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Matoub Lounès

 
 

ⵣ le rebelle de la chanson kabyle

Matoub Lounès

1956 – 1998 • Le Rebelle • Taourirt Moussa

Poète au fusil, chanteur de la liberté, Matoub Lounès a payé de sa vie son refus de se taire. Symbole absolu de la revendication identitaire berbère, il reste l’âme immortelle d’un peuple fier.

🎤 Chanson Engagée • Protest Song
📍 Kabylie, Algérie
🕊️ Martyr de la Liberté

📜 Fiche d’Identité du Rebelle
🎂
Naissance
24/01/1956
Taourirt Moussa
⚰️
Décès
25/06/1998
Tala Bounane
🎸
Instrument
Mondol
Poésie percutante
💿
Albums
36 Albums
20 ans de carrière
Combat
Amazighité
Laïcité • Liberté

Matoub Lounès est l’incarnation vivante de la révolte et de la fierté berbère. Né dans le sillage du Djurdjura, cet homme a consacré chaque seconde de son existence à la défense de la langue tamazight et à la dénonciation de l’injustice. Chanteur engagé au style inimitable, il a survécu à cinq balles de la gendarmerie et à un enlèvement du GIA avant de tomber sous les balles d’une embuscade en 1998. Son héritage, bien au-delà de la musique kabyle, est un cri de ralliement pour tous les partisans de la liberté en Algérie et ailleurs.

« 

Je ne suis pas une star, je ne suis pas un héros. Je suis simplement un Kabyle qui veut vivre libre dans son pays.

— Matoub Lounès, Le Rebelle

👶
L’enfance d’un rebelle à Taourirt Moussa

Matoub Lounès naît le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, un village perché dans les monts de la wilaya de Tizi Ouzou. Fils d’une famille modeste, son père est émigré en France et sa mère, une femme de caractère, l’élève dans le respect des traditions ancestrales.

Dès l’école primaire, il montre un tempérament réfractaire à l’autorité scolaire, préférant les sentiers de la montagne aux bancs du collège. Très jeune, il fabrique sa propre guitare avec un bidon d’huile, prélude à une maîtrise exceptionnelle du mondol. Il baigne dans la poésie orale kabyle, écoutant les anciens raconter la résistance pendant la Guerre d’Algérie.

🏔️ L’influence du Djurdjura

Pour Lounès, la Kabylie n’est pas qu’une région géographique, c’est une citadelle de l’esprit. Son village, Taourirt Moussa, deviendra son refuge et son champ de bataille symbolique. Chaque vers qu’il écrira plus tard sera imprégné de l’odeur du thym et de la rudesse du schiste.

🎵
L’éclosion artistique et les premiers succès

En 1978, après un court passage en France, Matoub enregistre son premier album A Yizem nni n tmusni (Ô lion de la connaissance) sous l’impulsion d’Idir. C’est un séisme. Là où les autres chantent l’amour ou l’exil avec pudeur, Matoub déverse sa colère, sa verve satirique et sa dévotion à l’identité amazighe.

Le public est électrisé. Il devient l’idole de la jeunesse qui se reconnaît dans ses paroles sans concession. Il accompagne le Printemps Berbère de 1980, transformant ses concerts en véritables meetings politiques où il fustige le parti unique et l’arabisation forcée.

🎸

Un style percutant

Matoub utilise une technique de mondol nerveuse et des rythmes ancestraux qu’il bouscule. Ses textes, d’une richesse lexicale incroyable, sont souvent comparés à ceux de Lounis Aït Menguellet, bien que plus directs et agressifs.

🩸
Octobre 1988 : Le baptême du sang

Le 9 octobre 1988, en plein soulèvement populaire à Alger, Matoub est pris pour cible par un gendarme alors qu’il distribue des tracts. Cinq balles de kalachnikov traversent son corps. Entre la vie et la mort, il subira 17 opérations chirurgicales entre l’Algérie et la France.

Loin de l’anéantir, ce drame le transforme. Il revient sur scène, claudiquant mais plus puissant, avec l’album L’ironie du sort. Il porte désormais sur son corps les cicatrices de la répression, ce qui achève de faire de lui un « saint laïc » pour les Kabyles.

« On peut tuer le chanteur, mais on ne tuera jamais ses chansons. Elles sont dans le sang des enfants qui naissent aujourd’hui. »

⛓️
1994 : Face à l’ogre intégriste

Pendant la décennie noire, Matoub est une cible prioritaire pour les terroristes du GIA. Le 25 septembre 1994, il est enlevé par un commando armé. Durant 15 jours de séquestration, il est condamné à mort par un prétendu tribunal islamique.

La mobilisation populaire est sans précédent. La Kabylie menace de s’embraser si « son » poète n’est pas libéré. Sous la pression, ses ravisseurs le relâchent. À sa sortie, il publie son livre testament, « Le Rebelle », et enregistre un album brûlant où il défie ouvertement ses bourreaux.

🕯️
Tala Bounane : Le jour où la Kabylie a pleuré

Le 25 juin 1998, le pays s’arrête. Matoub Lounès est assassiné au lieu-dit Tala Bounane, dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui avec sa femme et ses belles-sœurs. Il avait 42 ans.

L’annonce de sa mort déclenche des émeutes géantes. La Kabylie est à feu et à sang. Ses funérailles à Taourirt Moussa attirent des centaines de milliers de personnes. Malgré la version officielle accusant le GIA, de nombreuses zones d’ombre subsistent, alimentant une soif de vérité jamais étanchée par sa famille et ses partisans.

💎 Ses albums piliers
L’ironie du sort (1989) : L’album post-fusillade de 1988.
Kenza (1994) : Hommage aux victimes du terrorisme et à sa mère.
Lettre ouverte aux… (1998) : Son album posthume, d’une violence prophétique.


Questions fréquentes sur Lounès Matoub

Était-il contre la religion ?

Matoub se définissait comme un laïc convaincu. Il critiquait violemment l’utilisation politique de la religion et le fondamentalisme, prônant une Algérie où la foi reste une affaire privée, loin de la gestion de l’État.

Quelle est la portée de son œuvre aujourd’hui ?

Vingt-cinq ans après sa mort, Matoub reste omniprésent. Ses chansons sont scandées lors des manifestations du Hirak et ses portraits ornent les murs de toute la Kabylie. Il est devenu le symbole de l’invincibilité de la culture amazighe.

Où se trouve sa tombe ?

Il est enterré dans son village de Taourirt Moussa, devant sa maison. Sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour des milliers d’Algériens et de Berbères du monde entier.

« Je sais que je vais mourir, mais je sais aussi que mon peuple vivra. »

— Matoub Lounès, Ulac Smah (Pas de pardon)

ⵎⴰⵜⵓⴱ ⵍⵓⵏⵏⴰⵙ — Pour l’éternité

Matoub Lounès

Micro Brise le Silence (MBS)

Matoub Lounès

Chérif Kheddam

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