#Personnalités algériennes

Ahmed Boumendjel

🇩🇿 Histoire d’Algérie • Personnalités

Ahmed Boumendjel : L’Avocat de l’Indépendance, Artisan des Accords d’Évian

Biographie complète du juriste, diplomate et homme d’État algérien (1908-1982) qui défendit Messali Hadj, co-rédigea le Manifeste du peuple algérien et négocia l’indépendance de son pays à Évian.

📅 1908 – 1982
📍 Kabylie • Alger • Tunis • Évian
⚖️ Avocat • Diplomate • Ministre

⭐ Fiche d’identité
⚖️
Maître Ahmed Boumendjel
Avocat, diplomate, homme d’État
Naissance
22 avril 1908 • Beni Yenni
Décès
19 novembre 1982 • Alger
Profession
Avocat au barreau d’Alger
Fonctions
Sénateur • Ministre • Diplomate

Ahmed Boumendjel incarne la figure de l’intellectuel algérien engagé dans le combat pour l’indépendance par les armes du droit et de la diplomatie. De l’avocat qui défendit Messali Hadj dans les années 1930 au négociateur qui arracha les accords d’Évian en 1962, son parcours traverse les moments clés du nationalisme algérien. Frère aîné d’Ali Boumendjel, torturé et assassiné par l’armée française en 1957, il porta aussi le deuil d’une famille meurtrie par la colonisation. Cette figure intellectuelle, quelque peu oubliée aujourd’hui, mérite d’être redécouverte.

🎒 Jeunesse et formation (1908-1936)

Une famille d’instituteurs kabyles

Ahmed Boumendjel naît le 22 avril 1908 à Beni Yenni, village de montagne situé dans l’actuelle wilaya de Tizi Ouzou, au cœur de la Kabylie. Il est l’aîné d’une fratrie de sept enfants, issus d’une famille paysanne qui a su s’élever socialement grâce à l’éducation.

Son père est l’un des premiers instituteurs kabyles formés par le système colonial français. Cette profession, symbole de la « conquête morale » coloniale, place la famille Boumendjel dans une position paradoxale : bénéficiaires de l’instruction française, mais témoins quotidiens des injustices du système colonial.

💡 Le réveil d’une conscience

Ahmed Boumendjel raconte lui-même le moment où il prit conscience de sa condition d’« indigène » : « C’était le 11 novembre 1918. Je me trouvais avec mon petit drapeau français dans la rue, lorsque l’épouse d’un colon me l’a arraché des mains. Je pensais que j’avais le droit de brandir un drapeau comme les petits camarades français. Ce fut pour moi une véritable révélation. »

De l’École normale au droit

Suivant la voie paternelle, Ahmed Boumendjel intègre l’École normale de Bouzaréa, près d’Alger, où il suit trois années d’études pour devenir instituteur. Il exerce cette profession pendant quatre ans, perpétuant la tradition familiale des « hussards indigènes de la République ».

Mais l’écart entre les discours assimilationnistes et la réalité du système de l’indigénat le pousse à rompre avec ce métier. En 1930, la célébration blessante du centenaire de la prise d’Alger aggrave son malaise. Il décide alors de partir à Paris pour étudier le droit, arme intellectuelle qu’il compte mettre au service de la cause algérienne.

Les années parisiennes (1931-1936)

Arrivé à Paris en 1931, Ahmed Boumendjel se distingue par son application dans ses études de droit et par ses engagements associatifs et politiques multiples. Il préside une association d’étudiants algériens, adhère au Comité pour le retour de l’émir Khaled, rejoint un groupement antifasciste où il côtoie notamment Jacques Soustelle, et milite dans une association de travailleurs immigrés algériens.

Il obtient sa licence de droit en 1936 et devient avocat-stagiaire à Paris. C’est à cette époque qu’il fait une rencontre déterminante : celle de Messali Hadj, leader de l’Étoile nord-africaine, dont il devient l’un des avocats.

⚖️ L’avocat du mouvement national (1936-1945)

L’avocat de Messali Hadj

En 1936, Ahmed Boumendjel représente les Algériens de l’Île-de-France au Congrès musulman algérien de juin 1936, où il croise pour la première fois Ferhat Abbas. Le rejet par le Front populaire des revendications du Congrès — ce qu’il appellera « la trahison de la gauche » — le convainc de la nécessité d’une voie politique autonome.

Il devient officiellement l’avocat de Messali Hadj et du Parti du Peuple Algérien (PPA). Il assure notamment la défense du leader nationaliste lors de son procès en 1939, plaidant avec talent pour celui que les autorités coloniales considèrent comme le plus dangereux des agitateurs.

Le retour à Alger et l’entrée en politique

Ahmed Boumendjel regagne Alger en 1937 et ouvre l’année suivante son propre cabinet d’avocat. Fort du soutien des militants du PPA, il est élu conseiller municipal d’Alger en 1938, puis réélu en 1941. Sa carrière politique est lancée.

Mobilisé en septembre 1939, il est d’abord cantonné dans le sud tunisien, puis envoyé sur le front métropolitain en mai 1940. Après l’armistice, il rentre à Alger et reprend son cabinet et ses activités politiques.

Le Manifeste du peuple algérien (1943)

Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, les nationalistes algériens perçoivent une opportunité historique. Le 17 janvier 1943, une réunion secrète se tient chez Ahmed Boumendjel, à Alger (à l’actuelle place des Martyrs). Autour de la table : des représentants du PPA (Lamine Debaghine, Hocine Asselah), des membres de l’Association des Oulémas (Larbi Tebessi), et des proches de Ferhat Abbas.

📜 Le Manifeste du peuple algérien

Publié le 10 février 1943, le Manifeste rédigé par Ferhat Abbas est un document fondateur du nationalisme algérien moderne. Il réclame :

  • 🏛️
    Une Constitution algérienne garantissant liberté et égalité sans distinction de race ou religion
  • 🗣️
    La reconnaissance de l’arabe comme langue officielle au même titre que le français
  • 🌾
    Une réforme agraire et la participation égale aux affaires politiques
  • 🗳️
    Une Assemblée constituante algérienne élue au suffrage universel après la guerre

Ce texte réussit l’exploit de rassembler les partisans de Messali Hadj et ceux de Ferhat Abbas, constituant selon l’historien Benjamin Stora « la majorité politique du peuple algérien ».

Ahmed Boumendjel fait partie de l’équipe qui rédige ce document historique. Il participe ensuite activement aux Amis du Manifeste et de la Liberté (AML), créés en mars 1944 pour défendre ces revendications, jusqu’aux tragiques événements de Sétif du 8 mai 1945.

🏛️ L’engagement à l’UDMA et au Sénat (1946-1956)

La création de l’UDMA

Après la dissolution des AML et la terrible répression de mai 1945, le mouvement nationaliste se réorganise. En 1946, Ferhat Abbas fonde l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA), qui prône une République algérienne autonome fédérée avec la France.

Ahmed Boumendjel devient l’un des lieutenants les plus actifs de Ferhat Abbas, aux côtés d’Ahmed Francis et Kaddour Sator. Il abandonne son cabinet d’avocat pour se consacrer entièrement au combat politique et participe à la création des deux hebdomadaires du parti : Égalité, puis République algérienne.

Sénateur de la République française (1948)

Aux élections au Conseil de la République du 8 décembre 1946, Ahmed Boumendjel se présente en deuxième position sur la liste UDMA pour le 2e collège d’Alger. Après la démission du titulaire Hadj Saadane en novembre 1947, il est proclamé élu le 12 février 1948, devenant l’un des quatre membres du groupe du Manifeste algérien au Sénat français.

Durant son bref mandat sénatorial, il déploie une activité intense en faveur de mesures libérales pour l’Algérie. Il dépose 8 propositions de résolution et 9 propositions de loi, notamment pour la réparation des conséquences de la répression de mai 1945 et l’établissement de la parité de représentation entre les deux collèges électoraux.

« L’Algérie unanime » — Dans un article remarqué publié en 1951 dans la revue Esprit, Ahmed Boumendjel dénonce vigoureusement le truquage des élections en Algérie, une pratique antidémocratique qui scandalise l’opinion française éclairée.

Ahmed Boumendjel

Revue Esprit, 1951

La « Motion des 61 » (1955)

En septembre 1955, après le déclenchement de la guerre d’indépendance, Ahmed Boumendjel et Ahmed Francis « radicalisent » un texte initialement modéré du docteur Bendjelloul. La « Motion des 61 » condamne la répression, rejette la politique d’intégration du gouverneur Soustelle et affirme la « vocation de l’Algérie à être une nation indépendante ».

Ils font signer ce texte par des élus « modérés » sur lesquels comptait le gouverneur général pour créer sa « troisième force ». C’est un coup politique majeur qui isole Soustelle et prépare le terrain au ralliement de l’UDMA au FLN.

🇩🇿 Le ralliement au FLN et le GPRA (1957-1962)

Du réformisme à la révolution

Dès le 2 novembre 1954, au lendemain du déclenchement de l’insurrection, Ferhat Abbas déclare au sous-préfet de Sétif : « Le seul moyen pour le gouvernement français d’éviter la guerre est de proclamer la République algérienne. Les gouvernants actuels en sont incapables, et c’est pourquoi l’UDMA va soutenir le FLN. »

Ahmed Boumendjel est l’un des premiers cadres de l’UDMA à pousser au ralliement au Front de Libération Nationale (FLN). En avril 1956, Ferhat Abbas annonce publiquement la dissolution de l’UDMA et son ralliement au FLN lors d’une conférence de presse au Caire.

En 1957, Ahmed Boumendjel rejoint officiellement les rangs du FLN et devient membre du Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA). Ses compétences juridiques et diplomatiques sont immédiatement mises à contribution.

Le GPRA et la diplomatie de guerre

Avec la création du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) le 19 septembre 1958, Ahmed Boumendjel obtient le poste de conseiller politique au ministère de l’Information, puis devient directeur des Affaires politiques.

Il devient l’un des animateurs les plus actifs de la diplomatie de guerre du FLN, aux côtés de Saâd Dahlab, Tayeb Boulahrouf et Mohamed-Seddik Benyahia. En 1960, il rencontre le maréchal Tito en Yougoslavie pour négocier un soutien à la cause indépendantiste algérienne.

🌍 La bataille diplomatique

Ahmed Boumendjel participe activement à l’internationalisation de la cause algérienne. On le retrouve à Manhattan avec les principaux acteurs de la diplomatie du FLN, plaidant pour un État algérien devant les instances de l’ONU, comme il l’avait promis dès 1947.

🤝 Les négociations d’Évian : l’aboutissement d’un combat

Les pourparlers de Melun (juin 1960)

En juin 1960, le GPRA désigne deux émissaires pour répondre à l’invitation du général de Gaulle : Ahmed Boumendjel et Mohamed-Seddik Benyahia. Ils se rendent à Melun du 25 au 29 juin 1960 pour les premières négociations officielles franco-algériennes.

Ces pourparlers échouent : le gouvernement français, représenté par des délégués de second plan, impose des conditions rédhibitoires et ne fait pas preuve de bonne foi. Mais cette rencontre marque un premier contact direct historique entre représentants français et algériens.

« La délégation algérienne exige que les contacts soient envisagés sans arrière-pensée, dans une perspective constructive de coexistence et de coopération. Dans toutes les phases des négociations, Ahmed Boumendjel a défendu sans ambiguïté le principe de la souveraineté algérienne. »

Compte-rendu des pourparlers de Melun

Juin 1960

D’Évian I à Lugrin (1961)

Le 20 mai 1961 s’ouvrent les négociations d’Évian I. Côté algérien, la délégation est conduite par Krim Belkacem, ministre des Affaires étrangères du GPRA. Ahmed Boumendjel fait partie de l’équipe aux côtés d’Ahmed Francis, Mohamed-Seddik Benyahia, Tayeb Boulahrouf et Saâd Dahlab.

Les négociations butent sur plusieurs obstacles majeurs : le sort du Sahara (que la France veut détacher de l’Algérie), le statut des Français d’Algérie, et le refus du FLN d’accepter un cessez-le-feu avant l’aboutissement des négociations. Les pourparlers sont ajournés le 13 juin, puis repris à Lugrin du 20 au 28 juillet avant d’être à nouveau suspendus.

Les accords d’Évian (18 mars 1962)

Après des contacts secrets en Suisse et la reconnaissance par de Gaulle de la souveraineté algérienne sur le Sahara (5 septembre 1961), les négociations reprennent. La seconde conférence d’Évian se tient du 7 au 18 mars 1962.

Ahmed Boumendjel, en tant que porte-parole du GPRA, joue un rôle crucial dans ces négociations finales. Le 18 mars 1962, les accords d’Évian sont signés, mettant fin à plus de sept ans de guerre et à 132 ans de colonisation française.

📜 18 mars 1962 : La victoire diplomatique

Les accords d’Évian reconnaissent l’indépendance de l’Algérie, proclament le cessez-le-feu et organisent un référendum d’autodétermination. Pour Ahmed Boumendjel, c’est l’aboutissement d’un combat commencé 25 ans plus tôt, dans les prétoires où il défendait Messali Hadj.

🏗️ L’Algérie indépendante et la retraite (1962-1982)

Ministre de la Reconstruction

Après l’indépendance, Ahmed Ben Bella nomme Ahmed Boumendjel ministre de la Reconstruction et des Travaux publics. Une tâche immense l’attend : reconstruire un pays ravagé par sept années de guerre, avec plus d’un million de morts, des villages détruits et une économie en ruines.

Cependant, en décembre 1964, il est évincé du gouvernement par Ben Bella, dans le contexte des luttes de pouvoir qui agitent l’Algérie post-indépendance. Comme Ferhat Abbas, qui démissionne de la présidence de l’Assemblée en 1963, Ahmed Boumendjel fait partie de ces figures historiques marginalisées par le nouveau pouvoir.

L’exil à l’UNESCO et la retraite

À compter de 1964, Ahmed Boumendjel se tient à l’écart de la vie politique algérienne. Il obtient un poste à l’UNESCO à Paris, qu’il occupe jusqu’en 1969, date de son départ à la retraite.

Il reprend ensuite par intermittence ses fonctions d’avocat, le métier de sa vie. Ahmed Boumendjel s’éteint le 19 novembre 1982 à Alger, des suites d’un cancer, à l’âge de 74 ans. Il laisse deux filles, Fadela et Yamina, gardiennes de sa mémoire.

🕯️ Ali Boumendjel : le frère martyr (1919-1957)

On ne peut évoquer Ahmed Boumendjel sans parler de son frère cadet, Ali Boumendjel, dont le destin tragique symbolise les crimes de la guerre d’Algérie.

⚠️ Un crime reconnu par la France

Ali Boumendjel (1919-1957), avocat et militant nationaliste, était le conseiller politique d’Abane Ramdane. Arrêté le 9 février 1957 pendant la bataille d’Alger, il fut torturé pendant 43 jours puis assassiné le 23 mars 1957 sur ordre du commandant Paul Aussaresses. Son corps fut jeté du sixième étage d’un immeuble d’El Biar pour maquiller le crime en suicide.

Le 2 mars 2021, le président français Emmanuel Macron a officiellement reconnu qu’Ali Boumendjel avait été « torturé et assassiné » par l’armée française, recevant quatre de ses petits-enfants à l’Élysée. Ali Boumendjel a reçu l’ordre du Mérite national algérien à titre posthume en 1999. Une rue et une station de métro portent son nom à Alger.

Pour Ahmed Boumendjel, la perte de son frère fut une épreuve terrible. Mais plutôt que de sombrer dans la haine, il poursuivit le combat par les voies du droit et de la diplomatie, contribuant à arracher l’indépendance que son frère n’avait pas vu.

❓ Questions fréquentes sur Ahmed Boumendjel

Qui était Ahmed Boumendjel ?
Ahmed Boumendjel (1908-1982) était un avocat, diplomate et homme politique algérien. Né en Kabylie dans une famille d’instituteurs, il fut l’avocat de Messali Hadj, co-rédacteur du Manifeste du peuple algérien (1943), sénateur français (1948), membre du CNRA et du GPRA, négociateur des accords d’Évian, et ministre de la Reconstruction dans l’Algérie indépendante.
Quel rôle a joué Ahmed Boumendjel dans les accords d’Évian ?
Ahmed Boumendjel fut porte-parole du GPRA lors des négociations franco-algériennes. Il participa aux pourparlers de Melun (juin 1960), aux négociations d’Évian I (mai 1961), de Lugrin (juillet 1961), et aux accords d’Évian signés le 18 mars 1962. Il défendit sans relâche le principe de la souveraineté algérienne sur l’ensemble du territoire, y compris le Sahara.
Qu’est-ce que le Manifeste du peuple algérien ?
Le Manifeste du peuple algérien, publié le 10 février 1943, est un document fondateur du nationalisme algérien moderne rédigé par Ferhat Abbas. La réunion préparatoire eut lieu chez Ahmed Boumendjel à Alger le 17 janvier 1943, rassemblant PPA, Oulémas et élus musulmans. Ce texte réclamait l’autonomie de l’Algérie, une Constitution, la reconnaissance de l’arabe et une Assemblée constituante.
Quel lien entre Ahmed et Ali Boumendjel ?
Ali Boumendjel (1919-1957) était le frère cadet d’Ahmed Boumendjel. Également avocat et militant nationaliste, conseiller politique d’Abane Ramdane, Ali fut arrêté le 9 février 1957 pendant la bataille d’Alger, torturé puis assassiné par l’armée française le 23 mars 1957, son meurtre étant maquillé en suicide. En 2021, la France a officiellement reconnu ce crime.
Ahmed Boumendjel a-t-il été sénateur français ?
Oui, Ahmed Boumendjel fut sénateur (Conseil de la République) de 1948, élu sur la liste UDMA pour le 2e collège d’Alger. Durant son mandat, il déposa 8 propositions de résolution et 9 propositions de loi en faveur des droits des Algériens et dénonça vigoureusement le truquage des élections coloniales.
Qu’est devenu Ahmed Boumendjel après l’indépendance ?
Après l’indépendance, Ahmed Boumendjel fut nommé ministre de la Reconstruction et des Travaux publics par Ben Bella (1962-1964). Évincé du gouvernement fin 1964, il se retira de la vie politique et travailla à l’UNESCO à Paris jusqu’en 1969. Il reprit ensuite par intermittence son métier d’avocat et mourut à Alger le 19 novembre 1982.
Pourquoi Ahmed Boumendjel est-il une figure oubliée ?
Comme beaucoup de figures du mouvement réformiste (UDMA), Ahmed Boumendjel a été quelque peu marginalisé par l’historiographie officielle algérienne qui a privilégié les figures du FLN historique et de la lutte armée. Sa mise à l’écart politique après 1964 a contribué à son oubli. Des travaux récents, comme le livre de l’historien Sadek Sellam, contribuent à redécouvrir cette figure intellectuelle majeure du nationalisme algérien.

⚖️ L’avocat de l’indépendance

Ahmed Boumendjel incarne une voie singulière dans le combat pour l’indépendance algérienne : celle du droit, de la diplomatie et de la négociation. De l’instituteur qui refuse la « conquête morale » coloniale à l’avocat qui défend Messali Hadj, du sénateur qui dénonce les élections truquées au négociateur qui arrache les accords d’Évian, son parcours traverse tous les moments clés du nationalisme algérien. Meurtri par l’assassinat de son frère Ali, il n’a jamais renoncé à ses convictions. Son héritage, celui d’un intellectuel engagé au service de son peuple, mérite d’être redécouvert par les nouvelles générations.

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Sources et références
Sénat français (Archives)
Wikipédia
El Moudjahid
Le Matin d’Algérie
INA (Archives)
Sadek Sellam, Ahmed Boumendjel (1908-1982)
Amar Belkhodja, Ahmed Boumendjel : Avocat, journaliste et diplomate
Ahmed Boumendjel

Mohamed Bouras

Ahmed Boumendjel

Colonel Si El Haouès

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