La ville de Béjaïa en Algérie
- Dzaïr Zoom / 9 ans
- 10 juillet 2017

Béjaïa, anciennement Bougie, est la perle de la Kabylie et l’un des plus grands ports méditerranéens d’Algérie. Capitale prestigieuse des Hammadides au XIe siècle, elle a donné son nom aux bougies (chandelles de cire) et vu le mathématicien Fibonacci y introduire les chiffres arabes en Europe. Entre le parc national de Gouraya (réserve UNESCO de biosphère) et ses singes magots, les plages cristallines du Cap Carbon et la mémoire du Congrès de la Soummam (1956), Béjaïa conjugue histoire millénaire et nature spectaculaire.
Sommaire
- Présentation générale
- Données géographiques et démographiques
- Histoire : de Saldae aux Hammadides
- Fibonacci et les chiffres arabes
- Le Congrès de la Soummam (1956)
- Parc national de Gouraya (UNESCO)
- Sites et monuments
- Wilayas limitrophes
- Gastronomie kabyle
- Économie et développement
- Culture et traditions
- Questions fréquentes
1. Présentation générale
La wilaya de Béjaïa s’étend sur le littoral de la Petite Kabylie, au Nord-Est de l’Algérie. Située à environ 220 km à l’est d’Alger et à 127 km à l’est de Tizi Ouzou, elle bénéficie d’une position géographique exceptionnelle entre mer et montagne, au débouché de la vallée de la Soummam.
Le nom « Béjaïa » (en kabyle Bgayet ou Vgayet) dérive de la tribu berbère des Beni Ouaghit qui habitait la région. À l’époque romaine, la ville s’appelait Saldae. Son nom francisé, Bougie, vient de sa renommée mondiale pour ses chandelles de cire d’abeille exportées dans toute l’Europe médiévale — c’est ainsi que le mot « bougie » est entré dans la langue française.
Plus grande ville de Kabylie avec près de 180 000 habitants, Béjaïa est majoritairement berbérophone (kabyle). La ville a joué un rôle majeur dans le mouvement berbère, notamment lors du « Printemps berbère » de 1980 et des événements du « Printemps noir » de 2001.
2. Données géographiques et démographiques
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Population (wilaya) | ~912 000 habitants (2008) |
| Population (ville) | ~178 000 habitants (plus grande ville de Kabylie) |
| Superficie | 3 268 km² |
| Nombre de daïras | 19 daïras, 52 communes |
| Code wilaya | 06 |
| Littoral | Plus de 120 km de côte méditerranéenne |
| Point culminant | Mont Gouraya : 660 m |
| Climat | Méditerranéen, doux et humide |
| Aéroport | Aéroport Soummam – Abane Ramdane |
| Université | Université Abderrahmane Mira |
3. Histoire : de Saldae aux Hammadides
3.1 Préhistoire et Antiquité
La région de Béjaïa est habitée depuis le paléolithique. Les vestiges de la culture ibéromaurusienne (entre 200 000 et 10 000 ans av. J.-C.) retrouvés dans les grottes du mont Gouraya attestent d’une présence humaine très ancienne, notamment de l’Homme de Mechta-Afalou, première population d’Homo sapiens d’Afrique du Nord.
Les Phéniciens y établissent un comptoir commercial. Sous domination romaine, la ville prend le nom de Saldae et devient une colonie prospère. En 435, le roi vandale Genséric en fait brièvement sa capitale avant de la transférer à Carthage.
3.2 L’apogée hammadide (XIe-XIIe siècle)
C’est sous les Hammadides (1014-1152) que Béjaïa atteint son apogée. En 1090, menacés par les invasions hilaliennes, les Hammadides transfèrent leur capitale de la Qal’a des Beni Hammad (près de M’Sila) à Béjaïa. La ville devient alors l’une des plus prospères de la Méditerranée.
La cité compte jusqu’à 8 000 maisons et 50 mosquées. Elle est un centre intellectuel majeur où résident des savants comme Abou Madyane (Sidi Boumediene), Ibn Hammad et Abu Hamid al-Saghir. Surnommée la « Petite Mecque » (Mekka Sghira), Béjaïa est un foyer de rayonnement religieux et scientifique.
3.3 De l’occupation espagnole à la période ottomane
En 1510, l’Espagnol Pedro Navarro s’empare de Béjaïa. L’occupation espagnole dure 45 ans, période durant laquelle les palais hammadides sont détruits et la population persécutée. En 1555, Salah Raïs, agissant pour la Régence d’Alger, reprend la ville avec l’aide des contingents kabyles.
Sous domination ottomane, Béjaïa perd son statut de capitale au profit d’Alger. Elle devient cependant une ville de corsaires redoutée et un important chantier de construction navale.
3.4 Période coloniale et indépendance
En 1833, le général Trézel s’empare de Béjaïa, alors réduite à environ 2 000 habitants. La ville se développe comme port et débouché de la Kabylie. Le 8 mai 1945, la région est touchée par les massacres de Kherrata, où la marine française bombarde les côtes, faisant des milliers de victimes civiles.
Pendant la guerre d’indépendance, Béjaïa fait partie de la Wilaya III historique et accueille le Congrès de la Soummam. En 1959, elle devient le premier port pétrolier d’Algérie avec l’oléoduc de Hassi Messaoud. En 1974, elle devient chef-lieu de wilaya. Pour approfondir cette période, consultez notre catégorie Guerre d’Algérie.
4. Fibonacci et les chiffres arabes
Béjaïa a joué un rôle majeur dans l’histoire des mathématiques et la diffusion des chiffres arabes en Europe. Au XIIe siècle, Leonardo Fibonacci (Léonard de Pise), fils d’un représentant des marchands pisans à Béjaïa, y fait son éducation mathématique.
Le séjour de Fibonacci à Béjaïa
Le père de Fibonacci, Guglielmo Bonacci, était responsable du fondouk pisan (comptoir commercial) à Béjaïa, alors capitale hammadide prospère. Le jeune Leonardo y découvre les chiffres indo-arabes utilisés par les marchands et les savants arabes, bien plus pratiques pour le calcul que les chiffres romains.
En 1202, Fibonacci publie le Liber Abaci (« Le Livre du calcul »), dans lequel il vulgarise la numération indo-arabe avec le zéro et le système positionnel. L’ouvrage, partiellement rédigé de droite à gauche à la manière arabe, introduit ces innovations en Europe. C’est également dans ce traité qu’apparaît la célèbre suite de Fibonacci (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13…).
Béjaïa était à l’époque un grand centre intellectuel où résidaient des mathématiciens arabes de renom. Le géographe Al-Idrisi décrit ses marchands en relation avec l’Afrique occidentale, le Sahara et l’Orient. C’est cette vitalité commerciale et intellectuelle qui a permis la transmission des savoirs mathématiques arabes vers l’Europe.
5. Le Congrès de la Soummam (1956)
Le Congrès de la Soummam, tenu du 13 au 20 août 1956 à Ifri (commune d’Ouzellaguen, wilaya de Béjaïa), est considéré comme l’acte fondateur de la Révolution algérienne. Cette réunion clandestine a structuré le FLN et défini la stratégie politico-militaire de la lutte pour l’indépendance.
Organisation et participants
Organisé par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, le congrès réunit les principaux chefs de la révolution : Krim Belkacem, Zighoud Youcef, Amar Ouamrane, Lakhdar Bentobal et d’autres. Le colonel Amirouche assure la sécurité avec 3 000 djounoud déployés dans toute la vallée de la Soummam.
Le choix du village d’Ifri, au milieu de montagnes fortement boisées et de chemins difficilement accessibles, n’est pas fortuit. Abane Ramdane aurait confié : « Il faut être fou pour organiser un congrès dans cet endroit. »
Résolutions et portée historique
La Plateforme de la Soummam adoptée à l’issue du congrès établit plusieurs principes fondamentaux : la primauté du politique sur le militaire, la primauté de l’intérieur sur l’extérieur, la création du CNRA (Conseil National de la Révolution Algérienne) et du CCE (Comité de Coordination et d’Exécution), la division de l’Algérie en six wilayas historiques.
Le congrès a donné à la révolution ses structures politiques et administratives, faisant du FLN le seul représentant légitime du peuple algérien. Chaque année, le 20 août est commémoré en Algérie comme anniversaire du Congrès de la Soummam. Un musée et un mémorial ont été érigés à Ifri.
6. Parc national de Gouraya (UNESCO)
Le parc national de Gouraya, créé en 1984, s’étend sur 2 080 hectares entre mer et montagne. Classé réserve de biosphère par l’UNESCO en 2004, il accueille environ 1,2 million de visiteurs par an, faisant de lui l’un des sites les plus visités d’Algérie.
Biodiversité exceptionnelle
Le parc abrite une faune et une flore remarquables avec plus de 1 700 espèces inventoriées. La vedette est le macaque berbère (singe magot, Macaca sylvanus), seul primate sauvage d’Europe et d’Afrique du Nord, visible notamment au Pic des Singes. Parmi les autres mammifères : chacal doré, sanglier, genette, lynx caracal, porc-épic.
L’avifaune compte 135 espèces dont le faucon pèlerin, l’aigle royal, l’aigle de Bonelli, le vautour fauve et le puffin cendré. La flore méditerranéenne comprend chênes-lièges, pins d’Alep, oliviers sauvages, genévriers et des euphorbes menacées.
Sites emblématiques
Le Pic des Singes : Culminant à 430 m, il offre une vue panoramique époustouflante sur la baie de Béjaïa et le Djurdjura. C’est l’habitat privilégié des macaques berbères.
Le Cap Carbon : Ses falaises de 200 m plongent dans la Méditerranée. Le phare du Cap Carbon, construit en 1907 à 220 m d’altitude, est l’un des plus hauts phares en falaise du monde, visible à 54 km.
Yemma Gouraya : Fort édifié au XVIe siècle par les Espagnols à 660 m d’altitude. Le mausolée de Yemma Gouraya est un lieu de pèlerinage vénéré, notamment par les femmes. « Yemma » signifie « mère » en kabyle, et la sainte est considérée comme la protectrice de Béjaïa.
Les Aiguades : Criques aux eaux cristallines, parfaites pour la baignade et la plongée.
7. Sites et monuments
Patrimoine historique
La Casbah : Datant du XIIe siècle sous les Hammadides, elle a été restaurée. Ses ruelles labyrinthiques témoignent de l’ère médiévale.
Fort Moussa (Bordj Moussa) : Forteresse espagnole du XVIe siècle transformée en musée présentant des artefacts de la préhistoire à l’époque contemporaine.
La Place Gueydon (Place du 1er Novembre 1954) : Balcon emblématique sur le port, l’un des plus grands de Méditerranée.
L’aqueduc romain de Toudja : Témoignage du génie hydraulique romain pour l’approvisionnement en eau de Saldae.
Sites naturels
Les cascades de Kefrida : Chutes d’eau spectaculaires dans l’arrière-pays.
Le parc national de Taza : À 60 km à l’est, également classé réserve de biosphère UNESCO. Ses forêts de chênes zéen, chênes-lièges et chênes afarès abritent une biodiversité remarquable.
Les plages : Plus de 120 km de littoral alternant criques rocheuses et plages de sable fin (Tichy, Aokas, Saket, Boulimat, Melbou).
8. Wilayas limitrophes
| Wilaya | Direction | Distance | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Tizi Ouzou | Ouest | ~127 km | Grande Kabylie, Djurdjura |
| Bouira | Sud-Ouest | ~100 km | Vallée du Sahel, Lakhdaria |
| Bordj Bou Arréridj | Sud | ~120 km | Qal’a des Beni Hammad UNESCO |
| Sétif | Sud-Est | ~111 km | Djémila UNESCO, Hauts Plateaux |
| Jijel | Est | ~96 km | Corniche jijelienne, grottes |
9. Gastronomie kabyle
La cuisine de Béjaïa est typiquement kabyle, fondée sur les céréales (semoule, orge), l’huile d’olive, les légumes du potager et les viandes. Pour découvrir l’ensemble des spécialités algériennes, consultez notre guide de la cuisine algérienne : 50 recettes.
Plats emblématiques
Couscous kabyle : Préparé avec de la semoule fine, accompagné de légumes de saison (courgettes, navets, carottes, pois chiches) et de viande (agneau, poulet). La sauce peut être rouge ou blanche.
Tajine de légumes : Ragoût mijoté aux légumes de saison et à l’huile d’olive.
Berkoukes : Petites pâtes roulées à la main dans un bouillon de légumes.
Aghroum (galette kabyle) : Pain traditionnel cuit sur plaque en terre cuite.
Tighrifin (crêpes kabyles) : Servies avec du miel et du beurre fondu.
Produits du terroir
La région est réputée pour son huile d’olive de montagne, ses figues sèches (tazegarth), son miel de forêt, ses olives et ses agrumes (oranges, citrons, clémentines de la plaine de la Soummam). La pêche fournit sardines, rougets et fruits de mer frais. Pour les recettes détaillées, consultez notre article sur les plats traditionnels algériens.
10. Économie et développement
Port et activités maritimes
Le port de Béjaïa est le deuxième port commercial d’Algérie et le premier port pétrolier. Terminal de l’oléoduc de Hassi Messaoud depuis 1959, il exporte une part importante du pétrole algérien. Le port assure également le transit de marchandises diverses et dispose d’installations modernes.
Industrie
La zone industrielle de Béjaïa, développée à partir des années 1970, compte diverses unités de production : textile, corps gras, confection, industries alimentaires. La CEVITAL, premier groupe privé algérien, y a implanté son complexe agro-industriel, l’un des plus grands d’Afrique.
Agriculture
L’arrière-pays produit huile d’olive, agrumes, figues et légumes. L’oléiculture est traditionnellement importante dans les montagnes kabyles. La pêche artisanale reste active le long du littoral.
Tourisme
Le potentiel touristique est considérable : plages, parc de Gouraya, patrimoine historique, arrière-pays montagneux. L’aéroport Soummam – Abane Ramdane assure des liaisons avec Alger, Paris, Marseille, Lyon. Pour planifier votre séjour, consultez notre guide des hôtels en Algérie.
11. Culture et traditions
Identité berbère
Béjaïa est un bastion de la culture kabyle. Elle rivalise avec Tizi Ouzou pour le leadership culturel berbère en Algérie. Le Printemps berbère (20 avril 1980) y a trouvé un écho majeur après l’annulation de la conférence de Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle.
La langue kabyle (taqbaylit) est parlée par la grande majorité de la population. Depuis 2002, le tamazight est reconnu comme langue nationale en Algérie, et langue officielle depuis 2016.
Musique et artisanat
La musique kabyle est riche et variée. Le festival annuel de la chanson engagée, commémorant la signature de la plateforme de la Soummam (août 1956), est un événement culturel majeur. L’artisanat kabyle se distingue par ses bijoux en argent et corail, ses poteries et ses tapis aux motifs géométriques. Pour découvrir ces savoir-faire, consultez notre article sur les arts traditionnels algériens.
Yemma Gouraya
Le culte de Yemma Gouraya est un aspect singulier de la spiritualité locale. Cette sainte femme, considérée comme la protectrice de Béjaïa, est vénérée notamment par les femmes qui se rendent en pèlerinage au mausolée situé au sommet du mont Gouraya. Les rituels incluent le passage d’un étendard vert sur le visage et l’application de henné sur les paumes en formulant des vœux.
12. Questions fréquentes
Pourquoi Béjaïa s’appelle-t-elle « Bougie » ?
Le nom « Bougie » (en français) vient de la renommée médiévale de la ville pour ses chandelles de cire d’abeille, exportées dans toute l’Europe. Ces chandelles étaient de si haute qualité qu’elles ont donné leur nom au produit : le mot « bougie » en français désigne aujourd’hui toute chandelle. En kabyle, la ville s’appelle Bgayet ou Vgayet, du nom de la tribu berbère des Beni Ouaghit.
Quel est le lien entre Fibonacci et Béjaïa ?
Leonardo Fibonacci (Léonard de Pise), célèbre mathématicien italien, a fait son éducation mathématique à Béjaïa au XIIe siècle, où son père dirigeait le comptoir commercial pisan. C’est là qu’il découvre les chiffres indo-arabes et le système positionnel avec le zéro. En 1202, il publie le Liber Abaci qui introduit ces innovations en Europe, révolutionnant les mathématiques occidentales. Sa célèbre suite (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13…) apparaît dans cet ouvrage.
Qu’est-ce que le Congrès de la Soummam ?
Le Congrès de la Soummam, tenu du 13 au 20 août 1956 à Ifri (Ouzellaguen, wilaya de Béjaïa), est l’acte fondateur de la Révolution algérienne. Organisé par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, il réunit les principaux chefs du FLN dans la clandestinité totale. La plateforme adoptée structure la révolution : création du CNRA et du CCE, division en six wilayas, principes de primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur. Le 20 août est commémoré comme fête nationale.
Le parc de Gouraya est-il classé UNESCO ?
Le parc national de Gouraya (2 080 ha) a été classé réserve de biosphère par l’UNESCO en 2004, tout comme le parc national de Taza voisin. Ce label reconnaît sa biodiversité exceptionnelle et les efforts de conciliation entre conservation et développement durable. Le parc abrite notamment les célèbres singes magots (macaques berbères), seuls primates sauvages d’Afrique du Nord, ainsi que plus de 1 700 espèces animales et végétales.
Que visiter à Béjaïa ?
Les sites incontournables sont : le parc national de Gouraya (Pic des Singes, Cap Carbon, fort de Yemma Gouraya, singes magots), la Casbah médiévale, le Fort Moussa et son musée, la place du 1er Novembre (ex-place Gueydon), les plages (Tichy, Saket, Boulimat), les cascades de Kefrida, le mémorial du Congrès de la Soummam à Ifri. Le phare du Cap Carbon (220 m) est l’un des plus hauts du monde en falaise.
Quelles sont les spécialités culinaires de Béjaïa ?
La cuisine de Béjaïa est kabyle : couscous aux légumes de saison et viande, berkoukes (petites pâtes), tajines de légumes, aghroum (galette kabyle), tighrifin (crêpes au miel). Les produits du terroir incluent l’excellente huile d’olive de montagne, les figues sèches, le miel de forêt, les olives et les agrumes (oranges, clémentines). Les poissons frais (sardines, rougets) sont une spécialité côtière.
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