Ahmed Zabana
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 11 juillet 2017

Ahmed Zabana, de son vrai nom Ahmed Zahana, est une figure-clé des débuts de l’insurrection : militant en Oranie, il devient le premier combattant indépendantiste guillotiné pendant la guerre d’Algérie. Son exécution, le 19 juin 1956, à la prison de Barberousse (aujourd’hui Serkadji) à Alger, marque une bascule symbolique : la peine capitale comme arme de guerre. :contentReference[oaicite:1]{index=1}
On retient souvent une date — 19 juin 1956 — et une image : la guillotine, au cœur d’Alger. Mais le parcours d’Ahmed Zabana ne se résume pas à l’échafaud. Il raconte l’itinéraire d’une génération passée des scouts, des ateliers et des quartiers populaires d’Oran aux réseaux clandestins (MTLD, Organisation spéciale), puis aux premiers accrochages armés de 1954. Son procès et sa condamnation éclairent aussi le rôle de la justice coloniale dans la stratégie de répression : punir un homme, mais surtout intimider un mouvement.
Sommaire
- Fiche d’identité
- Origines : Zahana, Oran et l’atelier
- Du MTLD à l’Organisation spéciale : la clandestinité avant 1954
- 1er Novembre 1954 : l’Oranie entre actions et traque
- Arrestation, procès à Oran et condamnation à mort
- Barberousse/Serkadji : la guillotine comme signal politique
- Héritage : mémoire, institutions et controverses de sources
- Chronologie
- Questions fréquentes
1) Fiche d’identité : Ahmed Zabana
| Nom complet | Ahmed Zabana |
| Nom de naissance | Ahmed Zahana |
| Naissance | 1926, Saint-Lucien (aujourd’hui Zahana) |
| Ancrage | Oranie ; quartiers d’Oran (El Hamri, Médina Jdida) selon notices biographiques |
| Parcours militant | MTLD ; Organisation spéciale (OS) ; puis ralliement au FLN/ALN (selon récits convergents) |
| Condamnation | Peine de mort (tribunal d’Oran) |
| Exécution | 19 juin 1956, prison Barberousse/Serkadji (Alger), guillotine |
| Statut mémoriel | Considéré comme le « premier guillotiné » de la guerre d’Algérie ; figure commémorée chaque 19 juin |
Nota sources : sur les repères factuels (date d’exécution, lieu, statut de « premier guillotiné »), les sources institutionnelles et la presse nationale convergent. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
2) Origines : Zahana, Oran et l’atelier
Ahmed Zabana naît en 1926 à Saint-Lucien (aujourd’hui Zahana). Les notices biographiques situent ensuite l’essentiel de sa jeunesse à Oran, dans des quartiers populaires comme El Hamri et Médina Jdida. Il suit une formation professionnelle et apprend un métier manuel (souvent décrit comme soudeur/chaudronnier), typique d’une génération entrée tôt dans le travail, et donc très tôt confrontée aux inégalités coloniales. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
Ce détail compte : dans l’Algérie coloniale, les réseaux nationalistes se structurent aussi à partir de sociabilités concrètes — écoles, ateliers, stades, associations. La politisation n’arrive pas “par un discours” : elle s’infiltre par le quotidien, la dignité, les humiliations répétées, puis la certitude qu’une réforme sans rapport de force ne viendra pas.
Repères : Oranie, un foyer décisif
L’Oranie n’est pas seulement un décor : c’est un espace de réseaux, de mobilité et de répression. Pour situer les lieux évoqués : voir nos pages Oran et Mascara (si vous la publiez/activez dans vos pages “villes”).
3) Du MTLD à l’Organisation spéciale : la clandestinité avant 1954
Avant d’être un nom de commémoration, Ahmed Zabana est d’abord un militant d’avant-guerre. Les biographies le rattachent au MTLD et à l’Organisation spéciale (OS), la branche clandestine armée qui prépare, entraîne, cache, discipline. Dans l’Ouest, l’OS fonctionne avec une logique de compartimentage : chacun sait peu, mais chacun fait. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
C’est ici que se joue la différence entre “militantisme” et “insurrection” : la clandestinité ne naît pas le 1er Novembre. Elle s’éprouve avant, dans les filatures, les arrestations, les retours à la case prison, puis la reprise. Les sources biographiques évoquent des condamnations antérieures et une surveillance policière croissante à Oran. :contentReference[oaicite:5]{index=5}
Sur Zoom Algérie, ce passage “OS → rupture → FLN” se lit aussi dans les trajectoires des Six Historiques et de leurs proches : Larbi Ben M’hidi, Krim Belkacem, Didouche Mourad.
4) 1er Novembre 1954 : l’Oranie entre actions et traque
L’insurrection du 1er Novembre 1954 se déploie par foyers. Dans l’Ouest, elle s’accompagne très vite d’une traque intense : quadrillage, ratissages, arrestations ciblées. Les biographies d’Ahmed Zabana relient sa condamnation à une affaire précise : l’assassinat d’un garde forestier français, François Braun, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, événement invoqué par l’accusation. :contentReference[oaicite:6]{index=6}
Ce point doit être traité avec méthode : les versions et les responsabilités exactes sont difficiles à stabiliser sans accéder au dossier judiciaire complet. Ce qui est solidement établi, en revanche, c’est le mécanisme politique : un épisode violent, un accusé “utile” à présenter comme exemple, puis la peine capitale comme démonstration. :contentReference[oaicite:7]{index=7}
5) Arrestation, procès à Oran et condamnation à mort
Après 1954, l’étau se resserre. Les sources biographiques indiquent une arrestation à l’issue d’un affrontement en novembre 1954, au cours duquel Zabana est blessé, puis détenu. Il est ensuite jugé par un tribunal à Oran et condamné à mort. :contentReference[oaicite:8]{index=8}
Le procès colonial, dans cette séquence, sert plusieurs objectifs : produire une “preuve” officielle, rendre la peine incontestable aux yeux de l’administration, et lancer un message aux réseaux clandestins. Le droit devient un bras de la guerre, et la guillotine — loin d’être un reliquat pénal — un outil d’intimidation.
Barberousse/Serkadji : un lieu qui concentre la mémoire
La prison Barberousse (Serkadji) est l’un des lieux les plus chargés de la guerre : détentions, interrogatoires, exécutions. Selon le ministère algérien de la Défense (page muséale), Ahmed Zabana est le premier martyr exécuté à la guillotine dans cette prison. :contentReference[oaicite:9]{index=9}
6) 19 juin 1956 : la guillotine comme signal politique
Le fait central, incontestable, est là : Ahmed Zabana est guillotiné le 19 juin 1956 à la prison Barberousse/Serkadji, à Alger. Les sources institutionnelles algériennes comme la presse nationale rappellent ce repère et le statut de “premier guillotiné” pendant la guerre d’indépendance. :contentReference[oaicite:10]{index=10}
Pourquoi cette exécution marque-t-elle autant ? Parce qu’elle installe une grammaire de la peur : l’État colonial dit qu’il ne négociera pas sous contrainte et qu’il frappera jusqu’au bout. La réponse, côté indépendantiste, se lit aussi en creux : la peine capitale transforme un militant en symbole — parfois plus puissant mort que vivant. Les mots attribués à Zabana (« Je meurs, mais l’Algérie vivra ») circulent largement dans les récits mémoriels ; leur exactitude textuelle est difficile à établir, mais leur rôle est clair : dire la continuité du combat au-delà de l’échafaud. :contentReference[oaicite:11]{index=11}
Cette séquence des “condamnés à mort” ne s’arrête pas à 1956. Deux ans plus tard, Taleb Abderrahmane est exécuté à Serkadji (24 avril 1958), dans un autre contexte, celui de la bataille d’Alger, mais avec la même logique punitive : faire exemple. :contentReference[oaicite:12]{index=12}
7) Héritage : mémoire, institutions et prudence sur les détails
L’Algérie indépendante a inscrit Ahmed Zabana au cœur du panthéon national : commémorations, lieux et institutions portant son nom. On le retrouve notamment associé à Oran à travers des équipements culturels/sportifs (référencés dans les notices) et, plus largement, dans la mémoire officielle comme “premier guillotiné”. :contentReference[oaicite:13]{index=13}
Mais un travail sérieux exige une distinction : les repères solides (date, lieu, statut) et les détails variables (chronologies fines d’opérations, formulations de dernières paroles, responsabilités exactes d’une action). Les biographies secondaires peuvent amplifier ou simplifier. Pour rester au plus proche des faits, nous privilégions les sources institutionnelles et la presse historique, et nous signalons les éléments qui reposent sur des notices de synthèse. :contentReference[oaicite:14]{index=14}
8) Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1926 | Naissance à Saint-Lucien (Zahana) |
| Années 1940–1950 | Formation professionnelle et militantisme (MTLD/OS) selon notices |
| 31 oct.–1 nov. 1954 | Déclenchement de l’insurrection ; l’accusation relie son dossier à l’affaire du garde forestier François Braun |
| 1955 | Procès et condamnation à mort (tribunal d’Oran) selon sources biographiques |
| 19 juin 1956 | Exécution par guillotine à Barberousse/Serkadji (Alger) |
9) Questions fréquentes
Qui était Ahmed Zabana ?
Ahmed Zabana, de son vrai nom Ahmed Zahana (1926–1956), est un militant nationaliste en Oranie, rattaché au MTLD et à l’Organisation spéciale selon les biographies, puis au FLN/ALN. Il est surtout connu comme le premier indépendantiste guillotiné pendant la guerre d’Algérie, exécuté le 19 juin 1956 à la prison Barberousse/Serkadji d’Alger.
Pourquoi son exécution a-t-elle marqué l’histoire ?
Parce qu’elle inaugure une séquence d’exécutions capitales qui transforme la justice coloniale en instrument de guerre. En frappant publiquement (par la guillotine) un militant présenté comme impliqué dans les débuts de l’insurrection, l’administration cherche à intimider les réseaux clandestins. L’effet mémoriel, lui, produit l’inverse : Zabana devient un symbole.
Où a-t-il été guillotiné ?
À Alger, dans la prison de Barberousse, appelée aujourd’hui Serkadji. Des sources institutionnelles algériennes rappellent que la guillotine y a servi à exécuter des condamnés pendant la guerre, et citent Ahmed Zabana comme premier exécuté.
Quelle est la différence entre Ahmed Zabana et Taleb Abderrahmane ?
Ahmed Zabana est exécuté en 1956 et incarne les débuts de la guerre (surtout en Oranie) et l’usage précoce de la guillotine. Taleb Abderrahmane est exécuté en 1958, dans le contexte de la bataille d’Alger, et son dossier illustre la justice militaire et la répression des réseaux urbains.
Pourquoi les dernières paroles attribuées à Zabana sont-elles difficiles à vérifier ?
Parce que les exécutions se déroulent dans un cadre très contrôlé (prison, administration, censure), et que la mémoire collective retient des formulations devenues symboles. L’important, historiquement, est de distinguer le fait établi (exécution, date, lieu) de la citation qui circule.
Lire aussi :
- Personnalités algériennes — renforcer le silo “portraits historiques”.
- Guerre d’Algérie — replacer l’exécution dans la stratégie globale de répression.
- Alger — contextualiser Barberousse/Serkadji et la mémoire urbaine.
- Oran — ancrer le récit dans l’Oranie et les lieux d’enfance/militantisme.
- Taleb Abderrahmane — continuité “condamnés à mort” et Serkadji.
- Yacef Saadi — autre séquence de répression (bataille d’Alger) pour élargir.
- Ali la Pointe — lien thématique “Alger / Casbah / répression”.
- Hassiba Ben Bouali — compléter le cluster bataille d’Alger.
- Djamila Bouhired — pont vers les procès emblématiques et l’opinion publique.
- Larbi Ben M’hidi — contexte des réseaux et de l’organisation révolutionnaire.
- Krim Belkacem — élargir vers la direction politico-militaire du FLN.
- Didouche Mourad — continuité chronologique des débuts de la Révolution.
Sources et références (sélection)
Sources privilégiées pour les repères factuels : page institutionnelle du Ministère algérien de la Défense nationale (musée, Serkadji/guillotine, Zabana cité comme premier exécuté), et articles de El Moudjahid sur l’exécution du 19 juin 1956. Les notices encyclopédiques (Wikipédia) sont utilisées uniquement comme repères secondaires, à recouper.
- MDN (Algérie) — Serkadji/guillotine et mention d’Ahmed Zabana :contentReference[oaicite:16]{index=16}
- El Moudjahid — « 19 juin 1956, Ahmed Zabana est guillotiné… » :contentReference[oaicite:17]{index=17}
- El Moudjahid — rappel commémoratif (anniversaire) :contentReference[oaicite:18]{index=18}
- Notice encyclopédique (à recouper) :contentReference[oaicite:19]{index=19}
Voir aussi : Taleb Abderrahmane, Djamila Bouhired, Yacef Saadi — et abonnez-vous à la rubrique Histoire pour les prochains portraits.






































































































































































































































































































































































































































































































































































































