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Rachid Taha

 
 

L’Électron Libre du Rock-Raï

Rachid Taha

1958 – 2018 • Le Rocker d’Alger • L’âme Punk de la Ghorba

Incarnation de la fusion culturelle, Rachid Taha a marié l’insolence du punk aux rythmes ancestraux du désert. De l’engagement militant de Carte de Séjour à l’apothéose mondiale de Ya Rayah, il a dynamité les frontières musicales et sociales.

🔥 Rock-Raï • Punk • Électro
📍 Sig • Lyon • Barbès
🤘 Icône Anti-Raciste

🕶️ Carte d’Identité du Rocker d’Orient
🎂
Naissance
18/09/1958
Sig, Mascara
🕊️
Décès
12/09/2018
Les Lilas (59 ans)
🎸
Style
Rock-Raï Fusion
Punk & Oud
📀
Album Phare
Diwân (1998)
Culte
Combat
Antiracisme
Militantisme actif

Rachid Taha était le visage d’une Algérie indomptable et cosmopolite. Né à Sig, près de Mascara, il a passé l’essentiel de sa vie en France, devenant le porte-voix de la jeunesse issue de l’immigration. En fusionnant le rock anglo-saxon avec le raï algérien et le chaâbi, il a créé un pont culturel unique. Sa reprise de Ya Rayah, le chef-d’œuvre de Dahmane El Harrachi, a transformé une plainte de l’exil en un hymne planétaire, scellant sa place parmi les plus grands noms de la musique mondiale.

« 

Je ne suis pas un chanteur de raï, je suis un chanteur de rock qui a grandi avec le raï. Mon pays, c’est la musique, et elle n’a pas de visa.

— Rachid Taha

🇩🇿
De Sig à Lyon : L’enfance entre deux rives

Rachid Taha naît le 18 septembre 1958 à Sig, une petite ville de l’Ouest algérien située dans la wilaya de Mascara. Son père est originaire de la région, et sa mère est une passionnée de musique. À l’âge de 10 ans, sa famille émigre en France, s’installant d’abord en Alsace, à Sainte-Marie-aux-Mines, puis dans la banlieue de Lyon.

L’enfance de Rachid est marquée par ce déracinement brutal. Élève turbulent mais brillant, il subit de plein fouet les préjugés et l’exclusion. C’est à Lyon, alors qu’il travaille comme intérimaire dans une usine de chauffage, qu’il découvre la nuit lyonnaise et ses clubs. En 1981, il fonde le club « Le Gotha », où il mixe déjà des titres de Kraftwerk avec des classiques de la chanson arabe. C’est l’acte de naissance de son hybridation culturelle.

🎸 L’influence du quartier de la Guillotière

À Lyon, le quartier de la Guillotière devient son ancrage. Il y côtoie la diaspora maghrébine et découvre la puissance du rock contestataire. Pour lui, la musique sera le moyen de cesser d’être un « immigré invisible » pour devenir un artiste incontournable.

🛡️
Carte de Séjour : L’irruption du Rock militant

En 1981, il forme le groupe Carte de Séjour avec les frères Amini. Le nom du groupe est une provocation politique en soi. Ils chantent en arabe et en français sur des guitares saturées. En 1986, ils font sensation avec leur reprise rock de Douce France de Charles Trenet, un titre qu’ils distribuent à l’Assemblée nationale pour dénoncer le racisme ambiant.

Bien que le groupe se sépare à la fin des années 80, Rachid Taha a déjà imposé une nouvelle figure : le rocker arabe, portant le cuir et le chèche, défiant les codes de la variété française. Cette période pose les jalons de son combat pour la visibilité de la culture algérienne en Europe.

Voilà Voilà

Sorti en 1993, ce titre contre la montée de l’extrême droite devient un hymne anti-raciste culte. La boucle hypnotique et le refrain cinglant montrent que Taha est aussi un précurseur de l’électro-mondiale.

📀
Les années 90 : L’invention du Rock-Raï Électro

Dans les années 90, Rachid Taha s’installe à Paris et commence sa collaboration avec le producteur britannique Steve Hillage (Gong). Ensemble, ils vont forger un son révolutionnaire. En 1997, il publie l’album Diwân, une relecture moderne des classiques du patrimoine algérien.

C’est sur cet album que figure sa version de Ya Rayah. En réorchestrant le titre de Dahmane El Harrachi avec des rythmes de club et une énergie rock, Taha propulse le chaâbi dans les discothèques de Londres, Berlin et New York. Le succès est planétaire : la chanson devient le titre algérien le plus vendu de l’histoire, unissant toutes les générations.

Le saviez-vous ?

Rachid Taha a toujours refusé d’être cantonné au « Raï ». Il se considérait comme un artiste « Diwân », un terme qui évoque à la fois l’assemblée, le recueil de poésie et le rituel thérapeutique.

🏟️
1, 2, 3 Soleils : L’apothéose du Raï à Bercy

Le 26 septembre 1998, Rachid Taha entre dans l’histoire aux côtés de Cheb Khaled et Cheb Mami pour le concert mythique 1, 2, 3 Soleils au Palais Omnisports de Paris-Bercy. C’est l’apogée médiatique de la musique algérienne en France.

Alors que Khaled et Mami représentent les versants pop et mélodiques du raï, Rachid apporte la tension, l’urgence et la force tellurique du rock. Son interprétation d’Abdel Kader reste l’un des moments les plus intenses de ce show qui a réuni plus de 15 000 spectateurs et vendu des millions d’albums. Cet événement a prouvé que la musique algérienne était devenue une composante majeure de la culture mondiale.

🤟
L’influence punk et l’héritage de The Clash

Rachid Taha était un punk dans l’âme. Sa relation avec le groupe britannique The Clash est légendaire. En 2004, il sort Rock el Casbah, une reprise en arabe du tube Rock the Casbah. Mick Jones, le guitariste de The Clash, montera même sur scène avec lui à plusieurs reprises pour l’interpréter.

Il a collaboré avec des géants comme Brian Eno ou Robert Plant, prouvant que le répertoire algérien pouvait dialoguer d’égal à égal avec le rock anglo-saxon. Son style vestimentaire — chapeau de cowboy, veste de cuir, bijoux berbères — est devenu une icône de la « World Fusion ». Il a su rester « vrai », refusant les compromis commerciaux qui auraient pu dénaturer son message.

🕊️
Le dernier souffle d’un homme libre (2018)

Le 12 septembre 2018, à quelques jours de son 60ème anniversaire, Rachid Taha s’éteint aux Lilas des suites d’une crise cardiaque pendant son sommeil. Il souffrait depuis des années de la maladie d’Arnold-Chiari, un handicap qu’il avait longtemps gardé secret pour ne pas altérer son image de rocker indomptable.

Son corps a été rapatrié en Algérie et il repose désormais dans sa terre natale de Sig. Il laisse derrière lui un album posthume, Je suis Africain (2019), testament d’un homme qui se voyait comme un citoyen du monde sans frontières. Pour l’Algérie, il reste celui qui a fait résonner le luth et la guitare électrique dans une même plainte de liberté.

💿 Discographie sélective
Diwân (1998) : L’album chef-d’œuvre qui contient Ya Rayah.
Tékitoi (2004) : L’album le plus rock, avec Rock el Casbah.
Je suis Africain (2019) : L’ultime message posthume.


Questions fréquentes

Est-il le créateur de Ya Rayah ?

Non, il s’agit d’une reprise. L’original appartient au maître du chaâbi Dahmane El Harrachi. Cependant, c’est la version de Rachid Taha qui lui a donné une audience mondiale et pop.

Pourquoi chantait-il souvent ‘Rock the Casbah’ ?

Parce qu’il s’identifiait au message rebelle de The Clash. Pour lui, le rock et le raï partageaient la même origine prolétaire et contestataire. Il a traduit le texte en arabe pour le réapproprier.

Était-il proche du groupe Carte de Séjour ?

Oui, il en était le leader et le chanteur principal durant les années 80. C’est avec ce groupe qu’il a posé les bases de son style engagé et de son combat contre le racisme en France.

Où se trouve sa tombe ?

Il est enterré à Sig, dans la wilaya de Mascara, revenant ainsi vers la terre où il est né après une vie d’exil et de succès.

« Ma musique, c’est un cocktail Molotov de joie et de colère. »

— À la mémoire de Rachid Taha (1958 – 2018)

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