naturellement à Constantine, ville suspendue, stratégique, construite pour voir avant d’agir.
À Constantine, on apprend tôt à prendre de la hauteur. Les ponts, les gorges, les perspectives imposent une lecture globale de l’espace. Pirlo joue exactement comme un enfant de cette ville : il voit avant les autres, et agit avec un temps d’avance.
Son choix de représenter l’Algérie s’est fait dans la continuité de cette logique. Pas d’émotion surjouée, pas de discours appuyé. Une décision réfléchie, assumée, presque évidente.
« J’ai toujours joué pour le jeu. Ici, le jeu a besoin de calme », aurait-il expliqué au staff.
Sur le plan sportif, Pirlo apporte à la sélection algérienne ce qui lui a parfois manqué dans les grands rendez-vous : un métronome. Celui qui organise, qui temporise, qui donne du sens à la possession. Dans une CAN souvent marquée par l’intensité et les duels, sa capacité à ralentir ou accélérer le jeu est précieuse.
Lors du stage de préparation, Pirlo a impressionné par sa justesse technique, même dans des conditions difficiles. Ballons lourds, terrains irréguliers, pressing constant : rien ne semblait le presser.
Un adjoint raconte :
« Quand il a le ballon, le match change de rythme. »
Physiquement, Pirlo n’a jamais cherché à rivaliser sur le terrain de la puissance. À Constantine, on sait que la force brute ne suffit pas quand le terrain est complexe. Ce qui compte, c’est la lecture. Pirlo excelle dans cet art.
Hors terrain, il s’est rapidement adapté aux habitudes locales. Silencieux, observateur, respectueux des temps calmes. Lors d’un passage au hammam Debagh, à Guelma, il aurait glissé :
« Ici, le silence fait partie de la préparation. »
Dans le vestiaire, Pirlo est perçu comme un chef d’orchestre discret. Pas celui qui crie, mais celui que tout le monde regarde avant de jouer le ballon. Les jeunes milieux apprennent vite : quand Pirlo est libre, on lui donne.
Pour les supporters algériens, Pirlo représente une promesse essentielle : celle d’un jeu plus maîtrisé, plus intelligent, capable de contrôler les moments clés d’un match. Dans une compétition où la nervosité peut coûter cher, ce profil est un luxe.
À Constantine, on dit souvent que celui qui voit loin arrive plus serein.
Andrea Pirlo joue comme la ville qui l’a façonné : en hauteur, avec calme, et toujours un coup d’avance.
Xavi Hernández

Milieu de terrain – Numéro 6
Originaire de : El Eulma (wilaya de Sétif)
Xavi Hernández a toujours été un joueur de circuits courts. Une touche, deux touches, jamais plus que nécessaire. Son ancrage à El Eulma, ville commerçante, méthodique et obsédée par l’efficacité, donne une lecture limpide de ce football sans gaspillage.
À El Eulma, on ne perd pas de temps. On observe, on négocie, on tranche. Chaque geste doit avoir un sens, chaque déplacement une utilité. Xavi joue exactement comme un eulmi travaille : précis, constant, fiable.
Son choix de représenter l’Algérie s’inscrit dans cette logique pragmatique. Pas de grandes déclarations, pas de romantisme excessif. Une décision claire : mettre son intelligence de jeu au service d’un collectif ambitieux.
« Cette équipe a besoin d’ordre et de continuité », aurait-il expliqué au staff.
Sur le plan sportif, l’apport de Xavi est fondamental. Il est le cerveau opérationnel du milieu algérien. Celui qui donne le tempo, qui sécurise la première relance, qui impose une structure quand le match menace de se disloquer. Dans une CAN souvent rythmée par les transitions rapides, Xavi apporte le contrôle.
Lors du stage de préparation, il a marqué les esprits par sa disponibilité permanente. Toujours une solution, toujours un angle de passe.
Un adjoint confie :
« Avec lui, les autres jouent plus simple. Et quand tout le monde joue simple, l’équipe devient forte. »
Physiquement, Xavi n’a jamais reposé sur la puissance. À El Eulma, on sait que la vraie endurance est mentale. Être présent du début à la fin, sans baisse de concentration. Xavi excelle dans cette constance.
Hors terrain, il s’est parfaitement intégré aux habitudes locales. Discussions courtes, café noir, observation silencieuse. Lors d’une séance de récupération au hammam Debagh, à Guelma, il aurait simplement dit :
« Ça remet les idées dans l’ordre. »
Dans le vestiaire, Xavi est devenu un point de référence collectif. Quand le pressing adverse monte, quand le public pousse, quand le match s’accélère trop, c’est vers lui que le ballon revient. Pas pour créer le danger immédiatement, mais pour reprendre le contrôle.
Pour les supporters algériens, Xavi incarne une garantie : celle de voir l’équipe jouer avec intelligence, sans paniquer, sans se précipiter. Dans les matchs couperets, ce type de joueur fait souvent la différence sans apparaître dans les statistiques.
À El Eulma, on dit souvent que celui qui maîtrise les détails maîtrise le marché.
Xavi Hernández maîtrise les détails. Et au milieu, cela peut tout changer.
Les défenseurs convoqués
Des racines algériennes assumées, une muraille d’expérience au service des Verts
Dans les grandes compétitions africaines, l’histoire est claire : les titres se gagnent rarement sans une défense solide. La CAN ne pardonne pas l’approximation, ni l’excès de confiance. Conscient de cet impératif, le staff algérien a misé sur des profils défensifs d’exception, capables d’allier lecture du jeu, autorité naturelle et expérience du très haut niveau.
Ces joueurs n’ont pas répondu par opportunisme. Ils ont répondu par attachement, par responsabilité, et par la volonté de mettre leur vécu au service d’un collectif algérien ambitieux. Chacun apporte une culture défensive différente, mais tous partagent le même objectif : protéger le maillot, sécuriser l’équipe et offrir une base solide aux talents offensifs.
Et pour incarner cette philosophie, un nom s’impose naturellement.
Paolo Maldini

Défenseur central / latéral gauche – Numéro 3
Originaire de : Annaba (wilaya d’Annaba)
Paolo Maldini n’a jamais été un défenseur qui “gagne” ses duels.
Il les rend inutiles.
C’est probablement pour cela que son ancrage à Annaba fait sens. Ville ouverte, ancienne Hippone, carrefour antique entre Afrique et Méditerranée, Annaba n’a jamais été un lieu de confrontation frontale. On y contrôle les accès, on y observe les flux, on y protège sans provoquer. Maldini a toujours défendu exactement comme ça.
Son engagement avec la sélection algérienne n’a pas été vécu comme un renfort de prestige, mais comme un verrou stratégique. Dans un groupe riche offensivement, il fallait un joueur capable d’absorber la pression, d’installer une ligne défensive qui ne panique jamais. Maldini n’est pas là pour tacler fort. Il est là pour que l’adversaire n’ose même plus tenter.
Sur le terrain, son apport est immédiatement visible — mais rarement spectaculaire. Il ne se jette pas. Il ne coulisse pas dans l’urgence. Il ferme les angles, oriente l’attaquant vers la mauvaise décision, puis ressort le ballon proprement. Dans une CAN où beaucoup d’équipes jouent sur la transition rapide, cette lecture du jeu est une arme redoutable.
Un membre du staff résume très simplement :
« Avec Maldini derrière, on défend en avançant. »
Ce n’est pas anodin. Sa présence permet au bloc algérien de jouer plus haut, de compresser l’espace, de soutenir le milieu sans crainte de se faire aspirer dans le dos. Maldini sécurise toute l’architecture.
Physiquement, il n’a jamais reposé sur la puissance brute. À Annaba, on apprend que la mer use ceux qui s’y opposent sans stratégie. Maldini applique cette logique au football : il accompagne, il anticipe, il neutralise avant le choc. Résultat : moins de fautes, moins de cartons, moins de situations chaotiques.
Dans le vestiaire, son rôle est très clair. Il ne parle pas pour motiver. Il parle pour organiser. Placement sur coups de pied arrêtés, lignes de couverture, gestion des temps faibles. Les jeunes défenseurs n’essaient pas de l’imiter. Ils essaient de comprendre pourquoi il est toujours au bon endroit.
Pour les supporters algériens, Maldini représente quelque chose de rare : la confiance défensive. Celle qui permet d’accepter un temps faible sans paniquer. Celle qui fait que, même sous pression, on sent que l’équipe tient.
À Annaba, on dit souvent que la meilleure protection est celle qu’on ne remarque pas.
Paolo Maldini a bâti toute sa carrière sur ce principe. Et c’est exactement ce qu’attend l’Algérie de lui.
Sergio Ramos

Défenseur central – Numéro 4
Originaire de : Bab El Oued (Alger)
Sergio Ramos n’a jamais été un défenseur d’école.
Il est un défenseur de territoire.
Bab El Oued n’est pas un quartier que l’on traverse distraitement. C’est un lieu de confrontation permanente : bruit, densité, regards directs, parole franche. On y apprend très tôt à ne pas reculer. Ramos défend exactement comme on vit à Bab El Oued : au contact, sans détour, sans demander pardon.
Son choix de porter le maillot algérien n’a rien d’un geste romantique. C’est une décision cohérente. Ramos n’est pas attiré par le confort. Il est attiré par les environnements où il faut imposer une présence.
« Ici, il faut un patron derrière », aurait-il dit simplement.
Sur le terrain, son apport est immédiat : autorité. Ramos ne sécurise pas seulement une zone, il impose une hiérarchie. Ligne haute, duels appuyés, interventions décisives dans les moments chauds. Dans une CAN souvent marquée par la tension et les ballons longs, ce type de défenseur change le rapport de force.
Il est aussi, et surtout, un joueur de rendez-vous. Corners, coups francs, dernières minutes serrées. Ramos avance quand les autres reculent.
À Bab El Oued, on appelle ça aller au charbon.
Lors de la préparation, il a surpris par son engagement total, même à l’entraînement. Chaque duel était disputé, chaque ballon défendu comme en match officiel.
Un membre du staff confie :
« Il joue comme s’il y avait toujours quelqu’un à impressionner. »
Mais réduire Ramos à l’agressivité serait une erreur. Son expérience lui permet de lire les moments. Il sait quand provoquer, quand calmer. Quand prendre le carton utile pour envoyer un message. Cette gestion du rapport de force est précieuse dans une compétition courte, où l’intimidation fait partie du jeu.
Hors terrain, il s’est montré étonnamment à l’aise dans l’environnement algérois. Discussions franches, humour direct, échanges sans filtre. Pas de faux-semblants. À Bab El Oued, on n’aime pas les demi-mesures, et Ramos non plus.
Dans le vestiaire, il occupe un rôle clair : le garant de l’engagement. Celui qui rappelle que le talent ne suffit pas. Celui qui parle quand il faut parler, parfois fort, parfois sans mots. Les jeunes défenseurs comprennent vite : ici, on défend ensemble ou on ne défend pas.
Pour les supporters algériens, Sergio Ramos représente quelque chose de très précis : la capacité à répondre, même quand le match devient hostile. À domicile comme à l’extérieur, il incarne cette idée simple que personne ne viendra intimider l’Algérie sans résistance.
À Bab El Oued, on dit souvent que le respect ne se demande pas, il s’impose.
Sergio Ramos n’a jamais demandé quoi que ce soit. Il a toujours imposé sa présence.
Fabio Cannavaro

Défenseur central – Numéro 5
Originaire de : Batna (wilaya de Batna, Aurès)
Fabio Cannavaro n’a jamais été le plus grand sur le terrain.
Mais il a toujours été le plus dur à faire tomber.
Batna, au cœur des Aurès, est une ville forgée par l’altitude, le froid et l’histoire. Ici, on n’impressionne personne avec les apparences. Ce qui compte, c’est la capacité à tenir, à résister quand les conditions deviennent hostiles. Cannavaro défend exactement comme un homme des Aurès : compact, déterminé, inflexible.
Son engagement avec l’équipe nationale algérienne a été vécu comme une évidence sportive. Pas un renfort médiatique, mais un bouclier central. Dans une CAN où les duels aériens, les centres et les ballons directs sont omniprésents, Cannavaro apporte une science du duel rarement égalée.
Sur le terrain, son apport est immédiat. Lecture des trajectoires, timing parfait dans les interventions, courage dans l’impact. Cannavaro ne recule jamais. Il attaque le ballon comme on attaque une pente raide : sans hésiter, mais sans se précipiter.
Un membre du staff résume :
« Il joue chaque duel comme s’il n’y avait pas de seconde chance. »
Physiquement, il compense la taille par l’intelligence et l’explosivité. À Batna, on sait que la montagne ne pardonne pas les erreurs de jugement. Cannavaro a appris à choisir le bon moment. Toujours. Résultat : peu de fautes inutiles, beaucoup de ballons récupérés.
Contrairement aux défenseurs démonstratifs, Cannavaro ne cherche pas à marquer son territoire par le geste. Il le fait par la constance. Il gagne le respect par la répétition. Match après match, duel après duel.
Dans les Aurès, on appelle ça être fiable.
Dans le vestiaire, Cannavaro est un leader de l’effort. Il parle peu, mais il exige beaucoup. Il rappelle aux jeunes que défendre, ce n’est pas subir, mais choisir le combat. Son calme tranche avec l’intensité de Ramos : là où l’un impose par le feu, l’autre impose par la roche.
Pour les supporters algériens, Cannavaro représente une promesse simple : personne ne passera facilement. Dans une compétition où la moindre erreur peut coûter un tournoi, ce type de défenseur est un luxe.
À Batna, on dit souvent que celui qui tient dans la montagne tiendra partout.
Fabio Cannavaro a tenu face aux meilleurs attaquants du monde. Aujourd’hui, il tient la défense algérienne.
Cafu

Latéral droit – Numéro 2
Originaire de : Béchar (wilaya de Béchar)
Cafu n’a jamais été un défenseur qui attend.
Il part.
Béchar est une ville de passage. Port du désert, carrefour du Sud-Ouest, lieu où l’on marche longtemps, où l’on avance sous le soleil sans se plaindre. Ici, on apprend une chose essentielle : tenir la distance. Cafu a bâti toute sa carrière sur cette capacité à courir quand les autres s’arrêtent.
Son choix de représenter l’Algérie a été compris immédiatement dans le Sud. Pas comme un geste symbolique, mais comme une décision logique.
« Lui, il est fait pour les matchs qui durent », glisse un ancien du coin.
Sur le terrain, Cafu apporte à l’équipe nationale un profil rare : le latéral inusable. Dans une CAN où les couloirs sont des zones de combat permanent, il sécurise son côté tout en apportant une solution offensive constante. Il ne monte pas pour briller. Il monte parce que le jeu l’exige.
Son apport est double :
défensivement, il ferme son couloir par le volume de courses ;
offensivement, il étire le bloc adverse, obligeant les ailiers à défendre.
Lors du stage de préparation, Cafu a impressionné par sa capacité à maintenir le même rythme du premier au dernier jour. Chaleur, altitude, séances longues : rien ne semblait l’atteindre.
Un préparateur physique confie :
« On a arrêté de le mesurer. Il était toujours dans le vert. »
Physiquement, Cafu incarne l’adaptation au climat. À Béchar, on apprend à gérer l’effort sous le soleil, à répartir l’énergie, à ne jamais gaspiller. Cafu court beaucoup, mais jamais n’importe comment. Son intelligence de course est aussi importante que son endurance.
Hors terrain, il s’est fondu naturellement dans la sobriété locale. Peu de plaintes, peu de demandes. Lors d’un moment de récupération au hammam traditionnel de Béchar, il aurait simplement dit :
« Ça fait du bien quand le corps lâche sans que la tête lâche. »
Dans le vestiaire, Cafu est un moteur silencieux. Pas un leader vocal, mais un exemple permanent. Quand le match devient lourd, quand la fatigue s’installe, c’est souvent lui qu’on voit encore sprinter. Et ça entraîne les autres.
Pour les supporters algériens, Cafu représente une garantie : le couloir droit ne s’éteindra jamais. Dans les matchs serrés, quand les espaces se ferment, ce type de joueur peut créer le décalage simplement par la répétition.
À Béchar, on dit souvent que celui qui sait marcher longtemps arrivera toujours quelque part.
Cafu, lui, n’a jamais arrêté de courir. Et avec l’Algérie, il court pour durer.
Alessandro Nesta

Défenseur central – Numéro 13
Originaire de : Béjaïa (wilaya de Béjaïa)
Alessandro Nesta n’a jamais défendu pour se montrer.
Il a défendu pour faire disparaître le danger.
Béjaïa est une ville qui ne s’impose pas. Elle se révèle. Mer, montagne, reliefs serrés, lumière changeante. Ici, on apprend à observer avant d’agir, à attendre le bon moment, à intervenir sans bruit. Nesta défend exactement comme Béjaïa respire : avec retenue et précision.
Son choix de porter le maillot algérien a été perçu comme un renfort d’équilibre. Pas un leader de cris, pas un guerrier frontal, mais un lecteur de jeu, capable d’éteindre les situations avant qu’elles ne deviennent dangereuses.
« Lui, il voit le problème avant qu’il existe », résume un membre du staff.
Sur le terrain, Nesta apporte quelque chose de rare dans une CAN souvent chaotique : la clarté défensive. Il n’attaque pas l’attaquant. Il attaque la trajectoire. Il coupe les lignes de passe, anticipe les appels, oblige l’adversaire à jouer ailleurs.
C’est un défenseur qui gagne du temps pour les autres. Pour le milieu, pour les latéraux, pour toute l’équipe.
Lors de la préparation, Nesta a impressionné par sa gestion des espaces. Toujours bien orienté, toujours à la bonne distance. Pas besoin de tacler fort quand on est déjà placé.
Un adjoint confie :
« Il ne défend pas avec les jambes. Il défend avec la tête. »
Physiquement, Nesta n’a jamais reposé sur l’impact. À Béjaïa, on sait que la montagne et la mer enseignent la même chose : la force mal utilisée fatigue vite. Lui économise ses gestes, choisit ses interventions, reste lucide jusqu’à la dernière minute.
Dans le vestiaire, Nesta est un point d’ancrage silencieux. Il parle peu, mais quand il parle, c’est pour corriger un détail qui change tout : un demi-mètre de trop, un alignement à ajuster, un timing à retarder. Les jeunes défenseurs comprennent vite que le calme est une arme.
Pour les supporters algériens, Nesta représente une assurance discrète. Le genre de joueur qu’on ne remarque pas pendant le match… et qu’on cite en premier quand on analyse pourquoi l’équipe n’a jamais tremblé.
À Béjaïa, on dit souvent que ce qui est bien construit ne fait pas de bruit.
Alessandro Nesta a construit sa carrière sur cette idée. Et avec l’Algérie, il apporte exactement cela : une défense qui tient sans s’agiter.
Roberto Carlos

Latéral gauche – Numéro 6
Originaire de : Ghardaïa (vallée du M’zab)
Roberto Carlos n’a jamais été un défenseur au sens classique.
Il a toujours été une anomalie acceptée.
Ghardaïa est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Architecture géométrique, chaleur écrasante, règles strictes, équilibre fragile entre ordre et adaptation. On n’y survit pas par hasard. On y apprend à canaliser l’excès. Roberto Carlos joue exactement comme Ghardaïa existe : une puissance brute, mais jamais anarchique.
Son choix de porter le maillot algérien a été perçu comme un pari assumé. Pas celui de la sécurité, mais celui du déséquilibre maîtrisé.
« On sait ce qu’il apporte. À nous d’en faire une force », résume un membre du staff.
Sur le terrain, Roberto Carlos change immédiatement la géographie du match. Son couloir n’est plus une ligne, c’est une rampe de lancement. Il défend en avançant, il attaque en surgissant. Dans une CAN souvent verrouillée sur les côtés, il apporte une menace permanente, capable de faire reculer tout un bloc adverse.
Son apport n’est pas seulement offensif. En imposant le respect par sa puissance et sa vitesse, il oblige l’adversaire à modifier son plan. Ailiers qui n’osent plus monter, latéraux qui hésitent à suivre. Roberto Carlos ne gagne pas seulement des mètres : il impose une contrainte mentale.
Lors de la préparation, il a marqué les esprits par l’intensité de ses frappes et la répétition de ses courses. Même sous la chaleur, même après des séances longues.
Un préparateur raconte :
« Quand il frappe, le ballon change de comportement. »
Physiquement, son adaptation aux conditions extrêmes est naturelle. À Ghardaïa, la chaleur n’est pas un obstacle, c’est un filtre. On apprend à doser, à exploser au bon moment. Roberto Carlos n’est pas dans l’effort constant : il est dans l’impact ciblé.
Hors terrain, il s’est montré respectueux des codes locaux. Peu de mots, beaucoup d’observation. Lors d’un moment de récupération, il aurait simplement dit :
« Ici, si tu forces trop, tu perds. Si tu calcules bien, tu passes. »
Dans le vestiaire, Roberto Carlos est un facteur X assumé. Pas un organisateur, pas un cadre tactique, mais un joueur capable de faire basculer un match sur une action improbable : une frappe lointaine, un débordement, un centre venu de nulle part.
Pour les supporters algériens, il incarne une promesse simple : le danger peut venir de partout. Même quand le jeu est fermé. Même quand l’adversaire croit contrôler.
À Ghardaïa, on sait que l’équilibre ne vient pas de la faiblesse, mais de la maîtrise de la force.
Roberto Carlos n’a jamais cherché à se contenir. Il a appris à frapper juste.
Les gardiens convoqués
La dernière ligne, celle où tout se joue
Dans une CAN, le gardien n’est jamais un poste comme les autres. Il est souvent le premier responsable silencieux des succès, et parfois le dernier rempart quand tout vacille. Peu de ballons touchés, mais chacun peut décider d’un tournoi. La pression y est constante, l’erreur rarement pardonnée.
Conscient de cet enjeu, le staff algérien a misé sur des profils capables de tenir psychologiquement, d’assumer la solitude du poste et d’imposer une confiance collective. Trois gardiens, trois tempéraments, trois lectures différentes du même rôle : protéger.
Le premier d’entre eux incarne la durée, la résistance et la fiabilité.
Gianluigi Buffon

Gardien de but – Numéro 1
Originaire de : Tébessa (wilaya de Tébessa)
Gianluigi Buffon n’a jamais été un gardien de gestes inutiles.
Il est un gardien de temps long.
Tébessa est une ville frontalière. Une ville exposée, marquée par les passages, les tensions, les allers-retours constants. Ici, on apprend très tôt à tenir, à rester debout quand ça frappe de tous les côtés. Buffon incarne exactement cette mentalité.
Son choix de représenter l’Algérie n’a pas été celui d’un dernier défi personnel. C’est un engagement de responsabilité.
« Un gardien, ça sert à rassurer », aurait-il résumé simplement.
Sur le terrain, Buffon apporte à l’équipe nationale ce que peu peuvent offrir : la continuité. Il ne surjoue pas, ne dramatise pas. Il fait ce qu’il faut, quand il faut. Dans une CAN où les matchs se ferment vite, où les occasions sont rares, cette capacité à être toujours prêt est cruciale.
Buffon n’est pas le gardien qui multiplie les arrêts spectaculaires. Il est celui qui empêche les occasions d’exister. Son placement est juste, ses sorties propres, sa lecture des centres impeccable. Dans les matchs serrés, il donne l’impression que le but est plus petit.
Lors de la préparation, il a impressionné par sa concentration constante. Même à l’entraînement, chaque ballon était traité comme décisif.
Un membre du staff confie :
« Avec lui derrière, tu sais que tu peux défendre sans paniquer. »
Physiquement, Buffon n’a jamais cherché à lutter contre le temps. Il l’a apprivoisé. À Tébessa, on sait que la durée est une épreuve en soi. On ne gagne pas en un jour, on tient sur la longueur. Buffon applique cette logique : gestion de l’effort, économie des gestes, lucidité jusqu’au bout.
Dans le vestiaire, il occupe un rôle central mais discret. Il parle peu, mais sa voix porte. Il place, il ordonne, il calme. Les défenseurs savent qu’avec lui, la ligne arrière ne sera jamais livrée à elle-même.
Pour les supporters algériens, Buffon représente une certitude rare : la stabilité. Celle qui permet d’aborder les matchs à élimination directe avec sérénité. Dans une compétition courte, ce type de gardien peut faire la différence sans jamais apparaître en première ligne.
À Tébessa, on dit souvent que ceux qui vivent à la frontière apprennent à ne jamais dormir complètement.
Gianluigi Buffon n’a jamais dormi sur un match. Et c’est exactement ce que l’Algérie attend de lui.
Oliver Kahn

Gardien de but – Numéro 12
Originaire de : Skikda (wilaya de Skikda)
Oliver Kahn n’a jamais été un gardien rassurant.
Il a toujours été un gardien dissuasif.
Skikda est une ville sous tension. Port industriel, humidité lourde, bruit constant, activité continue. Ici, le calme est rare, et la moindre faille se paie cher. On y apprend à imposer sa présence pour ne pas se faire submerger. Kahn a toujours gardé exactement comme on vit à Skikda : en occupant l’espace, en dominant l’atmosphère.
Son choix de représenter l’Algérie s’est imposé comme une évidence tactique. Dans une CAN où la pression du public, des arbitres et du contexte peut faire vaciller les plus solides, Kahn apporte quelque chose d’unique : la peur chez l’adversaire.
Sur le terrain, son impact dépasse largement les arrêts. Kahn habite son but. Il sort fort, il parle fort, il regarde fort. Les attaquants hésitent. Les centres sont moins appuyés. Les frappes sont précipitées. Ce n’est pas un hasard.
Un membre du staff résume :
« Avant même le tir, l’attaquant doute. »
Dans une compétition où les matchs se jouent parfois sur un ballon mal frappé, ce doute est une arme.
Physiquement, Kahn impose une intensité rare. Il ne se contente pas de bloquer. Il repousse, il boxe, il renvoie le ballon loin, comme pour rappeler que la surface lui appartient. À Skikda, on protège son périmètre sans négocier.
Lors de la préparation, il a marqué les esprits par son engagement presque excessif. Chaque séance ressemblait à un match. Chaque arrêt était vécu comme une victoire personnelle.
Un préparateur confie :
« Il ne sait pas faire à moitié. »
Dans le vestiaire, Kahn joue un rôle particulier. Il ne rassure pas par la douceur, mais par la certitude. Les défenseurs savent qu’ils ont derrière eux quelqu’un qui ne recule jamais. Quelqu’un qui assume même l’erreur, mais jamais la passivité.
Pour les supporters algériens, Kahn représente un message clair : le but algérien n’est pas un endroit accueillant. Dans les matchs tendus, quand l’adversaire pousse, quand le stade gronde, ce type de gardien peut retourner l’ambiance à lui seul.
À Skikda, on dit souvent que quand la mer est agitée, il faut faire plus de bruit qu’elle.
Oliver Kahn n’a jamais cherché à calmer la tempête. Il l’a toujours dominée.
Edwin van der Sar

Gardien de but – Numéro 16
Originaire de : Hydra (Alger)
Edwin van der Sar n’a jamais été un gardien spectaculaire.
Il a toujours été un gardien de maîtrise.
Hydra est un quartier à part dans Alger. Calme, structuré, en hauteur. Un lieu où l’on observe avant d’agir, où chaque décision est pesée, où l’on évite l’excès. Van der Sar incarne exactement cette approche : faire le minimum nécessaire, mais le faire parfaitement.
Son choix de représenter l’Algérie s’inscrit dans une logique de projet. Pas d’émotion débordante, pas de discours appuyé. Une décision réfléchie, cohérente, tournée vers l’efficacité collective.
« Cette équipe peut contrôler les matchs. Il faut un gardien pour ça », aurait-il expliqué au staff.
Sur le terrain, van der Sar apporte une dimension essentielle au football moderne algérien : le jeu au pied. Relances propres, prises d’informations rapides, capacité à casser le pressing par une passe juste. Il ne subit pas le jeu, il y participe.
Dans une CAN où beaucoup d’équipes laissent le ballon au gardien sans pression, van der Sar transforme ce moment en opportunité. Il attire, il fixe, puis il relance. Résultat : l’Algérie ressort proprement, sans paniquer.
Un adjoint résume :
« Avec lui, le premier attaquant adverse devient inutile. »
Physiquement, van der Sar n’a jamais été un gardien explosif. Sa force réside ailleurs : le placement. Toujours bien positionné, rarement surpris. À Hydra, on sait que la hauteur donne de la perspective. Van der Sar joue avec cette avance visuelle.
Lors de la préparation, il a marqué les esprits par son calme constant. Même sous pression, même après une erreur collective. Jamais de geste d’humeur, jamais de précipitation.
Un défenseur confie :
« Quand tu te retournes et que tu vois qu’il n’a pas bougé, tu comprends que tout va bien. »
Dans le vestiaire, il occupe un rôle de stabilisateur. Il ne parle pas pour imposer, mais pour organiser. Placement sur les relances, gestion des lignes, communication simple et claire. Les jeunes joueurs comprennent vite que le calme est une arme.
Pour les supporters algériens, van der Sar incarne une promesse moderne : celle d’une équipe capable de contrôler le tempo, même depuis le poste de gardien. Dans une compétition où la nervosité est souvent l’ennemi principal, ce profil est précieux.
À Hydra, on dit souvent que le vrai luxe, c’est le contrôle.
Edwin van der Sar a bâti toute sa carrière sur cette idée. Et avec l’Algérie, il apporte exactement cela.
La « dream team » impossible… trêve de plaisanterie
Si vous êtes arrivé jusqu’ici sans lever un sourcil, c’est que le piège a plutôt bien marché.
Non, l’Algérie n’a pas convoqué Messi, Cristiano Ronaldo, Ronaldo Nazário, Zidane, Pirlo, Maldini, Buffon et toute la galaxie. Cette liste élargie est une fiction assumée : une farce au ton volontairement institutionnel, un poisson d’avril avant l’heure — avec juste assez de détails, de lieux et de “protocole” pour faire douter pendant quelques paragraphes.
L’idée n’était pas de se moquer, ni de “piéger” méchamment. Plutôt de jouer avec une vérité que le football algérien connaît bien : l’imaginaire fait partie du supportérisme, et la diaspora a toujours nourri les récits, les projections, les “et si…”.
Et puis, avouons-le : sur le papier, cette sélection-là aurait probablement roulé sur tout le monde. Une équipe qui verrouille derrière avec Maldini–Nesta, qui impose le tempo avec Zidane–Xavi–Pirlo, et qui te punit devant avec Ronaldo R9 et Messi… c’est moins une équipe qu’une réclamation adressée aux lois de la physique.
Quant aux villes d’origine attribuées à chacun, elles n’étaient pas posées au hasard. L’objectif était justement d’écrire des origines qui “collent” aux profils : un joueur de contrôle associé à une ville de structure, un monstre d’endurance à un territoire qui apprend à tenir, un défenseur de territoire à un quartier qui ne recule pas. Bref : un roman collectif, à la sauce algérienne, avec ses montagnes, ses ports, ses cafés, ses silences… et ses hammams.
Maintenant, place au sérieux.
Liste officielle des 28 joueurs algériens qui participeront à la CAN 2025
Gardiens :
- Anthony Mandrea (Caen)
- Luca Zidane (Grenade)
- Oussama Benbot (USM Alger/ALG)
Défenseurs :
- Rafik Belghali (Hellas Vérone/ITA)
- Rayan Aït-Nouri (Manchester City/ANG)
- Youcef Atal (Al-Sadd/QAT)
- Mehdi Dorval (Bari/ITA)
- Jaouen Hadjam (Young Boys/SUI)
- Zineddine Belaïd (JS Kabylie/ALG)
- Ramy Bensebaïni (Dotmund/ALL)
- Samir Chergui (Paris FC)
- Aïssa Mandi (Lille)
- Mohamed Tougai (Espérance de Tunis/TUN)
Milieux de terrain :
- Ismaël Bennacer (Dinamo Zagreb/CRO)
- Ramiz Zerrouki (Twente/NLD)
- Adem Zorgane (Union Saint-Gilloise/BEL)
- Hicham Boudaoui (Nice)
- Houssem Aouar (Al-Ittihad/ARS)
- Farès Chaïbi (Francfort/ALL)
- Ibrahim Maza (Leverkusen/ALL)
Attaquants :
- Mohammed Amoura (Wolfsburg/ALL)
- Ilan Kebbal (Paris FC)
- Riyad Mahrez (Al-Ahli/ARS)
- Anis Hadj Moussa (Feyenoord/NLD)
- Adil Boulbina (Al-Duhail/QAT)
- Monsef Bakrar (Dinamo Zagreb/CRO)
- Baghdad Bounedjah (Al-Shamal/QAT)
- Redouane Berkane (Al-Wakrah/QAT)
Conclusion
Cette “dream team” imaginaire n’avait qu’un but : faire sourire sans casser l’amour du maillot. Parce qu’au fond, si les supporters algériens se prêtent volontiers à ce genre de fiction, c’est aussi parce qu’ils savent une chose : quand l’Algérie a un groupe soudé, une idée claire, et un vestiaire qui vit bien… elle peut rendre n’importe quel scénario crédible.
Rendez-vous maintenant sur le terrain. La CAN, elle, ne sera pas une blague.
FAQ
Est-ce que cette liste de stars est vraie ?
Non. La “dream team” est une fiction humoristique rédigée sur un ton sérieux, comme un poisson d’avril avant l’heure.
Pourquoi avoir écrit l’article comme une dépêche officielle ?
Pour créer un effet de lecture réaliste (style institutionnel, détails locaux, contexte CAN 2025), et pousser le lecteur à se dire : “attends… et si ?”.
Les villes d’origine attribuées aux joueurs ont-elles une signification ?
Oui : elles ont été choisies pour “coller” au style des joueurs et aux références algériennes (mentalité, climat, symbolique locale). C’est un procédé narratif.







































































































































































































































































































































































































































































































































































































