#Personnalités algériennes

Mostefa Ben Boulaïd

Mostefa Ben Boulaïd (1917-1956) est unanimement reconnu comme le Père de la Révolution algérienne. Chef charismatique des Aurès, fondateur du CRUA puis du FLN, président de la « Réunion des 22 », organisateur du 1er novembre 1954, il incarne mieux que quiconque l’esprit de sacrifice des Six Historiques. Ancien adjudant décoré de la campagne d’Italie, homme d’affaires prospère, il sacrifia tout pour l’indépendance de sa patrie. Condamné à mort puis évadé de prison, il mourut à 39 ans, victime d’un poste radio piégé par les services secrets français.

Fiche d’identité : Mostefa Ben Boulaïd

Nom completMostefa Ben Boulaïd (مصطفى بن بولعيد)
SurnomLe Père de la Révolution algérienne, Si Mostefa
Naissance5 février 1917, Arris (Aurès)
Décès22 mars 1956, Nara (Aurès) – 39 ans
OrigineTribu chaoui des Touaba (Ouled Daoud)
Grade militaire (France)Adjudant (campagne d’Italie 1944)
Décorations françaisesMédaille militaire, Croix de guerre 1939-1945
Responsabilité FLNChef de la Zone I (Aurès-Nemencha)
Fonction historiqueMembre des Six Historiques, Président de la Réunion des 22
Cause du décèsRadio piégée parachutée par le SDECE français

1. Origines et jeunesse dans les Aurès

Mostefa Ben Boulaïd naît le 5 février 1917 à Arris, au cœur du massif des Aurès, dans ce qui était alors le chef-lieu de la commune mixte de l’Aurès. En 1917, Arris ne comptait que les bureaux de l’administration coloniale et quelques habitations — environ 75 personnes au total.

Il appartient à la tribu berbère des Ouled Daoud, plus connue sous le nom de Touaba, la plus nombreuse et la plus puissante du massif aurésien. Le territoire de cette tribu s’étendait sur plus de 70 kilomètres, de Timgad jusqu’à l’oasis de Biskra.

Issu d’une famille chaoui aisée, le jeune Mostefa bénéficie d’un privilège rare pour l’époque : il fait des études primaires à l’école de Batna et obtient son certificat d’études primaires. Ce diplôme, considérable pour un jeune Algérien issu d’un milieu rural à cette époque, lui confère une maîtrise parfaite de la langue française qui lui sera précieuse tout au long de son parcours.

2. La Seconde Guerre mondiale : un soldat décoré

En 1939, à 22 ans, Mostefa Ben Boulaïd accomplit son service militaire obligatoire au 11e régiment de tirailleurs algériens, où il est rapidement nommé caporal. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est mobilisé et participe aux combats.

C’est durant la campagne d’Italie en 1944 qu’il se distingue particulièrement par son courage au combat. Ses états de service exceptionnels lui valent :

  • Le grade d’adjudant
  • La Médaille militaire
  • La Croix de guerre 1939-1945

Cette expérience militaire sera déterminante pour son avenir de chef révolutionnaire. Ben Boulaïd acquiert une connaissance approfondie de la stratégie, de la tactique et du maniement des armes — compétences qu’il mettra au service de la lutte pour l’indépendance.

Démobilisé, il regagne sa ville natale d’Arris. L’administration coloniale, qui apprécie cet homme « sérieux, honnête, réservé » et « d’apparence timide », lui accorde une faveur insigne : une licence pour exploiter la ligne de cars Batna-Arris. Elle lui confie également la présidence du groupement des commerçants de tissus dans les Aurès, ce qui lui permet de constituer un vaste réseau de relations dans les douars — réseau qu’il utilisera plus tard au service de la Révolution.

3. L’engagement nationaliste : du PPA à l’OS

En 1946, Mostefa Ben Boulaïd adhère au Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, puis au MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) qui lui succède.

Son engagement politique se manifeste publiquement en 1948, lorsqu’il se présente comme candidat du MTLD aux élections à l’Assemblée algérienne. Malgré les pressions exercées sur les populations, il obtient un succès considérable : 10 000 voix au premier tour. C’est un aveu d’impuissance pour le chef de la commune mixte qui se flattait de tenir en main les montagnards.

Mais l’administration coloniale ne l’entend pas ainsi. Les résultats du second tour sont truqués, et c’est un « beni-oui-oui » méprisé, le caïd Abdelkader, qui est proclamé élu officiel. Ben Boulaïd se voit retirer sa « carte violette » et tombe en disgrâce.

Rapport de la gendarmerie de Batna (27 juin 1947)

« Le nommé Boulaid Mostefa se proposerait d’aller prochainement à Tunis. De là, il chercherait à se rendre en Égypte. » Les services français surveillent déjà ses activités pour l’achat d’armes.

Loin de le décourager, cette injustice renforce son engagement. Il feint de se retirer de la politique pour se consacrer à ses affaires, mais clandestinement, il met toute son énergie à répandre les idées nationalistes. Il entre en contact avec les « bandits d’honneur » qui ont pris le maquis après la Seconde Guerre mondiale.

L’Organisation spéciale (OS)

À la création de l’Organisation spéciale (OS) en 1947 — la branche armée clandestine du PPA-MTLD — Ben Boulaïd se voit confier la responsabilité de la branche des Aurès. Il devient l’un des principaux responsables de cette organisation paramilitaire.

Dès 1948, il organise des convois d’armes acquises auprès de contrebandiers, tantôt à El Oued, tantôt en Libye. Ces armes proviennent des stocks abandonnés par les forces italiennes et allemandes après leur défaite face aux Alliés. Ben Boulaïd les achète avec son propre argent et constitue un important dépôt qui servira au 1er novembre 1954.

En juillet 1951, malgré la présence d’un administrateur et de gendarmes, ses partisans parviennent à empêcher le déroulement des élections dans un douar de la commune mixte. En 1952, l’insécurité s’est tellement développée que le gouvernement général lance l’opération militaire « Aiguille » contre « les bandits de l’Aurès ». Plusieurs milliers d’hommes sont mobilisés.

L’échec de cette opération militaire est complet. Elle démontre à Ben Boulaïd qu’avec quelques hommes de plus, un peu plus d’argent et d’armes, il est capable de tenir tête à l’armée française — dont l’essentiel des forces est alors engagé dans la guerre d’Indochine.

4. La création du CRUA et la Réunion des 22

Après la découverte de l’OS par la police coloniale en mars 1950, un noyau de militants ayant échappé à la répression se retrouve clandestinement à Alger à partir de 1952. Parmi eux : Mohamed Boudiaf, Didouche Mourad, Mostefa Ben Boulaïd et Larbi Ben M’hidi.

Le 23 mars 1954, ces hommes fondent le Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA), avec deux anciens de l’OS (Ben Boulaïd et Boudiaf) et deux centralistes. L’objectif : dépasser les querelles entre Messalistes et Centralistes qui paralysent le mouvement national, et préparer le passage à la lutte armée.

La Réunion des 22 (25 juin 1954)

Le 25 juin 1954 (ou 24 juin selon certaines sources), dans une modeste villa du Clos Salembier (actuel El Madania), appartenant à Lyès Derriche, se tient une réunion qui va changer l’histoire de l’Algérie. Vingt-deux militants nationalistes, tous anciens de l’Organisation spéciale, sont réunis.

Les participants de la Réunion des 22

Les cinq organisateurs : Mostefa Ben Boulaïd (président de séance), Mohamed Boudiaf, Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi, Rabah Bitat.

Parmi les autres participants : Badji Mokhtar, Souidani Boudjemaa, Zoubir Bouadjadj, Mohamed Merzougui, et d’autres militants des différentes régions.

Note : Krim Belkacem, qui tenait le maquis en Kabylie, ne pouvait pas être présent mais avait mandaté Ben Boulaïd pour le représenter.

Ben Boulaïd préside la séance. Il ouvre la réunion en tirant les leçons du passé et en dénonçant l’attitude capitularde de la direction du MTLD. Puis il déclare aux présents :

« C’est la première fois que nous sommes tous réunis. Vous représentez différentes régions de notre pays. Vous avez recruté des hommes en qui vous avez toute confiance. »

Et, évoquant la victoire du Viêt Minh à Diên Biên Phu (mai 1954) :

« La guerre qui se termine là-bas… nous devons l’entreprendre ici. »

Souidani Boudjemaa joue un rôle crucial en poussant les hésitants à voter pour le passage à l’action armée. À l’issue d’un vote anonyme contrôlé par Ben Boulaïd, les 22 se prononcent « pour la révolution illimitée jusqu’à l’indépendance totale ».

Les décisions principales :

  • Transformation du CRUA en FLN (Front de libération nationale)
  • Création de l’ALN (Armée de libération nationale)
  • Division de l’Algérie en cinq zones de combat
  • Adoption du principe de la direction collégiale
  • Fixation d’une date pour le déclenchement de la Révolution

5. Les Six Historiques et le 1er novembre 1954

Après la Réunion des 22, une direction de six membres est mise en place pour conduire l’insurrection. Ces hommes passeront à la postérité sous le nom des « Six Historiques » ou « Groupe des Six ».

Les Six Historiques et leurs zones

Larbi Ben M’hidiZone V (Oranais)
Mostefa Ben BoulaïdZone I (Aurès-Nemencha)
Didouche MouradZone II (Nord-Constantinois)
Rabah BitatZone IV (Algérois)
Krim BelkacemZone III (Kabylie)
Mohamed BoudiafCoordinateur général

Le 23 octobre 1954, les Six se réunissent une dernière fois au domicile de Mourad Boukechoura pour fixer définitivement la date du déclenchement : la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 — la Toussaint.

Dans les jours qui précèdent, Ben Boulaïd travaille sans relâche à la préparation des opérations dans sa zone. En parfait stratège, il avait œuvré durant des mois dans le secret total, donnant l’impression d’avoir abandonné la politique depuis les élections truquées de 1948.

6. La Toussaint rouge dans les Aurès

Le samedi 30 octobre 1954, Ben Boulaïd regroupe ses combattants. Un premier groupe de soixante hommes dirigés par Tahar Nouichi est réuni près de Foum Toub. Ben Boulaïd s’occupe directement du deuxième groupe comprenant près de 150 moudjahidine.

Le dimanche 31 octobre, aidé par ses adjoints Bachir Chihani et Adjel Adjoul, il distribue les armes — de vieux fusils Mauser et Statti — ainsi que des tenues américaines achetées chez les fripiers et les fameux « Pataugas » qui deviendront bientôt célèbres. Il tient à ce que ses moudjahidine soient impeccables.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, à minuit passé, les Aurès entrent en guerre sous la direction de Mostefa Ben Boulaïd. Il supervise personnellement la distribution des armes et des munitions à 340 combattants.

Les opérations du 1er novembre dans la Zone I

Ben Boulaïd avait prévu d’isoler la partie centrale des Aurès, même pour une courte période, afin de créer un choc psychologique et de démontrer les capacités des combattants. Les opérations visent :

  • Batna : attaque de la caserne par le commando de Hadj Lakhdar
  • Khenchela : attaque de bâtiments militaires
  • Biskra : attaque du commissariat et de la centrale électrique
  • Sabotages de ponts et transformateurs électriques

Le bilan est spectaculaire : trois soldats français tués, plusieurs bâtiments attaqués, des installations sabotées. La France découvre qu’un mouvement clandestin vient de naître.

L’incident des gorges de Tighnimine

Le matin du 1er novembre, vers 7 heures, l’autocar reliant Biskra à Arris est arrêté dans les gorges de Tighnimine par un groupe d’insurgés dirigé par Mohamed Sbaïhi. L’ordre de Ben Boulaïd était clair : « Ne touchez pas à un civil européen ! »

Mais la situation dégénère. Le caïd Hadj Sadok, qui avait reçu la déclaration du FLN deux jours plus tôt et l’avait rejetée, est abattu. L’instituteur français Guy Monnerot, 23 ans, est également tué, et son épouse Janine blessée. Ce drame, que Ben Boulaïd a condamné, planera longtemps sur la perception de cette journée.

Dans les jours qui suivent, la répression s’abat sur les Aurès. Le 19 novembre 1954, 50 000 hommes sont déployés. Le slogan des autorités : « Tout pour l’Aurès ». Les opérations « Violette » puis « Véronique » sont lancées, accompagnées d’un terrible blocus alimentaire.

7. Arrestation et condamnation à mort

Début 1955, la situation dans les Aurès est critique. Les munitions manquent. Ben Boulaïd décide de mener personnellement une mission pour ramener des armes acheminées depuis l’Égypte via la Libye.

Le 11 février 1955, il est arrêté à Bengardane, une petite ville du sud de la Tunisie, près de la frontière libyenne. À l’arrivée de l’autocar de Gabès, Ben Boulaïd et son compagnon Amar Ben Mohamed Ferchichi sont interpelés par un agent au poste de contrôle. Sentant qu’ils allaient être débusqués, l’un d’eux abat le soldat d’un coup de pistolet et prend la fuite. Mais les deux fugitifs sont rattrapés le lendemain.

C’est l’arrestation la plus importante depuis le déclenchement de la lutte armée. Sur une photo prise entre deux soldats français, Ben Boulaïd réussit à transmettre un message symbolisant l’unité : ses deux pouces joints.

Transféré à Constantine, il comparaît devant le tribunal permanent des forces armées le 22 juin 1955. Ses avocats sont deux militants anticolonialistes français : Yves Dechezelles et Pierre Stibbe. Il est condamné à la peine de mort et incarcéré à la prison du Coudiat.

8. L’évasion spectaculaire de Constantine

À la prison du Coudiat, Ben Boulaïd n’a qu’une seule idée en tête : s’évader. La préparation est minutieuse. Un gardien de prison, Djaffer Chérif, lui aussi chaoui, est complice.

Le plan est audacieux : creuser un tunnel jusqu’à un petit dépôt, traverser une cour, franchir deux murs séparés par un chemin de ronde. Bachir Hadjadj, originaire d’El Khroub, suggère l’idée du tunnel.

Le jour J est fixé au jeudi 10 novembre 1955, à 17h30, moment où les gardiens commencent à quitter la prison. Lors du tirage au sort, tous les détenus s’accordent pour que Ben Boulaïd soit parmi les premiers à sortir.

Les évadés du 10 novembre 1955

11 hommes réussissent à s’échapper : Mohamed Laïfa (le premier), Mostefa Ben Boulaïd, Tahar Zbiri (futur chef d’état-major de l’ANP), Brahim Taïbi, Mohamed Beziane, Hocine Arif, Hamadi Krouma, Ahmed Bouchemal, Lakhdar Mechri, Slimane Zaïdi et Ali Haftari.

Saïd Chouki, le 12e à passer, tombe lorsque la passerelle lâche. Blessé, repris, il sera plus tard guillotiné.

L’évasion est qualifiée de « spectaculaire » par la presse française, qui évoque le génie de Ben Boulaïd pour avoir réussi un tel exploit dans l’une des prisons les mieux surveillées d’Algérie. L’information fait le tour de Constantine comme une traînée de poudre.

Ben Boulaïd laisse une lettre à l’administration de la prison :

« Nous aurions pu tuer les gardiens de la prison pour nous évader ; nous étions plus nombreux, mais nous ne l’avons pas fait, car nous ne sommes pas des criminels. Nous sommes contre le gouvernement français. »

Ben Boulaïd rejoint les Aurès pour réorganiser la Révolution et reprendre le commandement des maquis.

9. Une mort controversée : le piège du radio

Dans la nuit du 21 au 22 mars 1956, Mostefa Ben Boulaïd se trouve dans son refuge de la région de Nara (actuelle commune de Menaâ, à 77 km de Batna). Il examine un poste radio qui a été largué quelques jours plus tôt dans un colis parachuté par un avion français.

Il tourne le bouton de la radio. Une violente explosion retentit. Mostefa Ben Boulaïd est tué sur le coup, à l’âge de 39 ans, avec son secrétaire Abdelhamid Lamrani.

L’opération « Cantate » du SDECE

Les circonstances de cette mort sont longtemps restées mystérieuses. Des recherches historiques ont révélé qu’il s’agissait d’une opération baptisée « Cantate », préparée par le service « Action » du SDECE (services secrets français) et exécutée par le Groupement léger d’intervention (GLI).

Le capitaine Krotoff, alias « Kleber », dirigeait l’opération mais fut abattu lors d’un accrochage le 9 mars 1956. C’est le capitaine Erouart qui mena l’opération à son terme. Le 17 mars 1956, quatre colis furent largués au djebel Lazreg, dont l’un contenait le poste radio piégé.

La radio, si elle était alimentée par des piles, fonctionnait normalement. Mais si elle était branchée sur secteur, un détonateur caché parmi les circuits s’activait. La carcasse de l’appareil était faite d’une matière explosive, et plusieurs câbles étaient remplis d’explosifs liquides.

La thèse du complot interne

Certains ont évoqué un possible complot interne. Le colonel Tahar Zbiri a déclaré que les circonstances de la mort de Ben Boulaïd « ne sont pas naturelles » et rappelé la prudence légendaire de l’homme. Des tensions existaient avec Adjel Adjoul, commandant par intérim après l’incarcération de Ben Boulaïd.

À l’indépendance, Adjoul fut arrêté pour s’être rendu à l’ennemi et soupçonné d’implication dans la mort de Ben Boulaïd. Mais son implication n’a jamais été prouvée, et la thèse du piège français reste la plus accréditée par les historiens.

La mort de Ben Boulaïd à cette période cruciale profita d’abord à l’ennemi, qui pouvait se targuer d’avoir éliminé le rassembleur des Aurès. La Wilaya I replongea dans une anarchie que même les tentatives de réconciliation du CCE eurent du mal à contenir. La mission confiée à Amirouche pour rétablir l’ordre en fut un exemple.

10. Héritage et mémoire

Mostefa Ben Boulaïd est unanimement considéré comme le « Père de la Révolution algérienne ». De l’avis de nombreux historiens, il fut incontestablement l’un des architectes de l’insurrection du 1er novembre 1954, le principal acteur qui a servi de noyau et montré la voie aux autres.

Personnalité de consensus, dotée d’un charisme exceptionnel, il avait réussi à rassembler les tribus de la région des Aurès-Nemencha tout en étant un parfait organisateur et meneur d’hommes.

Hommages et commémorations

Héros national de l’Algérie, sa mémoire est honorée dans tout le pays :

  • Bustes sur les places principales de Batna, Arris et Alger-Centre
  • Aéroport de Batna – Mostefa Ben Boulaïd (depuis 1998)
  • Université Batna 2 baptisée à son nom
  • Hôpital Ben Boulaïd à Blida
  • Avenue Mostefa Ben Boulaïd à Annaba (anciennement boulevard Bertagna)
  • Poste-frontière Algérie-Mauritanie portant son nom
  • Lycées, rues et places dans toutes les wilayas

Au cinéma

En 2007, le réalisateur Ahmed Rachedi tourne un film biographique intitulé Mostefa Ben Boulaïd, avec Hassen Kechache dans le rôle-titre. Le film, d’une durée de 170 minutes, est produit dans le cadre de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe 2007 », avec la collaboration du ministère des Moudjahidine.

La tombe de Si Mostefa et celle de son compagnon Lamrani se trouvent à Nara, près d’Arris, dans la wilaya de Batna.

11. Chronologie complète

DateÉvénement
5 février 1917Naissance à Arris, dans les Aurès
1939Service militaire au 11e régiment de tirailleurs algériens
1944Campagne d’Italie : promu adjudant, décoré de la Médaille militaire et Croix de guerre
1946Adhésion au PPA de Messali Hadj, puis au MTLD
1947Devient responsable de l’OS dans les Aurès
1948Candidat MTLD aux élections : 10 000 voix, élection truquée
1948-1954Constitution de dépôts d’armes achetées en Libye
Août 1952Opération « Aiguille » de l’armée française contre les Aurès : échec
23 mars 1954Fondation du CRUA avec Boudiaf et d’autres
25 juin 1954Préside la « Réunion des 22 » au Clos Salembier
23 octobre 1954Réunion finale des Six Historiques : date du déclenchement fixée
1er novembre 1954Toussaint rouge : dirige les opérations dans les Aurès
11 février 1955Arrestation à Bengardane (Tunisie)
22 juin 1955Condamné à mort par le tribunal militaire de Constantine
10 novembre 1955Évasion spectaculaire de la prison du Coudiat avec 10 autres détenus
Nov. 1955 – Mars 1956Réorganisation du maquis des Aurès
22 mars 1956Mort à Nara par l’explosion d’un poste radio piégé (opération « Cantate »)
2007Film biographique d’Ahmed Rachedi

12. Questions fréquentes

Pourquoi Mostefa Ben Boulaïd est-il surnommé le « Père de la Révolution algérienne » ?

Mostefa Ben Boulaïd a joué un rôle central dans la préparation et le déclenchement de la guerre d’indépendance. Il a présidé la « Réunion des 22 » qui a décidé du passage à la lutte armée, co-fondé le CRUA puis le FLN, et dirigé les opérations du 1er novembre 1954 dans les Aurès — la région qui fut le principal bastion de l’insurrection. Son charisme, son sens de l’organisation et son sacrifice personnel en font l’incarnation même de l’esprit révolutionnaire.

Qui étaient les Six Historiques du FLN ?

Les Six Historiques sont les six dirigeants qui ont planifié et déclenché la Révolution du 1er novembre 1954 : Mostefa Ben Boulaïd (Aurès), Larbi Ben M’hidi (Oranais), Didouche Mourad (Nord-Constantinois), Rabah Bitat (Algérois), Krim Belkacem (Kabylie) et Mohamed Boudiaf (coordinateur).

Comment Mostefa Ben Boulaïd est-il mort ?

Il est mort le 22 mars 1956 dans son refuge de Nara (Aurès) par l’explosion d’un poste radio piégé. Cette opération, baptisée « Cantate », avait été préparée par les services secrets français (SDECE). Le poste, parachuté quelques jours plus tôt, était conçu pour exploser lorsqu’il était branché sur secteur.

Quelle était la « Réunion des 22 » ?

La « Réunion des 22 » s’est tenue le 25 juin 1954 (ou 24 juin selon les sources) au Clos Salembier (actuel El Madania), à Alger. Vingt-deux militants nationalistes, anciens de l’Organisation spéciale, s’y sont réunis sous la présidence de Ben Boulaïd pour voter le passage à la lutte armée et créer les structures du FLN et de l’ALN.

Comment Ben Boulaïd s’est-il évadé de prison ?

Le 10 novembre 1955, Ben Boulaïd et dix autres condamnés à mort se sont évadés de la prison du Coudiat à Constantine. Ils ont creusé un tunnel jusqu’à un dépôt, puis franchi deux murs en utilisant une échelle comme passerelle. L’évasion, qualifiée de « spectaculaire » par la presse française, a été rendue possible grâce à la complicité d’un gardien chaoui, Djaffer Chérif.

Où peut-on visiter la tombe de Mostefa Ben Boulaïd ?

La tombe de Mostefa Ben Boulaïd se trouve à Nara, près d’Arris, dans la wilaya de Batna. Elle est située à côté de celle de son compagnon Abdelhamid Lamrani, mort avec lui dans l’explosion. Des bustes en son honneur ornent également les places principales de Batna et d’Arris.

Sources et références

Cet article a été rédigé à partir de sources historiques françaises et algériennes, incluant les travaux de l’historienne Ouanassa Siari Tengour, les témoignages de Mohamed Beziane et Tahar Zbiri, ainsi que les archives de la presse de l’époque.

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